{"id":72311,"date":"2010-09-23T12:30:17","date_gmt":"2010-09-23T12:30:17","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/23\/quelle-revolucion-mexicaine\/"},"modified":"2010-09-23T12:30:17","modified_gmt":"2010-09-23T12:30:17","slug":"quelle-revolucion-mexicaine","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/23\/quelle-revolucion-mexicaine\/","title":{"rendered":"Quelle <em>revolu\u00e7ion<\/em> mexicaine ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Quelle <em>revolu\u00e7ion<\/em> mexicaine ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t23 septembre 2010  En m\u00eame temps nous arrivaient, hier, deux textes significatifs de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;atmosph\u00e8re au Mexique. L&rsquo;un, plus pr\u00e9cis (repris par nombre de journaux), sur <em>Ouverture libre<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-senores_des_cartels_que_devons-nous_ecrire__22_09_2010.html\" class=\"gen\">22 septembre 2010<\/a>, sur cet extraordinaire \u00e9ditorial du <em>Diaro<\/em> de Juarez, o\u00f9 le quotidien ne faisait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;exhorter les nacro-trafiquants \u00e0 prendre leurs responsabilit\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 ne faire rien moins qu&rsquo;affirmer une sorte de responsabilit\u00e9 publique et civique au nom d&rsquo;une l\u00e9gitimit\u00e9 que leur domination incontest\u00e9e de la r\u00e9gion leur conf\u00e9rerait. Que cela implique l&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9, le crime, le trafic de drogue, la cruaut\u00e9, etc. n&rsquo;importait que secondairement,  car ce qui importe, en l&rsquo;occurrence, n&rsquo;est rien de moins que la survivance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe second est un texte plus g\u00e9n\u00e9ral de John Ross, \u00e9galement pr\u00e9sent\u00e9 sur <em>Ouverture libre<\/em> le m\u00eame  <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-e_viva_la_revolucion__22_09_2010.html\" class=\"gen\">22 septembre 2010<\/a>, et affirmant que les conditions sont r\u00e9unies pour une r\u00e9volution au Mexique. Et certes, les cartels de la drogue s&rsquo;y tailleraient la part du lion Anath\u00e8me, sc\u00e9nario hollywodien ? On se doute bien que non. Ross conclut, faisant montre d&rsquo;un sens des r\u00e9alit\u00e9s politiques qu&rsquo;on ne peut ignorer aujourd&rsquo;hui au Mexique : \u00ab<em>\u00bbLeftists who have been awaiting a more political uprising in 2010 are not convinced by Buscaglia&rsquo;s nomenclature. A real revolution must be waged along ideological and class lines which the narco-insurrection has yet to manifest. Nonetheless, given the neo-liberal mindset of a globalized world in which class dynamics are reduced to market domination, the on-going narco-insurrection may well be the best new Mexican revolution this beleaguered nation is going to get.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t John Ross nous d\u00e9crit donc une situation pr\u00e9-r\u00e9volutionnaire caract\u00e9ristique. Bien entendu, il s&rsquo;agit de prendre le terme r\u00e9volutionnaire avec des pincettes, tant effectivement l&rsquo;entendement que nous en avons n&rsquo;a plus gu\u00e8re de rapports avec les <strong>possibilit\u00e9s<\/strong> r\u00e9volutionnaires existantes aujourd&rsquo;hui, nous-m\u00eames avec notre \u00e9ducation politique tant marqu\u00e9e par les XIX\u00e8me et XX\u00e8me si\u00e8cles (et un zeste du XVIII\u00e8me, sur sa fin, comme d\u00e9tonateur de la p\u00e9riode) et par des notions qui n&rsquo;ont, aujourd&rsquo;hui toujours, plus aucune valeur ni la moindre v\u00e9rit\u00e9. Plut\u00f4t que de r\u00e9volution, nous parlerions donc de la circonstance formidable du point de fusion et d&rsquo;explosion d&rsquo;une situation, que les conditions de d\u00e9sordre et de violence en cours susciteraient. La situation mexicaine est marqu\u00e9e par un d\u00e9sordre d&rsquo;un caract\u00e8re in\u00e9dit, qui touche d\u00e9sormais et d&rsquo;une fa\u00e7on fondamentale les psychologies. On en trouve une indication, un exemple, dans ce constat vertigineux qu&rsquo;implique la d\u00e9marche du quotidien <em>Diaro<\/em> de l&rsquo;absence de toute l\u00e9gitimit\u00e9, de toute autorit\u00e9, donc de toute r\u00e9f\u00e9rence structurelle. Ce n&rsquo;est m\u00eame plus du