{"id":72177,"date":"2010-08-12T12:01:46","date_gmt":"2010-08-12T12:01:46","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/12\/bho-et-sa-gauche\/"},"modified":"2010-08-12T12:01:46","modified_gmt":"2010-08-12T12:01:46","slug":"bho-et-sa-gauche","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/12\/bho-et-sa-gauche\/","title":{"rendered":"BHO et sa gauche"},"content":{"rendered":"<p><p>Le feu, c&rsquo;est-\u00e0-dire la pol\u00e9mique, gronde entre Obama, ou l&rsquo;\u00e9quipe Obama, et la gauche du parti d\u00e9mocrate, aussi bien que la tendance progressiste en g\u00e9n\u00e9ral, qui le soutient de mani\u00e8re de plus en plus critique. La situation est mise en \u00e9vidence par une interview du porte-parole de la Maison-Blanche Ronald Gibbs et les r\u00e9actions que cette interview a suscit\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <a href=\"http:\/\/thehill.com\/homenews\/administration\/113431-white-house-unloads-on-professional-left\" class=\"gen\">8 ao\u00fbt 2010<\/a>, dans <em>The Hill<\/em>, Gibbs lance une violente attaque contre cette gauche progressistes, qui r\u00e9clame tout et trop vite, qui voudrait que le Pentagone soit aboli. (\u00ab<em>They will be satisfied when we have Canadian health care and we&rsquo;ve eliminated the Pentagon,\u00a0\u00bb Gibbs retorted. \u00ab\u00a0That&rsquo;s not reality.<\/em>\u00bb) Gibbs juge que cette gauche est faite de lunatique qui doivent se droguer pour \u00eatre si irr\u00e9alistes (\u00ab<em>I hear these people saying he&rsquo;s like George Bush. Those people ought to be drug tested, Gibbs said. I mean, it&rsquo;s crazy.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Un premier texte de <em>RAW Story<\/em>, le <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/rs\/2010\/0810\/gibbs-crazy-liberal-drug-tested\/\" class=\"gen\">10 ao\u00fbt 2010<\/a> montre combien Gibbs exprime une frustration g\u00e9n\u00e9rale \u00e0 la Maison-Blanche, dans l&rsquo;\u00e9quipe de BHO, chez BHO lui-m\u00eame. \u00ab<em>The tone of Gibbs&rsquo; interview signals brewing frustration in the White House over parts of its base as midterm elections approach. It might hearken back to when White House chief of staff Rahm Emanuel privately and pointedly described some liberals as fucking retarded.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le lendemain, le <a href=\"http:\/\/rawstory.com\/rs\/2010\/0811\/grayson-bozo-spokesman-fired\/\" class=\"gen\">11 ao\u00fbt 2010<\/a>, le m\u00eame <em>RAW Story<\/em> rapporte les r\u00e9actions de cette gauche-l\u00e0, dont on trouve des repr\u00e9sentants virulents et efficaces. Le moindre d&rsquo;entre eux n&rsquo;est pas <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-z_avez_pas_vu_mes_9000_milliards_26_06_2009.html\" class=\"gen\">Alan<\/a> <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_ombre_de_la_cour_supreme_26_01_2010.html\" class=\"gen\">Grayson<\/a>, d\u00e9mocrate de Floride, une voix et un poids de choc \u00e0 la Chambre. A la suggestion d&rsquo;un autre parlementaire d\u00e9mocrate (Keith Ellison) selon laquelle Gibbs devrait d\u00e9missionner, Grayson r\u00e9ponds : \u00ab<em>Gibbs shouldn&rsquo;t resign, I think he should be fired.<\/em>\u00bb Le tohu bohu est tel dans la gauche d\u00e9mocrate que certains jugent que Gibbs pourrait \u00eatre oblig\u00e9 de changer de poste pour une position moins voyante \u00e0 la Maison Blanche.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Certes, l&rsquo;\u00e9change est vif, significatif et, d&rsquo;une certaine fa\u00e7on, rafra\u00eechissant. Il ouvre un coin de v\u00e9rit\u00e9 sur les positions des uns et des autres, sur la v\u00e9ritable politique de l&rsquo;administration Obama et sur l&rsquo;\u00e9volution qu&rsquo;elle provoque chez ceux qu&rsquo;elle touche particuli\u00e8rement. C&rsquo;est un processus de mont\u00e9e aux extr\u00eames \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du parti d\u00e9mocrate, entre les suivistes aveugles derri\u00e8re l&rsquo;affirmation toujours aussi r\u00e9aliste de l&rsquo;\u00e9quipe de la Maison-Blanche, et ceux qui