{"id":71912,"date":"2010-05-27T19:20:59","date_gmt":"2010-05-27T19:20:59","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/27\/flottements-russes\/"},"modified":"2010-05-27T19:20:59","modified_gmt":"2010-05-27T19:20:59","slug":"flottements-russes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/27\/flottements-russes\/","title":{"rendered":"Flottements russes"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Flottements russes<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t27 mai 2010  Dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;accord entre l&rsquo;Iran, le Br\u00e9sil et la Turquie, avec d&rsquo;autre part les sanctions que le groupe dit 5+1 voudrait faire voter par le Conseil de S\u00e9curit\u00e9, la Russie occupe une position singuli\u00e8re. Pour la premi\u00e8re fois depuis longtemps, des invectives ou presque ont \u00e9t\u00e9 \u00e9chang\u00e9es entre Iraniens et Russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlusieurs articles de journaux reprennent tous, \u00e0 peu pr\u00e8s dans les m\u00eames termes, un \u00e9change acerbe, \u00e0 distance, entre le pr\u00e9sident iranien et un porte-parole du minist\u00e8re russe des affaires \u00e9trang\u00e8res. L&rsquo;attaque est venue du c\u00f4t\u00e9 iranien et a entra\u00een\u00e9 la r\u00e9plique russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar exemple, le New York <em>Times<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2010\/05\/27\/world\/middleeast\/27iran.html\" class=\"gen\">26 mai 2010<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>During a televised speech in Iran, President Mahmoud Ahmadinejad lashed out at his Russian counterparts, who last week agreed, along with the other permanent members of the United Nations Security Council, on the draft language for the proposed new sanctions, which would punish Iranian financial institutions and countries that offer Iran nuclear-related technology.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em> We do not like to see our neighbor supporting those who have shown animosity to us for 30 years, Mr. Ahmadinejad said in the speech broadcast from the southern city of Kerman. This is not acceptable for the Iranian nation. I hope they will pay attention and take corrective action. If I were in the place of Russian officials, I would adopt a more careful stance, he said.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The comments came a day after Iran&rsquo;s ambassador to Moscow said he hoped Russia would dissuade the other Council members from imposing sanctions, and warned that Russia risked manipulation by the United States. Russia should not think that short-term cooperation with the United States is in its interest, said the ambassador, Mahmoud-Reza Sajjadi. The green light the United States is showing Russia will not last long.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A top Kremlin aide said Wednesday that Russia was guided by its own long-term interests, and that our position can be neither pro-American, nor pro-Iranian.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The aide, Sergei Prikhodko, went on to say that Russia rejected extremism and unpredictability in the global arena, and that those who speak on behalf of the fraternal people of Iran should not forget this. No one has ever managed to save his authority by making use of political demagoguery, Mr. Prikhodko said in remarks carried by Interfax, a Russian news agency. And I am sure that the thousand-year-long history of Iran itself proves that.