{"id":72059,"date":"2010-07-08T12:00:10","date_gmt":"2010-07-08T12:00:10","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/08\/peut-on-aujourdhui-discuter-serieusement-de-la-biologie-synthetique\/"},"modified":"2010-07-08T12:00:10","modified_gmt":"2010-07-08T12:00:10","slug":"peut-on-aujourdhui-discuter-serieusement-de-la-biologie-synthetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/08\/peut-on-aujourdhui-discuter-serieusement-de-la-biologie-synthetique\/","title":{"rendered":"Peut-on aujourd&rsquo;hui discuter s\u00e9rieusement de la biologie synth\u00e9tique ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Peut-on aujourd&rsquo;hui discuter s\u00e9rieusement de la biologie synth\u00e9tique ? <\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tS&rsquo;il est un sujet de recherche qui m\u00e9riterait d&rsquo;\u00eatre discut\u00e9 par les citoyens d&rsquo;une d\u00e9mocratie digne de ce nom, c&rsquo;est bien celui de la biologie synth\u00e9tique, dite aussi en abr\u00e9g\u00e9 <em>synbio<\/em>. On sait que le sujet est aujourd&rsquo;hui particuli\u00e8rement \u00e0 l&rsquo;ordre du jour, \u00e0 la suite des annonces faites le mois dernier par Craig Venter et son \u00e9quipe, selon lesquelles ils avaient r\u00e9ussi pour la premi\u00e8re fois dans l&rsquo;histoire de la vie la cr\u00e9ation d&rsquo;une bact\u00e9rie viable compos\u00e9e d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments emprunt\u00e9s \u00e0 d&rsquo;autres bact\u00e9ries, des morceaux d&rsquo;ADN d&rsquo;une part, une cellule \u00e9nucl\u00e9e d&rsquo;autre part. Dans l&rsquo;article que nous avons consacr\u00e9 \u00e0 cette annonce (1), nous avions indiqu\u00e9, en accord en cela avec la majorit\u00e9 des biologistes, que si Craig Venter n&rsquo;avait pas encore franchi un pas d\u00e9cisif dans la cr\u00e9ation de formes de vie artificielle, dont beaucoup des m\u00e9canismes restent \u00e0 d\u00e9couvrir, il avait cependant mis au point des pratiques de laboratoires qui ne manqueront pas d&rsquo;inspirer de nouvelles exp\u00e9riences puis la r\u00e9alisation industrielle de nouveaux produits biologiques. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci n&rsquo;a d&rsquo;ailleurs pas tard\u00e9 puisque ces derniers jours The Venter Institute a pr\u00e9sent\u00e9 <em>Synthia<\/em>, ou <em>Syn for friends<\/em>. Il s&rsquo;agit par ce nom de d\u00e9signer de ce que Venter appelle la premi\u00e8re forme de vie cr\u00e9es par l&rsquo;homme. Or il semble bien que l&rsquo;Institut soit engag\u00e9 dans une proc\u00e9dure de prise de brevet au niveau mondial. Il en r\u00e9sulterait que nul ne pourrait l\u00e9galement utiliser la plateforme ainsi r\u00e9alis\u00e9e, ni sans doute proc\u00e9der \u00e0 des op\u00e9rations analogues en reprenant les techniques de l&rsquo;Institut. Le brevet cherchera peut \u00eatre m\u00eame \u00e0 interdire toute exp\u00e9rience nouvelle de synth\u00e8se de la vie, sauf \u00e9videmment \u00e0 verser des royalties \u00e0 l&rsquo;Institut. Venter va-t-il devenir le Biosoft (pour ne pas dire le Microsoft) de la biologie? <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, cette perspective suscite une certaine opposition de la part de nombreux organismes. On peut citer l&rsquo;ETCgroup (2). On lira sur son site (<a href=\"http:\/\/www.etcgroup.org\/en\/node\/5143\" class=\"gen\">http:\/\/www.etcgroup.org\/en\/node\/5143<\/a>) le texte qu&rsquo;il a publi\u00e9 d\u00e8s mai dernier pour mettre en garde contre les dangers pr\u00e9sent\u00e9s par ce qu&rsquo;il nomme la boite de Pandore ouverte par le Venter Institute. Certains contesteront la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&rsquo;ETC \u00e0 se prononcer sur cette question. Il serait \u00e9videmment souhaitable que la question soit discut\u00e9e bien plus largement, en associant non seulement les repr\u00e9sentants des int\u00e9r\u00eats directement concern\u00e9s, mais les scientifiques, les hommes politiques et les citoyens. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCeci dit, les esprits r\u00e9alistes s&rsquo;interrogeront sur la possibilit\u00e9 de mettre en place sur cette question comme sur d&rsquo;autres (les OGM, les nanotechnologies, le nucl\u00e9aire) de v\u00e9ritables forums citoyens. On sait que le philosophe fran\u00e7ais Bruno Latour a toujours souhait\u00e9 faire entrer les sciences dans le d\u00e9bat d\u00e9mocratique (voir notre article de 2002, <a href=\"http:\/\/www.automatesintelligents.com\/biblionet\/2002\/sep\/latour.html\" class=\"gen\">http:\/\/www.automatesintelligents.com\/biblionet\/2002\/sep\/latour.html<\/a> ), mais on ne peut pas dire que les exp\u00e9riences faites jusqu&rsquo;ici aient \u00e9t\u00e9 concluantes, que ce soit en France ou ailleurs. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn Grande Bretagne, Tom Wakeford et Jackie Haq, membres du Policy Ethics and Life Science Research Centre de Newcastle (<a href=\"http:\/\/www.ncl.ac.uk\/peals\/\" class=\"gen\">http:\/\/www.ncl.ac.uk\/peals\/<\/a>) soulignent dans un article du <em>New Scientist<\/em> (26 juin 2010, p. 26) les difficult\u00e9s de la d\u00e9marche. Ils sont conscient que les promoteurs de la biologie synth\u00e9tique, et plus pr\u00e9cis\u00e9ment de Synthia, feront valoir les avantages consid\u00e9rables pouvant \u00eatre obtenus de leur d\u00e9marche: cr\u00e9er de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s permettant de lutter contre la faim dans le monde ou produire des biocarburants, notamment. Mais ils rappellent que c&rsquo;\u00e9taient exactement les m\u00eames arguments qu&rsquo;avaient avanc\u00e9s les industriels promoteurs d&rsquo;OGM, notamment Monsanto. Or l&rsquo;exp\u00e9rience a montr\u00e9 que ces nobles ambitions cachaient en fait la volont\u00e9 de monopoliser la production et la vente de nouvelles esp\u00e8ces, dont les r\u00e9sultats \u00e0 long terme, en mati\u00e8re notamment de biodiversit\u00e9 et m\u00eame d&rsquo;efficacit\u00e9 (en termes par exemple de lutte contre les parasites), se r\u00e9v\u00e8lent aujourd&rsquo;hui plus que douteux. <\/p>\n<h3>Le <em>Synthetic Biology Dialogue<\/em><\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl se trouve que Tom Wakeford et Jackie Haq ont particip\u00e9 en 2009 \u00e0 une premi\u00e8re exp\u00e9rience pilote de dialogue-citoyen organis\u00e9 par l&rsquo;UK Biotechnology and Biological Sciences Research Council (BBSRC) et l&rsquo;Engineering and Physical Sciences Research Council (EPSRC). Ce dialogue, intitul\u00e9 Synthetic Biology Dialogue, vise \u00e0 faire discuter les perspectives et les risques de la biologie synth\u00e9tique  dont d&rsquo;ailleurs les projets de Craig Venter ne sont qu&rsquo;un aspect parmi d&rsquo;autres. Dans cette exp\u00e9rience-pilote de 2009, il s&rsquo;agissait de confronter des scientifiques et des panels de personnes tir\u00e9es au sort repr\u00e9sentant le public. Or Wakeford et Haq ont relev\u00e9 de nombreux points critiquables. D&rsquo;abord, les deux Conseils ont d\u00e9cid\u00e9 que dans un premier temps, les d\u00e9bats ne seraient ni publics ni publi\u00e9s. Ceci pour \u00e9viter que les s\u00e9ances ne fassent \u00e9merger des \u00ab<em>propos non-scientifiques<\/em>\u00bb provenant d&rsquo;intervenants pr\u00e9sent\u00e9s comme \u00ab<em>mal-inform\u00e9es<\/em>\u00bb. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;exp\u00e9rience de pr\u00e9c\u00e9dents d\u00e9bats sur l&rsquo;autisme et sur les dangers de certains vaccins administr\u00e9s aux enfants avait il est vrai montr\u00e9 que pouvaient s&rsquo;y exprimer des militants de l&rsquo;\u00ab<em>anti-science<\/em>\u00bb avec qui le dialogue \u00ab<em>devient vite impossible<\/em>\u00bb. A l&rsquo;inverse, en mati\u00e8re d&rsquo;OGM et d&rsquo;ESB (vache folle), les d\u00e9bats publics avaient en leur temps mis en \u00e9vidence le fait que les experts d\u00e9fendant un point de vue scientifique officiel se trompaient, volontairement ou non, en minimisant les risques. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn 2005, \u00e0 l&rsquo;initiative de trois Conseils de recherche, du gouvernement et de Greenpeace, la question des nanotechnologies fut examin\u00e9e dans le cadre d&rsquo;un grand d\u00e9bat participatif intitul\u00e9 Nanojury. Des inqui\u00e9tudes concernant la nocivit\u00e9 \u00e9ventuelle des nanoparticules furent \u00e9voqu\u00e9es. Mais elles n&rsquo;eurent pas de suite, aucune des mesures r\u00e9glementaires \u00e9voqu\u00e9es pour prot\u00e9ger le public ne fut d\u00e9cid\u00e9e. Les multinationales du secteur ont continu\u00e9 \u00e0 exposer les citoyens \u00e0 des risques qu&rsquo;il n&rsquo;est m\u00eame pas possible d&rsquo;\u00e9valuer. On sait qu&rsquo;en France, les discussions des comit\u00e9s d&rsquo;\u00e9valuation portant sur les nanotechnologies ont \u00e9galement tourn\u00e9 court, partisans et opposants ne r\u00e9ussissant pas \u00e0 s&rsquo;entendre et s&rsquo;accusant les uns les autres de diverses turpitudes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl ne faudrait donc pas renouveler de telles exp\u00e9riences \u00e0 l&rsquo;occasion du Synthetic Biology Dialogue