d\u00e9sordre, c&rsquo;est une sorte de vide agit\u00e9 de soubresauts \u00e9pouvantables et cruels La d\u00e9marche du <em>Diaro<\/em> est bien entendu extr\u00eame, dans une r\u00e9gion marqu\u00e9e par la plus extr\u00eame violence et, par cons\u00e9quent, l&rsquo;extr\u00eame de cette situation d&rsquo;absence de toute r\u00e9f\u00e9rence structurelle. On voudra bien admettre, \u00e9videmment, qu&rsquo;il s&rsquo;agit bien plus d&rsquo;un cas exemplaire que d&rsquo;une exception, et la d\u00e9marche du <em>Diaro<\/em> illustre l&rsquo;\u00e9volution substantielle et g\u00e9n\u00e9rale de la situation mexicaine bien plus qu&rsquo;elle n&rsquo;appara\u00eet accidentelle ou exceptionnelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn voit mal ce qui pourrait effectivement emp\u00eacher une \u00e9volution telle que celle que d\u00e9crit Ross. Le pr\u00e9sident Calderon a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu (en 2006) dans des circonstances si suspectes qu&rsquo;on peut consid\u00e9rer que son \u00e9lection a \u00e9t\u00e9 une n\u00e9gation de toute l\u00e9gitimit\u00e9. La situation \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 celle d&rsquo;un d\u00e9sordre chronique, tant politique que d&rsquo;ordre civil (la guerre des cartels d\u00e9j\u00e0 en cours). De plus, tout cela baigne dans la conscience des r\u00e9elles culpabilit\u00e9s, qui sont d&rsquo;une part l&rsquo;influence des USA qui se transmet par le soutien US pour les oligarchies \u00e9conomistes (libre-\u00e9changistes) et pro-am\u00e9ricanistes dont Calderon est l&rsquo;\u00e9lu ; d&rsquo;autre part le processus classique de lib\u00e9ralisation \u00e9conomique extr\u00eame du pays, dont la phase actuelle a commenc\u00e9 avec le trait\u00e9 ALENA (1994), comme d&rsquo;habitude l\u00e0 aussi machination du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme qui r\u00e9pond pr\u00e9sent \u00e0 la moindre sollicitation de notre enqu\u00eate.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDepuis son \u00e9lection, Calderon se bat contre le d\u00e9sordre sans que cette bataille ne lui donne un gramme de l\u00e9gitimit\u00e9. Il ne regroupe personne autour de lui, parce qu&rsquo;il a le pass\u00e9 qu&rsquo;on a vu, parce que c&rsquo;est un personnage falot et sans audace comme cette sorte de circonstances autant que le syst\u00e8me nous offrent r\u00e9guli\u00e8rement. Calderon accuse donc furieusement et r\u00e9guli\u00e8rement les bandits de la drogue et les USA (principaux consommateurs de drogue du fait des caract\u00e9ristiques socio-psychologiques du pays et principaux fournisseurs d&rsquo;armes des cartels du fait du r\u00e9gime de vente libre des armes aux USA). Ces vocif\u00e9rations ne contribuent pourtant en rien \u00e0 rehausser la prestance et le prestige de Calderon, ni \u00e0 le l\u00e9gitimer en quoi que ce soit. Le handicap de d\u00e9part et la m\u00e9diocrit\u00e9 de l&rsquo;homme sont autant d&rsquo;obstacles insurmontables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre facteur bien connu est que la violence n&rsquo;est pas une exclusivit\u00e9 des cartels. Les forces de s\u00e9curit\u00e9 mexicaines sont elles-m\u00eames tr\u00e8s violentes, en plus des cas classiques de la corruption end\u00e9mique, avec des liens de corruption avec diverses forces, qu&rsquo;elles aillent des oligarchies aux cartels eux-m\u00eames. On comprend alors que leur popularit\u00e9 ne soit pas tellement plus \u00e9lev\u00e9e que celle des cartels, qu&rsquo;elle le soit parfois moins, et qu&rsquo;il n&rsquo;y ait l\u00e0 aucun handicap particulier des cartels pour figurer dans certaines circonstances comme une force de stabilisation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, on conna\u00eet l&rsquo;argument \u00e9conomique de la drogue, qui vaut pour le Mexique comme il vaut pour l&rsquo;Afghanistan, que nous rappelions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_toc_toc_la_crise_frappe_a_la_porte_24_07_2010.html\" class=\"gen\">24 juillet 2010<\/a> : \u00ab<em>Enfin, la question de la drogue n&rsquo;est pas per\u00e7ue comme un probl\u00e8me de d\u00e9vastation sociale fondamental puisque plus de 80% de la drogue s&rsquo;en va aux USA. Une partie de la population est \u00e9conomiquement int\u00e9ress\u00e9e au trafic, dont on voit qu&rsquo;il a rapport\u00e9 plus en 2009 (entre $25 et $40 milliards, plus proche des $40 milliards) que les exportations de p\u00e9trole. La drogue n&rsquo;est pas un facteur criminel seul, ou un facteur criminel et g\u00e9opolitique, mais \u00e9galement un facteur social et \u00e9conomique dont il n&rsquo;est pas assur\u00e9 qu&rsquo;il soit n\u00e9cessairement d\u00e9favorable aux cartels.