{"id":72186,"date":"2010-08-16T06:21:31","date_gmt":"2010-08-16T06:21:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/16\/brouillard-iranien-et-confusion-generale\/"},"modified":"2010-08-16T06:21:31","modified_gmt":"2010-08-16T06:21:31","slug":"brouillard-iranien-et-confusion-generale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/16\/brouillard-iranien-et-confusion-generale\/","title":{"rendered":"Brouillard iranien et confusion g\u00e9n\u00e9rale"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Brouillard iranien et confusion g\u00e9n\u00e9rale<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 ao\u00fbt 2010  Dans notre rubrique <em>Ouverture libre<\/em>, nous pr\u00e9sentons l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_article_qui_fait_des_vagues_16_08_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">article-fleuve<\/a> de Jeffrey Goldberg sur (notamment) les intentions d&rsquo;Isra\u00ebl quant \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran. A c\u00f4t\u00e9 des positions pro-isra\u00e9liennes de Goldberg, d&rsquo;ailleurs connues, l&rsquo;article est une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cause du nombre de personnes interview\u00e9es, cit\u00e9es, etc., notamment dans la direction isra\u00e9lienne, et, d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, parce qu&rsquo;il constitue le r\u00e9sultat d&rsquo;une somme impressionnante de travail et d&rsquo;enqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0, des r\u00e9actions \u00e0 l&rsquo;article de Goldberg ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es. Nous nous faisons <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_et_quelques_vagues_notables_16_08_2010.html\" class=\"gen\">l&rsquo;\u00e9cho<\/a> de deux d&rsquo;entre elles, de Steve Clemons et de Gareth Porter. Il s&rsquo;agit de deux commentateurs qui sont connus pour entretenir une certaine position d&rsquo;ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis des vues conformistes de l&rsquo;<em>establishment<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet ensemble (article de Goldberg et r\u00e9actions) permet de d\u00e9velopper une analyse de la situation actuelle des possibilit\u00e9s d&rsquo;attaque de l&rsquo;Iran,  soit par Isra\u00ebl seul, soit par Isra\u00ebl seul mais soutenu par les USA, soit par Isra\u00ebl et les USA. (On sait que la situation, du point de vue de la communication dans tous les cas, est tendue \u00e0 cet \u00e9gard. On parle beaucoup d&rsquo;une attaque en ce moment, dans une de ces p\u00e9riodes de fi\u00e8vre comme on en a d\u00e9j\u00e0 connues beaucoup.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Il est \u00e9vident qu&rsquo;on peut appr\u00e9cier comme significatif cet ensemble de r\u00e9f\u00e9rences, en raison de la qualit\u00e9 des personnes cit\u00e9es, de leurs r\u00e9f\u00e9rences, des sources et des contacts qu&rsquo;elles entretiennent. Les positions des uns et des autres sont connues (Goldberg plut\u00f4t favorable \u00e0 une attaque, Clemons et Porter nettement contre) mais il ne nous semble pas que cet aspect des choses interf\u00e8re d&rsquo;une fa\u00e7on dommageable sur la perception qu&rsquo;ont les uns et les autres de la situation. Par cons\u00e9quent, on peut tenir comme acceptable l&rsquo;id\u00e9e que cet ensemble de textes et les jugements et appr\u00e9ciations qu&rsquo;ils contiennent nous permet d&rsquo;avoir une vue convenable de la situation g\u00e9n\u00e9rale des perspectives de conflit avec l&rsquo;Iran, essentiellement, bien s\u00fbr, du c\u00f4t\u00e9 