{"id":71896,"date":"2010-05-22T06:13:27","date_gmt":"2010-05-22T06:13:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/22\/la-crise-de-leuro-une-phase-de-la-crise-du-systeme\/"},"modified":"2010-05-22T06:13:27","modified_gmt":"2010-05-22T06:13:27","slug":"la-crise-de-leuro-une-phase-de-la-crise-du-systeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/22\/la-crise-de-leuro-une-phase-de-la-crise-du-systeme\/","title":{"rendered":"La \u201ccrise de l&rsquo;euro\u201d, une phase de la crise du syst\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p><p>On signale ici un int\u00e9ressant commentaire de Edmund Conway, du <em>Daily Telegraph<\/em>, sur la crise de l&rsquo;euro. Ce commentaire, du <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/finance\/comment\/edmundconway\/7742164\/Behind-the-drama-in-Europe-lies-a-global-crisis.html\" class=\"gen\">19 mai 2010<\/a>, a la vertu de faire de cette crise un simple avatar de la crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale, de la sortir de son contexte technique, id\u00e9ologique et partisan. Il s&rsquo;agit de la mise en \u00e9vidence de l&rsquo;impossibilit\u00e9 d&rsquo;appliquer trois principes dont Conway estiment justement qu&rsquo;ils caract\u00e9risent notre syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConway s&rsquo;appuie sur deux \u00e9v\u00e9nements simultan\u00e9s. Il y a d&rsquo;une part, le comportement de la chanceli\u00e8re allemande Merkel dans la crise de l&rsquo;euro. Il y a, d&rsquo;autre part, le vote pass\u00e9 inaper\u00e7u du S\u00e9nat US, par 94 voix contre z\u00e9ro, exigeant d&#8217;emp\u00eacher le FMI d&rsquo;utiliser ses fonds pour venir en aide \u00e0 un pays entrain\u00e9 inextricablement dans la spirale de la mort de son endettement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Though superficially unconnected, the two events share a similar theme: for the first time in many years, the technocrats who run our economies are realising that the main barrier to resolving a crisis and reinstating business-as-usual is not so much our ability to afford it, but our populations&rsquo; willingness to pay.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>As long as things were going well, economies were growing rapidly, and affluence was increasing, it was easy for politicians to pretend that when it came to economics, national borders didn&rsquo;t much matter any more. But now the chips are down, nationalism is back.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The rule of thumb here is as follows: of the three aims we have been striving towards in recent history  democracy, national sovereignty and global free trade  you cannot have any more than two at any one time. Want to run your country as an independent state, open to the whims and volatility of the free markets? The voters will punish you at the ballot box. Insist that your nation has full control of its own affairs? Then you have to jettison any plans to play a full part in the global economy. Want democracy and globalisation? Then you have to suborn your sovereignty.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This is what Professor Dani Rodrik of Harvard University calls the \u00ab\u00a0policy trilemma\u00a0\u00bb<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Scarred by the beggar-thy-neighbour policies of the 1930s, John Maynard Keynes could only contemplate a \u00ab\u00a0globalisation-lite\u00a0\u00bb as he rebuilt the world&rsquo;s economic structure after the Second World War. But the Bretton Woods system, which intentionally suppressed the free market through capital controls, lasted only so long. Liberalisation went into overdrive with the fall of the Berlin Wall and the opening-up of China. Yet the resulting system is actually something of a patchwork. Europe exemplifies the problem: the continent is a hodge-podge of nations trying to disguise itself as a completely liberalised market. Unfortunately, its people have different ideas: the Germans are furious about the Greek bail-out; the British insist on remaining on the sidelines.