{"id":72090,"date":"2010-07-15T11:34:22","date_gmt":"2010-07-15T11:34:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/15\/lhomme-doute\/"},"modified":"2010-07-15T11:34:22","modified_gmt":"2010-07-15T11:34:22","slug":"lhomme-doute","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/07\/15\/lhomme-doute\/","title":{"rendered":"L&rsquo;homme doute"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;homme doute<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t15 juillet 2010  S&rsquo;il y a une chose qu&rsquo;on peut apporter au cr\u00e9dit de  Barack Obama, c&rsquo;est son d\u00e9tachement presque olympien \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre indiff\u00e9rent ; s&rsquo;il y a une chose qu&rsquo;on peut reprocher \u00e0 Barack Obama, c&rsquo;est son d\u00e9tachement presque indiff\u00e9rent \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre olympien Le caract\u00e8re de BHO, c&rsquo;est donc le fameux adage de la bouteille \u00e0 moiti\u00e9 pleine ou la bouteille \u00e0 moiti\u00e9 vide. Apr\u00e8s plus de dix-huit mois comme pr\u00e9sident, l&rsquo;homme reste une \u00e9nigme, pour ses amis comme pour ses adversaires, comme pour ses alli\u00e9s, comme pour les g\u00e9n\u00e9raux, comme pour les Isra\u00e9liens. (\u00ab[Obama]<em>is not motivated by historical-ideological sentiments toward Israel but by cold interests and considerations. <\/em>[] <em>Obama has very tight control over his immediate environment, and it is hard to influence him. This is a one-man show<\/em>\u00bb,  selon l&rsquo;ambassadeur isra\u00e9lien \u00e0 Washington il y a deux semaines.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEh bien, voil\u00e0 qui pourrait changer,  mais peut-on changer un caract\u00e8re ? Soudain, Obama appara\u00eet plus humain, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il montre des doutes, des inqui\u00e9tudes. Sans doute est-ce la premi\u00e8re fois depuis son \u00e9lection que le pr\u00e9sident US conna\u00eet un tel d\u00e9sarroi. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t S&rsquo;il est un signe convaincant \u00e0 cet \u00e9gard, c&rsquo;est bien son appel \u00e0 Bill Clinton, comme on le voit dans <em>Ouverture libre<\/em> ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-bho_appelle_bill_a_l_aide_15_07_2010.html\" class=\"gen\">15 juillet 2010<\/a>. Clinton, ainsi que des hommes de l&rsquo;administration Clinton, sont officiellement appell\u00e9s en renfort. BHO fait aussi appel aux conseils du milliardaire Warren Buffet, qui fait partie de l&rsquo;aile optimiste des grandes fortunes US, puisqu&rsquo;il croit que l&rsquo;Am\u00e9rique va tr\u00e8s vite se porter beaucoup mieux,  Buffet, avec son ami Gates (Bill), ou la m\u00e9thode Cou\u00e9 pour sauver la postmodernit\u00e9 (et sa fortune).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t BHO a besoin des deux hommes,  Clinton et Buffet,  pour retrouver le soutien du <em>Big Business<\/em>, qui condamne sa politique \u00e0 cause des d\u00e9penses du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral et de l&rsquo;\u00e9norme d\u00e9ficit. M\u00eame critique que les r\u00e9publicains, du type Obama est un socialiste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le grand \u00e9v\u00e9nement brut, inqui\u00e9tant, paniquant, c&rsquo;est la chute poursuivie, confirm\u00e9e, de BHO dans les sondages. Concernant la situation \u00e9conomique, il y a entre 57% et 60% des Am\u00e9ricains qui le d\u00e9sapprouvent. Cela, \u00e0 5 mois des \u00e9lections qui menacent la pr\u00e9dominance d\u00e9mocrate au