isra\u00e9lo-am\u00e9ricaniste, essentiellement, aussi, du point de vue des intentions par rapport \u00e0 la psychologie des uns et des autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, voici le paradoxe que nous apporte l&rsquo;article de Goldberg, que confirment les deux commentaires qui nous en sont faits ; paradoxe tout de suite \u00e9vident, conduisant, en plus et en seconde analyse, \u00e0 quelques r\u00e9flexions qui ne sont pas inutiles. En fait de paradoxe, il s&rsquo;agit du constat, apr\u00e8s coup, que le pr\u00e9sident GW Bush appara\u00eet sur cette question de l&rsquo;antagonisme avec l&rsquo;Iran comme beaucoup moins faucon qu&rsquo;on ne l&rsquo;a dit, et avec des indications pr\u00e9cises selon lesquelles il est intervenu r\u00e9solument, d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9cisive qui n&rsquo;a pas vari\u00e9, contre une attaque. Des bruits dans ce sens avaient d\u00e9j\u00e0 couru en 2007 ou en 2008 (en 2008 surtout), et ils sont largement confirm\u00e9s, sinon amplifi\u00e9s. Il y a donc ce comble du constat d\u00e9sol\u00e9 de Clemons qui a l&rsquo;air de regretter l&rsquo;\u00e9poque GW Bush, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une \u00e9poque de prudence, de contr\u00f4le de soi, de freinage des tentations bellicistes, dans tous les cas pour cette question de l&rsquo;antagonisme avec l&rsquo;Iran (\u00ab<em>But that was several years ago. Today<\/em>\u00bb). Pour qui se rappelle l&rsquo;hyst\u00e9rie de la pr\u00e9vision presque quotidienne d&rsquo;une attaque (\u00e9videmment surprise) des ann\u00e9es 2005-2008, il y a beaucoup de motifs de r\u00e9flexion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;impression est renforc\u00e9e d&rsquo;une certaine fa\u00e7on par les observations de Porter, qui montrent une opposition s\u00e9rieuse, et assez constante, chez les chefs militaires et du renseignement isra\u00e9liens contre une attaque isra\u00e9lienne de l&rsquo;Iran. Cette attitude plut\u00f4t n\u00e9gative semble se prolonger, et \u00eatre m\u00eame plus ou moins partag\u00e9e par des personnalit\u00e9s comme le ministre de la d\u00e9fense Barak. Netanyahou montre, de son c\u00f4t\u00e9, une attitude assez obsessionnelle sur l&rsquo;\u00e9valuation de l&rsquo;Iran, avec la r\u00e9f\u00e9rence constante \u00e0 l&rsquo;Holocauste comme argument majeur, chose qui est diversement appr\u00e9ci\u00e9e chez ces m\u00eames chefs militaires et du renseignement. Il y a alors un \u00e9tonnant encha\u00eenement quasi-automatiques de perceptions assez instables, m\u00e9langeant \u00e0 la fois l&rsquo;obsession et le r\u00e9flexe d\u00e9fensif, l&rsquo;irrationnel et le rationnel. L&rsquo;argument \u00e9tonnant de l&rsquo;Holocauste accompli par les Iraniens, que Netanyahou a l&rsquo;air d&rsquo;exposer avec conviction \u00e0 Goldberg, est \u00e9galement tenu comme un argument tr\u00e8s n\u00e9gatif par ceux (comme Barak) qui craignent de voir un arr\u00eat de l&rsquo;immigration des juifs vers Isra\u00ebl, voire le d\u00e9clenchement d&rsquo;une \u00e9migration d&rsquo;Isra\u00e9liens quittant Isra\u00ebl. Le cas \u00e9voqu\u00e9 par Netanyahou (nouvel Holocauste) d\u00e9truit en effet l&rsquo;un des arguments implicite mais fondateurs d&rsquo;Isra\u00ebl comme p\u00f4le de rassemblement des juifs, qui est de pr\u00e9senter ce rassemblement au sein d&rsquo;une nation qui garantirait que plus jamais l&rsquo;Holocauste ne se reproduirait. D\u00e8s lors, cet argument devient r\u00e9versible : certes, ce qu&rsquo;on pr\u00e9sente comme une menace d&rsquo;Holocauste par l&rsquo;Iran devenant un repoussoir pour Isra\u00ebl, conduit \u00e0 la conclusion qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix d\u00e9truire cette menace, voir l&rsquo;image de cette menace ou la construction de pure communication de cette menace, pour assurer la survie d&rsquo;Isra\u00ebl, non \u00e0 cause de la menace iranienne, mais \u00e0 cause de la panique que provoquerait cette menace qui serait largement une construction de communication ou simplement une construction irrationnelle !