{"id":72183,"date":"2010-08-14T11:26:20","date_gmt":"2010-08-14T11:26:20","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/14\/jeanne-falconetti-dreyer-denning-et-verdun\/"},"modified":"2010-08-14T11:26:20","modified_gmt":"2010-08-14T11:26:20","slug":"jeanne-falconetti-dreyer-denning-et-verdun","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/14\/jeanne-falconetti-dreyer-denning-et-verdun\/","title":{"rendered":"Jeanne, Falconetti, Dreyer, Denning et Verdun\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Jeanne, Falconetti, Dreyer, Denning et Verdun<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tComment commencer un tel texte ? Par le commencement, dit le sens courant Lequel commencement, chronologie \u00e0 rebours, se situe le 8 ao\u00fbt 2010 au matin, lisant dans <em>The Independent<\/em> une interview du peintre Guy Denning publi\u00e9e le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/arts-entertainment\/art\/features\/guy-denning-the-behemoth-in-the-crypt-2044098.html\" class=\"gen\">7 ao\u00fbt 2010<\/a>. Ce peintre expose \u00e0 la Tate Gallery de Londres, \u00e0 partir du 3 septembre, une s\u00e9rie de cinquante portraits, que l&rsquo;on d\u00e9signerait plut\u00f4t comme des all\u00e9gories. L&rsquo;exposition prendra pour r\u00e9f\u00e9rence de promotion le 9\u00e8me anniversaire de l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 La chose signal\u00e9e au d\u00e9part n&rsquo;est pas encourageante mais il faut pers\u00e9v\u00e9rer. On en est r\u00e9compens\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Tout cela pour observer, en guise d&rsquo;avertissement qui permettra de mieux situer ce texte, que nous ignorons le sens politique et l&rsquo;opinion du peintre,  s&rsquo;il y en a de son chef,  en peignant ces all\u00e9gories dont certaines ont trait \u00e0 l&rsquo;actualit\u00e9. Mais cela ne nous importe en aucune fa\u00e7on. Ce qui nous importe ici est ce qui ressort de ces peintures, comme nous les avons ressenties, de l&rsquo;histoire qui les accompagne, de leur puissante source d&rsquo;inspiration&#8230; Consid\u00e9rer ce que dit l&rsquo;oeuvre elle-m\u00eame, en dehors des intentions de celui qui l&rsquo;a faite.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBritannique, Denning s&rsquo;est install\u00e9 en France (en Bretagne) il y a quelques ann\u00e9es, sans doute autour de 2007. Dans les ann\u00e9es 1980, sur <em>Channel Four<\/em>, il avait vu le film de Carl Dreyer, <em>La Passion de Jeanne d&rsquo;Arc<\/em>, et en avait gard\u00e9 une forte impression. Denning d\u00e9veloppa sa carri\u00e8re de peintre et d&rsquo;illustrateur, sans grande passion semble-t-il, avec \u00e0 l&rsquo;esprit le vague projet d&rsquo;une s\u00e9rie de tableaux all\u00e9goriques. En 2007, il connut un certain succ\u00e8s et une certaine notori\u00e9t\u00e9, ce qui lui permit de s&rsquo;installer en France. L\u00e0, le projet se renfor\u00e7a, se pr\u00e9cisa puis se mat\u00e9rialisa enfin sous la forme d&rsquo;une s\u00e9rie baptis\u00e9e Jeanne d&rsquo;Arc Et Denning revint au film de Dreyer, ce chef d&rsquo;uvre du cin\u00e9ma, si singulier, si intense, nourri pour l&rsquo;essentiel par ce que l&rsquo;on d\u00e9signerait comme une sorte d&rsquo;\u00e9tude photographique et tragique, en noir et blanc, du visage de son actrice, Ren\u00e9e Falconetti, dans le r\u00f4le de Jeanne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>I started by watching the film and breaking it up into screen shots. I chose 10 minutes of film towards the end when Jeanne is having a crisis of faith. I made over a hundred 6 inch sketches. And then another 50 A3 size drawings from which I worked on the paintings.