{"id":71919,"date":"2010-05-31T08:45:26","date_gmt":"2010-05-31T08:45:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/31\/le-trou-noir-du-golfe\/"},"modified":"2010-05-31T08:45:26","modified_gmt":"2010-05-31T08:45:26","slug":"le-trou-noir-du-golfe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/05\/31\/le-trou-noir-du-golfe\/","title":{"rendered":"Le trou noir du Golfe"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Le trou noir du Golfe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t31 mai 2010  En quelques jours, tout semble s&rsquo;\u00eatre rassembl\u00e9 pour former ce qu&rsquo;ils nomment <em>a perfect storm<\/em>. L&rsquo;expression d\u00e9signe le rassemblement, autour d&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement, des conditions qui font de cet \u00e9v\u00e9nement quelque chose d&rsquo;extraordinairement explosif, presque une crise parfaite Nous avons d\u00e9j\u00e0 souvent employ\u00e9 l&rsquo;expression de <em>perfect storm<\/em> parce que notre temps n&rsquo;est pas avare de cette sorte d&rsquo;occurrence. Il semble qu&rsquo;elle doive servir, \u00e0 nouveau, pour caract\u00e9riser la catastrophe de <em>Deepwater Horizon<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnum\u00e9rons quelques faits<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Voil\u00e0 une catastrophe qui dure depuis bient\u00f4t six semaines, qui est une catastrophe d\u00e8s l&rsquo;origine et qui, pourtant, s&rsquo;est d\u00e9roul\u00e9e pendant un bon mois sans outre mesure alerter, ni les pouvoirs publics, ni les chroniqueurs attentifs \u00e0 la marche du monde. Ainsi s&rsquo;est constitu\u00e9e une charge explosive consid\u00e9rable de cet \u00e9v\u00e9nement, outre que s&rsquo;est constitu\u00e9e dans l&rsquo;oc\u00e9an une masse de p\u00e9trole suffisante pour repr\u00e9senter \u00e0 nos esprits \u00e0 quoi ressemble la mort de l&rsquo;univers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Finalement, il faut bien en venir aux faits. BP (apr\u00e8s d&rsquo;autres tentatives infructueuses) annonce qu&rsquo;il va boucher la fuite, Obama annonce que c&rsquo;est une catastrophe nationale et qu&rsquo;il prend les choses en mains. Certains voient un rapport entre ceci et cela. Il reste que BP est finalement contraint d&rsquo;annoncer qu&rsquo;il a \u00e9chou\u00e9. La Maison-Blanche envisage d\u00e9sormais que la fuite continue jusqu&rsquo;au mois d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/us-prepares-for-the-worst-after-best-hope-of-oil-solution-falls-apart-1987508.html\" class=\"gen\">ao\u00fbt<\/a> et certains vont jusqu&rsquo;\u00e0 dire qu&rsquo;il ne reste plus que l&rsquo;<a href=\"http:\/\/rawstory.com\/rs\/2010\/0529\/energy-expert-nuke-oil-leak\/\" class=\"gen\">option nucl\u00e9aire<\/a> (l&#8217;emploi d&rsquo;une petite bombe nucl\u00e9aire pour enterrer le dispositif d&rsquo;o\u00f9 vient la fuite). Ne reste plus, pour nous tous, que le passage effectivement \u00e0 une catastrophe per\u00e7ue certes comme nationale mais qui tend \u00e0 devenir internationale parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit des USA et que le syst\u00e8me de la communication s&rsquo;en est empar\u00e9e, et \u00e0 une crise politique nationale pour le pr\u00e9sident Obama, que certains jugent d\u00e9j\u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_sort_d_une_presidence_31_05_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">fatale<\/a> pour sa pr\u00e9sidence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Or, cette perception d&rsquo;une brutale aggravation de cette catastrophe, perception suscit\u00e9e effectivement par l&rsquo;entr\u00e9e dans le jeu du syst\u00e8me de la communication avec son \u00e9cho m\u00e9diatique, survient au moment o\u00f9 deux choses ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es. D&rsquo;une part, il appara\u00eet que le <em>corporate power<\/em> (BP), qui fut <em>in charge<\/em> pendant cinq semaines