{"id":72202,"date":"2010-08-21T14:05:33","date_gmt":"2010-08-21T14:05:33","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/21\/the-system-is-broken-version-economie\/"},"modified":"2010-08-21T14:05:33","modified_gmt":"2010-08-21T14:05:33","slug":"the-system-is-broken-version-economie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/08\/21\/the-system-is-broken-version-economie\/","title":{"rendered":"<em>The system is broken<\/em>, version \u00e9conomie"},"content":{"rendered":"<p><p>En quelques phrases, nous avons <strong>tout<\/strong>, qui ne d\u00e9pend nullement de quelque th\u00e8se \u00e9conomique et complexe mais de notre tr\u00e8s ch\u00e8re psychologie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un article du Washington <em>Post<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2010\/08\/20\/AR2010082005165.html?\" class=\"gen\">21 ao\u00fbt 2010<\/a>, signal\u00e9e samedi matin, ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/2010\/08\/20\/ceos-explain-why-theyre-n_n_689841.html#comments\" class=\"gen\">21 ao\u00fbt 2010<\/a>, en manchette, par <em>Huffington.post<\/em>. En cinq heures de pr\u00e9sence, <em>Huffington.post<\/em> avait suscit\u00e9, \u00e0 09H00, 6.592 commentaires, o\u00f9 les divers intervenants observaient avec des ricanements de fureur qu&rsquo;on traitait l&rsquo;Am\u00e9ricain moyen comme un serf qui ne fait plus son travail. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;article du Washington <em>Post<\/em> se r\u00e9sume par ce sous-titre : \u00ab<em>CEOs aren&rsquo;t ready to hire yet  Profits are up and companies have cash, but executives don&rsquo;t see American consumers opening their wallets for years to come.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes premiers paragraphes expliquent le propos, le reste le d\u00e9taillant au travers de nombreux interviews de <em>Chief Executive Officers<\/em> (CEO) de diverses soci\u00e9t\u00e9s US, de diverses tailles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Corporate profits are soaring. Companies are sitting on billions of dollars of cash. And still, they&rsquo;ve yet to amp up hiring or make major investments  the missing ingredients for a strong economic recovery. Many Democrats say the economy needs more stimulus. Business lobbyists and their Republican allies say it needs less regulation and lower taxes. But here in the heartland of America, senior executives say neither side&rsquo;s assessment fits.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>They blame their profound caution on their view that U.S. consumers are destined to disappoint for many years. As a result, they say, the economy is unlikely to see the kind of almost unbroken prosperity of the quarter-century that preceded the financial crisis<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe centre du d\u00e9bat est bien dans ce mot : d\u00e9sappointer (\u00ab<em> U.S. consumers are destined to<\/em> <strong><em>disappoint<\/em><\/strong> <em>for many years<\/em>\u00bb). Le serf est en train d&rsquo;agacer le seigneur<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Que disent-ils, les CEO de la Grande R\u00e9publique ? Eh bien, qu&rsquo;ils sont grandement d\u00e9sappoint\u00e9s par le consommateur standard et conforme,  <em>dito<\/em>, le serf en question,  qui ne consomme plus comme il a mission quasiment divine de faire. Moyennant quoi, les CEO, qui d\u00e9bordent de fric, ne feront plus que des investissements sur la pointe du dollar, et n&rsquo;engageront de consommateur failli plus qu&rsquo;au compte-gouttes, ce qui fait fort peu par ces temps de s\u00e9cheresse\/<em>global warming<\/em>. Moyennant quoi, la crise, d\u00e9sormais puissamment appuy\u00e9e sur un ch\u00f4mage d\u00e9vastateur, va se poursuivre en galopade d\u00e9structurante (pour le syst\u00e8me lui-m\u00eame d\u00e9structurant, donc la bonne affaire). En version \u00e9conomique qui fait le pendant du syst\u00e8me politique <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">selon<\/a> Harlan