{"id":71933,"date":"2010-06-04T08:13:17","date_gmt":"2010-06-04T08:13:17","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/04\/de-loil-spill-a-la-mise-en-cause-du-systeme\/"},"modified":"2010-06-04T08:13:17","modified_gmt":"2010-06-04T08:13:17","slug":"de-loil-spill-a-la-mise-en-cause-du-systeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/04\/de-loil-spill-a-la-mise-en-cause-du-systeme\/","title":{"rendered":"De l&rsquo;\u201c<em>oil spill<\/em>\u201d \u00e0 la mise en cause du syst\u00e8me"},"content":{"rendered":"<p><p>Justement, il faut passer de l&rsquo;appellation cat\u00e9gorielle de <em>oil spill<\/em> \u00e0 celle de catastrophe environnementale, c&rsquo;est la premi\u00e8re proposition de Jim Wallis, dans <em>Huffington.post<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/jim-wallis\/a-time-for-moral-reckonin_b_599366.html\" class=\"gen\">3 juin 2010<\/a>. Constatant le mouvement g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;horreur et d&rsquo;interrogation sur cette catastrophe dont les effets environnementaux commencent \u00e0 \u00eatre diffus\u00e9s par le syst\u00e8me de la communication aux USA, Wallis observe qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un <em>teachable moment<\/em>, une occasion pour que la pens\u00e9e effectue une r\u00e9flexion de rupture. \u00ab<em>This could be one of those moments when the nation&rsquo;s attention all turns to the same thing, as in 9\/11 and the days after Katrina. To use an over-used phrase, this could be a teachable moment<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tWallis, auteur et organisateur d&rsquo;organisations chr\u00e9tiennes progressistes, d\u00e9veloppe une argumentation pour l&rsquo;appr\u00e9ciation fondamentale de la catastrophe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Theologically, we are witnessing a massive despoiling of God&rsquo;s creation. We were meant to be stewards of the Gulf of Mexico, the wetlands that protect and spawn life, the islands and beaches, and all of God&rsquo;s creatures who inhabit the marine world. But instead, we are watching the destruction of all that. Why? Because of the greed for profits; because of deception and lies; because of both private and public irresponsibility. And at the root, because of an ethic of endless economic growth, fueled by carbon-based fossil fuels, that is ultimately unsustainable and unstable.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It&rsquo;s not just that BP has lied, even though they have  over and over  to cover up their behavior and avoid their obligations. It is that BP<\/em> <strong><em>is<\/em><\/strong> <em>a lie; what it stands for is a lie. It is a lie that we can continue to live this way, a lie that our style of life is stable and sustainable, a lie that these huge oil companies are really committed to a safe and renewable energy future. BP should indeed be made to pay for this crime against the creation  likely with its very existence.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But I am also reminded of what G.K. Chesterton once said when asked what was most wrong with the world. He reportedly replied, I am. Already, we are hearing some deeper reflection on the meaning of this daily disaster. Almost everyone now apparently agrees with the new direction of a clean energy economy. And we know that will require a re-wiring of the energy grid (which many hope BP will have no part in). But it will also require a re-wiring of ourselves  our demands, requirements, and insatiable desires. Our oil addiction has led us to environmental destruction, endless wars, and the sacrifice of young lives, and it has put our very souls in jeopardy. New York Times columnist Tom Freidman recently wondered about the deeper meaning of the Great Recession when he asked, What if it&rsquo;s telling us that the whole growth model we created over the last fifty years is simply unsustainable economically and ecologically and that 2008 was when we hit the wall  when Mother Nature and the market both said, No More.&rsquo; The Great Spill makes the point even more.