est irresponsable, incomp\u00e9tent et impuissant (sans compter tous les montages et manuvres de d\u00e9sinformation). D&rsquo;autre part, il appara\u00eet que le pouvoir politique, qui fut absent pendant cinq semaines en laissant l&rsquo;affaire au <em>corporate power<\/em> et en la minimisant \u00e0 mesure, a d\u00e9montr\u00e9 son irresponsabilit\u00e9, son incomp\u00e9tence et son impuissance. La crise devient une vraie crise nationale au moment o\u00f9 les composants du syst\u00e8me ont confirm\u00e9 ce qu&rsquo;on sait qu&rsquo;ils sont : irresponsables, incomp\u00e9tents et impuissants,  en plus d&rsquo;\u00eatre faussaires dans la manipulation de l&rsquo;information.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise a une forme particuli\u00e8re. Il y eut un \u00e9clat important au d\u00e9part (explosion sur la station <em>Deepwater Horizon<\/em>, pertes humaines, etc.), mais pas assez pour en faire une crise. Ensuite, les choses ont r\u00e9guli\u00e8rement empir\u00e9, avec la fuite de p\u00e9trole, dans une relative indiff\u00e9rence. (On parlait alors plut\u00f4t, soit de la d\u00e9faite en Afghanistan, soit de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;euro et de quelques pays europ\u00e9ens, soit de la crise iranienne avec l&rsquo;affaire Br\u00e9sil-Turquie et toujours de cette perspective enivrante pour certains de pouvoir taper un jour contre l&rsquo;Iran.) Soudain, c&rsquo;est la prise de conscience, les \u00e9checs de BP, le r\u00e9veil furieux mais bien tardif de BHO, etc. La machine m\u00e9diatique du syst\u00e8me de la communication se r\u00e9oriente avec une extraordinaire rapidit\u00e9 vers le Golfe du Mexique, et l&rsquo;on d\u00e9couvre que la catastrophe est aussi une crise nationale pour les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La crise n&rsquo;a rien de politique et c&rsquo;est ce qui fait sa puissance. Elle concerne le <em>corporate power<\/em>, l&rsquo;exploitation et la destruction de l&rsquo;environnement, la forme de d\u00e9veloppement que nous avons choisie, etc. Mais cette conformation de d\u00e9part non politique se politise brusquement, avec le tournant de l&rsquo;intervention forc\u00e9e de la direction politique des USA. Pour certains chroniqueurs, la col\u00e8re populaire US, qui prenait pour th\u00e8me le ch\u00f4mage, ou bien le sauvetage de Wall Street, ou bien la question des soins de sant\u00e9, est en train de se r\u00e9orienter vers l&rsquo;incomp\u00e9tence et la corruption du pouvoir politique (la popularit\u00e9 de BHO a chut\u00e9 \u00e0 41%), et la corruption et la rapacit\u00e9 du <em>corporate power<\/em>, dans cette affaire de la catastrophe <em>Deepwater Horizon<\/em>. Tout cela est aliment\u00e9 chaque jour davantage par les images devenues effrayantes qui montrent le p\u00e9trole s&rsquo;\u00e9chappant en jets continus des conduites pos\u00e9es sur le fond du Golfe du Mexique, par 1.500 m\u00e8tres de profondeur.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Nous \u00e9crivions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_dissolution_du_pouvoir_politique_28_05_2010.html\" class=\"gen\">28 mai 2010<\/a> : \u00ab<em>A ce propos,  ce propos justement d&rsquo;Obama: Je laisserais aux autres le soin de juger si cette catastrophe est mon Katrina&rsquo;. On verra, BHO, mais le rythme est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0.