{"id":72007,"date":"2010-06-25T08:51:25","date_gmt":"2010-06-25T08:51:25","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/25\/du-triangle-au-carre-du-duo-au-quadrille\/"},"modified":"2010-06-25T08:51:25","modified_gmt":"2010-06-25T08:51:25","slug":"du-triangle-au-carre-du-duo-au-quadrille","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/25\/du-triangle-au-carre-du-duo-au-quadrille\/","title":{"rendered":"Du triangle au carr\u00e9, du duo au quadrille"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Du triangle au carr\u00e9, du duo au quadrille<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t25 juin 2010  D&rsquo;abord, il y a un probl\u00e8me, mais cela ne devrait pas \u00eatre trop grave Dans son z\u00e8le o\u00f9 l&rsquo;honneur se trouve accord\u00e9 \u00e0 la hi\u00e9rarchie, Bernard Kouchner a pris garde de ne pas \u00eatre beaucoup plus grand (<em>dito<\/em>, en taille) que Sarkozy. Ce qu&rsquo;il fait que lorsqu&rsquo;il tient une conf\u00e9rence de presse avec Guido (Westerwelle), Radek (Sikorski) et Sergei (Lavrov), comme il les appelle, il fait un peu <em>short<\/em>. Les ministres des affaires \u00e9trang\u00e8res allemand, polonais et russe, les gredins, sont d&rsquo;une taille un peu insolente pour un ministre successeur de Vergennes d&rsquo;une taille retenue. Passons,  apr\u00e8s avoir vu la vid\u00e9o de la conf\u00e9rence de presse du <a href=\"http:\/\/www.diplomatie.gouv.fr\/fr\/diplomatie.tv_17108\/divers_19585\/triangle-weimar-russie-23-juin-2010_83464.html\" class=\"gen\">23 juin 2010<\/a>, \u00e9ventuellement, et la taille impressionnante des trois partenaires de Kouchner. Hors cela, la r\u00e9union du triangle de Weimar (France, Allemagne et Pologne) renforc\u00e9 de la Russie s&rsquo;est fort bien pass\u00e9e, ce m\u00eame 23 juin au Quai d&rsquo;Orsay.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa brochette fait un sacr\u00e9 quatuor,  certains diront un axe : Paris-Berlin-Varsovie-Moscou. Le triangle de Weimar est une sorte d&rsquo;association informelle qui se consulte r\u00e9guli\u00e8rement. Il fut institu\u00e9 en 1991 par les Fran\u00e7ais et les Allemands pour rassurer les Polonais d&rsquo;on ne sait trop quoi,  \u00e9tait-ce de l&rsquo;URSS (re)devenue Russie ou de l&rsquo;Allemagne prolong\u00e9e de son Est ? Il avait mercredi une allure nouvelle, avec le grand Sergei invit\u00e9 \u00e0 faire du triangle un carr\u00e9 qu&rsquo;on pourrait effectivement d\u00e9rouler en axe Mais laissons l\u00e0 la g\u00e9om\u00e9trie dans l&rsquo;espace europ\u00e9en. La r\u00e9union \u00e9tait importante parce qu&rsquo;elle impliquait une nouvelle approche de la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;Europe. Ce sera notre premier angle d&rsquo;analyse. Notre deuxi\u00e8me angle sera le constat, apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 sous les tapis luxueux du Quai, que les Am\u00e9ricans n&rsquo;\u00e9taient pas pr\u00e9sents.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t On lit par ailleurs une analyse de George Friedman, de <em>Stratfor.com<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.stratfor.com\/weekly\/20100621_germany_and_russia_move_closer\" class=\"gen\">22 juin 2010<\/a> (repris en <em>Ouverture libre<\/em> ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-germany_and_russia_move_closer_25_06_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">25 juin 2010<\/a>), sur un duo d&rsquo;un nouveau type,  \u00ab<em>Germany and Russia Move Closer<\/em>\u00bb, qui contient nombre de remarques int\u00e9ressantes s&rsquo;inscrivant dans une vision d&rsquo;ensemble marqu\u00e9e par une totale incompr\u00e9hension de la situation europ\u00e9enne. Cette analyse place en effet l&rsquo;Allemagne au centre de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement (l&rsquo;accord discut\u00e9, la r\u00e9union du 23), comme si tout reposait, du point de vue de l&rsquo;\u00e9volution de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne, sur l&rsquo;Allemagne. C&rsquo;est une vision d&rsquo;un tout autre temps, tr\u00e8s incompl\u00e8te, tr\u00e8s inappropri\u00e9e en raison de la faiblesse