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Every picture I made is related to a political scandal or significant event in France or Britain. The biggest theme, or rather indictment, for me is the wars in Iraq and Afghanistan, and this is reflected in the work&rsquo;s titles: Hutton, September-Dossier, Halabja.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>For me the strongest painting in the collection is Halabja. But then there are two or three paintings relating to the First World War: there&rsquo;s Schneider CA, which was the first French tank; Somme, a French battlefield; and there&rsquo;s Verdun.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Independent<\/em>, du m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/arts-entertainment\/art\/features\/guy-denning-the-behemoth-in-the-crypt-2044098.html?action=Popup \" class=\"gen\">7 ao\u00fbt 2010<\/a>, pr\u00e9sente (en couleurs) 14 des 50 portraits all\u00e9goriques. Il s&rsquo;agit de peintures superbes d&rsquo;originalit\u00e9 et de force, avec un dessin tortur\u00e9, impr\u00e9cis et pourtant d&rsquo;un effet aussi vibrant que celui d&rsquo;un trait furieux trac\u00e9 sans h\u00e9siter ; qui rend soudain, par instant et par contraste, l&rsquo;acuit\u00e9 et l&rsquo;intensit\u00e9 m\u00e9taphysique d&rsquo;un regard habit\u00e9. Le visage de Falconetti, au-del\u00e0 du temps et au-del\u00e0 des id\u00e9es, semble avoir le pouvoir singulier de se multiplier \u00e0 l&rsquo;infini pour exprimer la souffrance, le martyre, l&rsquo;accablement, la r\u00e9surrection, la foi,  pour exprimer toutes les facettes de la trag\u00e9die humaine au travers d&rsquo;un martyre qui atteignit une dimension m\u00e9taphysique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa peinture <em>Verdun<\/em>, plac\u00e9e en t\u00eate de la s\u00e9rie, semble exprimer toute cette trag\u00e9die humaine dans sa dimension m\u00e9taphysique, ce par quoi la destin\u00e9e humaine est vraiment trag\u00e9die. Elle exprime si bien \u00e0 la fois le martyre de Jeanne tel qu&rsquo;il fut vraiment, le visage de Falconetti film\u00e9 par Dreyer, les peintures de Denning s&rsquo;inspirant directement des mille expressions et facettes du visage de Falconetti figurant jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;essence de la chose, pour la cam\u00e9ra de Dreyer, le martyre de Jeanne. Contemplant cette peinture <em>Verdun<\/em> o\u00f9 le visage baiss\u00e9 de Falconetti semble exprimer un regard qu&rsquo;on ne voit pas tant il est int\u00e9rieur, mais qu&rsquo;on devine charg\u00e9 de tant d&rsquo;intensit\u00e9 pour l&rsquo;expression de la souffrance de la trag\u00e9die humaine, je pense \u00e0 nouveau que Verdun vaut surtout par <a href=\"http:\/\/lesamesdeverdun.com\/\" class=\"gen\">ses \u00e2mes<\/a> dont on retrouve la trace sublime sur le champ restaur\u00e9 de la bataille. Dreyer disait \u00e0 propos de son film : \u00ab<em>J&rsquo;ai voulu interpr\u00e9ter un hymne au triomphe de l&rsquo;\u00e2me sur la vie.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Jeanne, de Ren\u00e9e \u00e0 G\u00e9rard<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTr\u00e8s curieusement, et faussement, Denning dit de Falconetti : \u00ab<em>Falconetti, from what I know, only made this one film, giving up acting soon after to become a nun. It&rsquo;s quite strange. You look at her performance and it makes you think that Dreyer must have been quite a hard director. This is pure speculation, but people think the role affected her so deeply that she committed herself to a nunnery.