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Perhaps recognising the danger of alienating her voters, Mrs Merkel has now taken what might be a first step towards curtailing economic globalisation, by banning the short-selling of German banks. Some worry that a return to capital controls is the next step in the European effort to prevent meltdown. Others suspect that the European Central Bank has already intervened in the markets to prop up the euro.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Quite what the real plan is remains to be seen. Most likely, there isn&rsquo;t one  yet. But unless they intend to embrace totalitarianism, Europe&rsquo;s members will eventually have to abandon either their national sovereignty or globalisation itself<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Il est remarquable que le vote du S\u00e9nat (par 94 voix contre z\u00e9ro !) corresponde implicitement \u00e0 une id\u00e9e couramment exprim\u00e9e, par exemple, par un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ron_paul_et_le_fmi_et_l_or_22_05_2010.html\" class=\"gen\">Ron Paul<\/a>, selon une conception absolument nationaliste et isolationniste de d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats nationaux. Ainsi le commentaire de Conway, appuy\u00e9 notamment sur cet acte du S\u00e9nat des USA effectivement pass\u00e9 inaper\u00e7u, permet-il de remettre la crise europ\u00e9enne,  apr\u00e8s tout, cette expression convient bien mieux que celle de crise de l&rsquo;euro,  dans sa perspective v\u00e9ritable. La crise europ\u00e9enne est une phase, une illustration parmi d&rsquo;autres, comme l&rsquo;\u00e9taient avant elle la crise du vote n\u00e9gatif fran\u00e7ais du r\u00e9f\u00e9rendum sur la Constitution europ\u00e9enne le 31 mai 2005 et l&rsquo;effondrement de Wall Street du 15 septembre 2008, de la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me. Elle met effectivement en lumi\u00e8re les contradictions entre les principes qui pr\u00e9tendent caract\u00e9riser ce m\u00eame syst\u00e8me et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, la modernit\u00e9 elle-m\u00eame. L&rsquo;avantage de cet aspect financier et \u00e9conomique de la crise du syst\u00e8me est la brutalit\u00e9 de la mise en lumi\u00e8re. On ne peut \u00e9chapper \u00e0 ces constatations qui s&rsquo;imposent \u00e0 vous avec tant de brutalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;est donc pas tant question, dans cette juste appr\u00e9ciation de la crise financi\u00e8re et \u00e9conomique en Europe, ni de finance, ni d&rsquo;\u00e9conomie ni de l&rsquo;Europe. Il est question de tout cela \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur d&rsquo;un syst\u00e8me qui s&rsquo;appuie sur des n\u00e9cessit\u00e9s qui s&rsquo;opposent entre elles au point de l&rsquo;annihilation r\u00e9ciproque. La crise europ\u00e9enne est int\u00e9ressante dans la mesure o\u00f9 la structure m\u00eame de l&rsquo;Europe, son \u00e9tat politique, ses r\u00e9alit\u00e9s, font que ces contradictions jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;annihilation r\u00e9ciproque sont absolument exacerb\u00e9es. Dans ce sens, la crise europ\u00e9enne donne \u00e0 la crise du syst\u00e8me dont elle n&rsquo;est qu&rsquo;un avatar une dimension politique, et m\u00eame historique ou m\u00e9tahistorique, beaucoup plus impressionnante. La chose a moins besoin d&rsquo;\u00eatre document\u00e9e que d&rsquo;\u00eatre ressentie comme telle et, \u00e0 cet \u00e9gard, les d\u00e9bats techniques (financiers et \u00e9conomiques) ont de plus en plus de peine \u00e0 \u00e9carter cette sensation fondamentale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela \u00e9crit, il est entendu qu&rsquo;on ne fait l\u00e0 que constater de fa\u00e7on encore plus appuy\u00e9e l&rsquo;impasse o\u00f9 nous nous trouvons, avec le syst\u00e8me en g\u00e9n\u00e9ral. Conway lui-m\u00eame se garde bien de tirer la moindre conclusion pratique de ses propres constats (sa derni\u00e8re phrase, que nous avons \u00e9cart\u00e9 intentionnellement, dit bien ce que l&rsquo;auteur, parlant en tant que citoyen