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, et plut\u00f4t dans le sens d&rsquo;un contre-pied qui vient prendre au d\u00e9pourvu le commentateur, cela sur Novosti en milieu de journ\u00e9e ce <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20100527\/186776676.html\" class=\"gen\">27 mai 2010<\/a> (alors que le m\u00eame site Novosti n&rsquo;avait gu\u00e8re mis en \u00e9vidence l&rsquo;\u00e9change acrimonieux entre la Russie et l&rsquo;Iran),  ces d\u00e9clarations de Lavrov (qui qualifie les propos du pr\u00e9sident iranien d&rsquo;\u00ab<em>emportement \u00e9motionnel<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La r\u00e9alisation de l&rsquo;accord conclu \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran entre le Br\u00e9sil, la Turquie et l&rsquo;Iran sur l&rsquo;\u00e9change de l&rsquo;uranium iranien faiblement enrichi \u00e0 3,5% contre du combustible enrichi \u00e0 20% r\u00e9pond aux int\u00e9r\u00eats du r\u00e8glement pacifique du probl\u00e8me nucl\u00e9aire iranien, a d\u00e9clar\u00e9 jeudi le chef de la diplomatie russe Sergue\u00ef Lavrov lors d&rsquo;une conf\u00e9rence de presse.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Le sch\u00e9ma r\u00e9pond aux int\u00e9r\u00eats du r\u00e8glement pacifique  du probl\u00e8me nucl\u00e9aire iranien. Aussi, estimons nous qu&rsquo;il faut tout faire pour qu&rsquo;il soit r\u00e9alis\u00e9. Toutefois, il n&rsquo;existe pas de garantie \u00e0 100%. Beaucoup de choses d\u00e9pendront de la fa\u00e7on dont l&rsquo;Iran s&rsquo;acquittera de ses engagements. Si les Iraniens les suivent \u00e0 la lettre, la Russie soutiendra activement  la r\u00e9alisation du sch\u00e9ma propos\u00e9 par le Br\u00e9sil et la Turquie, a indiqu\u00e9 le ministre russe des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> La phrase clef, pour les Russes, est bien celle-ci, du porte-parole du minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, en r\u00e9ponse \u00e0 Ahmadinejad : Notre position n&rsquo;est ni pro-am\u00e9ricaine, ni pro-iranienne,  sous-entendu et bien entendu : elle est pro-russe. Dans cette affaire compliqu\u00e9e de la phase actuelle de la crise end\u00e9mique iranienne, les Russes peuvent \u00eatre peints, en for\u00e7ant le trait favorable, comme notablement habiles, ou bien, de fa\u00e7on plus abrupte, comme soudainement, et peut-\u00eatre temporairement, pris de vitesse et quelque peu \u00e0 contretemps. Nous parierions pour le deuxi\u00e8me tableau, avec possibilit\u00e9, comme indiqu\u00e9 par le temporairement, sinon probabilit\u00e9 de retour au premier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes ont montr\u00e9 certaines h\u00e9sitations et une inhabituelle faiblesse de jugement, notamment \u00e0 propos de l&rsquo;initiative des Br\u00e9siliens et des Turcs. Les explications que vous donnent des sources russes de la politique suivie par la Russie durant cet \u00e9pisode sont plus confuses qu&rsquo;\u00e9clairantes. Il n&rsquo;est nullement \u00e0 exclure que les Russes aient \u00e9t\u00e9 victimes du mal qu&rsquo;ils d\u00e9noncent chez les Occidentaux et dont ils furent victimes dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies du communisme, qui est la pesanteur bureaucratique. Une source europ\u00e9enne, qui entretient des contacts russes \u00e0 Bruxelles, observait que \u00ab<em>leurs explications manquent de la nettet\u00e9 habituelle, et certains laissent entendre qu&rsquo;ils ont \u00e9t\u00e9 entra\u00een\u00e9s par la dynamique bureaucratique qui travaille depuis des mois, chez eux aussi, sur un compromis au sein du groupe 5+1 Dans ce cas, les pressions de leur propre bureaucratie auraient impos\u00e9 l&rsquo;argument qu&rsquo;on ne peut compromettre un arrangement si durement n\u00e9goci\u00e9.