{"id":71958,"date":"2010-06-14T06:35:14","date_gmt":"2010-06-14T06:35:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/14\/la-resistance-des-psychologies-et-la-necessite-du-pire\/"},"modified":"2010-06-14T06:35:14","modified_gmt":"2010-06-14T06:35:14","slug":"la-resistance-des-psychologies-et-la-necessite-du-pire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/14\/la-resistance-des-psychologies-et-la-necessite-du-pire\/","title":{"rendered":"La r\u00e9sistance des psychologies et la n\u00e9cessit\u00e9 du pire"},"content":{"rendered":"<p><p>Il y a une int\u00e9ressante chronique de John McQuaid, journaliste scientifique US qui a \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 d&rsquo;un Prix Pulitzer, sur <em>Huffington.post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/john-mcquaid\/will-the-bp-fiasco-change_b_609558.html\" class=\"gen\">11 juin 2010<\/a>, \u00e0 propos du <em>oil spill<\/em>, de l&rsquo;attitude de BP dans le domaine des relations publiques, de l&rsquo;attitude psychologique des dirigeants politiques autant que du public.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s avoir montr\u00e9 combien les arguments de BP d\u00e9velopp\u00e9s pendant de longues ann\u00e9es sur son <em>greening<\/em> (la prise en compte des imp\u00e9ratifs de protection de l&rsquo;environnement) se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s d&rsquo;une fa\u00e7on \u00e9clatante \u00eatre un pur montage de relations publiques, combien l&rsquo;entreprise, comme le reste du <em>corporate power<\/em> et du syst\u00e8me, continue \u00e0 ne suivre que la seule politique du l&rsquo;exploitation et du profit \u00e0 tout prix, donc du saccage de l&rsquo;environnement, McQuaid en vient \u00e0 la conclusion. Il montre combien cette politique est finalement absurde, y compris l&rsquo;attitude de BP cherchant \u00e0 dissimuler ce qui ne peut manifestement pas l&rsquo;\u00eatre du fait de l&rsquo;ampleur \u00e9crasante de visibilit\u00e9 de la catastrophe, et, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela, l&rsquo;incapacit\u00e9 des directions politiques et du public devant ce fait-l\u00e0, de mettre en question certains jugements fondamentaux <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Now: When disaster struck, it quickly became obvious that all the green stuff was just for show. Where it counted, BP had not been green at all, but murky brown. Today, with the Gulf of Mexico getting more fouled by the hour and the eyes of the world riveted on its every move (the one time you really, really want to get corporate PR right) BP has demonstrated it cares more about covering its own arse than doing the right thing.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Here&rsquo;s one thing I genuinely don&rsquo;t get. Just from a PR standpoint, BP&rsquo;s tactical, hectoring approach makes no sense. If I were BP (which in fact I&rsquo;m not) I would simply roll over, conceding everything the critics are saying, promising to make everything whole again to the fullest extent possible, acknowledging the profound wrong that it has committed here at every opportunity, in words and actions. I&rsquo;d call off the lawyers and PR people. The nickel-and-diming media interference is futile, after all. The story is simply too big  geographically, environmentally, and historically  for it to have any appreciable effect other than to make BP look bad. But BP&rsquo;s honchos either cannot recognize this, or they don&rsquo;t care, or they have no overarching strategy for the company&rsquo;s corporate and social responsibilities going forward &#8211; other than minimizing them.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Surely the BP debacle is the kind of emperor-has-no-clothes moment that ends up meaning something. Many of the default political assumptions of the past three decades have exposed as scams: that the interests of global corporations are more or less in line with those of a majority of individual voters and the working class; that markets are best served by federal accommodation of corporate interests.