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA tout cela s&rsquo;ajoutent, du point de vue de la conjoncture politique, le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_mexique_maistrien__01_07_2006.html?admin=1\" class=\"gen\">souvenir<\/a> et la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-lopez_obrador_president_17_09_2006.html\" class=\"gen\">rancur<\/a> de l&rsquo;\u00e9lection de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2006 (Calderon contre le candidat de gauche Obrador), qui se d\u00e9roula dans des conditions surr\u00e9alistes et qui, de toutes les fa\u00e7ons, priva Calderon et le r\u00e9gime, la tendance qu&rsquo;il pr\u00e9tend repr\u00e9senter, de toute l\u00e9gitimit\u00e9. Ce souvenir et cette rancur rendent encore plus incertains, et surr\u00e9alistes \u00e9galement dans les conditions pr\u00e9sentes, l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle de 2012. La perception qui commence \u00e0 se r\u00e9pandre est que les conditions actuelles rendent effectivement impossible cette \u00e9lection, et qu&rsquo;il faudra donc quelque chose, dans un sens ou dans l&rsquo;autre, pour modifier de fond en comble la situation du pays avant cette \u00e9ch\u00e9ance, pour que cette \u00e9ch\u00e9ance puisse effectivement \u00eatre rencontr\u00e9e. (Cette modification de fond en comble pouvait d&rsquo;ailleurs, bien entendu, rendre inutile, ou caduque, etc., la perspective de l&rsquo;\u00e9lection de 2012.) La <em>revolu\u00e7ion<\/em> qu&rsquo;envisage Ross serait une sorte de pr\u00e9lude, d&rsquo;avant-go\u00fbt, de r\u00e9alisation avant l&rsquo;heure de cette exceptionnelle ann\u00e9es 2012,  qui, outre le calendrier des Mayas, nous offre en principe les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles de Russie, de France, du Mexique et des USA<\/p>\n<h3>De Villa \u00e0 Zapata<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, nous avons cit\u00e9 l&rsquo;extrait du texte de Ross, ci-dessus en d\u00e9but d&rsquo;article, avec intention La derni\u00e8re phrase est particuli\u00e8rement attrayante ; apr\u00e8s avoir constat\u00e9 que la perspective qu&rsquo;il entrevoit va \u00e9videmment contre les conceptions politiques courantes, notamment celles de la gauche r\u00e9volutionnaire qui ne peut imaginer une r\u00e9volution sans argumentaire et conception politiques s\u00e9rieux, John Ross observe : \u00ab<em>Nonetheless, given the neo-liberal mindset of a globalized world in which class dynamics are reduced to market domination, the on-going narco-insurrection may well be the best new Mexican revolution this beleaguered nation is going to get.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette phrase est attrayante en ce qu&rsquo;elle montre une r\u00e9elle \u00e9volution des esprits dans le jugement des diverses circonstances en cours et, au-del\u00e0, dans la mesure de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation (au Mexique et ailleurs),  et nous insistons sur le mot de v\u00e9rit\u00e9, \u00e0 la diff\u00e9rence du mot r\u00e9alit\u00e9 qui n&rsquo;a plus aucun sens aujourd&rsquo;hui, entre les multiples r\u00e9alit\u00e9s que le syst\u00e8me de la communication construit r\u00e9guli\u00e8rement, au gr\u00e9 de la demande qui est tr\u00e8s grande. (L&rsquo;id\u00e9e selon laquelle la r\u00e9alit\u00e9 d\u00e9pend aujourd&rsquo;hui de transactions classiques entre l&rsquo;offre et la demande, un peu comme le march\u00e9 et les transactions boursi\u00e8res font leur office, est sans nul doute tr\u00e8s attractive.) Il ne s&rsquo;agit plus, constate John Ross, d&rsquo;un monde o\u00f9 s&rsquo;affrontent les classes sociales, selon la vision marxiste des choses, mais un monde o\u00f9 la dynamique sociale est r\u00e9duite \u00e0 la domination du march\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait dire \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 la vision historique moderne, ou g\u00e9opolitique, de l&rsquo;affrontement entre