Congr\u00e8s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t De tous ces facteurs, on choisira incontestablement l&rsquo;appel \u00e0 Bill Clinton comme le plus remarquable. Certes, Clinton a jou\u00e9 un r\u00f4le de soutien aux candidats d\u00e9mocrates ces derniers mois, mais c&rsquo;\u00e9tait plut\u00f4t le parti d\u00e9mocrate qu&rsquo;Obama que Clinton soutenait. Cette fois, l&rsquo;appel est direct, et Clinton sera de l&rsquo;importante r\u00e9union qui rassemble aujourd&rsquo;hui Obama et les repr\u00e9sentants nationaux officiels du <em>corporate power<\/em>, les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s de la Chambre de Commerce des USA. Obama attend de Clinton qu&rsquo;il lui rallie les patrons US, qui viennent de d\u00e9clarer leur opposition \u00e0 sa politique. Cet appel \u00e0 Clinton, c&rsquo;est une d\u00e9cision d&rsquo;abord symbolique (il faudra voir comment elle se concr\u00e9tisera), mais dans notre \u00e9poque domin\u00e9e par le syst\u00e8me de la communication le symbolisme exprime la r\u00e9alit\u00e9 bien plus que toutes les appr\u00e9ciations rationnelles et explicit\u00e9es. Elle nous parle en hyperboles des r\u00e9alit\u00e9s profondes de la marche du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet appel \u00e0 Bill Clinton est remarquable aussi parce qu&rsquo;il repr\u00e9sente une certaine reconnaissance d&rsquo;Obama de l&rsquo;\u00e9chec du mythe sur lequel lui-m\u00eame a voulu b\u00e2tir sa pr\u00e9sidence. Quoiqu&rsquo;on en veuille et qu&rsquo;on en pense (et on peut en penser beaucoup), son \u00e9lection a \u00e9t\u00e9 b\u00e2tie sur la <em>narrative<\/em> d&rsquo;une rupture de changement, notamment et \u00e9galement avec l&rsquo;<em>establishment<\/em> du parti d\u00e9mocrate, et essentiellement avec la domination d&rsquo;influence que les Clinton exer\u00e7aient sur ce parti. La nomination d&rsquo;Hillary Clinton comme secr\u00e9taire d&rsquo;Etat repr\u00e9sentait une officialisation de cette victoire, une sorte de neutralisation par ralliement de la branche active de la maison Clinton. De m\u00eame, il apparut rapidement que certains projets d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_en_tournee_de_promotion_24_02_2009.html\" class=\"gen\">adjoindre<\/a> Bill \u00e0 Hillary comme ambassadeur itin\u00e9rant, qui auraient mis la politique ext\u00e9rieure sous la coupe des Clinton, n&rsquo;avaient aucune chance de se concr\u00e9tiser.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe rappel de Bill, par Obama lui-m\u00eame, change tout cela, parce que c&rsquo;est, par rapport aux Clinton, une d\u00e9marche contraire \u00e0 la nomination d&rsquo;Hillary. C&rsquo;est un aveu implicite d&rsquo;\u00e9chec d&rsquo;Obama fait \u00e0 l&rsquo;<em>establishment<\/em> de son parti. Il reste \u00e0 voir si Bill Clinton va acqu\u00e9rir une place institutionnalis\u00e9e dans l&rsquo;administration, mais il y a d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 une place incontestable d&rsquo;influence. Si le parti d\u00e9mocrate essuie une d\u00e9faite en novembre, il y a d\u00e9sormais la perspective s\u00e9rieuse qu&rsquo;une administration Obama fasse massivement appel \u00e0 Bill Clinton, comme \u00e0 une sorte de sauveur pour emp\u00eacher \u00e0 l&rsquo;administration le sort d&rsquo;une paralysie jusqu&rsquo;aux pr\u00e9sidentielles de 2012. Ce qui serait un bien grand risque, \u00e0 cause du caract\u00e8re incertain de la personnalit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBill Clinton le sauveur ? Ce serait un comble dans l&rsquo;ironie et une belle d\u00e9monstration de