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Il est vrai que le <em>oil spill<\/em> est en train de devenir, du point de vue de la perception de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement aux USA, une catastrophe de l&rsquo;environnement sugg\u00e9rant de plus en plus pr\u00e9cis\u00e9ment une critique syst\u00e9mique de notre organisation g\u00e9n\u00e9rale, ce qui implique le passage de la pens\u00e9e critique du domaine \u00e9conomique au domaine eschatologique. Cette \u00e9volution est puissamment aid\u00e9e par la longueur de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement et par les images de ses effets sur l&rsquo;environnement qui commencent \u00e0 s&rsquo;imposer. La lenteur du processus est caract\u00e9ristique de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit am\u00e9ricaniste, o\u00f9 l&rsquo;\u00e9conomisme domine la pens\u00e9e, alors que cet \u00e9tat d&rsquo;esprit a \u00e9t\u00e9 largement aliment\u00e9 pour la critique par la querelle et les pol\u00e9miques sur le r\u00f4le de BP et sur l&rsquo;attitude des autorit\u00e9s f\u00e9d\u00e9rales par rapport \u00e0 BP.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn un sens, cette lenteur n&rsquo;est pas un d\u00e9savantage mais peut \u00eatre un signe de la profondeur qui pourrait affecter le changement de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit en cours,  de l&rsquo;\u00e9conomisme justement, \u00e0 l&rsquo;environnementalisme catastrophique. C&rsquo;est \u00e9galement un signe que ce changement est moins la cons\u00e9quence de l&rsquo;activisme des environnementalistes,  toujours suspects aux yeux du syst\u00e8me de la communication,  que d&rsquo;un constat plus g\u00e9n\u00e9ral qui affecte l&rsquo;orientation de ce m\u00eame syst\u00e8me de la communication. Jim Wallis ne repr\u00e9sente certainement pas un courant majoritaire puisqu&rsquo;il se situe effectivement en partie dans le mouvement environnementaliste, dans sa marge d&rsquo;un activisme religieux tr\u00e8s diff\u00e9rent de l&rsquo;activisme religieux US habituel (ce dernier, tr\u00e8s li\u00e9 \u00e0 une conception \u00e9conomiste propre \u00e0 l&rsquo;am\u00e9ricanisme, et souvent adversaire de l&rsquo;environnementalisme).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe m\u00eame cette lenteur de la prise de conscience de la signification de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement,  de l&rsquo;\u00e9conomisme \u00e0 l&rsquo;environnementalisme catastrophique,  est une grande diff\u00e9rence avec les deux autres \u00e9v\u00e9nements cit\u00e9s par Wallis (9\/11 et <em>Katrina<\/em>). Dans ces deux cas, la r\u00e9action avait \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s forte et imm\u00e9diate, et aussit\u00f4t r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, dans le sens de l&rsquo;exploitation politique avec l&rsquo;orientation qu&rsquo;on sait (9\/11) et de la r\u00e9cup\u00e9ration d&rsquo;une r\u00e9action imm\u00e9diate qui aurait pu \u00eatre celle d&rsquo;une mise en cause du syst\u00e8me au profit de la mise en cause d&rsquo;une administration Bush d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s contest\u00e9e (<em>Katrina<\/em>). Dans les deux cas, l&rsquo;essentiel \u00e9tait manipul\u00e9. Cette fois, au contraire, la lenteur de la r\u00e9action implique une graduation de cette r\u00e9action vers la mati\u00e8re essentielle de la catastrophe, ce qui \u00e9vite en un sens l&rsquo;exploitation politique et la r\u00e9cup\u00e9ration qui n&rsquo;ont lieu que dans la violence et l&rsquo;\u00e9motion d&rsquo;une r\u00e9action imm\u00e9diate, tr\u00e8s ais\u00e9ment manipulables. Cette fois, le syst\u00e8me de la communication est beaucoup moins mobilis\u00e9 dans le sens de la d\u00e9fense du syst\u00e8me, puisque sa mobilisation a eu lieu \u00e0 cause de BP et autour de ce cas ; le syst\u00e8me de la communication est beaucoup plus susceptible d&rsquo;\u00eatre au contraire utilis\u00e9 cette fois en faveur d&rsquo;une \u00e9volution des r\u00e9actions vers les questions fondamentales. (Le syst\u00e8me de la communication n&rsquo;est pas un syst\u00e8me ais\u00e9ment maniable, voire, paradoxalement, ais\u00e9ment manipulable. Il sert \u00e9videmment \u00e0 la manipulation pour la d\u00e9fense du syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral, lorsqu&rsquo;il intervient dans les effets imm\u00e9diats et tr\u00e8s forts, tr\u00e8s \u00e9motionnels, l\u00e0 o\u00f9 la manipulation est tr\u00e8s ais\u00e9e. Mais il peut servir \u00e0 la cause exactement inverse, pour la mise en cause du syst\u00e8me, lorsqu&rsquo;il intervient sur le long terme, en servant \u00e0 diffuser