<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui conduit \u00e9galement \u00e0 consid\u00e9rer ce qu&rsquo;il faut penser de la v\u00e9racit\u00e9 de cette menace (l&rsquo;Holocauste par l&rsquo;Iran),  outre la simple analyse objective qu&rsquo;on peut en faire, en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 ce qu&rsquo;on sait des intentions et des capacit\u00e9s des Iraniens et de ceux dont on fait leurs alli\u00e9s dans une telle \u00e9trange occurrence. On voit que Porter rapporte des cas o\u00f9 Netanyahou fut le premier \u00e0 balayer cette possibilit\u00e9 et m\u00eame \u00e0 intervenir (en 1996-1997) aupr\u00e8s des Russes pour susciter un rapprochement entre Isra\u00ebl et l&rsquo;Iran Et ce qui l&rsquo;aurait fait changer d&rsquo;avis,  et en revenir \u00e0 th\u00e8se de la menace d&rsquo;un Holocauste par l&rsquo;Iran, est une sorte bien diff\u00e9rente de menace, celle d&rsquo;un rapprochement entre l&rsquo;Iran et les USA (cela du temps de Bush, encore lui d\u00e9cid\u00e9ment beaucoup moins fou de guerre qu&rsquo;il n&rsquo;y paraissait) ; cette perspective aurait priv\u00e9 Isra\u00ebl de sa position d&rsquo;alli\u00e9 privil\u00e9gi\u00e9 des USA. Le concept de menace, dans son contenu, appara\u00eet comme \u00e9lastique, changeant radicalement selon les besoins de la politique et des relations publiques. Aucune place pour l&rsquo;\u00e9tonnement ou la surprise dans tout cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tClemons, lui, \u00e0 propos de ces va et vient, ne manque pas une occasion d&rsquo;affirmer, bien qu&rsquo;il n&rsquo;aime pas du tout le r\u00e9gime iranien, que ce r\u00e9gime n&rsquo;est nullement irrationnel, au contraire de ce qu&rsquo;affirme Netanyahou. Cela revient \u00e0 consid\u00e9rer qu&rsquo;Isra\u00ebl est compl\u00e8tement irrationnel dans son appr\u00e9ciation de l&rsquo;Iran,  pays avec sa direction faussement per\u00e7ue comme irrationnelle,  et qu&rsquo;il pourrait d\u00e9cider une attaque selon une analyse compl\u00e8tement irrationnelle de l&rsquo;Iran affirmant qu&rsquo;il est rationnel d&rsquo;attaquer l&rsquo;Iran parce que l&rsquo;Iran est irrationnel. Effectivement, l&rsquo;imbroglio est d&rsquo;une belle complication et conforte l&rsquo;appr\u00e9ciation du tr\u00e8s grand malaise psychologique qui affecte les directions occidentales en g\u00e9n\u00e9ral, avec la cohabitation \u00e9trange chez les Isra\u00e9liens d&rsquo;une capacit\u00e9 de calcul, de manipulation et de rouerie d&rsquo;une part, et l&#8217;emportement de jugements effectivement exacerb\u00e9s et irrationnels d&rsquo;autre part<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus s&rsquo;accumulent les d\u00e9tails, plus se pr\u00e9cisent des positions de plus en plus impr\u00e9cises, o\u00f9 la propagande, le virtualisme, l&rsquo;obsession, la planification pour tenter de rationnaliser la situation, la tentative d&rsquo;une expertise \u00e9quilibr\u00e9e, sont fortement imbriqu\u00e9s les unes dans les autres jusqu&rsquo;\u00e0 un point o\u00f9 il est impossible d&rsquo;identifier une ligne de