{"id":72243,"date":"2010-09-04T13:55:34","date_gmt":"2010-09-04T13:55:34","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/04\/the-complot-of-the-mangeurs-de-grenouilles\/"},"modified":"2010-09-04T13:55:34","modified_gmt":"2010-09-04T13:55:34","slug":"the-complot-of-the-mangeurs-de-grenouilles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/04\/the-complot-of-the-mangeurs-de-grenouilles\/","title":{"rendered":"<em>The<\/em> complot <em>of the<\/em> mangeurs de grenouilles"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>The<\/em> complot <em>of the<\/em> mangeurs de grenouilles<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t4 septembre 2010  Depuis l&rsquo;extr\u00eame fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt et des vacances par cons\u00e9quent, Londres (bien plus que Paris) est agit\u00e9 par les r\u00e9v\u00e9lations en cascade sur le sort des deux porte-avions \u00e0 construire, joyaux restants mais non encore seulement d\u00e9finis d&rsquo;une Royal Navy bien d\u00e9catie. Les Fran\u00e7ais sont involontairement de la partie, dans les hypoth\u00e8ses qui volent. Divers textes ont aliment\u00e9 autant d&rsquo;hypoth\u00e8ses qu&rsquo;il y a de p\u00e9tales dans une rose. Il y a par exemple le texte du <em>Daily Telegraph<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.telegraph.co.uk\/finance\/newsbysector\/industry\/defence\/7970372\/Jump-jets-to-fall-victim-to-spending-cuts.html\" class=\"gen\">30 ao\u00fbt 2010<\/a> ; celui de <em>The Independent<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/uk\/home-news\/plan-to-share-aircraft-carriers-with-france-2066267.html\" class=\"gen\">31 ao\u00fbt 2010<\/a> ; celui de Bill Sweetman, le <a href=\"http:\/\/www.aviationweek.com\/aw\/blogs\/defense\/index.jsp?plckController=Blog&#038;plckBlogPage=BlogViewPost&#038;newspaperUserId=27ec4a53-dcc8-42d0-bd3a-01329aef79a7&#038;plckPostId=Blog%3a27ec4a53-dcc8-42d0-bd3a-01329aef79a7Post%3a2dab5032-bc47-4562-b7fd-eb502c4fbaf7&#038;plckScript=blogScript&#038;plckElementId=blogDest\" class=\"gen\">31 ao\u00fbt 2010<\/a> ; celui de Colin Clark (<em>DoDBuzz<\/em>), le <a href=\"http:\/\/www.dodbuzz.com\/2010\/08\/31\/uk-may-borrow-f-18s-for-carriers-f-35bs-may-be-scrapped\/\" class=\"gen\">31 ao\u00fbt 2010<\/a> ; celui de Jean-Dominique Merchet, de <em>Secret D\u00e9fense<\/em>, le <a href=\"http:\/\/secretdefense.blogs.liberation.fr\/defense\/2010\/08\/porte-avions-franco-britanniques-on-se-calme.html\" class=\"gen\">31 ao\u00fbt 2010<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAssez vite, la chose a tourn\u00e9 autour du grand op\u00e9ra franco-britannique, depuis plus d&rsquo;une d\u00e9cennie, qui est la question du partage, ou du m\u00e9lange, ou de la coop\u00e9ration, ou de l&rsquo;int\u00e9gration, des nouveaux porte-avions des deux pays, et plus ou moins de leurs marines respectives par cons\u00e9quent. Il semble que les deux ministres fran\u00e7ais et britannique de la d\u00e9fense aient mis fin \u00e0 ces sp\u00e9culations hier \u00e0 l&rsquo;issue d&rsquo;une rencontre \u00e0 Paris, mais d&rsquo;une mani\u00e8re pas vraiment tranchante, qui laisse ouvert le champ des sp\u00e9culations. (Ce sont surtout les propos des Britannique qu&rsquo;il faut retenir, par exemple tels que les rapporte <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/europe\/uk-vow-on-military-ties-with-france-2069627.html\" class=\"gen\">3 septembre 2010<\/a> : \u00ab<em>Ahead of the meeting Ministry of Defence officials played down reports that Britain and France could share the burden of keeping aircraft carriers at sea in a co-operation pact designed to maintain military power while cutting costs. With a root-and-branch Strategic Defence and Security Review set to be concluded later this year, a spokesman said: Speculation at this stage about its outcome is entirely unfounded.