qui vient d&rsquo;\u00eatre lanc\u00e9 officiellement en vraie grandeur en Grande Bretagne. Les objectifs en sont expos\u00e9s dans un texte publi\u00e9 \u00e0 l&rsquo;initiative du BBSRC (3). Mais d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 on a pu constater qu&rsquo;un communiqu\u00e9 de presse avait affirm\u00e9 sans preuves que les participants \u00e9taient favorables \u00e0 de tels d\u00e9veloppements, sous r\u00e9serve de r\u00e9glementations ad\u00e9quates. Ceci n&rsquo;apparait pas \u00e9vident. En fait, certains participants ont fait valoir que d\u00e8s le d\u00e9part, le point essentiel concernant le r\u00f4le que jouera le <em>Big Business<\/em> dans les recherches et applications de la biologie synth\u00e9tique n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 abord\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait qu&rsquo;aux Etats-Unis, les deux g\u00e9ants p\u00e9troliers BP et Exxon ont pris des participations importantes dans Synthia, apparemment pour \u00e9tendre plut\u00f4t que r\u00e9duire le recours aux carburants fossiles. Par ailleurs, l&rsquo;essentiel des recherches en <em>synbio<\/em> sont financ\u00e9es par des entreprises priv\u00e9es qui se prot\u00e8gent par le secret commercial. On risque donc de voir les th\u00e8mes de discussions s\u00e9v\u00e8rement tri\u00e9s et contr\u00f4l\u00e9s. Les entreprises de Craig Venter et de ses \u00e9mules, visant notamment \u00e0 breveter le <em>synbio<\/em> et l&rsquo;imposer \u00e0 tous, comme Monsanto tente de le faire depuis des ann\u00e9es avec les semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es, se verront donc offrir des boulevards contre lesquels l&rsquo;opinion ne pourra rien. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans un monde id\u00e9al, on pourrait esp\u00e9rer que des organismes publics ind\u00e9pendants de toutes pressions commerciales pourraient investir dans ces recherches et en discuter les r\u00e9sultats avec tous, y compris les populations des pays pauvres qui risquent autrement de se faire imposer des solutions accroissant encore leur d\u00e9pendance au corporate power. Mais on sait malheureusement qu&rsquo;il n&rsquo;en est rien. Les soucis qu&rsquo;expriment dans l&rsquo;article du <em>New Scientist<\/em> Tom Wakeford et Jackie Haq nous confirment dans notre propre diagnostic. Les gouvernements issus de la corporatocratie n&rsquo;ont qu&rsquo;un objectif: r\u00e9duire sans cesse l&rsquo;autonomie et les moyens des laboratoires publics. On ne voit pas tr\u00e8s bien comment les citoyens qui voudraient \u00e9chapper au conditionnement impos\u00e9 par les corporatocrates pourraient le faire, sauf \u00e0 se manifester en ordre dispers\u00e9 et avec des arguments mal \u00e9tudi\u00e9s que les pouvoirs se feront un plaisir de rejeter. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est aujourd&rsquo;hui et dans le monde entier toutes les sciences susceptibles d&rsquo;avoir des applications technologiques commercialisables qui se trouvent soumises au m\u00eame d\u00e9fi. <\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.automates-intelligents.com\" class=\"gen\">www.automates-intelligents.com<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.admiroutes.asso.fr\" class=\"gen\">www.admiroutes.asso.fr<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<a href=\"\/www.europesolidaire.eu\/cont.php\" class=\"gen\">www.europesolidaire.eu\/cont.php<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4>Notes<\/h4>\n<p>1) Les Chim\u00e8res de Craig Venter (<a href=\"http:\/\/www.admiroutes.asso.fr\/larevue\/2010\/107\/venter.htm\" class=\"gen\">http:\/\/www.admiroutes.asso.fr\/larevue\/2010\/107\/venter.htm<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t2) L&rsquo;ETCgroup (<a href=\"http:\/\/www.etcgroup.org\/en\/about\" class=\"gen\">http:\/\/www.etcgroup.org\/en\/about<\/a>) est une ONG internationale prenant en charge \u00ab<em>la conservation et le d\u00e9veloppement soutenable de la diversit\u00e9 culturelle et biologique ainsi que des droits de l&rsquo;homme<\/em>\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t3) Voir <a href=\"http:\/\/www.bbsrc.ac.uk\/society\/dialogue\/activities\/synthetic-biology\/synthetic-biology-dialogue.aspx\" class=\"gen\">http:\/\/www.bbsrc.ac.uk\/society\/dialogue\/activities\/synthetic-biology\/synthetic-biology-dialogue.aspx<\/a>.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Peut-on aujourd&rsquo;hui discuter s\u00e9rieusement de la biologie synth\u00e9tique ? 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