<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que les Iraniens sont impr\u00e9visibles et qu&rsquo;ils ont plus d&rsquo;une fois enrag\u00e9 leurs interlocuteurs russes. Mais il faut observer d&rsquo;o\u00f9 ils viennent dans cette affaire, eux qui ont \u00e9t\u00e9 violemment repouss\u00e9 en 2003 alors qu&rsquo;ils offraient un march\u00e9 tr\u00e8s acceptable aux USA sur la question nucl\u00e9aire, puis menac\u00e9s quotidiennement d&rsquo;une attaque depuis. Les Russes rejettent l&rsquo;extr\u00e9misme et l&rsquo;impr\u00e9visibilit\u00e9 dans les relations internationales ? Fort bien, mais c&rsquo;est bien Poutine qui nous a fait, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-lectures_de_poutine_15_02_2007.html\" class=\"gen\">f\u00e9vrier 2007<\/a>, \u00e0 Munich, une \u00e9blouissante le\u00e7on sur le caract\u00e8re extr\u00e9miste et impr\u00e9visible de la politique US dans les relations internationales. A-t-elle tellement chang\u00e9 aujourd&rsquo;hui, notamment sur l&rsquo;Iran ? Ou bien sur la Pologne, lorsque les USA livrent \u00e0 ce pays des missiles <em>Patriot<\/em>, \u00e0 la <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/world\/20100527\/186776221.html\" class=\"gen\">fureur<\/a> (d&rsquo;ailleurs ou peu forc\u00e9e) des Russes, sans la moindre raison sinon la pouss\u00e9e du syst\u00e8me du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-epoque_des_evidences_cachees_contradictoires_et_peut-etre_irresistibles_04_08_2008.html\" class=\"gen\">technologisme<\/a> ? Pourtant, les Russes sont aux c\u00f4t\u00e9s des Am\u00e9ricains dans l&rsquo;aventure des 5+1, dont on peut juger qu&rsquo;elle est, comme d&rsquo;habitude, bien suspecte sous bien des aspects.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela \u00e9crit, il appara\u00eet tout aussi \u00e9vident que les d\u00e9clarations de Lavrov, qui sonnent plut\u00f4t comme un contrepoint \u00e0 l&rsquo;algarade russo-iranienne d&rsquo;hier, montrent que les Russes ne sont pas loin de juger qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de redresser un petit peu la barre. Il est certain que la politique russe doit \u00eatre pro-russe mais, pour l&rsquo;\u00eatre vraiment, elle doit \u00eatre attentive \u00e0 ne pas para\u00eetre aux yeux de certains interlocuteurs des Russes, trop proche de celle des Am\u00e9ricains sur un dossier comme celui de l&rsquo;Iran, en ce moment pr\u00e9cis (comme elle ne doit pas para\u00eetre trop proche de celle des Iraniens \u00e0 d&rsquo;autres moments). Les Russes font certes partie des cinq membres permanents du Conseil de S\u00e9curit\u00e9, ce qui leur donne, de leur point de vue, des responsabilit\u00e9s particuli\u00e8res dans le champ des relations internationales. Mais ce n&rsquo;est pas dans le cadre du Conseil de S\u00e9curit\u00e9 que doit \u00eatre jug\u00e9e l&rsquo;affaire iranienne, mais bien dans le cadre r\u00e9gional o\u00f9 elle se d\u00e9veloppe. Qui, dans les dix derni\u00e8res ann\u00e9es, a exerc\u00e9 une activit\u00e9 extr\u00e9miste et impr\u00e9visible dans la r\u00e9gion, en \u00e9tant, en plus, un acteur \u00e9tranger \u00e0 cette r\u00e9gion, sinon les USA ? En d&rsquo;autres termes, un dossier comme celui de l&rsquo;Iran ne se traite pas comme un dossier START-II ; dans le premier, ce sont les USA qui sont extr\u00e9mistes et impr\u00e9visibles et exercent une politique d\u00e9stabilisatrice tandis que, dans le second, cette m\u00eame puissance, les USA, est l&rsquo;interlocutrice oblig\u00e9e des Russes pour arriver \u00e0 une tentative de stabilisation de la situation strat\u00e9gique.<\/p>\n<h3>Un choix in\u00e9vitable ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl peut donc para\u00eetre possible que les Russes vont effectuer l&rsquo;une ou l&rsquo;autre correction dans leur politique. En suivant d&rsquo;une fa\u00e7on trop affirm\u00e9e la politique des sanctions des 5+1, les Russes risquent non seulement de s&rsquo;ali\u00e9ner l&rsquo;Iran, mais aussi le Br\u00e9sil et la Turquie, puis d&rsquo;autres dans le groupe des pays \u00e9mergents. La d\u00e9claration de Lavrov est d&rsquo;ailleurs un salut marqu\u00e9 au Br\u00e9sil et \u00e0 la Turquie et il ne fait gu\u00e8re de doute que le Premier ministre turc Erdogan a d\u00fb avoir quelques communications t\u00e9l\u00e9phoniques avec son ami Poutine, ces derniers jours. Les Russes tiennent \u00e0 leurs liens avec la