{"id":72039,"date":"2010-07-03T09:51:50","date_gmt":"2010-07-03T09:51:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/03\/le-systeme-de-la-communication-et-le-oil-spill\/"},"modified":"2010-07-03T09:51:50","modified_gmt":"2010-07-03T09:51:50","slug":"le-systeme-de-la-communication-et-le-oil-spill","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/03\/le-systeme-de-la-communication-et-le-oil-spill\/","title":{"rendered":"Le syst\u00e8me de la communication et le <em>oil spill<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><p>La crise du <em>oil spill<\/em> du Golfe du Mexique est d\u00e9sormais dans une phase dite de vitesse de croisi\u00e8re. Cela ne veut nullement dire qu&rsquo;elle est \u00e9touff\u00e9e,  comme c&rsquo;est souvent le cas apr\u00e8s les \u00e9clats initiaux d&rsquo;une crise,  parce qu&rsquo;elle a la caract\u00e9ristique fondamentale de la dur\u00e9e. Elle est donc int\u00e9gr\u00e9e puissamment dans la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_entetement_afghan_et_notre_structure_crisique_29_06_2010.html\" class=\"gen\">structure crisique<\/a>. Le point qui nous int\u00e9resse ici, appuy\u00e9 sur les informations pr\u00e9sent\u00e9es dans <em>Ouverture libre<\/em>, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_oil_spill_sur_deux_fronts_03_07_2010.html\" class=\"gen\">3 juillet 2010<\/a>, est le comportement du syst\u00e8me de la communication vis-\u00e0-vis de la crise, avec les effets de relance possible, sinon probable, de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Comme on le voit, deux axes (deux fronts) sont abord\u00e9s dans le texte d&rsquo;<em>Ouverture libre<\/em>. Ces deux axes sont, pour l&rsquo;instant, purement li\u00e9s au syst\u00e8me de la communication mais, dans certains cas de dramatisation, l&rsquo;un des deux peut \u00e9galement entrer dans le cadre du d\u00e9veloppement du syst\u00e8me du technologisme, et par la tr\u00e8s grande porte de l&rsquo;option nucl\u00e9aire. L&rsquo;ensemble nous donne une situation tr\u00e8s int\u00e9ressante, qui permet de faire vivre la crise au lieu de lui assigner une position dormante, alors que les autorit\u00e9s concern\u00e9es (autant l&rsquo;administration Obama que BP) voudraient effectivement faire passer cette crise au second plan, en la banalisant, sinon en l&rsquo;\u00e9touffant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(On observe pour l&rsquo;instant, par rapport \u00e0 ce qui se disait il y a deux ou trois semaines, une sorte de <em>black-out<\/em> sur l&rsquo;avancement des op\u00e9rations de contr\u00f4le et de suppression de la fuite. Il y a d&rsquo;ailleurs, comme l&rsquo;\u00e9crit <em>PBS Newshour<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.pbs.org\/newshour\/rundown\/2010\/06\/access-hard-to-come-by-in-reporting-on-health-in-the-gulf.html\" class=\"gen\">30 juin 2010<\/a>, une politique de restriction d&rsquo;acc\u00e8s de la presse sur la sc\u00e8ne g\u00e9n\u00e9rale de la crise, exactement comme on le voit faire, par exemple, dans un conflit arm\u00e9. Cette situation est d&rsquo;autre part rendue extr\u00eamement tendue par les perspectives des co\u00fbts possibles en termes d&rsquo;amendes et d&rsquo;indemnisations pour BP ; selon une parlementaire d\u00e9mocrate, apr\u00e8s une visite d&rsquo;information \u00e0 la Maison-Blanche, l&rsquo;estimation de ces co\u00fbts approcherait les $1.000 milliards [voir <em>RAW Story<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/rs\/2010\/0701\/lawmaker-oil-spill-costs-run-trillions-dollars\/\" class=\"gen\">1er juillet 2010<\/a>].)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRevenons sur les deux axes mentionn\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le premier axe, effectivement, est celui de la discussion sur les moyens d&rsquo;intervention brutale si la fuite ne parvient pas \u00e0 \u00eatre contenue et ma\u00eetris\u00e9e. Le d\u00e9bat est rampant depuis plusieurs semaines mais il a pris un tour plus spectaculaire avec les d\u00e9clarations de Bill Clinton le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bill_clinton_le_oil_spill_et_l_option_nucleaire_30_06_2010.html\" class=\"gen\">30 juin 2010<\/a>. Surtout, il a un tour dramatique et catastrophique lorsqu&rsquo;il tourne autour de ce qu&rsquo;on nomme l&rsquo;option nucl\u00e9aire. Rien, dans la situation actuelle, n&rsquo;est fait pour l&rsquo;apaiser, y compris et surtout, dans la sensation g\u00e9n\u00e9rale que les promesses de BP de contr\u00f4ler la catastrophe semblent l&rsquo;objet d&rsquo;un extr\u00eame scepticisme, cela compl\u00e9t\u00e9 par la tendance au <em>black out<\/em> pour la presse. (Cette sensation est encore renforc\u00e9e par un aspect des d\u00e9clarations de Clinton, disant qu&rsquo;il faut absolument reprendre le contr\u00f4le de la lutte contre la catastrophe \u00e0 BP. Cela permet de se demander si Bill Clinton, qui a une position privil\u00e9gi\u00e9e par