{"id":72019,"date":"2010-06-28T17:08:27","date_gmt":"2010-06-28T17:08:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/28\/vienne-la-nuit-sonne-lheure\/"},"modified":"2010-06-28T17:08:27","modified_gmt":"2010-06-28T17:08:27","slug":"vienne-la-nuit-sonne-lheure","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/06\/28\/vienne-la-nuit-sonne-lheure\/","title":{"rendered":"\u00ab<em>Vienne la nuit sonne l&rsquo;heure\u2026<\/em>\u00bb"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">\u00ab<em>Vienne la nuit sonne l&rsquo;heure<\/em>\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t28 juin 2010  Les deux vers complet sont ceux-ci, de Guillaume Apollinaire certes, et du pont Mirabeau : \u00ab<em>Vienne la nuit sonne l&rsquo;heure\/ Les jours s&rsquo;en vont je demeure.<\/em>\u00bb Las, il est possible qu&rsquo;au contraire du po\u00e8te, nous nous en irons avec les jours, c&rsquo;est-\u00e0-dire balay\u00e9s par les jours. Au fond de lui-m\u00eame, ce doit \u00eatre l&rsquo;avis de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_moment_de_verite_approche_22_06_2010.html\" class=\"gen\">James Carroll<\/a> et de nombre d&rsquo;autres (voir par exemple, Bob Herbert, dans le New York <em>Times<\/em> du m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2010\/06\/22\/opinion\/22herbert.html?src=me&#038;ref=opinion\" class=\"gen\">22 juin 2010<\/a>: \u00ab<em>When Greatness Slps Away<\/em>\u00bb). Voil\u00e0 qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui ils assistent, impuissants et horrifi\u00e9s, \u00e0 l&rsquo;effondrement de la plus grande chose que l&rsquo;esprit humain, dans sa profonde assurance de lui-m\u00eame, ait enfant\u00e9e pour d\u00e9fier l&rsquo;Histoire,  que ce soit les USA et leur pr\u00e9tention ou la modernit\u00e9 et ses certitudes,  ceci ou cela, qui revient au m\u00eame<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame chez des personnalit\u00e9s plus politiciennes, plus marqu\u00e9es par les imp\u00e9ratifs de compromis inh\u00e9rents \u00e0 la politique, on trouve une col\u00e8re et une frustration \u00e9galement tr\u00e8s grandes. Nous parlons toujours des USA et plus pr\u00e9cis\u00e9ment du ressentiment contre Obama s&rsquo;exprimant, par exemple, chez une Arianna Huffington (voir sur <em>Ouverture libre<\/em>, ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-obama_et_la_frustration_des_autres_28_06_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">27 juin 2010<\/a>). Sans aucun doute, cette frustration constitue un sentiment tr\u00e8s inhabituel, tr\u00e8s remarquable, d&rsquo;autant plus qu&rsquo;il fait l&rsquo;impasse sur les habituelles r\u00e9criminations droite-gauche, les clich\u00e9s partisans courants (Huffington montrant de la compr\u00e9hension politique pour Sarah Palin et <em>Tea Party<\/em> !), pour exprimer un sentiment g\u00e9n\u00e9ral qui s&rsquo;adresse certes \u00e0 une direction pr\u00e9cise et \u00e0 un homme clairement identifi\u00e9, mais ceux-ci tenant dans notre propos une position symbolique ; qui vaudrait aussi bien pour toutes les directions politiques, tous les dirigeants notamment du bloc occidentaliste-am\u00e9ricaniste, dans un climat g\u00e9n\u00e9ral de frustration et d&rsquo;impuissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La sensation, la perception \u00e9voluent \u00e0 une vitesse vertigineuse, comme les \u00e9v\u00e9nements eux-m\u00eames d&rsquo;ailleurs, ou bien, dit autrement, comme la perception que nous avons des \u00e9v\u00e9nements. Le rapprochement que fait Carroll entre la catastrophe du Golfe du Mexique et la catastrophe en Afghanistan est fort bienvenu. Il r\u00e9pond ainsi au souhait que nous ne cessons d&rsquo;\u00e9mettre de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;acqu\u00e9rir une conscience de la globalit\u00e9 de