{"id":72268,"date":"2010-09-10T14:53:55","date_gmt":"2010-09-10T14:53:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/10\/notes-sur-la-source-de-tous-les-maux-ddecrisis\/"},"modified":"2010-09-10T14:53:55","modified_gmt":"2010-09-10T14:53:55","slug":"notes-sur-la-source-de-tous-les-maux-ddecrisis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/10\/notes-sur-la-source-de-tous-les-maux-ddecrisis\/","title":{"rendered":"Notes sur \u201cla source de tous les maux\u201d (<em>dde.crisis<\/em>)"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:2em\">Notes sur \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb (<em>dde.crisis<\/em>)<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Apr\u00e8s la publication de notre num\u00e9ro du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_10_juillet_2010.html\">10 juillet 2010<\/a> de <em>dde.crisis<\/em>, que nous avions pr\u00e9sent\u00e9 dans cette rubrique le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\">18 juillet 2010<\/a>, un lecteur (\u00ab\u00a0<em>Disciple \u00e9gar\u00e9<\/em>\u00ab\u00a0) nous interrogeait dans le <em>Forum<\/em> de ce m\u00eame texte, \u00e0 la date du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\">21 juillet 2010<\/a>. Il remarquait notamment ceci :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Mais je reste sur ma faim quand \u00e0 l&rsquo;impossibilit\u00e9 pour l&rsquo;auteur de faire le lien avec la foi. &Ccedil;a ne l&rsquo;int\u00e9resse pas, dit-il&#8230; Son intuition devrait lui souffler que devant le vide vertigineux qu&rsquo;il d\u00e9crit, il n&rsquo;y a que la Foi \u00ab\u00a0sur-rationnelle\u00a0\u00bb, cette religion dans le sens de relier, dans ce qu&rsquo;elle a de trinitaire et donc de relationnelle, qui offre un espoir de salut.<\/em> [&#8230;] <em>Mais on reste perplexe devant la conclusion: prise en compte loyale, ouverte, humble m\u00eame, est-il \u00e9crit, de facteurs nouveaux essentiels? Lesquels, puisque dans la foul\u00e9e il est question de sagesse antique&#8230;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour ce num\u00e9ro du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_10_septembre_2010.html\">10 septembre 2010<\/a>, premier num\u00e9ro de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e de <em>dde.crisis<\/em>, nous avons choisi cette citation et ces remarques comme ouverture de notre r\u00e9flexion, qui poursuit \u00e9videmment celle du 10 juillet 2010 sur \u00ab\u00a0la crise de la raison humaine\u00a0\u00bb. Nous observons la justesse des remarques de ce lecteur et, pourtant, notre persistance dans le sens de la r\u00e9flexion, notamment notre persistance dans l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;essentiel est de s&rsquo;attacher \u00e0 la d\u00e9finition et \u00e0 l&rsquo;identification des fondements de la crise de notre civilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Celle-ci, la \u00ab\u00a0crise de la civilisation\u00a0\u00bb en g\u00e9n\u00e9ral, est une crise dont nombre de caract\u00e8res, si pas tous les caract\u00e8res sont fondamentaux, \u00e0 ce point qu&rsquo;ils nous paraissent \u00eatre d&rsquo;une certaine fa\u00e7on \u00ab\u00a0ultimes\u00a0\u00bb, &ndash; si bien que l&rsquo;on pourrait parler d&rsquo;une \u00ab\u00a0crise ultime\u00a0\u00bb et, d&rsquo;un point de vue presque objectif, d\u00e9barrass\u00e9 de l&rsquo;urgence de l&rsquo;instinct de survie, &ndash; d&rsquo;une \u00ab\u00a0crise sublime\u00a0\u00bb en ceci qu&rsquo;elle rassemble tous les myst\u00e8res de l&rsquo;humanit\u00e9 et de l&rsquo;esp\u00e8ce. Il nous semblait int\u00e9ressant, de ce fait, de tenter d&rsquo;en approcher le point central de fusion plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e9voquer les possibilit\u00e9s