rapport \u00e0 l&rsquo;administration Obama, ne dispose pas d&rsquo;informations confidentielles \u00e0 propos du comportement et des capacit\u00e9s de BP, autant que de la gravit\u00e9 de la situation.) Le r\u00e9sultat probable de cette situation de la communication est le d\u00e9veloppement du sentiment qu&rsquo;il faudrait \u00e9ventuellement en arriver \u00e0 une approche plus radicale, une approche appuy\u00e9e sur des hypoth\u00e8ses d&rsquo;intervention brutale jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9vocation de l&rsquo;option nucl\u00e9aire. Dans ce cas, le syst\u00e8me de la communication joue son r\u00f4le fratricide d\u00e9sormais habituel, en impliquant des hypoth\u00e8ses qui conduisent \u00e0 un effet tr\u00e8s brutal, voire d\u00e9stabilisateur au plus haut point (l&rsquo;option nucl\u00e9aire), \u00e0 l&rsquo;encontre de son comp\u00e8re le syst\u00e8me du technologisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le second axe est celui du possible activisme des personnalit\u00e9s du <em>show business<\/em>, notamment d&rsquo;Hollywood. Quelle que soit l&rsquo;importance politique mineure que l&rsquo;on accorde \u00e0 ce domaine, voire le jugement d\u00e9favorable qu&rsquo;on porte sur lui, il joue un r\u00f4le essentiel au niveau de la communication et a donc un effet politique indirect indiscutable. Le <em>show business<\/em>, dans sa variable environnementaliste et humanitariste tr\u00e8s active, est en train de s&rsquo;organiser pour des interventions de communication, apr\u00e8s un d\u00e9but assez lent qui a suivi la structure g\u00e9n\u00e9rale de la crise. Il devrait avoir un important effet de communication sur le court-moyen terme, d&rsquo;autant plus fort si le p\u00e9trole continue \u00e0 se d\u00e9verser du fond du Golfe du Mexique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes deux aspects nous permettent d&rsquo;observer le r\u00f4le pro\u00e9minent du syst\u00e8me de la communication, surtout dans une crise qui s&rsquo;\u00e9tend sur la dur\u00e9e. Il est un frein remarquable \u00e0 la banalisation de cette crise et conduit \u00e0 la probabilit\u00e9 d&rsquo;\u00e9ventuelles r\u00e9actions tr\u00e8s vives si tel ou tel accident devait \u00e0 nouveau relancer l&rsquo;attention vers la crise. Il joue \u00e9galement un r\u00f4le important en ceci qu&rsquo;il contribue \u00e0 maintenir l&rsquo;attention, non seulement sur les \u00e0-c\u00f4t\u00e9s de la crise (effets \u00e9conomiques, indemnisations, etc.) mais sur son aspect central de crise environnementaliste impliquant le <em>corporate power<\/em> et le gouvernement dans des rapports \u00e0 la fois complices et conflictuels selon les circonstances.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe syst\u00e8me de la communication est un facteur majeur du maintien de la politisation de la crise dans son aspect le plus central et le plus d\u00e9structurant. Il entretient le lien de culpabilit\u00e9 directe entre les structures de fonctionnement du syst\u00e8me et la crise environnementale. La crise s&rsquo;est non seulement install\u00e9e dans la structure crisique qui caract\u00e9rise la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me mais elle pourrait, elle devrait y tenir un r\u00f4le tr\u00e8s actif, tr\u00e8s remarquable, avec une potentialit\u00e9 constante de relance de dramatisation qui devrait alors entra\u00eener autant d&rsquo;effets d\u00e9stabilisants. Elle peut \u00e0 tout moment \u00e9clater \u00e0 nouveau, toujours dans ses m\u00eames dimensions fondamentales mais avec une force renouvel\u00e9e. Sa vertu tient \u00e9videmment dans son caract\u00e8re de gravit\u00e9 dont on a vu la dimension d&rsquo;une perception presque d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_vision_sacree_22_06_2010.html\" class=\"gen\">sacril\u00e8ge<\/a> (dimension sacr\u00e9e), et ce caract\u00e8re de gravit\u00e9 et de sacril\u00e8ge \u00e9tant entretenu par la dur\u00e9e de la fuite, par les incertitudes de son colmatage entretenues par les manuvres de BP et de l&rsquo;administration Obama, par les possibilit\u00e9s d&rsquo;aggravation soudaine qui acqu\u00e9raient, dans cette hypoth\u00e8se, un caract\u00e8re apocalyptique. Gr\u00e2ce \u00e0 son entretien par le syst\u00e8me de la communication, cette crise est charg\u00e9e sur le terme, selon la tournure des \u00e9v\u00e9nements, d&rsquo;une latence d&rsquo;un affrontement fondamental.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 3 juillet 2010 \u00e0 09H47<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise du oil spill du Golfe du Mexique est d\u00e9sormais dans une phase dite de vitesse de croisi\u00e8re. Cela ne veut nullement dire qu&rsquo;elle est \u00e9touff\u00e9e, comme c&rsquo;est souvent le cas apr\u00e8s les \u00e9clats initiaux d&rsquo;une crise, parce qu&rsquo;elle a la caract\u00e9ristique fondamentale de la dur\u00e9e. 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