<\/em>\u00bb Effectivement, <em>Deepwater Horizon<\/em> a beaucoup pour lui,  pour devenir un nouveau <em>Katrina<\/em>, qui serait celui d&rsquo;Obama \u00e9videmment mais cela importe moins dans le cas de notre propos ; un nouveau <em>Katrina<\/em>, en infiniment plus grave Du temps a pass\u00e9 depuis <em>Katrina<\/em>, et les conditions g\u00e9n\u00e9rales se sont incroyablement tendues et d\u00e9t\u00e9rior\u00e9es. On retrouve dans <em>Deepwater Horizon<\/em> tous les facteurs de <em>Katrina<\/em>, avec, en plus, trois \u00e9l\u00e9ments fondamentaux qui affectent directement le syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La pr\u00e9sence, sur le devant de la sc\u00e8ne, comme acteur catastrophique principal, du <em>corporate power<\/em> (BP), avec en plus la caract\u00e9ristique d&rsquo;\u00eatre britannique,  donc anglo-saxon mais non-am\u00e9ricain, avec toutes les tensions et implications de cette situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;acteur principal de la catastrophe, le p\u00e9trole, qui est en m\u00eame temps le symbole, l&rsquo;outil, la puissance m\u00eame d&rsquo;un syst\u00e8me fond\u00e9 sur la thermodynamique, sur l&rsquo;exploitation pr\u00e9datrice des ressources naturelles et sur la d\u00e9vastation de l&rsquo;environnement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le fait de l&rsquo;exploitation en mer, qui internationalise physiquement la catastrophe, en l&rsquo;\u00e9tendant potentiellement au milieu oc\u00e9anique en g\u00e9n\u00e9ral. Tout le monde, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, est concern\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQui plus est, la catastrophe, avant de devenir crise depuis quelques jours, a \u00e9puis\u00e9 largement tous les moyens et toutes les manuvres de communication pour nous faire croire qu&rsquo;elle peut \u00eatre r\u00e9solue en un tournemain et sans grands dommages. Le tour de main a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 essay\u00e9, sans succ\u00e8s, et les dommages sont d\u00e9j\u00e0 colossaux. La crise monte \u00e0 bord de la catastrophe alors que celle-ci est remarquablement avanc\u00e9e. La crise, qui entre dans le cadre g\u00e9n\u00e9ral de ce que nous nommons notre structure crisique (tout \u00e9v\u00e9nement se transformant instantan\u00e9ment en crise), est elle-m\u00eame, d\u00e9j\u00e0, une structure crisique, par sa dur\u00e9e, par sa complication, par les divers services et personnes impliqu\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes r\u00e9actions et r\u00e9flexions sont elles-m\u00eames tr\u00e8s avanc\u00e9es (\u00e9ventuellement comme un plat faisand\u00e9). La remarque du patron de BP selon laquelle, apr\u00e8s tout, la mer peut absorber tout ce p\u00e9trole, a fait flor\u00e8s, notamment chez les commentateurs de la droite dure, interventionniste, type-<em>neocon<\/em> et hyper-lib\u00e9rale, aux USA. En effet, pourquoi pas,  le p\u00e9trole est naturel, n&rsquo;est-ce pas ? La remarque montre bien que l&rsquo;esprit n\u00e9o-conservateur et celui du capitalisme catastrophique sont bien plus que des id\u00e9es, qu&rsquo;ils refl\u00e8tent l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit m\u00eame de la postmodernit\u00e9. Cette remarque sur l&rsquo;oc\u00e9an qui peut absorber tout ce p\u00e9trole vaut bien, dans l&rsquo;esprit de la chose, les arguments des th\u00e9oriciens du d\u00e9sordre cr\u00e9ateur \u00e9tendu \u00e0 tous les recoins et circonstances de notre existence, notamment ce d\u00e9sordre cr\u00e9ateur qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;invasion de l&rsquo;Irak (d\u00e9truisons tout et du d\u00e9sordre rena\u00eetra un monde nouveau) et qui piaffe d&rsquo;impatience \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de taper contre l&rsquo;Iran.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est indubitablement vrai que le p\u00e9trole est un produit de la nature, alors pourquoi pas du p\u00e9trole dans la mer ? Il est vrai que la Lune est aussi une chose de la nature de l&rsquo;univers, alors pourquoi pas la Terre transform\u00e9e en Terre lunaire ? Il est vrai \u00e9galement que Konrad Lorenz n&rsquo;avait pas tort lorsqu&rsquo;il remarquait que l&rsquo;esp\u00e8ce humaine reste une esp\u00e8ce naturelle comme une autre, et que toute esp\u00e8ce naturelle est appel\u00e9e \u00e0 dispara\u00eetre un jour ou l&rsquo;autre Nous dirions m\u00eame, dans ce cas, qu&rsquo;elle serait non seulement appel\u00e9e (\u00e0 dispara\u00eetre), mais qu&rsquo;elle