l&rsquo;inculture politique, de l&rsquo;incapacit\u00e9 d&rsquo;apprendre les le\u00e7ons des choses, bref de l&rsquo;autisme de la direction politique et de ses commentateurs,  US dans ce cas, mais de toutes les directions politiques du bloc am\u00e9ricanistes-occidentalistes. Retournant l&rsquo;argument, le rappel de Bill devient une confirmation de la situation et un prolongement logique. Malgr\u00e9 tout ce qu&rsquo;on veut bien dire de son poids politique et de son influence, de son pass\u00e9 triomphant (\u00ab<em>Clinton, who presided over the 1990s economic boom<\/em>\u00bb, note une d\u00e9p\u00eache Reuters), il reste que les mandats Clinton, sur lesquels on appuie la rationalit\u00e9 de l&rsquo;appel qu&rsquo;on fait \u00e0 ses services, sont tr\u00e8s loin d&rsquo;\u00eatre convaincants, au point que c&rsquo;en est le contraire D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, c&rsquo;est faire appel au pyromane pour \u00e9teindre l&rsquo;incendie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn citera quelques points de rappel, dont on trouve un d\u00e9veloppement substantiel dans un extrait de <em>Chroniques de l&rsquo;\u00e9branlement<\/em>, publi\u00e9 le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-d_atlanta-1996_a_new_orleans-2005_02_09_2005.html\" class=\"gen\">2 septembre 2005<\/a>, en marge de la catastrophe de l&rsquo;ouragan <em>Katrina<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Elu triomphalement en novembre 1992 (c&rsquo;est-\u00e0-dire d&rsquo;une fa\u00e7on symboliquement inattendu, comme une promesse de renouveau, de changement, \u00e0-la-BHO), Clinton (le parti d\u00e9mocrate) essuya une d\u00e9faite historique en novembre 1994, qui paralysa les affaires int\u00e9rieures de la fin de son premier terme. Le pr\u00e9sident connut plusieurs mois de profonde d\u00e9pression, qui furent cach\u00e9s au public, et r\u00e9duisit sa direction aux affaires courantes. A cette \u00e9poque (1994-1995), les USA \u00e9taient dans un profond \u00e9tat d&rsquo;esprit pessimiste, malgr\u00e9 la fin de la r\u00e9cession en 1992.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Clinton redressa sa position \u00e0 l&rsquo;occasion d&rsquo;une circonstance qu&rsquo;on ne peut qualifier que de virtualiste, o\u00f9 il ne joua <strong>aucun<\/strong> r\u00f4le, qui fut le renversement de l&rsquo;humeur g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;opinion publique \u00e0 l&rsquo;occasion des Jeux d&rsquo;Atlanta (juillet 1996) qui furent l&rsquo;occasion d&rsquo;un d\u00e9cha\u00eenement de nationalisme, la chose encha\u00eenant sur la r\u00e9\u00e9lection dans un fauteuil du m\u00eame Clinton. Ce fut un \u00e9v\u00e9nement du syst\u00e8me de la communication, qui eut lieu sans r\u00e9elle pr\u00e9m\u00e9ditation, qui plongea (ou emporta) les USA dans une sorte d&rsquo;ivresse euphorique de puissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t A partir de l\u00e0, les USA connurent une p\u00e9riode compl\u00e8tement virtualiste, d\u00e9veloppant une \u00e9conomie de bulles sous la direction du magicien Greenspan, ouvrant les derni\u00e8res vannes d&rsquo;une compl\u00e8te d\u00e9r\u00e9gulation, notamment des grandes banques, par des actes l\u00e9gislatifs en 1999,  l&rsquo;abrogation du Glass-Streagall Act de r\u00e9gulation financi\u00e8re mis en place dans les ann\u00e9es 1930, et la loi f\u00e9d\u00e9rale Gramm-Leach-Bliley compl\u00e9tant le dispositif. Ainsi \u00e9taient mises en place, sous la direction \u00e9clair\u00e9e de Bill Clinton, les conditions de l&rsquo;explosion du 15 septembre 2008 et de la