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela est faux. Ren\u00e9e Falconetti \u00e9tait une actrice de th\u00e9\u00e2tre de bonne renomm\u00e9e (un s\u00e9jour \u00e0 la Com\u00e9die Fran\u00e7aise, directrice du th\u00e9\u00e2tre de l&rsquo;Avenue en 1924-1925, etc.). Dreyer la rencontra apr\u00e8s avoir pens\u00e9 \u00e0 Lilian Gish et \u00e0 Madeleine Renaud pour le r\u00f4le de Jeanne. (Dreyer \u00e9tait venu en France en 1926 pour tourner ce film sur Jeanne, \u00e0 partir d&rsquo;un sc\u00e9nario de Joseph Delteil, parce qu&rsquo;il s&rsquo;int\u00e9ressait \u00e0 Jeanne d&rsquo;Arc depuis son proc\u00e8s en b\u00e9atification de 1924.) Leur rencontre fut effectivement d\u00e9cisive, chacun des deux sentant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une ouvre imp\u00e9rative \u00e0 faire. Il semble que leur entente durant le tournage fut ce qu&rsquo;il importait qu&rsquo;elle fut, et rendue intense par la puissance et la hauteur du sujet. Falconetti tint son r\u00f4le comme il fallait, sacrifiant sa chevelure aux ciseaux de ses tortionnaires, comme ce fut le cas pour Jeanne elle-m\u00eame, et \u00e9voluant \u00e0 partir de l\u00e0, le cheveu tr\u00e8s court et hirsute. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>La tonte des cheveux est un moment inoubliable. Dreyer filme le visage de Jeanne d&rsquo;Arc en tr\u00e8s gros plan. On voit les d\u00e9tails de la chair sur fond de mur blanc. La chair a une pr\u00e9sence incroyable, soulign\u00e9e par les tr\u00e8s gros plans et un d\u00e9cor blanc et nu. Les sc\u00e8nes de torture mettent en avant l&rsquo;esth\u00e9tique des instruments utilis\u00e9s, tels que roues dent\u00e9es ou marteaux. Le g\u00e9nie de Dreyer est d&rsquo;instaurer une relation organique entre la chair, les instruments de torture et la justice eccl\u00e9siastique qui inculpe une innocente.<\/em>\u00bb (Citation de Freddy Buache, ancien directeur de la Cin\u00e9math\u00e8que suisse, en 1999 ; on passera sur la remarque concernant la justice eccl\u00e9siastique qui inculpe une innocente, qui nous ram\u00e8ne aux basses querelles d&rsquo;ici-bas, d&rsquo;autant que cette justice travaillait pour les Anglais et pour la primaut\u00e9 de l&rsquo;Eglise dans les relations terrestres avec Dieu ; et l&rsquo;on gardera les remarques sur la photographie de Dreyer, dont l&rsquo;esth\u00e9tique est effectivement dans ce cas une m\u00e9taphysique.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s Dreyer, Falconetti n&rsquo;entra pas dans les ordres mais poursuivit sa carri\u00e8re parisienne, jusqu&rsquo;en 1935 (derni\u00e8re prestation dans une pi\u00e8ce mise en sc\u00e8ne par Jouvet), avant de s&rsquo;envoler pour l&rsquo;Argentine o\u00f9 elle mourut de maladie en 1946. Elle eut une fille, H\u00e9l\u00e8ne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t En 1987, H\u00e9l\u00e8ne publiait un livre, <em>Falconetti<\/em>, aux \u00e9ditions du Cerf. Elle entendait r\u00e9tablir certaines v\u00e9rit\u00e9s, autant sur sa m\u00e8re que sur son fils, G\u00e9rard, qui venait de mourir \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 35 ans. Le livre est aujourd&rsquo;hui \u00e9puis\u00e9 et, semble-t-il, tr\u00e8s difficile \u00e0 trouver (nous avons essuy\u00e9 deux \u00e9checs sur deux grands vendeurs en ligne de livres d&rsquo;occasion). La pr\u00e9sentation du livre, sur le site des \u00e9ditions du Cerf, nous dit ceci, qui, au travers de l habituel langage racoleur du pri\u00e8re d&rsquo;ins\u00e9rer, nous laisse deviner un aspect tragique des deux destin\u00e9es confondues (celle de la grand&rsquo;m\u00e8re et celle du petit-fils) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>C&rsquo;est la mort tragique de son fils, G\u00e9rard Falconetti, qui l&rsquo;a d\u00e9cid\u00e9e. Cherchant \u00e0 retrouver les racines du malheur que les deux com\u00e9diens portaient en eux, elle r\u00e9v\u00e8le la troublante ressemblance (h\u00e9r\u00e9ditaire?) de leurs destins. Elle