{"id":72011,"date":"2010-06-26T05:59:55","date_gmt":"2010-06-26T05:59:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/26\/petraeus-versus-bho-et-le-desordre-comme-consequence\/"},"modified":"2010-06-26T05:59:55","modified_gmt":"2010-06-26T05:59:55","slug":"petraeus-versus-bho-et-le-desordre-comme-consequence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/26\/petraeus-versus-bho-et-le-desordre-comme-consequence\/","title":{"rendered":"Petraeus <em>versus<\/em> BHO, \u2013 et le d\u00e9sordre comme cons\u00e9quence"},"content":{"rendered":"<p><p>Il est vrai que quelques points soulev\u00e9s par Barnett, de <em>Esquire<\/em>, que nous mettons en \u00e9vidence dans notre <em>Ouverture libre<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_coup_de_petraeus_26_06_2010.html\" class=\"gen\">26 juin 2010<\/a>, m\u00e9ritent des commentaires circonstanci\u00e9s. Barnett caract\u00e9rise une situation nouvelle aux USA, pour la direction politique, pour BHO, pour les pr\u00e9sidentielles de 2012. Nous partageons compl\u00e8tement l&rsquo;avis de Barnett, compl\u00e8tement au contraire des habituels commentaires dithyrambiques sur BHO de la presse officielle, selon lesquels le pr\u00e9sident a r\u00e9ussi un coup de ma\u00eetre en \u00e9liminant un rival potentiel pour 2012. C&rsquo;est sans doute le contraire qu&rsquo;a fait BHO<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il est vrai, d&rsquo;une part, que Petraeus est d\u00e9sormais intouchable, qu&rsquo;il peut mener la guerre qu&rsquo;il veut, et qu&rsquo;il m\u00e8nera une guerre beaucoup plus brutale que celle de McChrystal. Petraeus tient Washington (sous influence) alors que McChrystal ne pouvait se targuer que d&rsquo;une influence positive sur Karza\u00ef, pour avoir suivi une remarquable politique de restriction drastique des r\u00e8gles d&rsquo;engagements, et ainsi limiter les pertes civiles en Afghanistan. Mais Washington s&rsquo;en fout, Washington se fout de Karza\u00ef et de l&rsquo;Afghanistan. Washington veut que \u00e7a bouge, que \u00e7a p\u00e8te, que \u00e7a explose, que l&rsquo;on ait l&rsquo;impression, bon Dieu !, de faire une vraie guerre o\u00f9 l&rsquo;Am\u00e9rique montrera que <em>USA means business<\/em>. Le doux et effac\u00e9 Petraeus, cette personnalit\u00e9 sans couleur qui exerce une v\u00e9ritable dictature d&rsquo;influence par la m\u00e9diocrit\u00e9 sur les \u00e9lus washingtoniens, aur\u00e9ol\u00e9 d&rsquo;une victoire (Irak) qu&rsquo;il n&rsquo;a jamais remport\u00e9e parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais exist\u00e9 mais qu&rsquo;il a si bien racont\u00e9e en fable s\u00e9duisante (<em>narrative<\/em>) d&rsquo;une voix douce et modeste aux parlementaires,  Petraeus est le dernier homme selon la conception nietzsch\u00e9enne, dans ce cas sous uniforme, et il a donc l&rsquo;autorit\u00e9 qui va avec dans une \u00e9poque faite pour le dernier homme. Cela n&rsquo;est pas une question de pouvoir, d&rsquo;affirmation militariste, mais de communication doucereuse, d&rsquo;influence effac\u00e9e et de flatterie discr\u00e8te mais constante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, Petraeus tient BHO parce que BHO ne peut plus se permettre de changer de commandant en chef. Avec Petraeus, la guerre ira bien au-del\u00e0 de 2011 (date d\u00e9sormais hollywoodienne fix\u00e9e pour le d\u00e9but du retrait) et sera donc au centre des pr\u00e9sidentielles. Elle sera brutale, comme on l&rsquo;a dit, et constituera par cons\u00e9quent un sujet constant de br\u00fblante pol\u00e9mique, qui exacerbera les passions partisanes. Effectivement, Petraeus peut d\u00e9cider de d\u00e9missionner disons fin 2011, sous le pr\u00e9texte que BHO ne lui donne pas les moyens qu&rsquo;il faut, et rejoindre le parti r\u00e9publicain comme candidat potentiel alors que BHO aura sur les bras une guerre tournant \u00e0 la catastrophe, avec un nouveau commandant en chef (rempla\u00e7ant d&rsquo;un Petraeus d\u00e9missionnaire) discr\u00e9dit\u00e9 d&rsquo;avance. Dans cette perspective, BHO se trouve devant un formidable opposant, sa r\u00e9\u00e9lection compromise, face \u00e0 des r\u00e9publicains qui, d\u00e9j\u00e0 aujourd&rsquo;hui, sentent qu&rsquo;ils tiennent le bon bout avec une candidature Petraeus selon le sch\u00e9ma ainsi d\u00e9velopp\u00e9<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, nous ajouterons quelques b\u00e9mols de dimension. Ils suffiront pour confirmer que nous voyons la situation \u00e0 Washington comme un d\u00e9sordre en extension acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 bien plus que comme une joute politique certes impitoyable mais qui signifierait tout de m\u00eame que l&rsquo;<em>establishment<\/em> contr\u00f4le encore la situation m\u00eame si c&rsquo;est \u00e0 coup d&rsquo;extr\u00e9mismes divers.