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuel texte retenir, finalement ? Nous opterions pour celui de l&rsquo;inalt\u00e9rable et roboratif Richard North, eurosceptique et atlantiste absolument enrag\u00e9 (et, depuis r\u00e9cemment, guerrier furieux contre les th\u00e8ses du <em>global warming<\/em>). Le <a href=\"http:\/\/eureferendum.blogspot.com\/2010\/09\/continuation-of-policy.html\" class=\"gen\">1er septembre 2010<\/a>, sur son site <em>EUReferendum<\/em>, North a fait un commentaire mi-sarcastique, mi-d\u00e9senchant\u00e9, mi-je vous l&rsquo;avais bien dit (un texte \u00e0 150%, si l&rsquo;on veut) \u00e0 propos de l&rsquo;affaire des porte-avions franco-britanniques, dont il rappelle l&rsquo;historique. Il termine comme ceci, qui rappelle qu&rsquo;il agita effectivement (d\u00e8s  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_porte-avions_franco-anglais_le_jsf_et_une_rafale_d_hypotheses__01_02_2006.html?admin=1\" class=\"gen\">f\u00e9vrier 2006<\/a>) l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un achat de <em>Rafale<\/em> fran\u00e7ais par les Britanniques :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But one thing they have right  it doesn&rsquo;t make sense to share one carrier. The only logical thing to do is share all three  two UK and one French &#8211; to make it a joint force, complete with the escort group. And that is what has already been agreed. It is just a matter of time before we see it in action. European Navy here we come.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Expect now, also, that the JSF is junked and we end up buying the French Rafale. I always said this might happen, such as back in May 2008. Once again nobody took any notice.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pourquoi citer North ? Parce que, dans le d\u00e9sordre de cette affaire, et compte tenu de l&rsquo;abondance de facteurs impond\u00e9rables, impr\u00e9visibles, etc., son hypoth\u00e8se est \u00e0 la fois la plus audacieuse et la plus logique. Cela est \u00e9crit si l&rsquo;on accepte l&rsquo;hypoth\u00e8se plus g\u00e9n\u00e9rale du d\u00e9bat \u00e0 propos duquel North intervient ; l&rsquo;hypoth\u00e8se que les deux pays impliqu\u00e9s veulent coop\u00e9rer dans ce domaine naval, ou bien, plus encore, <strong>seront<\/strong> conduits et oblig\u00e9s \u00e0 vouloir coop\u00e9rer d&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s intense, presque structurelle, dans ce domaine naval,  avec l&rsquo;accent mis sur le temps du futur employ\u00e9 (seront), cela impliquant que les conditions g\u00e9n\u00e9rales forceront \u00e0 la coop\u00e9ration et que la coop\u00e9ration prendra effectivement la forme qu&rsquo;on sugg\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, cette remarque conduit \u00e0 consid\u00e9rer toute cette agitation comme \u00e9tant pour l&rsquo;imm\u00e9diat sans fondement et sans effet direct d&rsquo;une part ; annonciatrice de possibles changements n\u00e9cessaires, urgents et radicaux d&rsquo;autre part On fait ici moins une pirouette paradoxale que l&rsquo;observation d&rsquo;une situation qui, comme dans bien d&rsquo;autres cas, conduit \u00e0 des impasses ou \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de choix radicaux, selon les circonstances, les opportunit\u00e9s et, \u00e9ventuellement puisqu&rsquo;il est question d&rsquo;hommes politiques, de r\u00e9solution politique impos\u00e9e \u00e0 ces hommes politiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour l&rsquo;instant, les Fran\u00e7ais et les Britanniques poursuivent un \u00e9trange ballet du type Je t&rsquo;aime, moi non plus, en cours d&rsquo;ailleurs depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, avec hauts et bas, exaltation et disparition du domaine selon les occurrences ; avec, depuis 2007 et l&rsquo;arriv\u00e9e de Sarkozy, depuis 2008 et la crise financi\u00e8re, depuis mai 2010 et l&rsquo;arriv\u00e9e de l&rsquo;\u00e9quipe Cameron-Clegg, une acc\u00e9l\u00e9ration \u00e0 la fois irr\u00e9sistible et contenue de la n\u00e9cessit\u00e9 de telles possibilit\u00e9s d&rsquo;entente, sans que rien ne soit assur\u00e9 pour autant. Les circonstances, on le comprend bien, sont extr\u00eamement pressantes et oppressantes, et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela la raison, la bonne vieille raison qui n&rsquo;a de cesse de prot\u00e9ger sa logique contre vents et mar\u00e9es, oppose les arguments habituels et mille fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9s,  et d&rsquo;ailleurs toujours valables,  mais pour combien de temps? <em>That is the question<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDivers commentateurs (voir Colin Clark, de <em>DoDBuzz<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.dodbuzz.com\/2010\/09\/03\/the-english-channel-air-force\/\" class=\"gen\">3 septembre 2010<\/a>) envisagent des coop\u00e9rations parcellaires, encore assez modestes, d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 sur la voie d&rsquo;\u00eatre lanc\u00e9es, entre Fran\u00e7ais et Britanniques. Si c&rsquo;est le cas, on consid\u00e9rera ces projets soit comme un galop d&rsquo;essai avant d&rsquo;autres prolongements, soit comme une voie de garage compensatoire et assez pi\u00e8tre, assez am\u00e8re pour les partisans d&rsquo;une coop\u00e9ration militaire franco-britannique avec une dimension politique, et qui dans tous les cas ne r\u00e9sout rien des probl\u00e8mes fondamentaux. On verra. (On verra ce qu&rsquo;en diront les \u00e9v\u00e9nements \u00e0 venir.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe toutes les fa\u00e7ons, nous nous gardons bien de faire la moindre pr\u00e9vision, ni m\u00eame de pronostic sur le d\u00e9roulement de cette affaire, encore moins quant \u00e0 son issue. Nous observons simplement que si une telle affaire d&rsquo;une v\u00e9ritable coop\u00e9ration navale franco-britannique \u00e9tait lanc\u00e9e, <strong>sous la pression<\/strong> des \u00e9v\u00e9nements bien plus que par volont\u00e9 politique constructive, elle <strong>devrait<\/strong> imp\u00e9rativement \u00e9voluer vers une certaine forme d&rsquo;int\u00e9gration. Dans ce cas pr\u00e9cis et dont on mesure la port\u00e9e, l&rsquo;hypoth\u00e8se de Richard North est la plus plausible, plut\u00f4t que les rocambolesques hypoth\u00e8ses \u00e9voqu\u00e9es dans la presse britannique les derniers jours,  m\u00e9langeant des vaticinations autour du JSF (F-35B ou F-35C), du Boeing F-18E\/F (jusqu&rsquo;\u00e0 une location ou un pr\u00eat du Marine Corps US), avec d&rsquo;autres sur tel ou tel porte-avions qui aurait une sorte de pavillon cousu en double, tricolore et <em>Union Jack<\/em> \u00e0 la fois<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais encore une fois, mettons l&rsquo;accent sur les r\u00e9serves, les si, la pression des \u00e9v\u00e9nements, etc. Nous avons non pas des hypoth\u00e8ses diff\u00e9rentes pour une m\u00eame situation dans ces d\u00e9bats, mais l&rsquo;hypoth\u00e8se de deux situations compl\u00e8tement diff\u00e9rentes, et alors les hypoth\u00e8ses secondaires qui vont avec chacune d&rsquo;elles.