intrins\u00e8que de la puissance militaire de l&rsquo;Allemagne et, surtout, une vision excentr\u00e9e par rapport aux points de force et de pression qui d\u00e9terminent depuis plusieurs ann\u00e9es l&rsquo;\u00e9volution actuelle. Il y a en effet un contexte, et de poids. Nous allons essayer de rappeler quelques points conduisant, selon notre point de vue, \u00e0 la situation actuelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2008, il y eut (en juin) une proposition du pr\u00e9sident Medvedev pour une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-destructuration_et_restructurationet_8747_19_07_2008.html\" class=\"gen\">nouvelle<\/a> architecture europ\u00e9enne de s\u00e9curit\u00e9, suivie, sans que ceci ait un lien \u00e9vident avec cela, par la crise g\u00e9orgienne d&rsquo;ao\u00fbt 2008. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_europe_la_tragedie_et_la_force_des_choses__29_09_2008.html\" class=\"gen\">29 septembre 2008<\/a>, nous \u00e9crivions, citant justement le triangle de Weimar :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Fran\u00e7ais et Allemands ont d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9, particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;occasion de la crise g\u00e9orgienne, qu&rsquo;ils partageaient une vision proche des n\u00e9cessit\u00e9s europ\u00e9ennes dans ce cas, qui passent par l&rsquo;\u00e9tablissement des meilleurs rapports possibles avec la Russie. Sarkozy, \u00e0 New York, a parl\u00e9 de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;\u00e9tablir un espace \u00e9conomique qui int\u00e9grerait l&rsquo;Europe et la Russie. Les liens des Allemands et des Russes sont tr\u00e8s fermes, renforc\u00e9s notamment sur des liens personnels entre Merkel et Poutine d\u00e9j\u00e0 anciens. La Pologne semble \u00e9galement avoir sa place dans cette dynamique particuli\u00e8re, qui va \u00eatre renforc\u00e9e par la perception du dramatique effacement US. Il y a actuellement une entente informelle pour tenter de r\u00e9activer le triangle de Weimar qui rapprocherait la France, l&rsquo;Allemagne et la Pologne, cette initiative avec le soutien discret des Russes qui y voient un moyen d&rsquo;apaiser leurs rapports avec l&rsquo;Europe et avec la Pologne. Il existe des indications selon lesquelles la Pologne tend \u00e0 \u00e9voluer du cadre atlantique de s\u00e9curit\u00e9 vers le concept europ\u00e9en de s\u00e9curit\u00e9 (PESD). Du point de vue \u00e9conomique, la crise US ne peut que rapprocher les conceptions franco-allemandes des conceptions russes, par rapport \u00e0 une appr\u00e9ciation commune de plus en plus hostile au comportement US dans ce domaine.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette chaude saison de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2008, ensuite \u00e9lectris\u00e9e par la crise du 15 septembre 2008, fut suivie \u00e0 l&rsquo;automne par une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_accords_d_evian_09_10_2008.html\" class=\"gen\">entente<\/a> de coop\u00e9ration  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sarko_sur_la_breche_et_dans_la_breche_medvedev_en_bandouliere_15_11_2008.html\" class=\"gen\">intense<\/a> entre Fran\u00e7ais (Sarkozy) et Russes (Medvedev). C&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;\u00e9poque glorieuse o\u00f9 le pr\u00e9sident fran\u00e7ais, \u00e9galement pr\u00e9sident de l&rsquo;UE, semblait avoir des id\u00e9es et servir \u00e0 quelque chose de f\u00e9cond. Cette phase ne d\u00e9boucha sur rien de concret, notamment \u00e0 cause de l&rsquo;effacement fran\u00e7ais du \u00e0 l&rsquo;absence de continuit\u00e9 de la politique fran\u00e7aise et \u00e0 un certain phagocytage de type psychologique (les psychologies post-modernistes sont fragiles) suivant la r\u00e9int\u00e9gration fran\u00e7aise de l&rsquo;OTAN en avril 2009. L&rsquo;\u00e9pisode fut \u00e0 son tour suivi d&rsquo;un certain repli russe, \u00e0 la fin 2009, sur les seuls int\u00e9r\u00eats de ce pays et le r\u00e8glement des relations strat\u00e9giques avec les USA apr\u00e8s un bref espoir, vite d\u00e9\u00e7u, des m\u00eames Russes dans les capacit\u00e9s