de sauvegarde (certains diraient \u00ab\u00a0r\u00e9demption\u00a0\u00bb), parce que ce \u00ab\u00a0point central\u00a0\u00bb rassemble ce qu&rsquo;il y a \u00e0 la fois de plus profond et de plus r\u00e9el dans notre crise d&rsquo;une part ; parce que son \u00e9vocation sugg\u00e9rera \u00e9videmment, sinon imposera, par logique antinomique, les \u00ab\u00a0possibilit\u00e9s de sauvegarde\u00a0\u00bb d&rsquo;autre part, comme le mal suscite le bien par n\u00e9cessit\u00e9 antinomique, &ndash; ce qui est exactement le cas, finalement. La conjonction de la profondeur et de la r\u00e9alit\u00e9 de la crise rapproche de la v\u00e9rit\u00e9 de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">L&rsquo;aveuglante manifestation du mal<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;En d&rsquo;autres mots et \u00e0 la lumi\u00e8re de ce caract\u00e8re total de la crise, nous nous attachons \u00e0 d\u00e9terminer et \u00e0 identifier ce qu&rsquo;on nomme \u00ab\u00a0le mal\u00a0\u00bb, ce qui est \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb dans cet \u00e9pisode historique fondamental. Nous le faisons en \u00e9cartant soigneusement toute dimension morale, parce que la dialectique de la morale, devenue un outil de fonctionnement du pouvoir comme outil du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb &laquo;<em>est devenu le pi\u00e8ge dialectique quasiment achev\u00e9 de notre civilisation aux abois<\/em>&raquo;.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;autre part, ce qui nous invite \u00e0 proc\u00e9der de la sorte est le constat que nous avan\u00e7ons sans la moindre h\u00e9sitation que la manifestation fondamentale de cette civilisation arriv\u00e9e au point o&ugrave; elle se trouve, se fait sous la forme d&rsquo;un \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb extr\u00eamement \u00e9labor\u00e9 et complexe, dont nous parlons souvent et qui est le principal objet de notre \u00e9tude. Ce \u00ab\u00a0syst\u00e8me\u00a0\u00bb a l&rsquo;unicit\u00e9, la puissance, l&rsquo;universalit\u00e9 qui en font la source de toutes choses dans le chef d&rsquo;une civilisation dont on peut dire qu&rsquo;elle est une \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb ; par cons\u00e9quent, il rassemble en lui tous les caract\u00e8res imaginables et concevables aujourd&rsquo;hui de ce qui serait \u00ab\u00a0le mal\u00a0\u00bb, \u00e0 un degr\u00e9 tel qu&rsquo;\u00e0 cause de cela on peut parler d&rsquo;une \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb pour d\u00e9finir l&rsquo;\u00e9tat de notre civilisation ; cette situation \u00e0 ce point, enfin, que notre syst\u00e8me &laquo;<em>a quelque chose d&rsquo;absolu qui justifie qu&rsquo;on le d\u00e9signe comme \u00ab\u00a0le mal\u00a0\u00bb<\/em>&raquo;. Cela est pour nous une v\u00e9rit\u00e9 \u00e9vidente, plus lumineuse qu&rsquo;aveuglante.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;o&ugrave; notre observation intuitive qui guide notre recherche et nous engage dans le constat que l&rsquo;\u00e9tude du mal est une m\u00e9thodologie fondamentale et extr\u00eamement f\u00e9conde pour tout le reste, puisqu&rsquo;ainsi cela revient \u00e0 \u00e9tudier la marche du monde dans son entier, dans cette p\u00e9riode pr\u00e9cis\u00e9ment o&ugrave; nous sommes entr\u00e9s. Et l&rsquo;on observe aussit\u00f4t combien cette manifestation du \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb se fait sous la forme de la \u00ab\u00a0d\u00e9structuration\u00a0\u00bb, ce qui a l&rsquo;avantage de conserver cette r\u00e9flexion th\u00e9orique dans la plus extr\u00eame r\u00e9alit\u00e9 de notre crise (&laquo;<em>L&rsquo;int\u00e9gration de la notion de \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb dans la notion de \u00ab\u00a0d\u00e9structuration\u00a0\u00bb a l&rsquo;avantage de permettre l&rsquo;int\u00e9gration de la crise centrale de la civilisation dans notre monde.