force coh\u00e9rente. La m\u00e9fiance, le soup\u00e7on, le m\u00e9pris, la crainte, l&rsquo;absence compl\u00e8te de la moindre confiance, sont les traits essentiels des sentiments isra\u00e9liens vis-\u00e0-vis de l&rsquo;administration Obama. Le point le plus curieux \u00e0 cet \u00e9gard est que cette attitude de compl\u00e8te d\u00e9fiance est fortement en complet contraste avec la confiance qui r\u00e9gnait avec l&rsquo;administration Bush, que tous ces m\u00eames dirigeants isra\u00e9liens croyaient manipuler et m\u00eame contr\u00f4ler Alors que, d&rsquo;apr\u00e8s ce qu&rsquo;on d\u00e9couvre, justement, Bush n&rsquo;a fait souvent qu&rsquo;agir \u00e0 sa guise, il a repouss\u00e9, parfois avec un m\u00e9pris ironique, les relais US des int\u00e9r\u00eats isra\u00e9liens tels que les <em>neocons<\/em> Kristoll et Krauthammer. Alors, qui tenait qui ? Et Bush \u00e9tait-il la marionnette dont on faisait ce qu&rsquo;on voulait ? Pendant <strong>quatre ans<\/strong>, on a annonc\u00e9 pour demain matin une attaque de l&rsquo;Iran,  et, r\u00e9sultat, rien du tout, et maintenant un sentiment que le pr\u00e9sident tenait fermement cette affaire, qu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait pas question d&rsquo;attaque&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl semble bien que les Isra\u00e9liens et leurs amis <em>neocons<\/em> \u00e0 Washington, avec l&rsquo;aide \u00e9crasante du <em>Lobby<\/em> et de ses ind\u00e9centes pressions, aient \u00e9t\u00e9 pris \u00e0 leur propre virtualisme, qu&rsquo;ils aient \u00e9t\u00e9 les premiers \u00e0 prendre pour du comptant ce que ce virtualisme dessinait \u00e0 leur avantage. Bush n&rsquo;\u00e9tait certes pas un foudre de guerre,  ce jugement ne change pas,  et il avait connu sa fi\u00e8vre guerri\u00e8re avec l&rsquo;Irak ; mais les autres, ceux qui tenaient le haut du pav\u00e9 et semblaient faire la pluie et le beau temps, par Cheney interpos\u00e9 notamment, et croyaient le manuvrer (Bush) \u00e0 leur guise, en fait ne firent rien du tout et n&rsquo;aboutirent \u00e0 rien du tout. Voil\u00e0 l&rsquo;impression qu&rsquo;on retire de l&rsquo;article de Goldberg, en plus d&rsquo;une r\u00e9elle et bien compl\u00e8te confusion dans le camp isra\u00e9lien, partag\u00e9 non pas en plusieurs tendances, plusieurs options, mais plut\u00f4t en plusieurs fa\u00e7ons de percevoir les choses, et tout cela changeant au gr\u00e9 des humeurs et des circonstances, souvent chez les m\u00eames, entre la raison qui faisait consid\u00e9rer ce projet avec circonspection, et l&rsquo;obsession qui inspirait des emportements guerriers d\u00e9cisifs<\/p>\n<h3>Et aujourd&rsquo;hui ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, \u00e0 la lumi\u00e8re d&rsquo;hier, et \u00e0 une telle lumi\u00e8re, aussi intense, aussi fourmillante de d\u00e9tails, tout cela nous en dit beaucoup sur la situation d&rsquo;aujourd&rsquo;hui. Nous nous arr\u00eaterons certainement pas aux pr\u00e9visions des uns et des autres (50-50 chances d&rsquo;attaque isra\u00e9liennes selon Goldberg d&rsquo;ici juillet 2011,  et pourquoi pas avec des pr\u00e9visions m\u00e9t\u00e9os,  sans doute fera-t-il beau ou mauvais, nuageux ou ciel clair le jour de l&rsquo;attaque, etc.) Tout cela est d&rsquo;un pi\u00e8tre int\u00e9r\u00eat, tant il devient \u00e0 la fois ind\u00e9cent et irr\u00e9aliste de sp\u00e9culer d&rsquo;une fa\u00e7on si massive \u00e0 propos d&rsquo;une attaque soit disant surprise et pr\u00e9ventive, sur un cas aussi discutable, alors qu&rsquo;on en discute dans tous les salons depuis 5 ans