K. <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_the_system_is_broken_version_harlan_k_ullman_18_03_2010.html\" class=\"gen\">Ullman<\/a>, cela signifie : <em>the system is broken<\/em>. De fa\u00e7on tr\u00e8s significative, nous nous tournerons vers l&rsquo;explication psychologique et les rapports de l&rsquo;homme <em>sapiens<\/em> avec le syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn peut s&rsquo;exclamer et juger cette attitude presque au-del\u00e0 de l&rsquo;absurde. Au moins, le p\u00e8re Ford, tout antis\u00e9mite qu&rsquo;il fut, avait compris que pour voir ses ouvriers acheter son mod\u00e8le T, il fallait les payer \u00e0 mesure, et d&rsquo;abord les engager. Dans la perversion d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sente de ce syst\u00e8me (alors nomm\u00e9 fordisme), il y avait au moins dans ses bornes une logique compr\u00e9hensible et respect\u00e9e. Aujourd&rsquo;hui, la perversion, qui a poursuivi son boulot depuis l&rsquo;\u00e9poque du fordisme, a eu raison de sa propre logique et a install\u00e9 l&rsquo;ensemble au-del\u00e0 de l&rsquo;absurde. R\u00e9clamer du consommateur standard qu&rsquo;il consomme sans lui donner les moyens de consommer, alors qu&rsquo;on est le seul \u00e0 pouvoir lui donner ces moyens, alors que le cr\u00e9dit est en lambeaux en plus d&rsquo;\u00eatre la cause des chutes qui se succ\u00e8dent, rel\u00e8ve effectivement d&rsquo;une maladie mentale du type schizophr\u00e9nique. Le cas est tranch\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il faut aller plus loin. Il faut convenir qu&rsquo;entre les ann\u00e9es 1910-1930 (Ford et son fordisme) et aujourd&rsquo;hui, la d\u00e9vastation de la mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e qui est la force initiale de notre syst\u00e8me, avec ses deux branches que sont le syst\u00e8me du technologisme et le syst\u00e8me de la communication, a consid\u00e9rablement progress\u00e9 et a effectivement pulv\u00e9ris\u00e9 toute logique interne de crainte que cette attitude puisse contrevenir d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre au <em>diktat<\/em> du susdit syst\u00e8me. Il ne subsiste plus que les automatismes puissants et n\u00e9cessairement aveugles de cette dynamique. Ainsi le r\u00f4le du consommateur n&rsquo;est plus consid\u00e9r\u00e9 comme un acte relevant de l&rsquo;humanit\u00e9, m\u00eame de la plus basse qui soit dans l&rsquo;ordre de l&rsquo;intelligence et de la spiritualit\u00e9, mais bien de l&rsquo;automatisme g\u00e9n\u00e9ral qui sert au d\u00e9veloppement du syst\u00e8me. Les consommateurs ne sont plus des humains pervertis qui consomment, mais des machines programm\u00e9es pour consommer et s&rsquo;habiller d&rsquo;atours divers, si possible de marques globalis\u00e9es, qui les font figurer \u00e9ventuellement comme <em>sapiens<\/em> de circonstance (cela leur permet notamment d&rsquo;avoir le droit de vote et de maintenir vivace et exaltante l&rsquo;id\u00e9e de la d\u00e9mocratie). Ce que les CEO reprochent aux consommateurs, ce n&rsquo;est donc pas de se comporter en humains qui faillissent \u00e0 leur mission, mais en machines d\u00e9traqu\u00e9es dont il faut attendre qu&rsquo;elles soient r\u00e9par\u00e9es, ce qui devrait prendre un nombre respectable d&rsquo;ann\u00e9es (disons que le Saint-Esprit, adjoint au syst\u00e8me de la mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e, devrait y pourvoir). Ces CEO eux-m\u00eames, loin d&rsquo;\u00eatre ces b\u00eates sauvages assoiff\u00e9es de profits capitalistes et du sang des pauvres salari\u00e9s mis sur le carreau, sont eux-m\u00eames partis int\u00e9grantes du syst\u00e8me et, comme tels, rel\u00e8vent beaucoup moins de l&rsquo;humanit\u00e9 que de l&rsquo;automatisme du m\u00eame syst\u00e8me. Il est inutile de s&rsquo;adresser \u00e0 leur bon sens commercial, sans parler de leur humanit\u00e9, car il n&rsquo;y a pas d&rsquo;abonn\u00e9 \u00e0 ces num\u00e9ros qui ne sont m\u00eame pas ceux d&rsquo;appareils