<\/em>&raquo;). L\u00e0 encore, la conjonction de la r\u00e9flexion th\u00e9orique et de \u00ab\u00a0la plus extr\u00eame r\u00e9alit\u00e9 de notre crise\u00a0\u00bb nous rapproche de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Reconna&icirc;tre le mal<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;importance et la n\u00e9cessit\u00e9 de la reconnaissance des manifestations du mal nous paraissent \u00e9videntes, pour comprendre les fondements et les caract\u00e8res de la crise de notre \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb. Ces manifestations sont tr\u00e8s nombreuses et extr\u00eamement dissimul\u00e9es, dans une d\u00e9marche de constante mystification assez naturelle \u00e0 l&rsquo;esprit de la chose. (Le terme \u00ab\u00a0persiflage\u00a0\u00bb, dont nous faisons <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sommes-nous_en_1789__14_07_2010.html\">grand cas<\/a>, notamment pour notre appr\u00e9ciation du Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, a effectivement comme l&rsquo;un de ses nombreux sens : \u00ab\u00a0mystification\u00a0\u00bb.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Notre d\u00e9marche nous conduit \u00e0 identifier <strong>la mati\u00e8re<\/strong> comme la constitution et la dynamique fondamentales du syst\u00e8me, donc la cause fondamentale du mal. Cela s&rsquo;inscrit dans les conceptions d\u00e9velopp\u00e9es dans <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/section-la_grace_de_l_histoire.html\">le livre<\/a> <em>La gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>, sur ce syst\u00e8me qui s&rsquo;est form\u00e9 \u00e0 la jointure des XVIII\u00e8me et XIX\u00e8me si\u00e8cle et qui est marqu\u00e9 par le \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb (syst\u00e8me du technologisme). (Bien \u00e9videmment, le terme \u00ab\u00a0mati\u00e8re\u00a0\u00bb n\u00e9cessite lui-m\u00eame un tr\u00e8s grand effort de d\u00e9finition, auquel nous sacrifierons plus tard. Nous le choisissons ici comme une \u00e9vidence pour nous, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 nos diverses conceptions li\u00e9es aux r\u00e9alit\u00e9s de notre crise et de notre Histoire.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Sur la pr\u00e9cieuse recommandation d&rsquo;un autre de nos lecteurs, commentant notre conception g\u00e9n\u00e9rale et nous signalant une tr\u00e8s grande proximit\u00e9 intuitive, nous faisons r\u00e9f\u00e9rence au philosophe Plotin, cr\u00e9ateur de l&rsquo;\u00e9cole du n\u00e9oplatonisme. Plotin d\u00e9finit ainsi le mal, qu&rsquo;il identifie \u00e0 la mati\u00e8re comme \u00ab\u00a0source de tous les maux\u00a0\u00bb, dans son Trait\u00e9 51 des <em>Enneades<\/em>, &ndash; o&ugrave; l&rsquo;on voit la pr\u00e9sence constante de la notion de d\u00e9structuration :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Car on pourrait d\u00e8s lors arriver \u00e0 une notion du mal comme ce qui est non-mesure par rapport \u00e0 la mesure, sans limite par rapport \u00e0 la limite, absence de forme par rapport \u00e0 ce qui produit la forme et d\u00e9ficience permanente par rapport \u00e0 ce qui est suffisant en soi, toujours ind\u00e9termin\u00e9, stable en aucun fa\u00e7on, affect\u00e9 de toutes mani\u00e8res, insatiable, indigence totale. Et ces choses ne sont pas des accidents qui lui adviennent, mais elles constituent son essence en quelque sorte, et quelle que soit la partie de lui que tu pourrais voir, il est toutes ces choses. Mais les autres, ceux qui participeraient de lui et s&rsquo;y assimileraient, deviennent mauvais, n&rsquo;\u00e9tant pas mauvais en soi.