d\u00e9j\u00e0. Pour les personnages et les options, nous n&rsquo;avons que ce que nous avons eu hier et avant-hier, mais multipli\u00e9 par encore plus de confusion et d&rsquo;incertitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9 ce premier enseignement, cet enseignement \u00e9clatant Si attaque il y a, ce qui est possible, elle se fera \u00e0 partir d&rsquo;une position d\u00e9fensive exacerb\u00e9e, d&rsquo;une confusion compl\u00e8te sur le sens de cette attaque, et son but r\u00e9el. Gagner quelques ann\u00e9es ? (Puisque, par ailleurs, personne n&rsquo;esp\u00e8re d\u00e9truire compl\u00e8tement le programme iranien, alors que tout le monde s&rsquo;attend \u00e0 des cons\u00e9quences catastrophiques du fait des Iraniens, du Hezbollah, de <em>tutti quanti<\/em>.) M\u00eame cela n&rsquo;est pas s\u00fbr, sans compter que nul ne peut affirmer, \u00e9videmment, que les Iraniens veulent la Bombe. On partirait surtout \u00e0 l&rsquo;attaque pour emp\u00eacher une exode d&rsquo;\u00e9migration d&rsquo;Isra\u00e9liens terroris\u00e9s par la propagande obsessionnelle des <em>Bibi<\/em> Netanyahou et consorts Etrange situation, non moins \u00e9trange analyse politique. Tout cela en dit long sur l&rsquo;extr\u00eame fragilit\u00e9 de leur propre pays dans la perception et la psychologie de ses dirigeants.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuand \u00e0 l&rsquo;administration Obama, on vous le dit et on vous l&rsquo;affirme, tous les gens de l&rsquo;administration Obama n&rsquo;ont cess\u00e9 de le r\u00e9p\u00e9ter : toutes les options sont sur la table Il s&rsquo;agit de faire croire que l&rsquo;administration Obama a les <em>cojones<\/em> pour le faire (comme Sarah Palin disait que la gouverneur de l&rsquo;Arizona a les <em>cojones<\/em>  que n&rsquo;a pas Obama pour \u00e9dicter les lois d&rsquo;immigration qui s&rsquo;omposent). Ce qui signifie que  Obama, <em>cojones<\/em> ou pas, ne tient pas du tout \u00e0 se lancer dans cette aventure, qu&rsquo;il est sur la d\u00e9fensive, affrontant essentiellement sa droite et les Isra\u00e9liens, plut\u00f4t que les Iraniens, pour faire croire \u00e0 tous que, s&rsquo;il le fallait,  il peut le faire !,  mais que, cela bien compris, il fera tout ce qui est possible pour ne pas le faire, et qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9 il compte bien ne pas le faire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt l&rsquo;on en revient, du c\u00f4t\u00e9 isra\u00e9lien, \u00e0 la d\u00e9fiance et au m\u00e9pris, voire \u00e0 la haine pour Obama, qui a \u00e9galement un caract\u00e8re obsessionnel derri\u00e8re des apparences d&rsquo;analyse rationnelle Goldberg rapporte ces confidences d&rsquo;un officiel isra\u00e9lien : \u00ab<em>We all watched his speech in Cairo, <\/em>[<em>in June 2009<\/em>]. <em>We don&rsquo;t believe that he is the sort of person who would launch a daring strike on Iran. We are afraid he would see a policy of containing a nuclear Iran rather than attacking it.<\/em> [] <em>Bush was two years ago, but the Iranian program was the same and the intent was the same.  So I don&rsquo;t personally expect Obama to be more Bush than Bush.