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But the odds are, it won&rsquo;t be that big moment. I&rsquo;m not a cynic, but there&rsquo;s something extraordinarily resilient about Americans&rsquo; collective indifference to holding people and organizations accountable. We&rsquo;re the let&rsquo;s move on nation. Current American politics, with its lobbying nexus and regulatory capture problems, has been extraordinarily resistant to fallout from big events that should alter the way people, and thus politicians, think and behave about economic issues.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>So, we&rsquo;ll have to wait and see. But as long as BP keeps on doing what it&rsquo;s doing, the odds of such a realignment of public opinion will continue to rise.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> McQuaid dit une \u00e9vidence qui est fort peu relev\u00e9e, qui concerne l&rsquo;absurdit\u00e9 de la politique de relations publiques de BP (et de l&rsquo;administration pendant tout un temps, qui a suivi BP dans cette voie). Le d\u00e9sastre est trop important pour \u00eatre dissimul\u00e9 par de telles actions, le virtualisme du syst\u00e8me de la communication ne fait simplement pas le poids, d&rsquo;autant que ce m\u00eame syst\u00e8me de la communication alimente \u00e9galement son contraire, avec la formidable publicit\u00e9 faite au d\u00e9sastre \u00ab<em>The story is simply too big  geographically, environmentally, and historically  for it to have any appreciable effect other than to make BP look bad.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA c\u00f4t\u00e9 de la mar\u00e9e de commentaires, de r\u00e9criminations, de fureurs, d&rsquo;appr\u00e9ciations catastroph\u00e9es, d\u00e9sol\u00e9es, tragiques, il est vrai que peu de choses changent dans la r\u00e9flexion sur l&rsquo;essentiel. Personne ne met en cause le fondement du syst\u00e8me dont le fonctionnement conduit \u00e0 cette catastrophe parce qu&rsquo;il ne peut en \u00eatre autrement, comme il a conduit \u00e0 celles qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, dans tous les domaines, et \u00e0 celles qui suivront, de plus en plus nombreuses et dramatiques \u00e0 mesure que la marche du syst\u00e8me se heurte aux obstacles insurmontables de la destruction de l&rsquo;univers. (\u00ab[B]<em>ut there&rsquo;s something extraordinarily resilient about Americans&rsquo; collective indifference to holding people and organizations accountable. We&rsquo;re the let&rsquo;s move on nation. Current American politics, with its lobbying nexus and regulatory capture problems, has been extraordinarily resistant to fallout from big events that should alter the way people, and thus politicians, think and behave about economic issues.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes remarques de McQuaid sur les tares \u00e9videntes et fatales du syst\u00e8me sont absolument convaincantes, les explications fondamentales le sont moins. En fait d&rsquo;explications, McQuaid \u00e9num\u00e8re les moyens et les processus qui font que l&rsquo;Am\u00e9rique singuli\u00e8rement, mais aussi bien d&rsquo;autres entit\u00e9s infect\u00e9s par la m\u00eame modernit\u00e9 dans sa folie postmoderne (puisqu&rsquo;effectivement l&rsquo;am\u00e9ricanisme n&rsquo;est rien d&rsquo;autre que le faux nez de la modernit\u00e9 dans sa folie postmoderne), s&rsquo;av\u00e8rent incapables de tirer la seule le\u00e7on possible des \u00e9v\u00e9nements en cours. De fait, l&rsquo;attitude de BP, de l&rsquo;administration Obama et de la population des USA sont similaires. Le d\u00e9bat que soul\u00e8ve McQuaid est celui de savoir qui est responsable du d\u00e9sastre d&rsquo;une part, avec l&rsquo;\u00e9vidence en apparence incompr\u00e9hensible de la fa\u00e7on dont la population US ne r\u00e9agit pas en demandant qu&rsquo;on mette en cause d&rsquo;une fa\u00e7on directe et concr\u00e8te les responsabilit\u00e9s des uns et des autres (\u00ab<em>holding people and organizations accountable<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn r\u00e9alit\u00e9, on pourrait estimer paradoxalement que les reproches de McQuaid sont infond\u00e9s. Ce qu&rsquo;il