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, l&rsquo;hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale implicite d&rsquo;une situation o\u00f9 rien ne change vraiment, et l&rsquo;on retrouve du c\u00f4t\u00e9 britannique toutes les hypoth\u00e8ses que nous jugeons plut\u00f4t rocambolesques. Des achats, des locations, des changements de version, de tel ou tel avion,  n&rsquo;importe lequel, pourvu qu&rsquo;il soit US Une coop\u00e9ration avec les Fran\u00e7ais, avec des pouss\u00e9es d&rsquo;audace compl\u00e8tement irr\u00e9alistes, puis le retour \u00e0 l&rsquo;observation que rien n&rsquo;est fait, qu&rsquo;on verra, qu&rsquo;il faut attendre bien entendu la <em>Strategic Defence and Security Review<\/em> non encore tout \u00e0 fait boucl\u00e9e, peut-\u00eatre avant une autre <em>Review<\/em>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation confuse, insaisissable, une sorte de bouillie pour les chats qui ne r\u00e8gle rien et dont les chats en question ne voudraient m\u00eame pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;autre part, l&rsquo;hypoth\u00e8se g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;une occurrence o\u00f9, \u00e0 cause des \u00e9v\u00e9nements, des circonstances devenues intenables, la situation doit changer compl\u00e8tement. Du point de vue britannique, cela signifie une coop\u00e9ration maximale avec les Fran\u00e7ais. (Il n&rsquo;y a pas d&rsquo;autre option puisque l&rsquo;autre terme de l&rsquo;alternative c&rsquo;est une coop\u00e9ration maximale avec les USA, et les Britanniques y sont jusqu&rsquo;au cou, particuli\u00e8rement depuis 2001, et l&rsquo;on voit ce que cela donne alors que les USA, aujourd&rsquo;hui, sont dans une situation d&rsquo;une gravit\u00e9 moins connue publiquement,  <em>American Dream<\/em> oblige,  mais infiniment plus grande que celle des Fran\u00e7ais et des Britanniques r\u00e9unis. La cause en est le rapport <strong>imp\u00e9ratif<\/strong> responsabilit\u00e9s\/engagements-moyens disponibles qui domine la philosophie des forces arm\u00e9es US, avec la priorit\u00e9 absolue donn\u00e9e au premier terme du rapport. Le jour o\u00f9 les analystes voudront bien mesurer le d\u00e9sastre qui touche la puissance US,  au d\u00e9triment de leur <em>American Dream<\/em>, c&rsquo;est bien dommage,  il pourront effectivement \u00e0 nouveau arguer de l&rsquo;incontestable sup\u00e9riorit\u00e9 US, cette fois dans le sens de l&rsquo;effondrement relatif des puissances respectives.) C&rsquo;est effectivement dans cette situation prospective que l&rsquo;hypoth\u00e8se de North est la plus acceptable, y compris bien entendu l&rsquo;achat de <em>Rafale<\/em> par les Britanniques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn observe enfin que toutes ces agitations sont du c\u00f4t\u00e9 britannique, pas du c\u00f4t\u00e9 fran\u00e7ais. Cela ne signifie pas que les Fran\u00e7ais soient dans une situation brillante ; cela signifie que les Fran\u00e7ais sont dans situation de quasi compl\u00e8te ind\u00e9pendance tandis que les Britanniques ne le sont pas. Cela n&rsquo;est pas gr\u00e2ce \u00e0 la hauteur d&rsquo;esprit de l&rsquo;actuel pouvoir (Sarkozy) mais on peut \u00eatre s\u00fbr que ce pouvoir en profiterait, et qu&rsquo;il ferait \u00e0 l&rsquo;occasion l&rsquo;\u00e9loge de cette ind\u00e9pendance de moyens bien entendu, surtout \u00e0 l&rsquo;approche des \u00e9lections. (Notons que si l&rsquo;actuelle politique sarkozyste \u00e9tait celle de la France depuis 50 ans, les Fran\u00e7ais seraient dans le m\u00eame imbroglio que les Britanniques.) Les Britanniques ont leurs probl\u00e8mes int\u00e9rieurs, comme les Fran\u00e7ais, mais ces probl\u00e8mes int\u00e9rieurs britanniques sont affreusement compliqu\u00e9s des liens de d\u00e9pendance qu&rsquo;ils ont avec les USA, de leur incapacit\u00e9 de produire certains syst\u00e8mes majeurs (des avions embarqu\u00e9s d&rsquo;attaque de grande puissance, notamment), de l&rsquo;abdication de leur ind\u00e9pendance nationale alors qu&rsquo;ils proclament tout haut \u00e0 propos des porte-avions qu&rsquo;il faut \u00e0 tout prix sauver les moyens de leur ind\u00e9pendance nationale. Le fait de s&rsquo;\u00eatre embarqu\u00e9 dans l&rsquo;aventure JSF en dit long sur leur appr\u00e9ciation d&rsquo;une logique toute schizophr\u00e9nique de cette n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;ind\u00e9pendance nationale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn d&rsquo;autres termes, si cette hypoth\u00e8se d&rsquo;une coop\u00e9ration profonde franco-britannique est \u00e9voqu\u00e9e jusque dans ses cons\u00e9quences extr\u00eames, ce sont les Fran\u00e7ais qui sont in\u00e9luctablement gagnants. Le mod\u00e8le qui \u00e9mergera sera <strong>n\u00e9cessairement<\/strong> celui d&rsquo;une ind\u00e9pendance des moyens, donc des strat\u00e9gies et des missions, et cela seul le mod\u00e8le fran\u00e7ais peut les fournir, et les Britanniques devront \u00e0 la fois s&rsquo;y conformer et s&rsquo;aligner dessus. La proximit\u00e9 des deux pays, g\u00e9ographique, dimensionnelle, culturelle malgr\u00e9 tout, rend cette issue in\u00e9vitable en cas de coop\u00e9ration renforc\u00e9e puisque seuls les Fran\u00e7ais ont la formule de l&rsquo;ind\u00e9pendance, et parce qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une ind\u00e9pendance relative qui ne se con\u00e7oit et ne se d\u00e9finit que par rapport au monstre pr\u00e9dateur de l&rsquo;ind\u00e9pendance des autres,  <em>dito<\/em>, le syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. (La position d&rsquo;ind\u00e9pendance de la France ne signifie nullement un enfermement fran\u00e7ais, ou toute autre situation d&rsquo;autarcie agressive du genre, mais l&rsquo;absence de liens de vassalit\u00e9 des USA du point de vue des instruments de s\u00e9curit\u00e9. Cela signifie que les Fran\u00e7ais peuvent \u00e9largir leur mod\u00e8le \u00e0 d&rsquo;autres, dans ce cas les Britanniques, sans perdre ces moyens de l&rsquo;ind\u00e9pendance et, surtout, l&rsquo;esprit qui est li\u00e9 \u00e0 ces moyens.)<\/p>\n<h3>Une \u00e9poque bien diff\u00e9rente<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0-dessus, inutile d&rsquo;entamer, \u00e0 propos de cette seconde hypoth\u00e8se d&rsquo;une coop\u00e9ration renforc\u00e9e \u00e0 terme, un chant de victoire annon\u00e7ant une aube radieuse pour un axe europ\u00e9en franco-britannique. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une hypoth\u00e8se offensive, constructive, politique mais, si elle se v\u00e9rifie jamais, d&rsquo;une hypoth\u00e8se <strong>forc\u00e9e<\/strong> par les circonstance. Elle n&rsquo;aura aucune signification politique au sens o\u00f9 nous nous pr\u00e9cipitons pour l&rsquo;entendre, mais au sens o\u00f9 les \u00e9v\u00e8nements vont nous contraindre d\u00e9sormais \u00e0 l&rsquo;accepter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette perspective, telle que nous en voyons la possibilit\u00e9, fait \u00e0 notre sens partie de la nouvelle organisation des relations internationales, notamment avec cet avancement caract\u00e9ristique de ce que nous nommons paradoxalement le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_desordre_continue_a_s_organiser_03_09_2010.html\" class=\"gen\">d\u00e9sordre organis\u00e9<\/a>. Nous entendons par l\u00e0 que si l&rsquo;hypoth\u00e8se envisag\u00e9e se d\u00e9veloppe, ce sera sous la pression de plusieurs facteurs qui seront assez \u00e9loign\u00e9s des facteurs politiques et strat\u00e9giques qui sembleraient d\u00e9terminer un grand projet de coop\u00e9ration militaire comme celui qui justifie l&rsquo;hypoth\u00e8se anglo-fran\u00e7aise. Ces facteurs seraient assez puissants pour briser des pens\u00e9es totalement ossifi\u00e9es dans des situations et des relations surann\u00e9es