crise \u00e9conomique sans fin qui s&rsquo;est ouverte et pour laquelle on appelle \u00e0 l&rsquo;aide le m\u00eame Clinton. En attendant, d\u00e8s 2000 avait \u00e9clat\u00e9 la bulle Internet, ce qui permettait de prendre une bonne mesure de la substance du travail de redressement \u00e9conomique de l&rsquo;administration Clinton et du \u00ab<em>1990s economic boom<\/em>\u00bb. Robert Rubin, puis Larry Summers dirigeaient la manuvre au d\u00e9partement du tr\u00e9sor, pour le compte de Wall Street. On retrouve le m\u00eame Summers aupr\u00e8s d&rsquo;Obama comme conseiller \u00e9conomique et financier alors que tant de d\u00e9mocrates (Krugman, Reich) r\u00e9clament son d\u00e9part pour orienter l&rsquo;intervention de l&rsquo;administration vers la cr\u00e9ation d&#8217;emploi (mais aussi encore plus de d\u00e9ficit),  et redresser la conjoncture \u00e9lectorale d&rsquo;ici novembre<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe rappel symbolique de Bill Clinton a des aspects symboliquement d\u00e9routants Ou bien s&rsquo;agit-il, simplement, de l&rsquo;expression du dilemme et de l&rsquo;imbroglio o\u00f9 se trouvent Obama, les d\u00e9mocrates US et l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien en g\u00e9n\u00e9ral. Car novembre 2010 n&rsquo;est nullement novembre 1994, lorsque les r\u00e9publicains triomphants reprirent la direction du Congr\u00e8s et impos\u00e8rent leur loi au pr\u00e9sident d\u00e9mocrate Clinton, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9branler psychiquement.<\/p>\n<h3>Structure crisique en mode turbo<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a deux semaines, Obama \u00e9tait jusqu&rsquo;au cou dans la crise afghane. Il y a quatre semaines, Obama \u00e9tait jusqu&rsquo;au cou dans la crise de l&rsquo;<em>oil spill<\/em>. Aujourd&rsquo;hui, il est jusqu&rsquo;au cou dans la crise \u00e9conomique. Au-dessus de tout cela flotte la crise iranienne, avec des pouss\u00e9es de fi\u00e8vre \u00e9pisodique, ou bien la crise du Pentagone li\u00e9e \u00e0 la crise budg\u00e9taire, qui commence \u00e0 d\u00e9clencher des actions concr\u00e8tes radicales, y compris au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-offensive_generale_contre_moby_dick_12_06_2010.html\" class=\"gen\">Congr\u00e8s<\/a> Arr\u00eatons ici, on comprend que c&rsquo;est la structure crisique en action, en mode turbo, avec un resserrement, voire un chevauchement des pics paroxystiques de ces crises sectorielles end\u00e9miques. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais on ne parle pas que pour les d\u00e9mocrates et leur pr\u00e9sident. En face, les r\u00e9publicains ne valent gu\u00e8re mieux,  et l\u00e0 est toute la diff\u00e9rence, consid\u00e9rable sinon d\u00e9cisive, avec 1994. Les r\u00e9publicains sont face \u00e0 la pouss\u00e9 radicale de <em>Tea Party<\/em>, qui continue \u00e0 montrer une confusion consid\u00e9rable mais qui existe plus que jamais et impose une terrible pression plut\u00f4t anarchique sur les \u00e9lus r\u00e9publicains. La guerre en Afghanistan,  surprise,  divise maintenant clairement le parti r\u00e9publicain, avec l&rsquo;apparition d&rsquo;une opposition au sein m\u00eame du bloc jusqu&rsquo;alors radicalement pro-guerre. Lire un \u00e9loge de l&rsquo;extr\u00e9miste belliciste Ann Coulter par le r\u00e9publicain libertarien antiguerre Justin Raimondo (le <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/justin\/2010\/07\/11\/ann-we-hardly-knew-ye\/\" class=\"gen\">11 juillet 2010<\/a> sur <em>Antiwar.com<\/em>) pour sa prise de position contre la guerre en Afghanistan, apr\u00e8s les d\u00e9clarations dans le m\u00eame sens du pr\u00e9sident du parti r\u00e9publicain Michael Steele, voil\u00e0 qui nous en dit des tonnes sur le d\u00e9sarroi du parti r\u00e9publicain. Par cons\u00e9quent, rien \u00e0 voir avec 1994, o\u00f9 la d\u00e9route d\u00e9mocrate se refl\u00e9ta dans l&rsquo;\u00e9crasante victoire r\u00e9publicaine. Aujourd&rsquo;hui nul ne sait \u00e0 qui la d\u00e9route de qui profitera, alors que tout le monde est plac\u00e9 devant la perspective d&rsquo;une d\u00e9route.