r\u00e9sistent de plus en plus \u00e0 ce r\u00e9alisme-l\u00e0. C&rsquo;est aussi un \u00e9clairage assez cru sur l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit qui r\u00e8gne \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de cette administration, car Gibbs (et Rahm Emanuel, le chef de cabinet de BHO, qui est cit\u00e9) sont, jusqu&rsquo;\u00e0 nouvel ordre, tr\u00e8s proches d&rsquo;Obama et ils le restent pour l&rsquo;instant malgr\u00e9 les rumeurs de d\u00e9part ou de repositionnement qui courent depuis des mois \u00e0 leur propos. Juger qu&rsquo;un retard\u00e9 (politique ou mental ? Cela se discute) est \u00e9galement un enfoir\u00e9, dans la philosophie d&rsquo;un Rahm Emanuel, situe bien le niveau moral de la pens\u00e9e. Emanuel est le type m\u00eame du gangster-politicien, de Chicago (comme Obama) en plus et pour ne pas nous d\u00e9cevoir, et le fait qu&rsquo;il soit \u00e0 intervalles divers un relais de la bande Netanyahou-lobby sioniste doit nous remplir d&rsquo;admiration pour ce que cela nous dit de la logique des engagements.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn face, un Grayson n&rsquo;est pas non plus un tendre. Ce Repr\u00e9sentant de la Floride, qui s&rsquo;est taill\u00e9 d\u00e9j\u00e0 une sacr\u00e9e r\u00e9putation de populiste pourfendeur des forces d&rsquo;argent qui pourrissent l&rsquo;administration Obama, vaut bien Emanuel en duret\u00e9 de comportement et en allant pol\u00e9mique. Grayson a une place toute trouv\u00e9e dans le <em>leadership<\/em> d&rsquo;une opposition interne au parti d\u00e9mocrate \u00e0 la politique psychologiquement corrompue de l&rsquo;administration Obama. Il y a l\u00e0 une situation antagoniste en train de se former, qui a pour int\u00e9r\u00eat suppl\u00e9mentaire de mettre en \u00e9vidence la r\u00e9alit\u00e9 de la position psychologique d&rsquo;Obama. L&rsquo;opposition de Grayson et de quelques autres est en effet assez forte pour nous faire accepter le jugement qu&rsquo;on se trouve l\u00e0 devant beaucoup plus qu&rsquo;un incident de parcours et de passage.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a d\u00e9sormais, de plus en plus marqu\u00e9 et de plus en plus important, un cas \u00e9vident de corruption psychologique de l&rsquo;administration Obama, entretenue et constamment renforc\u00e9e par l&rsquo;\u00e9quipe autour de lui, les Gibbs et autres Emanuel. Nous ne croyons pas une seconde \u00e0 une d\u00e9marche de rupture volontaire, calcul\u00e9e, ne serait-ce que par l&rsquo;\u00e9vidence que les r\u00e9sultats de cette d\u00e9marche ne font que susciter des effets catastrophiques pour l&rsquo;administration Obama, et donc pour cette m\u00eame \u00e9quipe,  d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, la radicalisation de la droite, avec une opposition de syst\u00e8me (les r\u00e9publicains) de moins en moins mall\u00e9able, de plus en plus press\u00e9e par sa propre droite incontr\u00f4lable (<em>Tea Party<\/em>) ; d&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, une radicalisation en cours de la gauche d\u00e9mocrate, jusqu&rsquo;alors soutien d&rsquo;Obama, qui tend \u00e0 s&rsquo;en \u00e9loigner de plus en plus, qui commence \u00e0 sortir \u00e9galement vers une gauche incontr\u00f4lable, hors-syst\u00e8me Le tout aboutit \u00e0 une marginalisation paradoxale de l&rsquo;administration Obama (le centre du centre marginalis\u00e9, un comble !) et \u00e0 une mise en cause de l&rsquo;unit\u00e9 et de la solidarit\u00e9 de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, de la complicit\u00e9 <em>de facto<\/em> entre les deux ailes du parti unique qui sont de plus en plus tiraill\u00e9es par leurs extr\u00eames, y compris leurs extr\u00eames hors-syst\u00e8me. Face \u00e0 cette \u00e9volution catastrophique devraient appara\u00eetre des tentations puis des opportunit\u00e9s d&rsquo;alliance entre les deux extr\u00eames hors-syst\u00e8me et anti-syst\u00e8me, de droite et de gauche, qui sont plus <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_democrate_favori_des_republicains__08_03_2010.html\" class=\"gen\">proches<\/a> que