les nations, o\u00f9 les groupes de nations. La concurrence entre les nations, avec le facteur du nationalisme comme moteur principal des gouvernements et les int\u00e9r\u00eats des nations comme combustible du moteur, est \u00e9galement une notion de plus en plus d\u00e9pass\u00e9e (la chose est en pleine \u00e9volution) \u00e0 cause de la dictature des march\u00e9s \u00e0 laquelle sont soumises toutes les directions politiques ; \u00e0 ce dernier point sur la soumission des directions politiques, nous ajouterions que ces directions politiques sont soumises de leur plein gr\u00e9, m\u00eame si c&rsquo;est \u00e0 l&rsquo;insu de leur plein gr\u00e9 comme dit la chanson, ou dit autrement sans savoir ce qu&rsquo;elles font, tant ces directions politiques refusent d&rsquo;utiliser les moyens \u00e0 leur disposition pour briser cette dictature des march\u00e9s<D>; \u00e0 ce dernier point encore (refusent d&rsquo;utiliser les moyens), nous ajouterions \u00e0 nouveau l&rsquo;hypoth\u00e8se que ce refus n&rsquo;est nullement une position politique, venant d&rsquo;un choix sp\u00e9cifique, mais la cons\u00e9quence d&rsquo;une capacit\u00e9 psychologique absente (fatigue de la psychologie), de l&rsquo;absence de la force de caract\u00e8re n\u00e9cessaire pour avoir la volont\u00e9 d&rsquo;utiliser ces moyens, lesquels existent effectivement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales qui sont faites \u00e0 propos du Mexique valent pour toute la vaste famille des nations globalis\u00e9es, mais le Mexique est un exemple passionnant \u00e0 cause de la taille consid\u00e9rable de ce pays, de sa position strat\u00e9gique formidable au sud de l&rsquo;\u00e9norme puissance US et en contact avec elle, de sa situation int\u00e9rieure compl\u00e8tement caract\u00e9ris\u00e9e par une anarchie de violence et d&rsquo;ill\u00e9galit\u00e9 presque achev\u00e9e. Pourtant la prospective de Ross continue \u00e0 \u00eatre bas\u00e9e sur le fait national parce que cette r\u00e9f\u00e9rence continue \u00e0 \u00eatre une r\u00e9f\u00e9rence structurante, l&rsquo;une des seules \u00e0 survivre, dans la situation politique g\u00e9n\u00e9rale. On ne dit en aucun cas que cette r\u00e9f\u00e9rence est l&rsquo;avenir, qu&rsquo;elle est la solution, car nous contredirions en cela le jugement que nous portons sur la nationalisme ; mais il serait plus appropri\u00e9 de parler de patriotisme que de nationalisme, pour caract\u00e9riser ce sentiment qui tend naturellement \u00e0 s&rsquo;appuyer sur la structure nationale parce qu&rsquo;elle seule garde une coh\u00e9rence et des marques de similitude collective dans le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral. On observe effectivement que c&rsquo;est sur un tel sentiment que s&rsquo;appuie la d\u00e9fense d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e contre l&rsquo;anarchie g\u00e9n\u00e9rale du d\u00e9sordre cr\u00e9\u00e9 par ce qu&rsquo;il appellent le march\u00e9, ou ce <em>neo-liberal mindset of a globalized world<\/em> auquel absolument <strong>personne<\/strong>, et aucune nation bien entendu, n&rsquo;\u00e9chappe aujourd&rsquo;hui,.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;impression est alors plus grande encore, notamment avec cet exemple mexicain, d&rsquo;un emprisonnement g\u00e9n\u00e9ral, bien plus qu&rsquo;un triomphe g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;une sorte de complot du <em>corporate power<\/em> dont on affirme souvent la position de direction des affaires \u00e9conomiques. Le <em>corporate power<\/em> n&rsquo;a aucune capacit\u00e9 de complot parce qu&rsquo;il est en substance, en lui-m\u00eame, une machine \u00e0 la fois d\u00e9structur\u00e9e et d\u00e9structurante \u00e0 cause de son fractionnement d\u00fb \u00e0 la concurrence sauvage, \u00e0 son refus de toute r\u00e9gulation et de toute r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9galienne \u00e0 un bien public, \u00e0 son moteur effr\u00e9n\u00e9 que sont l&rsquo;app\u00e2t du gain, la corruption, la cupidit\u00e9, la volont\u00e9 de puissance aveugle (sans projet autre que la puissance). Le <em>corporate power<\/em> d\u00e9structure le monde autant qu&rsquo;il se d\u00e9structure lui-m\u00eame \u00e0 mesure que progresse sa puissance,  \u00e9voluant vers ce paradoxe mortel de la puissance qui atteint le stade