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est qu&rsquo;en v\u00e9rit\u00e9 tout se perd dans la confusion qu&rsquo;on a d\u00e9crite, qui est grande chez les Am\u00e9ricains, mais qui ne l&rsquo;est pas moins chez les Isra\u00e9liens, et qui l&rsquo;est m\u00eame un peu plus. C&rsquo;est certainement dans ce domaine de la crise, celui de la psychologie des acteurs et des conditions de d\u00e9sordre et de confusion que cr\u00e9e cette psychologie, que le tr\u00e8s long article de Goldberg apporte du nouveau. La propagande forcen\u00e9e d&rsquo;Isra\u00ebl et de ses soutiens, du <em>Lobby<\/em>, des s\u00e9nateurs et des d\u00e9put\u00e9s du Congr\u00e8s, est bien plus ferme, bien plus claire, bien plus droite, d&rsquo;une fa\u00e7on significative, que l&rsquo;atmosph\u00e8re et la psychologie qu&rsquo;on trouve \u00e0 Tel-Aviv. En Isra\u00ebl, les divisions sont profondes, les modalit\u00e9s et les buts d&rsquo;une attaque contradictoires, les arguments contre une attaque aussi puissants que ceux qui vont en sens contraire. Il semble que l&rsquo;Isra\u00ebl que tous ses d\u00e9fenseurs hyst\u00e9riques portent aux nues en exaltant sa r\u00e9solution et en en faisant un bloc de volont\u00e9 de survivance et de d\u00e9fense des libert\u00e9s du monde occidental (pendant qu&rsquo;on y est) soit en r\u00e9alit\u00e9 bien plus faible, bien plus confus, en un mot bien plus d\u00e9structur\u00e9 que l&rsquo;image d&rsquo;Epinal de ses partisans inconditionnels et \u00e9ventuellement int\u00e9ress\u00e9s. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est donc possible qu&rsquo;ils attaquent un jour,  \u00e0 force de le dire. Mais ce sera \u00e0 reculons, en calculant tous les coups qu&rsquo;ils vont recevoir, m\u00eame ceux qu&rsquo;on grossit d\u00e9lib\u00e9rant, d\u00e9j\u00e0 perdants avant de frapper alors qu&rsquo;ils entendent frapper pour la victoire totale. Le premier risque d&rsquo;une attaque de l&rsquo;Iran, avant m\u00eame ceux d&rsquo;une riposte de l&rsquo;Iran et du d\u00e9sordre install\u00e9 dans la r\u00e9gion, c&rsquo;est sans aucun doute l&rsquo;extraordinaire confusion et la fragilit\u00e9 extr\u00eame des psychologies de ceux qui attaqueraient. Effectivement, si cette attaque avait lieu, il est bien possible que tout l&rsquo;\u00e9difice du syst\u00e8me am\u00e9ricaniste-occidentaliste, dans sa composante USA-Isra\u00ebl puis se r\u00e9pandant au reste, soit d\u00e9cisivement d\u00e9stabilis\u00e9, d\u00e9stabilis\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 une d\u00e9structuration explosive.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Brouillard iranien et confusion g\u00e9n\u00e9rale 16 ao\u00fbt 2010 Dans notre rubrique Ouverture libre, nous pr\u00e9sentons l&rsquo;article-fleuve de Jeffrey Goldberg sur (notamment) les intentions d&rsquo;Isra\u00ebl quant \u00e0 la possibilit\u00e9 d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran. A c\u00f4t\u00e9 des positions pro-isra\u00e9liennes de Goldberg, d&rsquo;ailleurs connues, l&rsquo;article est une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 cause du nombre de personnes interview\u00e9es, cit\u00e9es, etc., notamment&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[2870,7359,868,6179,8004,9940,2631,5568,9939,9666,3004,6208,6333,3099,610],"class_list":["post-72186","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-attaque","tag-barak","tag-bush","tag-clemons","tag-confusion","tag-disrael","tag-de","tag-emigration","tag-goldberg","tag-liran","tag-nucleaire","tag-obama","tag-porter","tag-psychologie","tag-virtualisme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72186","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72186"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72186\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72186"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72186"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72186"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}