d&rsquo;Obama \u00e0 changer certaines choses dans le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un point essentiel, qui est fort peu mentionn\u00e9 (pas du tout par Friedman, les USA ayant compl\u00e8tement ignor\u00e9 la chose), c&rsquo;est la r\u00e9conciliation symbolique et tr\u00e8s forte entre la Russie et la Pologne, autour de la comm\u00e9moration, en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_etrange_axe_de_katyn__19_04_2010.html\" class=\"gen\">avril 2010<\/a>, du massacre de Katyn. On conviendra que la chose intervient avec opportunit\u00e9 pour faire du 23 juin une r\u00e9union plut\u00f4t prometteuse, \u00e0 un point qu&rsquo;on ne serait pas loin d&rsquo;en faire une condition <em>sine qua non<\/em> de la relance du plan Medvedev sous une autre forme, par une approche minimaliste, par Allemagne interpos\u00e9e et en direction de l&rsquo;UE. (Et lorsqu&rsquo;on additionne France, Allemagne et Pologne, comme \u00e0 Paris le 23 juin, on tient une partie non n\u00e9gligeable de l&rsquo;UE) De cette r\u00e9conciliation entre la Russie et la Pologne, nous \u00e9crivions dans le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>C&rsquo;est \u00e0 ce point o\u00f9 nous en sommes aujourd&rsquo;hui, et la surprise est sans doute que les Russes ont soudain jug\u00e9 opportun, et rencontrant \u00e0 cet \u00e9gard une oreille int\u00e9ress\u00e9e du c\u00f4t\u00e9 de la Pologne, de remplacer leur projet d&rsquo;attaquer le probl\u00e8me de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne par la plus grande porte possible (la coop\u00e9ration avec les USA), pour choisir la plus petite porte possible que sont les relations avec la Pologne.<\/em> [L]<em>a perspective concerne deux pays d&rsquo;une importance ind\u00e9niable, tous deux en qu\u00eate d&rsquo;affirmation identitaire et nationale, tous deux voulant tout de m\u00eame jouer un r\u00f4le dans le concert europ\u00e9en, eux deux formant en fait un pont entre l&rsquo;extr\u00eame Est de l&rsquo;Europe et l&rsquo;ouverture sur l&rsquo;Ouest de l&rsquo;Europe de cet extr\u00eame Est. La Pologne est la voie r\u00e9gionale par laquelle la Russie peut s&rsquo;europ\u00e9aniser d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive, entra\u00eenant dans ce mouvement un processus qui tendrait \u00e0 clore d\u00e9finitivement l&rsquo;antagonisme Est-Ouest \u00e9tabli au cur de l&rsquo;Europe par la Guerre froide.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est \u00e0 ce point, effectivement, deux ans apr\u00e8s le lancement jusqu&rsquo;ici sans suite importante du plan Medvedev, que l&rsquo;Allemagne intervient, sollicit\u00e9e par les Russes lors d&rsquo;une rencontre Medvedev-Merkel au d\u00e9but de ce mois. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une proposition d&rsquo;un organisme de coop\u00e9ration sur la s\u00e9curit\u00e9 entre la Russie et l&rsquo;UE, faite d&rsquo;abord \u00e0 l&rsquo;Allemagne par Medvedev, endoss\u00e9 par ce pays et expos\u00e9e \u00e0 la r\u00e9union du 23 juin du triangle de Weimar \u00e0 laquelle les Russes avaient \u00e9t\u00e9 invit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA Paris, le 23 juin, l&#8217;emphatique Kouchner a qualifi\u00e9 la r\u00e9union des 3+1 (le triangle de Weimar + la Russie) \u00ab<em>\u00e0 la fois de n\u00e9cessaire et, si vous me permettez ce mot  d&rsquo;exaltante<\/em>\u00bb. On a parl\u00e9 du projet russo-allemand, qui en \u00e9tait le plat de r\u00e9sistance. Kouchner en a donc parl\u00e9  avec l&#8217;emphase en question, dans le style du Quai, comme si le projet \u00e9tait endoss\u00e9 par les 4,  la France en t\u00eate, bien entendu. (Kouchner, parlant durant la conf\u00e9rence de presse de ce \u00ab<em>document  qui nous semble int\u00e9ressant de faire accepter, ou du moins de faire comprendre par l&rsquo;Union europ\u00e9enne<\/em>\u00bb). L&rsquo;accent a \u00e9t\u00e9 mis sur les aspects tr\u00e8s pratiques que permet un tel accord, d&rsquo;intervention sur des probl\u00e8mes tr\u00e8s sp\u00e9cifiques (pour les Russie et ses amis Polonais et Allemands, le probl\u00e8me de l&rsquo;enclave de Kaliningrad par exemple). L&rsquo;OSCE, qui doit d\u00e9battre tr\u00e8s prochainement dans sa premi\u00e8re conf\u00e9rence au sommet depuis 10 ans de la proposition Medvedev en tant que telle, observe avec curiosit\u00e9, peut-\u00eatre appr\u00e9hension, par crainte de la concurrence, l&rsquo;\u00e9laboration par le bas de cette d\u00e9marche de s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne d&rsquo;un nouveau type.