la crise (voir au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-conscience_de_la_globalite_de_la_crise_25_05_2010.html\" class=\"gen\">25 mai 2010<\/a>), c&rsquo;est-\u00e0-dire de comprendre que <strong>tout<\/strong> est li\u00e9. Et le brouhaha de 48 heures, finalement assez quelconque malgr\u00e9 les exclamations des plumitifs, entre Obama, McChrystal et Petraeus, ne d\u00e9ment pas le propos. L&rsquo;on sait si bien que l&rsquo;\u00e9pisode n&rsquo;arr\u00eate rien de l&rsquo;activit\u00e9 des talibans et des fr\u00e8res Karza\u00ef, non plus que le d\u00e9bit de p\u00e9trole au fond du Golfe et la d\u00e9vastation des c\u00f4tes, de la fa\u00e7on de vivre (l&rsquo;art de vivre ?) de ses habitants, de la faune, de la flore&#8230; <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPeu apr\u00e8s 9\/11, le 26 du m\u00eame mois de septembre 2001, Donald Rumsfeld avait emphatiquement observ\u00e9 que la bataille engag\u00e9e contre les terroristes \u00e9tait celle de la protection de cette chose sacr\u00e9e,  <em>the American Way of Life<\/em>. Le <em>oil spill<\/em> fait-il partie d&rsquo;un r\u00e9seau terroriste ? Les remarques de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-cure_de_desintoxication_28_06_2010.html\" class=\"gen\">Bob Greene<\/a> sur cette vision permanente du <em>oil spill<\/em> par vid\u00e9o install\u00e9e par BP sont int\u00e9ressantes pour marquer combien cette catastrophe est effectivement en train d&rsquo;entrer dans notre fa\u00e7on de voir les choses et dans l&rsquo;<em>American Way of Life<\/em>. De m\u00eame, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_heros_sont_fatigues_et_fragiles__28_06_2010.html\" class=\"gen\">l&rsquo;interpr\u00e9tation<\/a> des sp\u00e9cialistes certainement incontestables de la myst\u00e9rieuse organisation nomm\u00e9e Emirat Islamique d&rsquo;Afghanistan \u00e0 propos d&rsquo;un Petraeus qui s&rsquo;effondre parce que sa psychologie est trop accabl\u00e9e du poids et de l&rsquo;absurdit\u00e9 des entreprises am\u00e9ricanistes, n&rsquo;est pas d\u00e9nu\u00e9e d&rsquo;int\u00e9r\u00eat. Le PTSD, ou <em>Posttraumatic Stress Disorder<\/em>, est-il lui aussi, selon la m\u00eame d\u00e9marche, en train d&rsquo;entrer dans notre fa\u00e7on de voir les choses et dans l&rsquo;<em>American Way of Life<\/em> dans son nouveau style ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe ce point de vue, ce que nous nommons le brouhaha de 48 heures Obama-McChrystal-Petraeus a constitu\u00e9, pour Washington, une sorte de diversion, un retour fugitif dans un monde d\u00e9pass\u00e9 o\u00f9 l&rsquo;on croit que l&rsquo;on peut encore contr\u00f4ler les choses. Les G8 et G20 respectifs ont compl\u00e9t\u00e9 le tableau, avec les habituels d\u00e9saccord sur ce qu&rsquo;il faut faire pour sauver le monde, les accords habituels pour condamner quelques pays-voyous qu&rsquo;il faudrait inventer s&rsquo;ils n&rsquo;existaient pas, l&rsquo;annonce s\u00e9rieuse (est-ce effectivement s\u00e9rieux ?) d&rsquo;une possible attaque de l&rsquo;Iran par Isra\u00ebl, les habituelles perspectives de crises nouvelles dans un paysage o\u00f9 les crises actuelles sont si peu r\u00e9solues que personne n&rsquo;a os\u00e9 les consid\u00e9rer pour ce qu&rsquo;elles sont vraiment.