supr\u00eame en devenant une sorte d&rsquo;impuissance supr\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;Bref, on a reconnu le suspect. Le <em>corporate power<\/em> n&rsquo;est rien lui-m\u00eame, sinon l&rsquo;expression du jour, inspir\u00e9 pour ce cas par la remarque de John Ross, du syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral, de ce que nommons \u00e9galement le syst\u00e8me de la mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Le Mexique est un bon laboratoire de l&rsquo;avancement de ce syst\u00e8me de la mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e et, dans ce chaos, effectivement, la puissance structurelle des cartels de la drogue, malgr\u00e9 leur brutalit\u00e9, leur violence, repr\u00e9sentent une force qu&rsquo;on serait conduit \u00e0 consid\u00e9rer comme positive, ou paradoxalement structurante, par simple \u00e9volution des positions relatives. Dans cette logique, l&rsquo;id\u00e9e que cette force puisse jouer un r\u00f4le r\u00e9volutionnaire contre une situation anarchique dont la source est le syst\u00e8me, donc contre le syst\u00e8me, n&rsquo;est \u00e9videmment pas absurde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, il s&rsquo;agit donc d&rsquo;une situation de compl\u00e8te d\u00e9structuration, engendr\u00e9e par le syst\u00e8me et ses diverses courroies de transmission (hyper-lib\u00e9ralisme, <em>corporate power<\/em>, etc.), o\u00f9 des acteurs normalement compl\u00e8tement d\u00e9structurants (cartels de la drogue) peuvent jouer objectivement un r\u00f4le structurant par simple antagonisme, par \u00e9volution des positions relatives. (Eventuellement, on invoquera les mannes de Pancho Villa et d&rsquo;Emiliano Zapata, bandits d&rsquo;honneur et de grand chemin, et r\u00e9volutionnaires au bout du compte.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, pour corser encore l&rsquo;image des temps, on pourrait consid\u00e9rer que le Mexique suit une voie parall\u00e8le,  chacun \u00e0 sa fa\u00e7on, chacun selon sa m\u00e9thode,  \u00e0 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-tea_party_est-il_un_systeme_anthropopuliste__21_09_2010.html\" class=\"gen\">celle<\/a> des USA avec son <em>Tea Party<\/em> et son <em>establishment<\/em> washingtonien compl\u00e8tement impuissant et paralys\u00e9, son Pentagone qui d\u00e9vore le syst\u00e8me tout en d\u00e9vorant ses propres entrailles. Il s&rsquo;agit des m\u00eames \u00e9l\u00e9ments et facteurs structurants\/d\u00e9structurants selon les situations. Ici, bien entendu, on ne parle pas des effets et des situations de ces deux pays en \u00e9bullition qui s&rsquo;entrechoquent sur leur immense fronti\u00e8re commune ; ce cas rel\u00e8ve d&rsquo;un autre probl\u00e9matique que nous abordons souvent d&rsquo;une fa\u00e7on sp\u00e9cifique, selon ce qu&rsquo;elle est et son \u00e9volution. Mais tout cela reste \u00e9videmment fraternellement li\u00e9,  car, globalisation oblige, selon les vux du syst\u00e8me<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quelle revolu\u00e7ion mexicaine ? 23 septembre 2010 En m\u00eame temps nous arrivaient, hier, deux textes significatifs de l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;atmosph\u00e8re au Mexique. L&rsquo;un, plus pr\u00e9cis (repris par nombre de journaux), sur Ouverture libre le 22 septembre 2010, sur cet extraordinaire \u00e9ditorial du Diaro de Juarez, o\u00f9 le quotidien ne faisait rien d&rsquo;autre qu&rsquo;exhorter les nacro-trafiquants&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3760,5561,7665,3568,10042,3907,4019,8855,2943,7069,3571,2879,7917,6258,3014,8256],"class_list":["post-72311","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-alena","tag-calderon","tag-cartels","tag-corporate","tag-dechainee","tag-destructuration","tag-drogue","tag-matiere","tag-mexique","tag-party","tag-power","tag-revolution","tag-ross","tag-structuration","tag-systeme","tag-tea"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72311","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72311"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72311\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72311"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72311"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72311"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}