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La mystification du mal : la \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Il nous faut explorer l&rsquo;extraordinaire complexit\u00e9 des manifestations du mal (par contraste saisissant avec l&rsquo;\u00e9vidente simplicit\u00e9 de substance de la source du mal qu&rsquo;est le syst\u00e8me de \u00ab\u00a0la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb), \u00e9carter ses ruses et ses trompe l&rsquo;&oelig;il, en un mot mettre \u00e0 jour sa mystification, en conduisant une constante analyse critique des \u00e9v\u00e9nements de notre temps historique. Cette enqu\u00eate permanente est n\u00e9cessaire pour mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment l&rsquo;ampleur de la crise qui nous presse, et la profondeur du mal qui nous affecte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Nous observons que cette mystification se trouve essentiellement synth\u00e9tis\u00e9e dans ceci que la mati\u00e8re, qui est substance (informe) par d\u00e9finition, appara&icirc;t comme \u00ab\u00a0l&rsquo;essence du mal\u00a0\u00bb (&laquo;<em>son essence en quelque sorte<\/em>&raquo;) et pr\u00e9tend effectivement usurper cette fonction d&rsquo;essence&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>On peut concevoir que le \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb usurpe la notion d&rsquo;essence et monte une mystification qui fait prendre la substance pour l&rsquo;essence<\/em> [&hellip;] <em>Le mouvement de d\u00e9structuration montre sa logique perverse: il est la marche vers une soi-disant essence qui n&rsquo;est qu&rsquo;une substance informe, il veut se faire passer pour une \u00e9volution vers le bien alors qu&rsquo;il est l&rsquo;exact contraire. C&rsquo;est le pi\u00e8ge diabolique o&ugrave; se d\u00e9bat notre \u00ab\u00a0deuxi\u00e8me civilisation occidentale\u00a0\u00bb, qui m\u00e9rite alors absolument d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0contre-civilisation\u00a0\u00bb puisqu&rsquo;elle est ainsi l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la civilisation, comme son \u00e9volution est elle-m\u00eame l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la marche vers le bien.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La lutte contre ce pi\u00e8ge de la mystification du mal, qui implique un abaissement syst\u00e9mique de l&rsquo;esprit en utilisant une dialectique faussaire pour caract\u00e9riser les \u00e9v\u00e9nements, peut se faire notamment en haussant le langage de l&rsquo;analyse des \u00e9v\u00e9nements. L&rsquo;exemple des philosophes anciens, tel Plotin, qui incluent naturellement dans leurs observations la notion fondamentale et supr\u00eamement haute de sacr\u00e9 sans la soumettre \u00e0 un d\u00e9bat destructeur parce que d\u00e9structurant, doit \u00eatre m\u00e9dit\u00e9 : une telle approche ouvre l&rsquo;esprit en le haussant et permet de proposer des explications tr\u00e8s riches pour les \u00e9v\u00e9nements qui se produisent.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">Un moment exceptionnel du mal<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;Ces \u00e9v\u00e9nements, qui nous montrent une dictature absolue du syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire du \u00ab\u00a0d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re\u00a0\u00bb, nous montrent comme &laquo;<em>une sorte d&rsquo;accomplissement, d&rsquo;ach\u00e8vement, d&rsquo;agression sans retour<\/em>&raquo;&hellip; Par cons\u00e9quent, &laquo;[s]<em> i le syst\u00e8me est ce d\u00e9cha&icirc;nement de la mati\u00e8re, et si la mati\u00e8re est le mal, alors les \u00e9v\u00e9nements sont en train de nous exposer tout ce que le mal peut donner. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un moment exceptionnel, essentiellement pour cette raison.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>La reconnaissance de cette situation, \u00e0 laquelle nous conduit notre enqu\u00eate constante pour d\u00e9couvrir toutes les manifestations du mal, nous conduit \u00e9galement, pour trouver une appr\u00e9ciation \u00e0 mesure, \u00e0 rechercher une appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique de l&rsquo;agression du syst\u00e8me et de la crise du syst\u00e8me (son effondrement) qui l&rsquo;accompagne. Cette appr\u00e9ciation m\u00e9taphysique est \u00e9videmment facilit\u00e9e par l&rsquo;ouverture du langage au sacr\u00e9, comme signal\u00e9 plus haut. De cette fa\u00e7on, nous sommes conduits n\u00e9cessairement \u00e0 rechercher des voies de r\u00e9sistance et de sauvegarde sans nous ab&icirc;mer dans les querelles de chapelles sur les engagements moraux, religieux et politiques, qui sont l&rsquo;un des moyens favoris du syst\u00e8me pour museler et dissoudre toute opposition et toute r\u00e9sistance.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">M\u00e9taphysique de Donald Rumsfeld<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;identification de la mati\u00e8re comme mal et \u00ab\u00a0source de tous les maux\u00a0\u00bb, sa \u00ab\u00a0puissance d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb, font en fait une obligation de s&rsquo;appuyer sur la m\u00e9taphysique pour lutter contre l&rsquo;agression, et la m\u00e9taphysique confront\u00e9e \u00e0 la quotidiennet\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements et des comportements. Un exemple \u00e9v\u00e9nementiel exceptionnel nous permet d&rsquo;exposer ce qu&rsquo;une approche m\u00e9taphysique nous permettrait de comprendre des \u00e9v\u00e9nements en cours, alors que la raison nous conduit dans les m\u00e9andres d&rsquo;hypoth\u00e8ses complexes, hasardeuses, dont aucune n&rsquo;est jamais ni d\u00e9cisive pour la compr\u00e9hension des choses, ni lumineuse pour la compr\u00e9hension du comportement des personnages.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit des deux jours du secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense des Etats-Unis Donald Rumsfeld, les 10 et 11 septembre 2001. Le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_courage_de_rumsfeld_et_un_discours_qui_merite_de_faire_date_11_09_2001.html\">10 septembre 2001<\/a> il fait un discours qui \u00e9claire le c&oelig;ur de la crise g\u00e9n\u00e9rale pour en d\u00e9noncer l&rsquo;infamie, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jour_meme_9_11_rumsfeld_veut_attaquer_l_irak_24_02_2006.html\">11 septembre 2001<\/a> il participe r\u00e9solument \u00e0 la transformation de l&rsquo;attaque en un <em>casus belli<\/em> contre l&rsquo;Irak, qui va permettre le d\u00e9cha&icirc;nement de l&rsquo;ennemi qu&rsquo;il d\u00e9non\u00e7ait la veille (la bureaucratie du Pentagone). Dans les deux cas, Rumsfeld joue deux r\u00f4les absolument oppos\u00e9s, l&rsquo;un contre le mal fondamental de la crise, l&rsquo;autre exactement inverse. Le cas est si complexe \u00e0 expliquer rationnellement (y compris avec les imbroglios des complots, dont certains existent mais qui n&rsquo;expliquent rien de fondamental) qu&rsquo;on pr\u00e9f\u00e8re en g\u00e9n\u00e9ral \u00ab\u00a0oublier\u00a0\u00bb le discours du 10 septembre, si m\u00eame, d&rsquo;ailleurs, on a pris note de son existence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Une approche m\u00e9taphysique de ces deux \u00e9v\u00e9nements est beaucoup plus enrichissante, en n&#8217;emprisonnant pas l&rsquo;homme dans des postures r\u00e9clam\u00e9es par les exc\u00e8s des hypoth\u00e8ses de la raison, y