d&rsquo;un pays qui voudrait se tenir en dehors de la crise de l&rsquo;euro, ne veut pas dire \u00ab<em>Given the continent&rsquo;s size, and our reliance on it as our largest trading partner, this is not a drama we can afford to ignore<\/em>\u00bb). La distance entre la gravit\u00e9 de l&rsquo;impasse et la vanit\u00e9 des efforts faits pour en sortir pr\u00e9tendument, montre d&rsquo;abord la volont\u00e9 que nous d\u00e9ployons n\u00e9cessairement pour \u00e9viter d&rsquo;identifier les v\u00e9ritables choix auxquels conduit le paroxysme de la crise. Nous disons n\u00e9cessairement pour caract\u00e9riser cette volont\u00e9, parce que nos esprits,  nous parlons de nos directions politiques,  sont trop inhib\u00e9s par la psychologie moderniste qui les nourrit pour seulement <strong>oser<\/strong> concevoir ces choix. C&rsquo;est un peu comme si l&rsquo;on demandait \u00e0 un fervent catholique d&rsquo;\u00e9liminer un des \u00e9l\u00e9ments de la Sainte Trinit\u00e9 pour permettre \u00e0 la religion de survivre ; cela n&rsquo;a pas de sens puisque sa religion <strong>est<\/strong> par d\u00e9finition la Sainte Trinit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour cette raison, nous ne pensons pas que le probl\u00e8me abord\u00e9 par Conway puisse \u00eatre r\u00e9solu d&rsquo;une fa\u00e7on rationnelle. Au contraire de cette rationalit\u00e9 envisag\u00e9e, le probl\u00e8me lui-m\u00eame est l&rsquo;indice \u00e9clatant de la crise de la raison dans les contraintes de la modernit\u00e9 que s&rsquo;est impos\u00e9e cette m\u00eame raison. Le probl\u00e8me des contradictions entre la globalisation, la souverainet\u00e9 nationale (la d\u00e9mocratie) et l&rsquo;\u00e9conomie de libre march\u00e9 est un probl\u00e8me non seulement insurmontable, mais d&rsquo;abord insupportable \u00e0 notre psychologie. Pour cette raison, il va au cur de notre crise propre qui est dans notre incapacit\u00e9 et notre impuissance d&rsquo;appr\u00e9cier la crise du syst\u00e8me pour ce qu&rsquo;elle est r\u00e9ellement. Le paradoxe est que cette incapacit\u00e9 et cette impuissance d\u00e9coulent de l&rsquo;absolue servilit\u00e9 de notre pens\u00e9e pour le syst\u00e8me, alors qu&rsquo;elles ouvrent la voie au plus s\u00fbr chemin pour que cette crise du syst\u00e8me aboutisse effectivement \u00e0 la destruction du syst\u00e8me. Pour avoir refus\u00e9 d&rsquo;appr\u00e9cier le v\u00e9ritable diagnostic de la maladie du syst\u00e8me, nous aurons pr\u00e9cipit\u00e9 sa mort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe diagnostic-l\u00e0, sur notre impuissance \u00e0 accepter le diagnostic de la maladie du syst\u00e8me, ne peut \u00eatre une surprise. Les \u00e9l\u00e9ments fondateurs de cette crise existent depuis au moins deux si\u00e8cles, parfaitement identifi\u00e9s par de nombreux grands esprits, \u00e0 l&rsquo;occasion de crises diverses. La surprise, de notre point de vue, serait plut\u00f4t dans la rapidit\u00e9, dans la phase actuelle, de la destruction du syst\u00e8me \u00e0 cause de l&rsquo;impuissance de ceux qui l&rsquo;adorent. C&rsquo;est en effet au sommet de la puissance du syst\u00e8me, telle qu&rsquo;elle se manifeste et s&rsquo;affiche depuis 1989-1991 et, surtout, depuis 2001 (9\/11 et la suite), qu&rsquo;appara\u00eet cette impuissance fondamentale Mais non, le terme de surprise que nous appliquons \u00e0 cette circonstance n&rsquo;est que convenu ; la surprise n&rsquo;est que d&rsquo;apparence parce que c&rsquo;est la logique m\u00eame que ce soit dans un paroxysme de puissance qu&rsquo;apparaisse l&rsquo;impuissance fondamentale de notre situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 22 mai 2010 \u00e0 06H06<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>On signale ici un int\u00e9ressant commentaire de Edmund Conway, du Daily Telegraph, sur la crise de l&rsquo;euro. Ce commentaire, du 19 mai 2010, a la vertu de faire de cette crise un simple avatar de la crise syst\u00e9mique g\u00e9n\u00e9rale, de la sortir de son contexte technique, id\u00e9ologique et partisan. 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