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;abord, Petraeus n&rsquo;est pas en bonne sant\u00e9. Son malaise lors d&rsquo;une audition au S\u00e9nat, il y a une dizaine de jours, en est un signe. L&rsquo;allure du g\u00e9n\u00e9ral (on l&rsquo;a vu lors de l&rsquo;annonce de sa nomination) n&rsquo;est pas celle d&rsquo;un homme au mieux de sa forme. Cela joue son r\u00f4le parce que m\u00eame le dernier humain est humain et a besoin d&rsquo;une bonne m\u00e9canique pour son action \u00e9galement m\u00e9canique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La charge de mener la guerre va ajouter \u00e0 cet \u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9licat, d&rsquo;autant qu&rsquo;elle se fera, pour Petraeus, bien plus \u00e0 Washington qu&rsquo;en Afghanistan, puisque l&rsquo;habitude de ce g\u00e9n\u00e9ral politique est d&rsquo;abord de veiller \u00e0 ce que l&rsquo;<em>establishment<\/em> soit de son c\u00f4t\u00e9. Cette activit\u00e9 est encore plus \u00e9puisante que la charge directe de la guerre, sur place, en Afghanistan. L&rsquo;homme fort risque donc d&rsquo;\u00eatre objectivement et hors de toute consid\u00e9ration politique un homme faible, ce qui est une situation typique du chaos washingtonien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans ce cas, la guerre va \u00eatre beaucoup moins contr\u00f4l\u00e9e qu&rsquo;avec McChrystal, notamment au niveau de la nouveaut\u00e9 que va introduire Petraeus de rendre les r\u00e8gles d&rsquo;engagement beaucoup plus laxistes, avec un renouveau de pertes civiles, une recrudescence, si c&rsquo;est possible, de l&rsquo;hostilit\u00e9 de la population, une hostilit\u00e9 encore plus grande, si c&rsquo;est possible, de Karza\u00ef, et ainsi de suite. Un incident,  une d\u00e9faite majeure US sur le terrain, par exemple, est tr\u00e8s possible, tr\u00e8s rapidement, car l&rsquo;on sait bien que cette tactique de brute \u00e9paisse conduit \u00e0 l&rsquo;affaiblissement de la brute. On comprend qu&rsquo;on se trouve dans un cas ambigu o\u00f9 ce qui \u00e9tait per\u00e7u comme un avantage pour Petraeus (Je d\u00e9missionne parce que je ne gagne pas la guerre, parce que BHO ne me donne les moyens que je demande) peut devenir un handicap si une catastrophe se produit alors que Petraeus est encore fermement aux commandes, bien avant l&rsquo;hypoth\u00e9tique d\u00e9lai qu&rsquo;il se serait donn\u00e9 pour d\u00e9missionner, et qu&rsquo;il vient d&rsquo;obtenir temporairement certains renforcements qu&rsquo;il demandait. Cela ne fait pas de BHO un gagnant, cela accro\u00eet encore le chaos et rend cette guerre de plus en plus insupportable au public am\u00e9ricain, avec deux <em>leaders<\/em> en opposition potentielle,  Petraeus et BHO,  affirmant tout de m\u00eame qu&rsquo;il faut la poursuivre jusqu&rsquo;\u00e0 la victoire finale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En effet, si Petraeus conna\u00eet des probl\u00e8mes alors qu&rsquo;il a tous les pouvoirs, cela ne signifie pas un renforcement de la position de BHO tant que le pr\u00e9sident reste enti\u00e8rement engag\u00e9 dans ce conflit comme il l&rsquo;est. R\u00e9p\u00e9tons-le, cela accro\u00eet le d\u00e9sordre washingtonien et si l&rsquo;Afghanistan devient un th\u00e8me central de campagne, cela deviendrait un th\u00e8me de rejet populaire majeur et, peut-\u00eatre, un bon th\u00e8me pour un troisi\u00e8me larron anti-guerre. (Ceux qui pensent \u00e0 Ron Paul seront pardonn\u00e9s.) L\u00e0 aussi, d\u00e9sordre assur\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour conclure, et un peu \u00e0 la diff\u00e9rence du billet de Barnett qui dit des choses tr\u00e8s sens\u00e9es pourtant, nous verrions l&rsquo;\u00e9volution de la situation non en termes d&rsquo;affrontements politiques s\u00e9v\u00e8res o\u00f9 BHO pourrait \u00eatre \u00e9limin\u00e9, mais en termes de chaos grandissant conduisant \u00e0 une situation politique inextricable et incontr\u00f4lable pour les pr\u00e9sidentielles. La possibilit\u00e9 d&rsquo;une d\u00e9faite sur le terrain, voire la seule possibilit\u00e9 s\u00e9rieuse de cela, ajouterait \u00e0 un tel d\u00e9sordre un facteur d\u00e9cisif qui pourrait faire vaciller le r\u00e9gime et le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. On n&rsquo;oubliera pas que l&rsquo;Afghanistan est loin d&rsquo;\u00eatre la seule crise en cours, qu&rsquo;il y a par exemple le <em>oil spill<\/em> du Golfe, la situation \u00e9conomique, etc., et que ces crises peuvent rebondir, red\u00e9marrer sur le mode explosif et interf\u00e9rer sur les effets de la crise afghane,  mais dans quel sens ? Qui le sait<D>? L\u00e0 encore, notre r\u00e9ponse serait : dans le sens du chaos \u00e0 Washington, qui est, nous l&rsquo;avouerons, l&rsquo;hypoth\u00e8se que nous favorisons constamment.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 26 juin 2010 \u00e0 06H01<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il est vrai que quelques points soulev\u00e9s par Barnett, de Esquire, que nous mettons en \u00e9vidence dans notre Ouverture libre du 26 juin 2010, m\u00e9ritent des commentaires circonstanci\u00e9s. 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