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous soulignerons cette situation qui nous para\u00eet, comme nous le percevons et l&rsquo;interpr\u00e9tons, somme toute comme compl\u00e8tement paradoxale ; mais non, le paradoxe ne l&rsquo;est qu&rsquo;en apparence seulement Tout s&rsquo;est pass\u00e9, \u00e0 Washington, comme si le brouhaha de 48 heures Obama-McChrystal-Petraeus n&rsquo;avait m\u00eame pas sembl\u00e9 concerner vraiment l&rsquo;Afghanistan. Cette affaire a paru \u00eatre une de ces petites intrigues washingtoniennes qui donnent p\u00e9riodiquement l&rsquo;impression aux directions politiques qu&rsquo;elles reprennent le contr\u00f4le des \u00e9v\u00e9nements. La r\u00e9alit\u00e9, en Afghanistan, est toute autre, et les m\u00eames \u00e9v\u00e9nements d\u00e9j\u00e0 rencontr\u00e9s sont \u00e0 pr\u00e9voir \u00e0 nouveau, en plus grave bien s\u00fbr, comme dans un cercle vicieux aggrav\u00e9 de nos impuissances sans retour, et qu&rsquo;importe alors quel g\u00e9n\u00e9ral bard\u00e9 d&rsquo;\u00e9toiles et de d\u00e9corations est \u00e0 la t\u00eate des forces US et de la coalition am\u00e9ricaniste et occidentale. Le 22 juin, Maureen Dowd \u00e9crivait dans le New York <em>Times<\/em> : \u00ab<em>Afghanistan is more than the graveyard of empires. It&rsquo;s the mother of vicious circles.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;accusation d&rsquo;indignit\u00e9, d&rsquo;incomp\u00e9tence, d&rsquo;absence de courage dans le chef de nos dirigeants politiques existe encore, certes, mais ce qui progresse incontestablement et qui va rapidement dominer, c&rsquo;est l&rsquo;impression terrible qu&rsquo;on \u00e9prouve \u00e0 mesurer leur impuissance, leur paralysie et leur d\u00e9sarroi. Il est vrai que le malaise de Petraeus prend \u00e0 cette lumi\u00e8re une dimension symbolique qui n&rsquo;est peut-\u00eatre pas sans r\u00e9alit\u00e9 ; c&rsquo;est effectivement comme si le g\u00e9n\u00e9ral, r\u00e9alisant soudain les r\u00e9ponses qu&rsquo;il devrait donner au s\u00e9nateur McCain s&rsquo;il parlait sans la retenue des conventions conformistes du syst\u00e8me, avait \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9 par tout ce qu&rsquo;elles portent de signification, et saisi effectivement de ces sentiments d&rsquo;impuissance, de paralysie et de d\u00e9sarroi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, si l&rsquo;Afghanistan vous ennuie et si vous n&rsquo;avez aucun go\u00fbt pour le <em>oil spill<\/em>, tournez-vous du c\u00f4t\u00e9 du G20 et des bruits apocalyptiques qui l&rsquo;ont accompagn\u00e9, \u00e0 mesure de la maigreur des r\u00e9sultats obtenus. Ambrose Evans-Pritchard, du <em>Daily Telegraph<\/em> vous en <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/finance\/comment\/ambroseevans_pritchard\/7857595\/RBS-tells-clients-to-prepare-for-monster-money-printing-by-the-Federal-Reserve.html\" class=\"gen\">entretient<\/a> en \u00e9voquant des \u00e9chos de 1931, avant la plong\u00e9e finale dans la Grande D\u00e9pression, et en annon\u00e7ant une monstrueuse op\u00e9ration de planche \u00e0 billets de la <em>Fed<\/em> pour, para\u00eet-il, \u00e9viter le <em>remake<\/em> du susdit plongeon. On verra, si ce n&rsquo;est tout vu&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se doute alors que nous sommes de plus en plus inclin\u00e9s \u00e0 privil\u00e9gier nos explications de syst\u00e8me, bien plus que celles qui concernent les hommes. De m\u00eame sommes-nous de plus en plus inclin\u00e9s \u00e0 \u00e9carter les analyses et les explications de la politique habituelle, de s\u00e9parer le cas des USA du reste, de sp\u00e9culer sur les d\u00e9placements de puissance et d&rsquo;influence, sur la mont\u00e9e de nouvelles puissances, sur les manuvres des uns et des autres, les traquenards, les montages venus de loin et contr\u00f4l\u00e9s au millim\u00e8tre, les complots innombrables, etc. La seule restriction \u00e0 ce constat se trouve, bien s\u00fbr, dans le fait de notre attention constante pour les USA, mais pour des USA nullement en tant que sp\u00e9cificit\u00e9 g\u00e9opolitique ou id\u00e9ologique, plut\u00f4t pour ces USA qui repr\u00e9sentent l&rsquo;arch\u00e9type du syst\u00e8me, sinon le syst\u00e8me lui-m\u00eame. Cet int\u00e9r\u00eat sp\u00e9cifique pour une observation du symbole accompagne notre hypoth\u00e8se que, si