qui subsistent, comme des cha\u00eenes rouill\u00e9es dont on ne peut se d\u00e9barrasser, qui est d&rsquo;une part le lien privil\u00e9gi\u00e9, en r\u00e9alit\u00e9 lien de compl\u00e8te all\u00e9geance britannique aux USA ; qui est, d&rsquo;autre part, la profonde m\u00e9fiance fran\u00e7aise, justifi\u00e9e \u00e9videmment par la situation qui survit encore mais ne cesse de s&rsquo;\u00e9tioler des liens avec les USA, vis-\u00e0-vis des Britanniques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuels pourraient \u00eatre ces facteurs nouveaux ? L&rsquo;un est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;uvre, avec la confusion et le d\u00e9sordre du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, pour ne pas dire son effondrement, qui produit les effets paradoxaux d&rsquo;une r\u00e9duction de la puissance dynamique de ce syst\u00e8me, et de son repli sur des myriades de probl\u00e8mes int\u00e9rieurs, des probl\u00e8mes structurels gravissimes accompagn\u00e9s et parfois absurdement supplant\u00e9s par des pol\u00e9miques irrationnelles, tout cela entretenant un d\u00e9sordre qui suscite une sorte d&rsquo;isolationnisme psychologique US qui rel\u00e8verait plut\u00f4t de l&rsquo;autisme. (Les experts asserment\u00e9s voudront-ils bien avoir un jour l&rsquo;obligeance et la souplesse de jugement d&rsquo;appr\u00e9cier l&rsquo;extraordinaire de la situation d&rsquo;un amiral Mullen allant <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_militaires_us_coinces_entre_la_dette_et_le_systeme_30_08_2010.html\" class=\"gen\">mendier<\/a> aupr\u00e8s de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement US qu&rsquo;elle engage des v\u00e9t\u00e9rans pour soulager le Pentagone de leur entretien ?) Mais d&rsquo;autres facteurs devraient intervenir, qui sont, eux, compl\u00e8tement \u00e9trangers \u00e0 la seule probl\u00e9matique strat\u00e9gique et militaire, et \u00e0 la probl\u00e9matique des rapports avec les USA. Bien entendu, il y a les pressions budg\u00e9taires int\u00e9rieures consid\u00e9rables, qui poussent \u00e0 la rationalisation des moyens ; c&rsquo;est un argument classique, mais qui prend toute son acuit\u00e9, sans aucun doute, dans les situations de tension financi\u00e8res, \u00e9conomiques et sociales que nous connaissons, qui sont sans pr\u00e9c\u00e9dent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a \u00e9galement les interf\u00e9rences des crises eschatologiques auxquelles nous devons nous int\u00e9resser de plus en plus, qui poussent au regroupement des moyens, y compris militaires, dans des buts qui sont souvent tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9s des ensembles et des lignes de force strat\u00e9giques, qui ne sont pas pour autant cr\u00e9ateurs de nouvelles lignes strat\u00e9giques proprement dites, qu&rsquo;on identifierait pour cela, dans un sens beaucoup plus large, comme des buts structurants. De ce point de vue, nous pensons que les moyens d&rsquo;actions militaires et civils des pays proches vont de plus en plus avoir tendance \u00e0 se rapprocher, tandis que les missions vont se diversifier et s&rsquo;\u00e9largir \u00e0 mesure hors des domaines classiques, notamment pour les militaires. D&rsquo;un certain point de vue, l&rsquo;hypoth\u00e8se explor\u00e9e ici, pourrait se rapprocher d&rsquo;une proposition purement civile faite par la France de constituer une force d&rsquo;action a\u00e9rienne de bombardiers d&rsquo;eau \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle europ\u00e9enne d&rsquo;intervention contre les incendies. C&rsquo;est dans ce cadre g\u00e9n\u00e9ral, bien plus r\u00e9gl\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements que par les politiques \u00e9labor\u00e9es des partenaires qu&rsquo;il