portables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit du spectacle d&rsquo;une humanit\u00e9 totalement infect\u00e9e, par le biais d&rsquo;une psychologie \u00e9puis\u00e9e et incapable de r\u00e9sister aux termes simplistes d&rsquo;un syst\u00e8me dont la puissance d\u00e9vastatrice et d\u00e9structurante forme l&rsquo;essentiel de l&rsquo;argument, et effectivement cette humanit\u00e9 en train d&rsquo;\u00e9voluer au niveau d&rsquo;une communaut\u00e9-zombie. Plus aucune observation autre qu&rsquo;\u00e9conomique, et d&rsquo;une \u00e9conomie infest\u00e9e par la perversion qu&rsquo;on a vue, n&rsquo;est capable d&rsquo;atteindre leur capacit\u00e9 de r\u00e9flexion, gr\u00e2ce \u00e0 la garde vigilante de cette psychologie pervertie. Ce que disent les patrons US aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est la norme d\u00e9sormais intangible du syst\u00e8me. Nous ne sommes pas dans une crise classique, fut-elle la plus grave du monde (R\u00e9cession, D\u00e9pression, grande ou sp\u00e9ciale), nous sommes dans un monde bris\u00e9, dont plus aucune r\u00e9action de sauvegarde n&rsquo;est \u00e0 attendre ; les dirigeants, les entreprises, ont de l&rsquo;argent, mais il n&rsquo;est plus question de l&rsquo;investir dans le circuit d&rsquo;un \u00e9ventuel bien commun mais d&rsquo;attendre que se r\u00e9tablisse un circuit conforme aux normes du <em>diktat<\/em> du syst\u00e8me. (En attendant, l&rsquo;argent ira aux actionnaires, les super-riches qui le seront encore un peu plus, peut-\u00eatre bien super-super-riches.) Les liens du raisonnement commun, de la communaut\u00e9 d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, de la solidarit\u00e9 humaine \u00e9l\u00e9mentaire, sont totalement rompus. Il ne s&rsquo;agit ni d&rsquo;une crise \u00e9conomique, ni d&rsquo;une crise politique, mais de la crise ultime de la psychologie humaine. Jusqu&rsquo;alors, la psychologie fonctionnait comme un processus qui, au travers du lien \u00e9tabli entre l&rsquo;ext\u00e9rieur du monde et l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;\u00eatre, pouvait conduire \u00e0 certains confluences et proximit\u00e9s d&rsquo;attitudes, entre les gens vivant en communaut\u00e9s ; aujourd&rsquo;hui, au stade de perversion qu&rsquo;elle a atteint, elle joue le r\u00f4le exactement inverse. Nous parlions d&rsquo;autisme plus haut, mais il faudrait finalement admettre que m\u00eame cela est d\u00e9pass\u00e9, qu&rsquo;il serait pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;\u00eatre autiste que de disposer de la psychologie subversive \u00e0 laquelle le syst\u00e8me a r\u00e9duit ses serfs divers (dont les CEO, comme les autres, font \u00e9videmment partie).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais tout cela est in\u00e9luctable et, finalement, n\u00e9cessaire. Comme on le comprend bien, cette situation surr\u00e9aliste conduit \u00e0 des aggravations sans fin, faisant ainsi ressortir une v\u00e9rit\u00e9 au milieu des r\u00e9alit\u00e9s diverses qui nous sont offertes. Cette v\u00e9rit\u00e9, qui est celle d&rsquo;un syst\u00e8me qui s&rsquo;est transform\u00e9, d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">serpent persifleur<\/a> en un scorpion d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 aller jusqu&rsquo;au bout, est bien entendu que ce m\u00eame syst\u00e8me se trouve engag\u00e9 sur la voie tr\u00e8s rapide, une sorte de voie express si l&rsquo;on veut,  celle du suicide, suite et fin.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 21 ao\u00fbt 2010 \u00e0 14H15<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En quelques phrases, nous avons tout, qui ne d\u00e9pend nullement de quelque th\u00e8se \u00e9conomique et complexe mais de notre tr\u00e8s ch\u00e8re psychologie. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un article du Washington Post du 21 ao\u00fbt 2010, signal\u00e9e samedi matin, ce m\u00eame 21 ao\u00fbt 2010, en manchette, par Huffington.post. 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