une \u00e9volution plus lente, une prise de conscience comme celle \u00e0 laquelle Wallis fait allusion. Dans ce cas, le syst\u00e8me de la communication peut \u00eatre retourn\u00e9 contre le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral qu&rsquo;il est cens\u00e9 d\u00e9fendre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe assez \u00e9pouvantable de la catastrophe de <em>Deepwater Horizon<\/em>, c&rsquo;est que sa vertu est dans sa dur\u00e9e et dans l&rsquo;apparition progressive de sa profondeur catastrophique et eschatologique. Cela conduit \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution lente de l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit, \u00e0 la r\u00e9flexion incontr\u00f4lable par les d\u00e9fenseurs du syst\u00e8me parce que cette r\u00e9flexion est par nature insoumise \u00e0 l&rsquo;\u00e9motion imm\u00e9diate et \u00e0 la manipulation qui l&rsquo;accompagne. Dans ce cas, m\u00eame nombre de d\u00e9fenseurs du syst\u00e8me qui auraient r\u00e9agi dans ce sens si l&rsquo;effet imm\u00e9diat avait \u00e9t\u00e9 de mettre en cause le syst\u00e8me, sont conduits peu \u00e0 peu \u00e0 r\u00e9agir dans l&rsquo;autre sens. C&rsquo;est alors que le syst\u00e8me de la communication, d\u00e9fenseur du syst\u00e8me dans le cas d&rsquo;une grande \u00e9motion imm\u00e9diate, peut devenir le v\u00e9hicule, le complice si l&rsquo;on veut, d&rsquo;une attitude inverse sur le terme. Il est ainsi tr\u00e8s caract\u00e9ristique de la lenteur et de l&rsquo;impr\u00e9gnation de l&rsquo;esprit de l&rsquo;am\u00e9ricanisme par l&rsquo;\u00e9conomisme que des r\u00e9actions telles que celle de Wallis ne soient pas apparues, ou n&rsquo;aient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&rsquo;aucune publicit\u00e9, d\u00e8s les premiers jours suivant le 20 avril.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant six semaines, il n&rsquo;a \u00e9t\u00e9 question que de la querelle technique, \u00e9conomique, juridique, administrative, etc., entourant le r\u00f4le de BP. Cette pol\u00e9mique a eu la vertu de d\u00e9samorcer la r\u00e9action de l&rsquo;\u00e9conomisme dans le sens d&rsquo;une tentative d&rsquo;\u00e9touffement des v\u00e9ritables dimensions de la catastrophe. Elle permet au second stade, le plus important, celui de la mise en cause du syst\u00e8me, d&rsquo;appara\u00eetre sans provoquer de r\u00e9actions particuli\u00e8res des facteurs humains et de communication de d\u00e9fense du syst\u00e8me, ceux-ci et ceux-l\u00e0 surtout occup\u00e9s \u00e0 la querelle autour de BP. Il est possible que des r\u00e9flexions comme celles de Wallis puissent se d\u00e9velopper avec un grand \u00e9cho public, sans entraves r\u00e9elles, d&rsquo;autant plus que les effets de la catastrophe continuent, s&rsquo;accroissent, commencent \u00e0 avoir un effet g\u00e9n\u00e9ral de communication impressionnant, et touchent directement au cur du moteur du syst\u00e8me puisque ce sont les USA qui sont affect\u00e9s Il est possible que nous entrions dans la deuxi\u00e8me phase de la catastrophe du point de vue du syst\u00e8me de la communication, celle o\u00f9 la mise en cause du syst\u00e8me, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 une id\u00e9e introduite dans le d\u00e9bat sans crier gare ni attirer l&rsquo;attention, apparaisse comme pouvant s&rsquo;imposer comme le facteur majeur de la r\u00e9flexion. Il n&rsquo;est pas indiff\u00e9rent que, six semaines apr\u00e8s la catastrophe, un site comme <em>Huffington.post<\/em>, avec son audience \u00e9norme mais dont on sait qu&rsquo;il reste tout de m\u00eame li\u00e9 au syst\u00e8me malgr\u00e9 ses divers choix critiques, continue \u00e0 consacrer r\u00e9guli\u00e8rement l&rsquo;essentiel de sa mise en page de t\u00eate \u00e0 la catastrophe, mais cette fois (comme c&rsquo;\u00e9tait le cas encore ce matin) dans ses effets \u00e9cologiques et environnementaux,  de l&rsquo;<em>oil spill<\/em> \u00e0 la catastrophe environnementale syst\u00e9mique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 4 juin 2010 \u00e0 08H16<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Justement, il faut passer de l&rsquo;appellation cat\u00e9gorielle de oil spill \u00e0 celle de catastrophe environnementale, c&rsquo;est la premi\u00e8re proposition de Jim Wallis, dans Huffington.post du 3 juin 2010. 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