cette puissance s&rsquo;effondrait effectivement, il se produirait un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_avenir_des_usa_14_10_2009.html\" class=\"gen\">bouleversement<\/a> psychologique collectif d&rsquo;une ampleur jamais vue depuis le d\u00e9but de ce que nous nommons la deuxi\u00e8me civilisation occidentale. (Ce serait la fin du mythe de l&rsquo;<em>American Dream<\/em>, qui est sans doute la poutre ma\u00eetresse, unique par d\u00e9finition, poutre ma\u00eetresse psychologique et symbolique de la modernit\u00e9, dans la mesure o\u00f9 la modernit\u00e9 repose sur cette r\u00e9alit\u00e9 \u00e9v\u00e9nementielle et pseudo historique  que sont les USA.) Nous restons compl\u00e8tement dans le cadre d&rsquo;une r\u00e9flexion syst\u00e9mique et ne sacrifions nullement aux sp\u00e9culations habituelles. L&rsquo;effondrement des USA ne concerneraient pas les USA mais un syst\u00e8me dans sa globalit\u00e9, le syst\u00e8me dominant aujourd&rsquo;hui, et il ouvrirait une p\u00e9riode absolument in\u00e9dite et dont nous ne pouvons rien savoir aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn attendant,  peut-\u00eatre avec une certaine impatience tant la situation ne permet plus aucune autre attente,  le constat que l&rsquo;on peut faire et qu&rsquo;illustrent selon notre point de vue les divers commentaires cit\u00e9s concerne le d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de ce que nous nommons une structure crisique qui se d\u00e9tache de plus en plus des capacit\u00e9s de contr\u00f4le et d&rsquo;influence des pouvoirs normalement install\u00e9s. Cette structure crisique est ce qui nous int\u00e9resse pr\u00e9cis\u00e9ment parce que c&rsquo;est l\u00e0, pr\u00e9cis\u00e9ment, que se trouve inscrit notre destin.<\/p>\n<h3>Structure crisique ou syst\u00e8me anthropocrisique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLa structure crisique implique que les crises s&rsquo;accumulent sans \u00eatre r\u00e9solues, deviennent chroniques, se rassemblent en une v\u00e9ritable structure en essaimant parfois elles-m\u00eames en sous-structures,  cet ensemble que nous avons effectivement d\u00e9sign\u00e9 comme une structure crisique. L&rsquo;\u00e9volution des affaires aujourd&rsquo;hui montre une autonomie grandissante de cette structure, avec des dirigeants politiques de moins en moins capables d&rsquo;esp\u00e9rer seulement avoir la moindre prise sur les crises qui la constituent. Il y avait \u00e9videmment quelque chose de path\u00e9tique \u00e0 entendre un commentateur du G8 observer que les participants \u00e0 la conf\u00e9rence ne s&rsquo;\u00e9taient entendus sur rien d&rsquo;essentiel, et avaient fini par s&rsquo;attarder aux relations internationales pour pouvoir unanimement condamner quelques \u00e9tats peu convenables et \u00e0 pr\u00e9tention nucl\u00e9aires. C&rsquo;\u00e9tait donc, notamment, l&rsquo;habituelle impr\u00e9cation anti-iranienne du c\u00f4t\u00e9 des donneurs de le\u00e7ons, appuy\u00e9e sur autant de situations scandaleuses chez eux qu&rsquo;il y a de le\u00e7ons dans leurs communiqu\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette impuissance des dirigeants politiques finit, \u00e0 notre sens, par peser sur leurs psychologies, \u00e0 la mani\u00e8re de celle d&rsquo;un Petraeus <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_heros_sont_fatigues_et_fragiles__28_06_2010.html\" class=\"gen\">psychanalys\u00e9<\/a> par l&rsquo;Emirat Islamique de l&rsquo;Afghanistan, et ces m\u00eames dirigeants politiques perdant naturellement de plus en plus le contact avec la r\u00e9alit\u00e9 des crises. La fureur d&rsquo;Arianna Huffington et de ses camarades de table ronde invit\u00e9s sur CNN par Fareed Zakaria, telle qu&rsquo;on l&rsquo;a signal\u00e9e plus haut, est extr\u00eamement significative de la