le m\u00e9riterait,  exp\u00e9rience compl\u00e8tement rat\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent nous sommes dans une catastrophe o\u00f9 l&rsquo;on s&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 compt\u00e9, et la crise en quoi se transforme cette catastrophe appara\u00eet alors que la catastrophe se trouve d\u00e9j\u00e0 en phase optimale. L&rsquo;autre g\u00e2terie de la chose est que, si BP ou quelque autre clown-acteur (le U.S. Coast Guard, par exemple) n&rsquo;arrive par \u00e0 arr\u00eater les fuites, et si quelque bombardier de la puissante USAF n&rsquo;est pas envoy\u00e9 pour nucl\u00e9ariser la chose, nous en avons encore pour un certain nombre de mois \u00e0 suivre le remplissage syst\u00e9matique de l&rsquo;oc\u00e9an. Cela signifie une exacerbation constante de la crise, \u00e0 mesure de la vidange naturelle de l&rsquo;\u00e9norme nappe de p\u00e9trole dans l&rsquo;oc\u00e9an et sur les c\u00f4tes des USA.<\/p>\n<h3>Est-ce notre Tchernobyl ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa tournure politique, sinon philosophique de cette crise, malgr\u00e9 l&rsquo;absence d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments directement politiques et philosophiques, est quasiment instantan\u00e9e. On ne peut imaginer une r\u00e9union plus convaincante de tous les facteurs du syst\u00e8me engendrant la crise de civilisation que nous connaissons : les USA et leur <em>American Dream<\/em> poisseux de p\u00e9trole, l&rsquo;anglo-saxonisme, le <em>corporate power<\/em>,  la paralysie du politique et l&rsquo;incomp\u00e9tence de la bureaucratie, le choix de la thermodynamique et la destruction de l&rsquo;environnement. C&rsquo;en est \u00e0 un point o\u00f9 l&rsquo;on se demanderait si, plut\u00f4t que d&rsquo;\u00eatre le <em>Katrina<\/em> d&rsquo;Obama (ou une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_sort_d_une_presidence_31_05_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">crise des otages<\/a> \u00e0-la-Carter), cette catastrophe ne pourrait pr\u00e9tendre \u00e0 devenir, si les circonstances s&rsquo;y pr\u00eataient, le Tchernobyl du syst\u00e8me de l&rsquo;id\u00e9al de puissance. (L&rsquo;un n&#8217;emp\u00eachant pas l&rsquo;autre, d&rsquo;ailleurs, le <em>Katrina<\/em> d&rsquo;Obama se trouvant \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du Tchernobyl du syst\u00e8me de l&rsquo;id\u00e9al de puissance.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous qui nous inqui\u00e9tions de penser la crise dans <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-conscience_de_la_globalite_de_la_crise_25_05_2010.html\" class=\"gen\">sa globalit\u00e9<\/a>, nous voil\u00e0 servis et l&rsquo;occasion est bonne et belle. Cette crise du Golfe du Mexique pr\u00e9sente un potentiel pour conduire \u00e0 une pens\u00e9e globale de la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me, avec tous les \u00e9l\u00e9ments qui y concourent. Cela ne signifie pas une seconde que cette \u00e9volution se fera automatiquement mais la possibilit\u00e9 en existe. La cause de cette possibilit\u00e9 en est moins la dimension de la catastrophe, son importance r\u00e9elle, etc., que la perception que nous en avons. Il n&rsquo;est pas faux, bien entendu, de dire que d&rsquo;autres catastrophes de cette sorte ont lieu et ont eu lieu, qui passent ou sont pass\u00e9es inaper\u00e7ues (par exemple, au large du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2010\/may\/30\/oil-spills-nigeria-niger-delta-shell\" class=\"gen\">Nigeria<\/a>, nous rappelle <em>The Guardian<\/em>) ; ce n&rsquo;est pas faux mais c&rsquo;est inutile. Nous vivons dans le syst\u00e8me o\u00f9 nous vivons, ce qui est justement le probl\u00e8me central de la crise, et ce syst\u00e8me fait peu de cas du Nig\u00e9ria (sauf pour le p\u00e9trole qu&rsquo;on peut y pomper) tandis qu&rsquo;il s&#8217;emballe jusqu&rsquo;\u00e0 la crise de nerfs d\u00e8s lors qu&rsquo;il