l&rsquo;on ne croit. On ne peut imaginer \u00e9volution plus catastrophique pour une administration, et pour une \u00e9quipe de la Maison-Blanche, dont le r\u00f4le est de rassembler autant de forces du syst\u00e8me qu&rsquo;il est possible, et d&#8217;emp\u00eacher \u00e0 tout prix des rassemblements hors-syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn en vient alors \u00e0 l&rsquo;hypoth\u00e8se de la rupture compl\u00e8te avec la r\u00e9alit\u00e9 de ces \u00e9quipes rompues \u00e0 l&rsquo;aspect politicien des magouilles, qui ignorent compl\u00e8tement l&rsquo;\u00e9volution de ce qu&rsquo;on a coutume de nommer la pays r\u00e9el, avec des effets de plus en plus \u00e9vidents et de plus en plus d\u00e9structurants sur le syst\u00e8me. Entre <em>Tea Party<\/em> et son influence sur les r\u00e9publicains, des parlementaires marginaux mais de plus en plus populaires, \u00e0 droite (Ron Paul) et \u00e0 gauche (Alan Grayson), capables dans certaines circonstances de rompre compl\u00e8tement avec le syst\u00e8me tout en conservant les avantages de leur appartenance au syst\u00e8me par le biais de leur position parlementaire, la structure politique du syst\u00e8me est de plus en plus fragilis\u00e9e. De cette fa\u00e7on, l&rsquo;influence de l&rsquo;administration Obama l&rsquo;est \u00e9galement, de plus en plus fragilis\u00e9e, ce qui est le contraire du but recherch\u00e9, quelles que soient les intentions et les calculs des uns et des autres \u00e0 la Maison-Blanche. L&rsquo;explication de cette situation est donc \u00e0 chercher dans l&rsquo;\u00e9volution objective des conditions politiques aux USA, hors du contr\u00f4le des appareils et des hommes politiques qui pr\u00e9tendent manipuler cette \u00e9volution \u00e0 leur avantage. La perte du lien entre l&rsquo;administration Obama et l&rsquo;opinion publique est aujourd&rsquo;hui un ph\u00e9nom\u00e8ne majeur, qui d\u00e9passe aussi bien les manigances que les diverses comptabilit\u00e9s parlementaires qui n&rsquo;ont plus aucune valeur. (Que signifierait une d\u00e9faite contenue de l&rsquo;administration Obama en novembre, par rapport aux pr\u00e9visions catastrophiques qui sont faites ? Qu&rsquo;a pu faire Obama pendant deux ans, avec un Congr\u00e8s compl\u00e8tement d\u00e9mocrate, pour emp\u00eacher l&rsquo;extension du d\u00e9sordre ?)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFinalement, un seul mot explique bien les incidents de ces derniers jours : frustration (\u00ab<em>The tone of Gibbs&rsquo; interview signals brewing frustration in the White House<\/em>\u00bb). C&rsquo;est bien la frustration d&rsquo;une action g\u00e9n\u00e9rale, puissante, continue, depuis deux ans, qui donne des r\u00e9sultats continuellement et uniform\u00e9ment catastrophiques, malgr\u00e9 les soi-disant victoires (loi sur la sant\u00e9 publique, loi sur la r\u00e9gulation de Wall Street). Ces victoires, finalement, n&rsquo;impressionnent plus personne parce qu&rsquo;elles sont le produit de compromis politiciens qui exposent encore plus la faiblesse et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 de l&rsquo;administration Obama, et sa situation psychologique d&rsquo;absence de perception de la r\u00e9alit\u00e9 (<em>out of touch<\/em>). Obama et son \u00e9quipe n&rsquo;ont pas compris qu&rsquo;\u00e0 ces circonstances exceptionnelles o\u00f9 s&rsquo;enfonce l&rsquo;Am\u00e9rique, il faut des r\u00e9actions qui ne le soient pas moins, qui rompent avec les arrangements politiques. Mais, bien s\u00fbr, se pose la question de savoir s&rsquo;ils se sont seulement aper\u00e7us qu&rsquo;il s&rsquo;agit de circonstances exceptionnelles.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 12 ao\u00fbt 2010 \u00e0 12H03<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le feu, c&rsquo;est-\u00e0-dire la pol\u00e9mique, gronde entre Obama, ou l&rsquo;\u00e9quipe Obama, et la gauche du parti d\u00e9mocrate, aussi bien que la tendance progressiste en g\u00e9n\u00e9ral, qui le soutient de mani\u00e8re de plus en plus critique. 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