conscience qui gagne nombre de membres de l&rsquo;<em>establishment<\/em> devant cette d\u00e9rive compl\u00e8tement incontr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu plus les dirigeants politiques perdent le contr\u00f4le des choses, au plus leurs psychologies sont fatigu\u00e9es, au plus la structure crisique se d\u00e9veloppe et se renforce elle-m\u00eame. Notre hypoth\u00e8se est qu&rsquo;elle devient tellement une structure qu&rsquo;elle finit effectivement par acqu\u00e9rir une existence en soi et, \u00e9ventuellement, d\u00e9velopper une action autonome. Ainsi devient-elle la source de possibles surprises extr\u00eamement inattendues et, jug\u00e9es d&rsquo;un point de vue d\u00e9tach\u00e9, extr\u00eamement int\u00e9ressantes. La structure crisique est une source d&rsquo;instabilit\u00e9 pr\u00e9visionnelle consid\u00e9rable, ce qui d\u00e9veloppe un paradoxe absolument surprenant : la constitution des crises en structure crisique, avec l&rsquo;abdication des directions politiques \u00e0 mesure, fait que les \u00e9v\u00e9nements les plus explosifs pourraient bien ne pas venir des domaines impliqu\u00e9s par les crises constituant cette structure ou ne pas s&rsquo;y manifester classiquement, que l&rsquo;aspect le plus \u00e9ventuellement explosif de la structure crisique pourrait bien ne pas concerner les domaines des crises dont elle est constitu\u00e9e, mais d&rsquo;autres domaines ou territoires, ou, finalement, le domaine et le territoire centraux du syst\u00e8me lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me est bien entendu qu&rsquo;il est impossible de pr\u00e9voir <strong>comment<\/strong> pourrait se manifester un tel ph\u00e9nom\u00e8ne, d&rsquo;autant qu&rsquo;il serait enti\u00e8rement nouveau, sans aucun pr\u00e9c\u00e9dent qui ait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 et appr\u00e9ci\u00e9 en tant que tel, et sans \u00e9quivalent. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, il s&rsquo;agirait d&rsquo;une structure se constituant temporairement en syst\u00e8me sous nos yeux, disons un syst\u00e8me anthropocrisique, et d\u00e9veloppant ses propres effets, ses propres cons\u00e9quences, sans se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 aucune logique politique de la sorte qui appara\u00eet en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 notre raison.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est une hypoth\u00e8se qu&rsquo;il nous para\u00eet int\u00e9ressant d&rsquo;avoir \u00e0 l&rsquo;esprit pour la recherche d&rsquo;une \u00e9chapp\u00e9e de la situation actuelle, compl\u00e8tement bloqu\u00e9e autour d&rsquo;un syst\u00e8me en crise terminale et en cours d&rsquo;effondrement, et de directions politiques \u00e0 la fois impuissantes et paralys\u00e9es vis-\u00e0-vis de l&rsquo;essence m\u00eame des \u00e9v\u00e9nements, et en plein d\u00e9sarroi \u00e0 cause de cela. Cette hypoth\u00e8se peut m\u00eame prendre la forme du prolongement involontaire d&rsquo;une crise classique. Il existe aujourd&rsquo;hui, de la part des directions politiques (comme on le voit avec les d\u00e9clarations de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_g8_convaincu_qu_israel_attaquera_l_iran_28_06_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">Berlusconi<\/a>) des pressions psychologiques puissantes pour laisser se d\u00e9velopper la crise iranienne vers une confrontation. Les directions politiques auraient ainsi l&rsquo;impression de retrouver une prise sur les \u00e9v\u00e9nements, avec un sc\u00e9nario devenu familier depuis cinq ans qu&rsquo;on l&rsquo;\u00e9voque, m\u00eame s&rsquo;il est toujours aussi potentiellement catastrophique,  et m\u00eame plus que jamais catastrophique. Il s&rsquo;agirait alors d&rsquo;un biais provoquant un tel choc \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me qu&rsquo;il conduirait effectivement sur la voie de l&rsquo;effondrement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de ce m\u00eame syst\u00e8me, par ailleurs compl\u00e8tement anesth\u00e9si\u00e9 par sa structure crisique. (Voir par exemple le jugement extr\u00eamement logique et circonstanci\u00e9 de Thomas Naylor, <em>leader<\/em> des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-voici_les_neo-secessionnistes__26_04_2010.html\" class=\"gen\">n\u00e9o-s\u00e9cessionnistes<\/a> du Vermont : \u00ab<em>There are three or four possible scenarios that will bring down the empire, Naylor said. One possibility is a war with Iran<\/em>\u00bb) Une attaque contre l&rsquo;Iran dans ce cadre,  notamment une attaque isra\u00e9lienne autoris\u00e9e,  ne serait \u00e0 son origine fondamentale, selon nous, nullement le fruit rationnel de manuvres ou d&rsquo;un complot, mais le produit d&rsquo;une pression puissante du syst\u00e8me crisique et des forces antisyst\u00e8mes, poussant indirectement le syst\u00e8me vers sa perte. Pour des directions politiques de plus en plus conscientes de l&rsquo;impasse o\u00f9 elles se trouvent, une telle aventure pourrait appara\u00eetre comme une tentative cathartique de bouleverser l&rsquo;ordre, ou plut\u00f4t le d\u00e9sordre des choses, pour remettre le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral en marche, avec cette ivresse de l&rsquo;impression retrouv\u00e9e d&rsquo;exercer \u00e0 nouveau une influence sur les \u00e9v\u00e9nements, sinon le contr\u00f4le de ces \u00e9v\u00e9nements. Certains pourraient aussi y voir une pouss\u00e9e suicidaire du syst\u00e8me, ce qui compl\u00e8terait l&rsquo;hypoth\u00e8se de l&rsquo;influence d\u00e9terminante de la structure crisique. Bien entendu, l&rsquo;hypoth\u00e8se iranienne est une parmi d&rsquo;autres, mise en \u00e9vidence ici parce que les commentaires et les rumeurs la favorisent actuellement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe que nous cherchons \u00e0 d\u00e9crire ici, sans avoir nulle certitude et encore moins de preuves scientifiques ou dialectiques, c&rsquo;est un ph\u00e9nom\u00e8ne typique d&rsquo;une \u00e9poque qui est en train de briser radicalement le cadre que notre raison a tent\u00e9 d&rsquo;imposer \u00e0 la marche du monde, notamment de fa\u00e7on radicale depuis le d\u00e9but du XIX\u00e8me si\u00e8cle, avec le syst\u00e8me de l&rsquo;id\u00e9al de puissance (Syst\u00e8me comme outil de la raison, ou raison manipul\u00e9e par ce syst\u00e8me en croyant elle-m\u00eame diriger le cours des choses ? Question pos\u00e9e, dont la r\u00e9ponse n&rsquo;est pas sans int\u00e9r\u00eat.) Dans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral, il est n\u00e9cessaire d&rsquo;aborder des hypoth\u00e8ses que la raison n\u00e9glige en g\u00e9n\u00e9ral, sinon repousse de toutes ces forces ; pour ce qui nous occupe, ce serait l&rsquo;id\u00e9e que la structure crisique, qui regroupe les crises, souvent sous la forme de leur substance en laissant l&rsquo;apparence aux illusions des directions politiques, constitue une \u00e9volution d\u00e9cisive vers la marche de l&rsquo;effondrement du syst\u00e8me par l&rsquo;interdiction radicale qu&rsquo;impose cette structure crisique de toute tentative de contr\u00f4le des crises r\u00e9elles.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00abVienne la nuit sonne l&rsquo;heure\u00bb 28 juin 2010 Les deux vers complet sont ceux-ci, de Guillaume Apollinaire certes, et du pont Mirabeau : \u00abVienne la nuit sonne l&rsquo;heure\/ Les jours s&rsquo;en vont je demeure.\u00bb Las, il est possible qu&rsquo;au contraire du po\u00e8te, nous nous en irons avec les jours, c&rsquo;est-\u00e0-dire balay\u00e9s par les jours. 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