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar-dessus tout cela, Obama doute. Qui ne doute pas de tout, aujourd&rsquo;hui \u00e0 Washington ? Mais que le doute en vienne \u00e0 toucher Obama lui-m\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 faire appel \u00e0 un Bill Clinton, lequel est un alli\u00e9 aussi s\u00fbr qu&rsquo;une bulle de savon, de superbe allure, de belle forme, mais qui peut \u00e9clater \u00e0 tout soup\u00e7on et \u00e0 tout moment et se dissiper on ne sait o\u00f9. Le m\u00eame Bill Clinton qui s&rsquo;interrogeait, d\u00e9but 2008, sur l&rsquo;opportunit\u00e9 d&rsquo;avoir un pr\u00e9sident Africain-Am\u00e9ricain<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tO\u00f9 que vous vous tourniez, quoi que vous envisagiez, la situation vous file entre les doigts comme du sable, et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces impasses cumul\u00e9es r\u00e8gne le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_the_system_is_broken__05_03_2010.html\" class=\"gen\">sentiment terrible<\/a> du <em>system is broken<\/em>. Certes, l&rsquo;administration a r\u00e9agi contre la loi anti-immigation de l&rsquo;Arizona, en portant plainte une fois (pour inconstitutionnalit\u00e9) et peut-\u00eatre une deuxi\u00e8me fois (pour loi raciste) contre la gouverneur Brawler. Cela est bel et bon sauf que lorsqu&rsquo;on veut emp\u00eacher une telle loi pour un probl\u00e8me si grave et si extr\u00eamement pressant, parce qu&rsquo;on dit que ce n&rsquo;est pas \u00e0 l&rsquo;Etat \u00e0 l\u00e9gif\u00e9rer mais au pouvoir f\u00e9d\u00e9ral, on attend que le pouvoir f\u00e9d\u00e9ral ait une alternative toute pr\u00eate, une vraie grande loi f\u00e9d\u00e9rale ; et Obama n&rsquo;est pas pr\u00eat de l&rsquo;avoir, cette loi, ce qui empoisonne le probl\u00e8me jusqu&rsquo;aux fameuses tensions centrifuges entre les Etats et Washington. Le public am\u00e9ricain, qui fait un jugement si s\u00e9v\u00e8re sur le pr\u00e9sident et le parti d\u00e9mocrate, consid\u00e8re comme catastrophique le travail du parti r\u00e9publicain \u00e0 Washington, \u00e0 72%. Son pessimisme sur l&rsquo;avenir du pays est effrayant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est trompeur de r\u00e9duire la situation US, \u00e0 une occasion ou l&rsquo;autre, \u00e0 une crise ou l&rsquo;autre ; aujourd&rsquo;hui l&rsquo;\u00e9conomie, hier l&rsquo;Afghanistan, le jour d&rsquo;avant le <em>oil spill<\/em>. Tout cela forme un tout, le Grand Tout de cette \u00e9norme puissance qui navigue comme un immense bateau fou transform\u00e9 en coquille de noix. M\u00eame le capitaine, imperturbable jusqu&rsquo;alors, commence \u00e0 perdre son sang-froid. Chaque jour qui passe, chaque p\u00e9rip\u00e9tie de chaque crise diff\u00e9rente qui nous attache un instant nous dit qu&rsquo;il s&rsquo;agit de la crise g\u00e9n\u00e9rale qui se d\u00e9veloppe comme une tra\u00een\u00e9e de poudre,  crise du syst\u00e8me de puissance, crise du bloc&rsquo; am\u00e9ricaniste-occidentaliste, crise de la modernit\u00e9 et