s&rsquo;agit des USA. Il est moins temps de s&rsquo;en lamenter que d&rsquo;en profiter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn profiter, c&rsquo;est-\u00e0-dire tout faire pour que cette catastrophe devenue crise aux USA soit suffisamment per\u00e7ue dans sa dimension dramatique pour qu&rsquo;elle soit per\u00e7ue, justement, comme une crise syst\u00e9mique. Tous les facteurs pour instruire un proc\u00e8s du syst\u00e8me sont r\u00e9unis. La dimension politique et philosophique de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement devient ainsi \u00e9vidente, et le syst\u00e8me de la communication, qui ne fonctionne qu&rsquo;\u00e0 la mesure de l&rsquo;\u00e9cho et de la sensation qu&rsquo;il peut obtenir m\u00eame lorsque cela se retourne contre le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral dont il est l&rsquo;enfant, est pr\u00eat \u00e0 r\u00e9percuter cet aspect de la chose,  il s&rsquo;y emploie d\u00e9j\u00e0 avec <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_sort_d_une_presidence_31_05_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">z\u00e8le<\/a>. D\u00e9j\u00e0, on observe l&rsquo;encha\u00eenement des choses dans le sens de cette crise, avec le <em>corporate power<\/em> qui se d\u00e9chire (BP accusant Halliburton et Transocean, ses sous-traitants, d&rsquo;avoir mal fait leur travail) ; le pouvoir politique qui vacille, avec les attaques contre Obama qui se multiplient ; les accusations de corruption \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me, avec les d\u00e9missions qui vont avec ; les querelles avec le centre, d\u00e9j\u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bp_le_bordel_washingtonien_et_les_etats_de_l_union_25_05_2010.html\" class=\"gen\">\u00e9videntes<\/a>, qui iront en s&rsquo;exacerbant<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;essentiel est de diriger la perception de la crise vers le cur du probl\u00e8me, de l&rsquo;effleurer, de le fr\u00f4ler, de parvenir \u00e0 y p\u00e9n\u00e9trer,  ce cur de la crise qui est le mode de d\u00e9veloppement, l&rsquo;incrustation dans nos pratiques d&rsquo;un instinct de mort s&rsquo;exer\u00e7ant contre l&rsquo;\u00e9quilibre de l&rsquo;univers. L&rsquo;essentiel est de faire en sorte que la catastrophe devenue crise s&rsquo;inscrive dans la s\u00e9rie d\u00e9j\u00e0 bien longue du syst\u00e8me crisique, qui mine impitoyablement notre syst\u00e8me. Le trou noir du Golfe doit \u00eatre, aussi bien que la crise de l&rsquo;euro, dans la filiation de la guerre en Irak et de l&rsquo;effondrement de Wall Street du 15 septembre 2008. Tout cela est de la m\u00eame eau, du m\u00eame monde, de la m\u00eame pourriture.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a beau temps qu&rsquo;il est devenu inutile de discuter avec des esprits dont la pens\u00e9e est aliment\u00e9e par une psychologie totalement infect\u00e9e par la maladie de mort qui caract\u00e9rise cette civilisation. Il importe de guetter l&rsquo;instant o\u00f9, dans les catastrophes en s\u00e9rie qu&rsquo;ils provoquent sans jamais en tirer la moindre le\u00e7on, y compris pour leurs propres avantages, l&rsquo;une d&rsquo;elles sortira des effets qui permettront de mieux armer la critique impitoyable qui doit \u00eatre port\u00e9e contre eux et qui influencera d\u00e9cisivement les psychologies. Il importe d&rsquo;en profiter, sans vergogne ni la moindre h\u00e9sitation. Ce syst\u00e8me pue la mort, il \u00e9volue comme une charogne inf\u00e2me sans autre souci que de survivre pour poursuivre sa besogne. Il m\u00e9rite une r\u00e9sistance de tous les instants, sans espoir superflu ni illusion, mais en s&rsquo;acharnant \u00e0 la n\u00f4tre, de besogne.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le trou noir du Golfe 31 mai 2010 En quelques jours, tout semble s&rsquo;\u00eatre rassembl\u00e9 pour former ce qu&rsquo;ils nomment a perfect storm. 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