Turquie et ils comprennent qu&rsquo;une possibilit\u00e9 de rupture d&rsquo;eux-m\u00eames avec l&rsquo;Iran, par les contrecoups sur la position de la Turquie, entamerait la solidit\u00e9 des liens entre la Russie et la Turquie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes sont plac\u00e9s devant un dilemme \u00e0 cause d&rsquo;une position tr\u00e8s sp\u00e9cifique, tr\u00e8s particuli\u00e8re, un dilemme paradoxalement suscit\u00e9 par leurs succ\u00e8s. Sortis d&rsquo;une p\u00e9riode d&rsquo;un statut de super-puissance, ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9duits et humili\u00e9s pendant la d\u00e9cennie des ann\u00e9es 1990. Ensuite, ils ont op\u00e9r\u00e9 un redressement remarquable du statut de leur puissance, restaurant une partie de leur statut strat\u00e9gique en m\u00eame temps qu&rsquo;ils affirmaient leur sp\u00e9cificit\u00e9 nationale. D&rsquo;abord en butte \u00e0 des attaques incessantes des r\u00e9seaux am\u00e9ricanistes, par diverses pressions et r\u00e9volutions de couleur limitrophes interpos\u00e9es, ils ont totalement bloqu\u00e9 cette offensive \u00e0 partir de la crise g\u00e9orgienne et leur intervention dans ce pays. Le r\u00e9sultat net a \u00e9t\u00e9 glorieux. A la restauration<em>de facto<\/em> de leur statut de puissance s&rsquo;est ajout\u00e9e une reconnaissance de ce statut par la partie US, institutionnalis\u00e9e par le trait\u00e9 START-II.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe redressement en deux temps les place en excellente position, mais aussi, \u00e0 un moment ou l&rsquo;autre, avec peut-\u00eatre des choix \u00e0 faire et dans tous les cas dans l&rsquo;obligation de manuvrer d\u00e9licatement. En effet et dans l&rsquo;entretemps, durant toute la p\u00e9riode de reconstruction de leur puissance (2000-2008), la Russie a tress\u00e9, par sa seule diplomatie et son influence, des liens pr\u00e9cieux avec un ensemble de pays \u00e9mergents, ou de pays mis \u00e0 l&rsquo;index du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste mais dont le poids est important, voire avec des pays de ce bloc trait\u00e9s isol\u00e9ment comme s&rsquo;ils n&rsquo;en faisaient pas partie. Ils sont dans des organisations comme l&rsquo;Organisation de Coop\u00e9ration de Shangha\u00ef et le BRIC, tout en ayant des liens avec l&rsquo;OTAN. Ils ont des liens originaux avec la Chine, le Br\u00e9sil, l&rsquo;Inde, la Turquie, la Syrie, l&rsquo;Arabie Saoudite, voire l&rsquo;Afghanistan de Karza\u00ef, etc.,  et, justement, avec l&rsquo;Iran. Ils r\u00e9tablissent des liens privil\u00e9gi\u00e9s avec la Pologne, surmontant tant d&rsquo;antagonismes historiques, et conservent ou \u00e9tablissent des liens sp\u00e9ciaux avec la France, l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;Italie, la Norv\u00e8ge (cas de pays de ce bloc trait\u00e9s&rsquo; isol\u00e9ment comme s&rsquo;ils n&rsquo;en faisaient pas partie). Ils sont influents en Am\u00e9rique du Sud, avec le Venezuela de Chavez, le Br\u00e9sil, etc. C&rsquo;est une position importante aupr\u00e8s d&rsquo;un ensemble de pays qui sont en marge ou qui sont rejet\u00e9s du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste, ou qui sont consid\u00e9r\u00e9s sans r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 leur appartenance au bloc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi la Russie occupe-t-elle cette position originale que nous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9finie comme en dedans et en dehors du syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9tant un membre actif du syst\u00e8me dominant am\u00e9ricaniste-occidentaliste apr\u00e8s en avoir \u00e9t\u00e9 ostracis\u00e9e ; et, en m\u00eame temps, un membre influent d&rsquo;une myriade de pays en marge de ce bloc, mais pesant un poids d&rsquo;influence de plus en plus grand. C&rsquo;est une position unique, originale, tr\u00e8s fructueuse, mais \u00e9galement tr\u00e8s d\u00e9licate. Il s&rsquo;agit de tenir la balance \u00e9gale entrer les deux positions, pour rester indispensable aux deux groupes tout en n&rsquo;\u00e9tant exclusif \u00e0 aucun des deux. La crise iranienne est une de ces charni\u00e8res o\u00f9 l&rsquo;antagonisme latent entre les deux tendances de la diplomatie russe est le plus \u00e9vident.