de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien malin qui nous dira ce que nous donneront les \u00e9lections de novembre, bien audacieux qui se risquera \u00e0 y voir une r\u00e9ponse aux questions pos\u00e9es. Au contraire, ces \u00e9lections ne r\u00e9soudront rien. Les \u00e9lus porteront des \u00e9tiquettes sans signification, chaque \u00e9lu tenant compte d&rsquo;abord des sp\u00e9cificit\u00e9s de sa propre \u00e9lection, c&rsquo;est-\u00e0-dire de l&rsquo;expression et des pressions de ses \u00e9lecteurs. Les groupes de pression seront partout \u00e0 l&rsquo;uvre mais ils ne pr\u00e9senteront aucune unit\u00e9 et plut\u00f4t des antagonismes, et leur puissance dissoute dans ce d\u00e9sordre ne sera pas assez forte pour effacer les pressions des \u00e9lecteurs et de l&rsquo;opinion publique. Au soir du scrutin de novembre 2010 commencera imm\u00e9diatement la campagne pour les pr\u00e9sidentielles de 2012. Le pr\u00e9sident sera paralys\u00e9 et le Congr\u00e8s plong\u00e9 dans le plus grand d\u00e9sordre, les pressions ext\u00e9rieures, populistes (<em>Tea Party<\/em> et autres) et centrifuges (les Etats) redoubleront. Rien n&rsquo;aura \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu et nous n&rsquo;auront fait que franchir un pas de plus dans l&rsquo;activation de la crise g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu fait, voil\u00e0 que, malgr\u00e9 nos affirmations, nous nous sommes risqu\u00e9s \u00e0 faire une prospective, apr\u00e8s avoir affirm\u00e9 que toute prospective est impossible. Nous devrions dire que toute prospective rationnelle est impossible. La seule certitude est la prospective du d\u00e9sordre et du chaos, au choix, et l&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration par cons\u00e9quent de ce que nous nommons la crise de la raison humaine, traduite aux USA en basse-cour politique ouverte \u00e0 tous vents et en d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral parcouru de discours pontifiants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPoser l\u00e0-dessus le visage avenant et les sourires enj\u00f4leurs de Bill comme solution \u00e0 la chose nous pousse tout de m\u00eame \u00e0 accorder un sourire plein d&rsquo;une vraie compassion pour conclure notre commentaire sur l&rsquo;initiative. La tentative est attendrissante \u00e0 force de na\u00efvet\u00e9,  et path\u00e9tique \u00e0 force de d\u00e9sarroi.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;homme doute 15 juillet 2010 S&rsquo;il y a une chose qu&rsquo;on peut apporter au cr\u00e9dit de Barack Obama, c&rsquo;est son d\u00e9tachement presque olympien \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre indiff\u00e9rent ; s&rsquo;il y a une chose qu&rsquo;on peut reprocher \u00e0 Barack Obama, c&rsquo;est son d\u00e9tachement presque indiff\u00e9rent \u00e0 force d&rsquo;\u00eatre olympien Le caract\u00e8re de BHO, c&rsquo;est donc le&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[5986,6041,934,3228,4751,4141,3090,9842,6208],"class_list":["post-72090","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-5986","tag-bill","tag-clinton","tag-crise","tag-economique","tag-elections","tag-influence","tag-midterm","tag-obama"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72090","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72090"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72090\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72090"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72090"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72090"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}