d\u00e9crit, c&rsquo;est un syst\u00e8me complet, comme il dit <em>a let&rsquo;s move on nation<\/em> et, dans ce cas, ce syst\u00e8me correspond effectivement \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit ainsi d\u00e9crit. La question de la responsabilit\u00e9 n&rsquo;est pas primordiale et, d&rsquo;ailleurs, contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;il pr\u00e9voit, cette responsabilit\u00e9 sera certainement \u00e9tablie et r\u00e9partie dans bien des sens, avec des d\u00e9g\u00e2ts consid\u00e9rables pout les coupables, par les myriades de proc\u00e8s, d&rsquo;avocats, de plaidoiries, etc., qui vont entourer la temp\u00eate juridique qui va d\u00e9sormais accompagner le sort de BP. La question centrale est plut\u00f4t de d\u00e9terminer pourquoi ces catastrophes surviennent, d&rsquo;autant que la r\u00e9ponse appara\u00eet \u00e9videmment dans l&rsquo;organisation du syst\u00e8me dont la population fait elle-m\u00eame partie, et un syst\u00e8me qui s&rsquo;appuie sur le dogme du Progr\u00e8s auquel les USA sont totalement acquis (<em>a let&rsquo;s move on nation<\/em>),  justement, un dogme qui n&rsquo;est pas remis en cause. Dans le cas tel qu&rsquo;il est expos\u00e9, l&rsquo;accident reste effectivement un accident et nullement une fatalit\u00e9 syst\u00e9mique et on peut alors effectivement consid\u00e9rer que l&rsquo;affaire BP est un accident qui ne remet pas en cause le syst\u00e8me,  et alors, la passivit\u00e9 de la population US est compr\u00e9hensible.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, non, l&rsquo;affaire BP d\u00e9bouche sur une catastrophe gigantesque dont certains commencent \u00e0 penser qu&rsquo;elle pourrait devenir non seulement la plus grande catastrophe \u00e9cologique de tous les temps, mais un \u00e9v\u00e9nement aux cons\u00e9quences eschatologiques. (Voir, par erxemple, le <a href=\"http:\/\/www.engdahl.oilgeopolitics.net\/print\/Gulf%20Oil%20Spill.pdf\" class=\"gen\">texte<\/a> que nous <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-le_flot_du_golfe_sans_fin_11_06_2010.html\" class=\"gen\">recommande<\/a> notre lecteur <em>Frank du Faubourg<\/em>.) L\u00e0 est bien s\u00fbr le nud de cette affaire : ce qui ne serait qu&rsquo;un incident, l&rsquo;affaire BP dont on comprend qu&rsquo;elle ne d\u00e9clenche pas une une attaque d\u00e9cisive contre BP dans la population, s&rsquo;av\u00e8re \u00e9galement, si l&rsquo;on pousse l&rsquo;analyse, un risque eschatologique fondamental capable de secouer la civilisation. Dans ce cas, le probl\u00e8me n&rsquo;est plus de d\u00e9terminer les responsabilit\u00e9s et de p\u00e9naliser ceux qui en sont reconnus coupables, mais simplement de s&rsquo;interroger de fa\u00e7on urgente et radicale sur le syst\u00e8me dans son <strong>absolue globalit\u00e9<\/strong>, qui conduit \u00e0 ce que des incidents qui devraient rester limit\u00e9s nous projettent vers des perspectives eschatologiques. Tant que de telles r\u00e9flexions ne seront pas devenues le courant de la r\u00e9flexion g\u00e9n\u00e9rale, rien ne sera fait et la critique de McQuaid restera parcellaire, voire injustifi\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>So, we&rsquo;ll have to wait and see<\/em>\u00bb, termine McQuaid, mais parlant toujours de BP Mais certainement pas, il ne s&rsquo;agit pas de BP. Ce que nous devons attendre et voir, c&rsquo;est bel et bien quand se fera la r\u00e9alisation d\u00e9chirante et r\u00e9volutionnaire de la fatalit\u00e9 de la destruction catastrophique de la civilisation et de l&rsquo;univers qui l&rsquo;abrite, qui est au cur m\u00eame de ce syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 14 juin 2010 \u00e0 06H38<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il y a une int\u00e9ressante chronique de John McQuaid, journaliste scientifique US qui a \u00e9t\u00e9 honor\u00e9 d&rsquo;un Prix Pulitzer, sur Huffington.post, le 11 juin 2010, \u00e0 propos du oil spill, de l&rsquo;attitude de BP dans le domaine des relations publiques, de l&rsquo;attitude psychologique des dirigeants politiques autant que du public. 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