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe en Russie une tendance, h\u00e9rit\u00e9e de l&rsquo;URSS, \u00e0 jouer le jeu des plus grandes puissances, avec ces plus grandes puissances et en \u00e9tant l&rsquo;une d&rsquo;elles, pour tenir l&rsquo;ordre international auquel elle-m\u00eame est tr\u00e8s attach\u00e9e. (Contrairement aux fables type-Guerre froide colport\u00e9es par la propagande am\u00e9ricaniste et atlantiste, inspir\u00e9e par les n\u00e9o-conservateurs, la Russie est traditionnellement et, certainement, dans sa position actuelle, le contraire d&rsquo;un pays aventureux.) C&rsquo;est cette tendance, renforc\u00e9e par nombre de concessions US, qui a pouss\u00e9 la Russie \u00e0 suivre finalement le train actuel de sanctions contre l&rsquo;Iran. Les Russes ont peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9 un poil trop loin dans cette direction, oubliant d&rsquo;une part leur position d&rsquo;influence en dehors du syst\u00e8me, \u00e9garant d&rsquo;autre part quelque peu leur jugement sur la substance fondamentalement d\u00e9structurante et d\u00e9stabilisatrice de ce syst\u00e8me du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste. Les d\u00e9clarations de Lavrov sembleraient montrer qu&rsquo;ils ont jug\u00e9 n\u00e9cessaire de tenter de nuancer fermement la perception qui pourrait na\u00eetre de leur algarade avec Ahmadinejad, qu&rsquo;ils seraient en train d&rsquo;int\u00e9grer le bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste. Il est assez probable que les Russes r\u00e9alisent leur position originale et qu&rsquo;ils tiennent \u00e0 la conserver.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question qui se pose est de savoir jusqu&rsquo;\u00e0 quand ils pourront conserver cette position originale sans proc\u00e9der \u00e0 un choix. L&rsquo;actuel probl\u00e8me qui leur est pos\u00e9 par la crise iranienne montre combien cette question est s\u00e9rieuse et combien elle pourrait devenir pressante. Cette question du choix nous para\u00eet quasiment insoluble pour la Russie et, d&rsquo;ailleurs, les Russes ont tendance \u00e0 nier qu&rsquo;elle existe vraiment (nous sommes pro-russes, ni pro-am\u00e9ricains, ni pro-iraniens),  ce qui est une fa\u00e7on de reconna\u00eetre que la question n&rsquo;a pas vraiment de r\u00e9ponse et qu&rsquo;il faut faire avec. Par ailleurs, et cela dans la puissante dynamique en cours, la question pourrait en r\u00e9alit\u00e9 se diluer rapidement dans les \u00e9v\u00e9nements, \u00e9vitant \u00e0 la Russie de chercher une impossible r\u00e9ponse ; elle pourrait venir des \u00e9v\u00e9nements eux-m\u00eames, sous la forme de tensions \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste, qui permettrait aux Russes d&rsquo;y conserver leur influence et leur position au travers de leurs liens avec certains pays du bloc, tout en ne s&rsquo;y compromettant pas trop puisque la machinerie serait en pleine phase d&rsquo;implosion. Avec notre habituelle consid\u00e9ration pour la rapidit\u00e9 de la dynamique de la crise g\u00e9n\u00e9rale, nous dirions que c&rsquo;est une prospective qui a des arguments pour elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Flottements russes 27 mai 2010 Dans l&rsquo;affaire de l&rsquo;accord entre l&rsquo;Iran, le Br\u00e9sil et la Turquie, avec d&rsquo;autre part les sanctions que le groupe dit 5+1 voudrait faire voter par le Conseil de S\u00e9curit\u00e9, la Russie occupe une position singuli\u00e8re. 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