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tR\u00e9sumons notre sentiment Le document Merkel-Medvedev plus ou moins endoss\u00e9 par la r\u00e9union du 23 juin repr\u00e9sente une approche minimaliste du projet Medvedev, tant par la forme (d&rsquo;abord \u00e0 2, puis soumis \u00e0 4, etc.) que par les ambitions (r\u00e8glements de probl\u00e8mes tr\u00e8s concrets, souvent d&rsquo;ordre r\u00e9gional). Cette approche minimaliste est une tactique habile pour faire progresser la chose sans trop et trop vite alerter certaines \u00e2mes sensibles. L&rsquo;id\u00e9e rencontre sans aucun doute une atmosph\u00e8re propice.<\/p>\n<h3>De Kaliningrad \u00e0 McChrystal<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tFriedman, d\u00e9j\u00e0 cit\u00e9, termine son analyse concernant la d\u00e9marche germano-russe \u00e9tendue au triangle de Weimar par cette observation : \u00ab<em>It will also be interesting to see what the Obama administration has to say about this.<\/em>\u00bb C&rsquo;est la partie la plus incontestable de son analyse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPremi\u00e8re remarque : il faudra d&rsquo;abord attendre que l&rsquo;administration Obama s&rsquo;aper\u00e7oive qu&rsquo;il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose. Deuxi\u00e8me remarquer : lorsque ce sera fait, si cela se fait, il faudra que l&rsquo;administration Obama comprenne ce qui se passe. Si cela se fait (suite), la r\u00e9action de l&rsquo;administration Obama sera n\u00e9cessairement n\u00e9gative. La psychologie am\u00e9ricaniste est totalement incapable de comprendre ce que signifie le terme s\u00e9curit\u00e9, comme Friedman lui-m\u00eame le montre dans son analyse. Cette psychologie, qui est celle de la politique de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notre_11_novembre_11_11_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a>, raisonne en termes de force et rien d&rsquo;autre. Friedman lui-m\u00eame proc\u00e8de de la sorte puisqu&rsquo;il ne voit dans l&rsquo;arrangement initial germano-russe que la possibilit\u00e9 de la constitution d&rsquo;un axe terrible de puissance, et dans la r\u00e9union avec le triangle de Weimar + les Russes une d\u00e9marche des Russes et des Allemands pour tenter de rassurer les Polonais terroris\u00e9s et apaiser les Fran\u00e7ais tr\u00e8s mal \u00e0 l&rsquo;aise devant cette alliance de puissance entre Russie et Allemagne. La psychologie am\u00e9ricaniste est incapable de comprendre que le terme s\u00e9curit\u00e9 signifie, non pas manifestation de force mais arrangement si possible \u00e9quilibr\u00e9 pour r\u00e9gler des litiges et emp\u00eacher des crises de na\u00eetre. Il n&rsquo;y a rien qui puisse la faire revenir sur cette incompr\u00e9hension habill\u00e9e d&rsquo;une incommunicabilit\u00e9 quasi carc\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDonc, les USA devraient r\u00e9agir mal. Mais comme l&rsquo;approche des partenaires europ\u00e9ens est minimaliste, au contraire du plan Medvedev, l&rsquo;information des USA \u00e0 ce propos sera elle aussi minimaliste et leur alarme, qui se d\u00e9clenche comme le reste selon les notions de force, sera \u00e0 mesure. Tout se jouera essentiellement du c\u00f4t\u00e9 europ\u00e9en : auront-ils le courage d\u00e9mesur\u00e9 de secouer les cha\u00eenes de servilit\u00e9 (vis-\u00e0-vis des USA) dont ils ont encombr\u00e9 leurs relations avec les USA depuis plus d&rsquo;un demi-si\u00e8cle, et encore plus serr\u00e9es depuis la fin de la Guerre froide et 9\/11 ? Auront-ils le courage de poursuivre ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais voyons la chose sous un autre angle. La r\u00e9union du Quai s&rsquo;est faite le jour o\u00f9 \u00e9clatait l&rsquo;affaire