compris dans les champs fix\u00e9s par avance du bien et du mal. Si l&rsquo;on y ajoute l&rsquo;approche qui ne fait de l&rsquo;homme qu&rsquo;une annexe \u00e9pisodique du mal selon les degr\u00e9s de ses faiblesses qui le rapprochent des errements et des d\u00e9cha&icirc;nements de puissance de la mati\u00e8re, la compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e9nements est encore plus vaste. En d&rsquo;autres termes, la bonne compr\u00e9hension de l&rsquo;ambig\u00fcit\u00e9 du comportement humain, qui n&rsquo;est pas la source du mal mais qui est la faiblesse et l&rsquo;ivresse devant l&rsquo;attraction du mal, n\u00e9cessite l&rsquo;appel \u00e0 la m\u00e9taphysique. Et la recherche de la v\u00e9rit\u00e9, derri\u00e8re la r\u00e9alit\u00e9 qui s&rsquo;est enfin r\u00e9v\u00e9l\u00e9e pour ce qu&rsquo;elle est, comme une apparence dont notre \u00e9poque se fait une vertu de nous offrir plusieurs versions simultan\u00e9ment, la recherche de la v\u00e9rit\u00e9 n\u00e9cessite l&rsquo;appel \u00e0 la m\u00e9taphysique.<\/p>\n<\/p>\n<p><h2 class=\"titleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955; font-size:1.65em; font-variant:small-caps\">La m\u00e9taphysique comme th\u00e9rapie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>Nous consid\u00e9rons cet appel \u00e0 la m\u00e9taphysique, qui permet de rechercher et d&rsquo;observer la v\u00e9rit\u00e9 du bien et du mal, comme une th\u00e9rapie imp\u00e9rative face \u00e0 la crise du monde. Il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;une th\u00e9rapie pour r\u00e9tablir l&rsquo;esprit dans sa fonction op\u00e9rative, hors de la prison o&ugrave; le syst\u00e8me de \u00ab\u00a0la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb l&rsquo;a enferm\u00e9, et o&ugrave; la raison, ayant pass\u00e9 accord avec \u00ab\u00a0la mati\u00e8re d\u00e9cha&icirc;n\u00e9e\u00a0\u00bb (pacte faustien), s&rsquo;est mu\u00e9e en un <em>kapo<\/em> obligeant qui nous assure de la r\u00e9alit\u00e9 des lendemains qui chantent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;appel \u00e0 la m\u00e9taphysique s&rsquo;impose comme une n\u00e9cessit\u00e9 pour tenter de sortir la pens\u00e9e de la prison o&ugrave; le syst\u00e8me l&rsquo;a enferm\u00e9e. Parall\u00e8lement et de fa\u00e7on compl\u00e9mentaire, cette m\u00e9thode pousse \u00e0 la confrontation pleine et enti\u00e8re de la modernit\u00e9 prisonni\u00e8re de la mati\u00e8re avec la monstruosit\u00e9 \u00e9pouvantable qu&rsquo;elle a elle-m\u00eame engendr\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Aujourd&rsquo;hui, la direction du monde est confi\u00e9e \u00e0 un aveugle qui p\u00e9rore dans une maison qui s&rsquo;effondre.. <\/em>[&hellip;] <em>Aucun argument, aucun raisonnement, aucune logique \u00e0 opposer, ni m\u00eame, &ndash; aucune r\u00e9volution&#8230; Mais l&rsquo;attaque de la pens\u00e9e faussaire, la d\u00e9nonciation de la vanit\u00e9 funeste d&rsquo;une raison prisonni\u00e8re de la mati\u00e8re, et pour cela, un marteau, pour frapper et encore frapper. Quel marteau aurait plus de force que de la r\u00e9introduction dans leur zone de r\u00e9flexion de la m\u00e9taphysique, la vraie, celle qui donne \u00e0 l&rsquo;homme et \u00e0 sa pens\u00e9e leurs vraies dimensions?<\/em>&raquo;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur \u00ab\u00a0la source de tous les maux\u00a0\u00bb (dde.crisis) Apr\u00e8s la publication de notre num\u00e9ro du 10 juillet 2010 de dde.crisis, que nous avions pr\u00e9sent\u00e9 dans cette rubrique le 18 juillet 2010, un lecteur (\u00ab\u00a0Disciple \u00e9gar\u00e9\u00ab\u00a0) nous interrogeait dans le Forum de ce m\u00eame texte, \u00e0 la date du 21 juillet 2010. 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