et lui, Ren\u00e9e et G\u00e9rard, poss\u00e9daient des dons \u00e9clatants. Ren\u00e9e, plus heureuse que son petit-fils, put les exploiter pendant les ann\u00e9es folles dont elle fut l&rsquo;un des monstres sacr\u00e9s. Ils eurent cependant le m\u00eame don de se rendre insupportables \u00e0 ceux qui les aim\u00e8rent. Ran\u00e7on du g\u00e9nie? M\u00e8re et fille d&rsquo;artistes, l&rsquo;auteur, n&rsquo;a pas voulu ni n&rsquo;aurait pu r\u00e9diger une biographie, mais porter t\u00e9moignage du combat des d\u00e9mons et de l&rsquo;ange auquel, impuissante, elle a d\u00fb assister.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t G\u00e9rard Falconetti eut une carri\u00e8re d&rsquo;acteur, n\u00e9cessairement courte puisqu&rsquo;il mourut \u00e0 35 ans. Il joua notamment dans <em>Perceval le Gallois<\/em> et <em>Le genou de Claire<\/em>, de Eric Rohmer. Le lien est fait, entre Rohmer, dont on conna\u00eet les go\u00fbts et les convictions pour la Tradition, Jeanne et Dreyer\/Falconetti. Sur un site consacr\u00e9 \u00e0 G\u00e9rard Falconetti, on lit cette intervention d&rsquo;un lecteur, \u00e0 la date du <a href=\"http:\/\/fansdemurielbaptiste.centerblog.net\/6321147-GERARD-FALCONETTIc\" class=\"gen\">27 janvier 2010<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Je repense \u00e0 G\u00e9rard \u00e0 l&rsquo;occasion de la disparition de Eric Rohmer. Je l&rsquo;ai bien connu et appr\u00e9ci\u00e9 bien que son mal-\u00eatre le rendait parfois incontr\u00f4lable. Il fallait s&rsquo;accrocher, mais c&rsquo;\u00e9tait un \u00eatre hypersensible et qui savait \u00eatre charmant \u00e0 condition de se laisser aprivoiser. Moi j&rsquo;\u00e9tais \u00e9tudiant \u00e0 la fac des Saint-P\u00e8res, lui habitait rue Jacob. On se croisait et on prenait un verre. On d\u00e9connait bien quand il \u00e9tait sur terre, rarement, parfois, trop peu souvent. Je me souviens&#8230; Rest in peace  Tu es parti retrouver Jeanne d&rsquo;Arc, ta grand-m\u00e8re dont tu \u00e9tais tellement fier!<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>De Jeanne \u00e0 Dante<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette accumulation de d\u00e9tails insolites ou tragiques, de r\u00e9alit\u00e9s dissimul\u00e9es ou cach\u00e9es, de l\u00e9gendes colport\u00e9es, presque plus <strong>justes<\/strong> que la r\u00e9alit\u00e9  Falconetti entrant dans les ordres apr\u00e8s le film de Dreyer,  tout cela renforce, \u00e0 notre point de vue, la dimension de beaut\u00e9 tragique du travail de Denning, comme en en faisant un \u00e9crin. Les portraits all\u00e9goriques de Falconetti sont \u00e9videmment per\u00e7us comme des portraits all\u00e9goriques de Jeanne d&rsquo;Arc, et la sainte devient alors une image sortie de l&rsquo;Histoire pour nous d\u00e9signer la dimension tragique de notre histoire, y compris dans les \u00e9v\u00e9nements les plus proches de nous comme dans un \u00e9v\u00e9nement aussi essentiel de la m\u00e9tahistoire que la bataille de Verdun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQue dire de plus ? A ce point du propos, l&rsquo;on se trouve dans le cours d&rsquo;un texte dont on ne sait plus comment l&rsquo;articuler selon toute l&rsquo;importance et l&rsquo;\u00e9clat qu&rsquo;on voudrait lui donner, alors qu&rsquo;il ne pr\u00e9sente aucune orientation pr\u00e9cise pour cela, et qu&rsquo;on en est ainsi manifestement au terme. Mais c&rsquo;est enfin l&rsquo;essentiel, la vision des portraits de Falconetti\/Jeanne par Denning, les r\u00e9f\u00e9rences que le peintre nous offre, les autres d\u00e9tails recueillis ici et l\u00e0,  tout cela fait percevoir intuitivement qu&rsquo;il y a dans ce cas un ph\u00e9nom\u00e8ne important \u00e0 signaler, une intensit\u00e9 tr\u00e8s