McChrystal. Depuis, cette affaire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue comme l&rsquo;on sait, c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une fa\u00e7on qui promet un enlisement suppl\u00e9mentaire des USA en Afghanistan, une aggravation de la crise am\u00e9ricaniste par rapport \u00e0 cette guerre, par cons\u00e9quent une attention psychotique encore plus grande port\u00e9e par la psychologie am\u00e9ricaniste \u00e0 ce conflit. Par cons\u00e9quent \u00e0 nouveau, on peut ais\u00e9ment admettre que l&rsquo;attention US, avec les tensions internes \u00e0 Washington, les querelles de clan, etc., va \u00eatre plus que jamais port\u00e9e sur l&rsquo;affaire afghane, et moins que jamais sur les affaires europ\u00e9ennes. La confusion sera d&rsquo;autant plus grande pour les USA, pour se d\u00e9terminer clairement vis-\u00e0-vis d&rsquo;une initiative qui, pour l&rsquo;instant, concerne un nombre r\u00e9duit de pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A cela va s&rsquo;ajouter la confusion de l&rsquo;OTAN. Friedman consacre quelques paragraphes \u00e0 cette question, r\u00e9duisant \u00e0 nouveau instinctivement l&rsquo;affaire \u00e0 un axe Berlin-Moscou, et l&rsquo;OTAN \u00e0 un ensemble totalement manipul\u00e9 par les USA, potentiellement contre la Russie. (\u00ab<em>The problem, however, is this: If Germany and Europe have a security relationship that requires prior consultation and cooperation, then Russia inevitably has a hand in NATO. If the Russians oppose a NATO action, Germany and other European states will be faced with a choice between Russia and NATO. To put it more bluntly, if Germany enters into a cooperative security arrangement with Russia (forgetting the rest of Europe for the moment), then how does it handle its relationship with the United States when the Russians and Americans are at loggerheads in countries like Georgia?<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 aussi, il manque quelques \u00e9l\u00e9ments de poids. Il manque l&rsquo;id\u00e9e essentielle que l&rsquo;OTAN, son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral dans tous les cas, a \u00e9pous\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on emphatique le but d&rsquo;\u00e9tablir de tr\u00e8s bonnes relations avec la Russie. Id\u00e9alement, l&rsquo;OTAN voudrait coiffer l&rsquo;UE en tant que telle dans l&rsquo;\u00e9tablissement de relations privil\u00e9gi\u00e9es avec la Russie, essentiellement dans le domaine de la s\u00e9curit\u00e9. L&rsquo;initiative germano-russe, \u00e9ventuellement \u00e9tendue \u00e0 la Pologne et \u00e0 la France, la prend de court, dans une occurrence tr\u00e8s complexe. Au contraire de ce que devrait \u00eatre la r\u00e9action naturelle des USA, la r\u00e9action de l&rsquo;OTAN devrait \u00eatre beaucoup plus d\u00e9licate \u00e0 d\u00e9terminer puisque l&rsquo;initiative va dans le sens de la s\u00e9curit\u00e9 europ\u00e9enne construite sur de bonnes relations avec la Russie,  ce que l&rsquo;OTAN recherche elle-m\u00eame. L&rsquo;OTAN ne devrait pas trop aimer parce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas dans le train qui commence d\u00e9j\u00e0 \u00e0 rouler mais elle ne pourrait s&rsquo;y opposer compl\u00e8tement puisque la destination annonc\u00e9e est celle qu&rsquo;elle-m\u00eame juge absolument n\u00e9cessaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi l&rsquo;initiative poursuit sa route, elle va donc causer un trouble certain et un d\u00e9sordre bienvenu dans l&rsquo;arrangement du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste tel qu&rsquo;il existe. Rien que pour cela, elle doit \u00eatre salu\u00e9e avec int\u00e9r\u00eat et sympathie.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Du triangle au carr\u00e9, du duo au quadrille 25 juin 2010 D&rsquo;abord, il y a un probl\u00e8me, mais cela ne devrait pas \u00eatre trop grave Dans son z\u00e8le o\u00f9 l&rsquo;honneur se trouve accord\u00e9 \u00e0 la hi\u00e9rarchie, Bernard Kouchner a pris garde de ne pas \u00eatre beaucoup plus grand (dito, en taille) que Sarkozy. 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