faut envisager les d\u00e9veloppements des coop\u00e9rations, y compris militaires. On comprend bien entendu que, dans ce cadre o\u00f9 les r\u00e9flexes politiques habituels deviennent compl\u00e8tement obsol\u00e8tes, o\u00f9 les pens\u00e9es g\u00e9n\u00e9rales doivent affronter des r\u00e9volutions coperniciennes, il est \u00e9vident qu&rsquo;un projet de coop\u00e9ration franco-anglais au niveau des porte-avions prendrait \u00e9videmment un certain degr\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration et passerait, tout aussi \u00e9videmment, par la standardisation de l&rsquo;\u00e9quipement a\u00e9ronaval avec l&rsquo;avion fran\u00e7ais <em>Rafale<\/em>. A cet \u00e9gard, le farouche Richard North, aussi anti-europ\u00e9en qu&rsquo;il est anti-fran\u00e7ais, a raison avec la conclusion qu&rsquo;il arrache \u00e0 sa propre logique, malgr\u00e9 toute l&rsquo;amertume qu&rsquo;il \u00e9prouve. (Et nous dirions que le tintamarre et les hypoth\u00e8ses abracadabrantes qui, \u00e0 Londres, ont accompagn\u00e9 les rumeurs au niveau des porte-avions, jusqu&rsquo;\u00e0 la location d&rsquo;avions F-18 au Marine Corps ou l&rsquo;U.S. Navy alors que ces deux services n&rsquo;ont plus assez d&rsquo;avions pour leurs propres structures, sont le signe de cette sorte de malaise qui marque que les interdits les plus fermes, les tabous les plus intangibles, deviennent extr\u00eamement vuln\u00e9rables et fragiles,  et Dieu sait que le non-achat, voire la non-existence du <em>Rafale<\/em> pour d&rsquo;importantes portions de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, est un de ces tabous et de ces interdits de l&rsquo;\u00e9poque ossifi\u00e9e dont nous parlons.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre sentiment est que, dans cette \u00e9poque absolument nouvelle o\u00f9 nous entrons, o\u00f9 les relations ne sont plus d\u00e9termin\u00e9es par des choix g\u00e9opolitiques classiques, par des visions conservatrices, par des pressions traditionnelles d&rsquo;influences, mais par des \u00e9v\u00e9nements ext\u00e9rieurs, incontr\u00f4lables, urgents, tr\u00e8s complexes \u00e0 identifier, le plus souvent eschatologiques, les habituels interdits politiques et de communication vont \u00eatre soumis \u00e0 rude \u00e9preuve jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre balay\u00e9s dans certaines circonstances urgentes. Dans le m\u00eame sens, les d\u00e9cisions surprenantes qui pourraient \u00eatre prises ne devraient pas \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es selon les logiques d&rsquo;\u00e9poques d\u00e9pass\u00e9es. Ainsi serait-il aventureux et contestable d&rsquo;appr\u00e9cier une \u00e9ventuelle d\u00e9cision britannique dans les ann\u00e9es qui viennent d&rsquo;achat d&rsquo;avions fran\u00e7ais <em>Rafale<\/em> dans leur version embarqu\u00e9e,  pour le cas qui nous occupe,  comme un renversement correspondant \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque des situations occidentales traditionnelles, avec par exemple le mod\u00e8le fran\u00e7ais eurocentriste concurrent du mod\u00e8le transatlantique. Tout cela n&rsquo;a plus de rapport avec l&rsquo;\u00e9poque nouvelle dans laquelle nous entrons \u00e0 tr\u00e8s grande vitesse.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>The complot of the mangeurs de grenouilles 4 septembre 2010 Depuis l&rsquo;extr\u00eame fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt et des vacances par cons\u00e9quent, Londres (bien plus que Paris) est agit\u00e9 par les r\u00e9v\u00e9lations en cascade sur le sort des deux porte-avions \u00e0 construire, joyaux restants mais non encore seulement d\u00e9finis d&rsquo;une Royal Navy bien d\u00e9catie. 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