grande, une rencontre directe et aussi par-del\u00e0 le temps d&rsquo;un sentiment d&rsquo;une mystique et d&rsquo;une spiritualit\u00e9 communes. Faire d&rsquo;un visage de Falconetti interpr\u00e9tant Jeanne d&rsquo;Arc, d&rsquo;une fa\u00e7on symbolique approchant tellement plus que par n&rsquo;importe quelle forme d&rsquo;entendement ce que fut le martyre de Jeanne, faire de ce visage le symbole de la bataille et l&rsquo;intituler <em>Verdun<\/em> en t\u00eate de la s\u00e9rie, et nous confier que la visite du champ de la bataille fut un facteur d\u00e9terminant de cette inspiration g\u00e9n\u00e9rale,  voil\u00e0 bien le sentiment d&rsquo;une mystique et d&rsquo;une spiritualit\u00e9 communes. Qui mieux que Jeanne, et qui mieux que Falconetti interpr\u00e9tant Jeanne, peut repr\u00e9senter un visage boulevers\u00e9 et tragique pleurant sur la souffrance des \u00e2mes de Verdun ? Pour paraphraser Dreyer, une \u00e2me qui a vaincu les souffrances de la vie autant que les peurs de la vie au seuil de la mort.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOu bien, pour en venir enfin \u00e0 P\u00e9guy, et ce visage de Falconetti devenu <em>Verdun<\/em>, qui m\u00e9riterait cette \u00e9pitaphe  \u00ab<em>M\u00e8re, voici tes fils qui se sont tant battus<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, pour finir cette rapide \u00e9vocation comme peut l&rsquo;\u00eatre une pri\u00e8re, voici ce <em>post-scriptum<\/em> qui importe Denning a une autre s\u00e9rie d&rsquo;all\u00e9gories en projet, qui se rapporte \u00e0 <em>La divine com\u00e9die<\/em> de Dante Alleghieri. Denning ne veut pas illustrer l&rsquo;oeuvre de Dante parce que le sens des choses et du monde, et les \u00e2mes des morts elles-m\u00eames, nous disent qu&rsquo;on n&rsquo;illustre pas une telle uvre qui est \u00e9videmment li\u00e9e aux choses derri\u00e8re les choses, exactement \u00e0 la mesure de ce que repr\u00e9sente Dante dans le monde sup\u00e9rieure de l&rsquo;initiation Par contre, Denning sait parfaitement comment commencer ce travail auquel on ne peut donner un nom, comment lui donner son impulsion et son sens ; par le commencement, dit le sens courant, et pour lui, pour Denning, ce sera de se rendre \u00e0 nouveau \u00e0 Verdun. L\u00e0-bas, certes, les \u00e2mes vous inspirent et sont de bon conseil.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>I don&rsquo;t want to illustrate it. I want to relate it to my journey through life, which is basically what Dante was doing for himself. And the first thing I&rsquo;m going to do before I start work is to go to Verdun again.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jeanne, Falconetti, Dreyer, Denning et Verdun Comment commencer un tel texte ? Par le commencement, dit le sens courant Lequel commencement, chronologie \u00e0 rebours, se situe le 8 ao\u00fbt 2010 au matin, lisant dans The Independent une interview du peintre Guy Denning publi\u00e9e le 7 ao\u00fbt 2010. Ce peintre expose \u00e0 la Tate Gallery de&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[7790,2631,9938,9936,9937,9933,2673,5280,9934,9935,6161],"class_list":["post-72183","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-ames","tag-de","tag-dreyer","tag-falconetti","tag-jeanne","tag-martyre","tag-metaphysique","tag-mystique","tag-peinture","tag-renee","tag-verdun"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72183","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72183"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72183\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72183"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72183"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72183"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}