{"id":72327,"date":"2010-09-30T12:48:27","date_gmt":"2010-09-30T12:48:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/30\/houle-deferlante\/"},"modified":"2010-09-30T12:48:27","modified_gmt":"2010-09-30T12:48:27","slug":"houle-deferlante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/09\/30\/houle-deferlante\/","title":{"rendered":"Houle d\u00e9ferlante"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Houle d\u00e9ferlante<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t29 septembre 2010  En <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum-origines_proches_de_la_psychologie_de_notre_finitude_27_09_2010.html\" class=\"gen\">commentaire<\/a> de notre <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-origines_proches_de_la_psychologie_de_notre_finitude_27_09_2010.html\" class=\"gen\">27 septembre 2010<\/a>, un lecteur nomm\u00e9 <em>moineau<\/em> nous parle m\u00e9t\u00e9orologie. Dans le cadre de la crise de l&rsquo;environnement et de la crise climatique, il s&rsquo;imposait de lui r\u00e9pondre, ne serait-ce que pour l&rsquo;aider \u00e0 prendre ses quartiers d&rsquo;hiver.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A vous lire, la crise globale prend irr\u00e9m\u00e9diablement le dessus sur toute gesticulation nourrie d&rsquo;antagonismes encore r\u00e9cents, d\u00e9j\u00e0 vains et quoi qu&rsquo;il en soit, vou\u00e9s \u00e0 la d\u00e9su\u00e9tude.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La crise globale s&rsquo;impose donc comme une gigantesque houle dont l&rsquo;amplitude ne pourra plus \u00eatre corrig\u00e9e.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>La houle est un mouvement ondulatoire de la surface de la mer qui est form\u00e9 par un champ de vent \u00e9loign\u00e9 de la zone d&rsquo;observation et ne pr\u00e9sente pas de relation avec le vent local.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A vous lire toujours, les vents locaux, \u00e9v\u00e9nements possiblement monstrueux, qu&rsquo;ils soient ou non soign\u00e9s aux petits oignons, op\u00e8rent et op\u00e9reront par effet de distraction, r\u00e9tablissant  bri\u00e8vement  des sch\u00e9mas par ailleurs condamn\u00e9s par l&rsquo;inexorable effet de houle de la crise globale.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Une question me taraude toutefois : votre analyse n&rsquo;aborde pas des pans entiers de notre monde, ni les effets que ceux-ci pourraient porter. L&rsquo;Asie, et pas seulement l&rsquo;Extr\u00eame-Orient et l&rsquo;incontournable Chine, mais aussi l&rsquo;Oc\u00e9anie vous paraissent-elles \u00e0 ce point imbriqu\u00e9es dans le syst\u00e8me dont vous d\u00e9crivez la chute, qu&rsquo;elles ne seraient que des vents locaux d&rsquo;une houle d\u00e9sormais globale?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDu temps o\u00f9 nous \u00e9tions moussaillon, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, \u00e0 bord d&rsquo;un cotre (voile plut\u00f4t que moteur, comme chacun sait) \u00e0 l&rsquo;exp\u00e9rience respectable, venu de Bretagne dans les eaux tourment\u00e9es de la M\u00e9diterran\u00e9e, la houle \u00e9tait plut\u00f4t une grosse mer tendant \u00e0 s&rsquo;allonger, une grosse mer de queue de temp\u00eate, en g\u00e9n\u00e9ral avec des vents plut\u00f4t faibles, eux-m\u00eames r\u00e9sidus amollis de la temp\u00eate,  l&rsquo;allure id\u00e9ale pour le mal de mer, m\u00eame chez les jeunes et vieux loups de mer, avec un bateau justement sans allure appuy\u00e9e. Aussi aurions-nous quelque r\u00e9ticence devant le terme de houle pour repr\u00e9senter la grande crise, parce que la houle n&rsquo;a pas le caract\u00e8re hach\u00e9, bris\u00e9, infiniment brutal et puissant des grandes d\u00e9ferlantes que l\u00e8ve une temp\u00eate. S&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait galvaud\u00e9, le terme de <em>tsunami<\/em>, par la puissance, la vitesse et l&rsquo;autonomie qu&rsquo;il sugg\u00e8re, pourrait faire l&rsquo;affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l&rsquo;ampleur des oc\u00e9ans, pour rendre l&rsquo;universalit\u00e9 de la crise. La vague d\u00e9ferlante couvre toute l&rsquo;\u00e9tendue du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn parle ici, vous l&rsquo;avez compris, de la <strong>vraie<\/strong> grande crise, qui est, \u00e0 notre avis, la crise eschatologique,  crise de l&rsquo;environnement ou crise climatique (on ne dit pas <em>global warming<\/em> pour ne pas voir d\u00e9ferler en houles multiples les vagues contestataires). C&rsquo;est la crise de notre univers, qui va des mati\u00e8res premi\u00e8res au climat, des cadres de nos vies \u00e0 notre survie m\u00eame, et qui touche absolument <strong>tous<\/strong> les domaines. Il nous restait \u00e0 mesurer la charge psychologique, symbolique, m\u00e9taphysique de cette id\u00e9e d&rsquo;une crise de notre univers,  et nous y sommes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cette crise, qui vient de loin pour notre \u00e9poque, comme on l&rsquo;a vu (<em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-origines_proches_de_la_psychologie_de_notre_finitude_27_09_2010.html\" class=\"gen\">27 septembre 2010<\/a>), officiellement d\u00e9clar\u00e9e pour l&rsquo;actuelle s\u00e9quence avec le rapport Stern d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_climatique_entre_en_scene_27_10_2006.html\" class=\"gen\">octobre 2006<\/a>, cette crise a \u00e9t\u00e9 kidnapp\u00e9e le 15 septembre 2008. Rappelez-vous qu&rsquo;avant 9\/15 et la <em>fiesta<\/em> de Wall Street, on avait connu (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-psychologies_ecartelees_02_06_2008.html?admin=1\" class=\"gen\">mai-juillet 2008<\/a>) une pouss\u00e9e folle du prix du baril de p\u00e9trole, jusqu&rsquo;\u00e0 $150 dans ses pics. Certes, on expliqua apr\u00e8s, et fort justement, que la sp\u00e9culation n&rsquo;\u00e9tait pas pour rien. Il n&rsquo;importe, pendant quelques semaines nous v\u00e9c\u00fbmes au rythme d&rsquo;une crise normale dont la source semblait se trouver dans l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;un \u00e9puisement prochain de notre mati\u00e8re premi\u00e8re vitale. La r\u00e9alit\u00e9 (sp\u00e9culation) nous importe peu, mais la <strong>v\u00e9rit\u00e9<\/strong> du sentiment qui s&rsquo;installa alors est bien l&rsquo;essentiel de notre propos. Puis le souvenir de la chose disparut dans l&rsquo;hyst\u00e9rie des <em>traders<\/em> puis dans les d\u00e9bats sans nombre des \u00e9conomistes, les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la Grande D\u00e9pression, les $<em>trillions<\/em> et les $<em>trillions<\/em>, etc. Obama fut essentiellement \u00e9lu gr\u00e2ce \u00e0 cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache : en un sens, cette crise-l\u00e0 (9\/15) \u00e9tait plus <strong>rassurante<\/strong> que ce qui avait imm\u00e9diatement pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, toute vermoulue de sp\u00e9culation et toute enflamm\u00e9e de pr\u00e9dictions catastrophiques qu&rsquo;elle f\u00fbt. On \u00e9tait en terrain connu. Bernanke pouvait faire marcher ses planches \u00e0 billet, Krugman, Roubini &#038; consorts nous promettre l&rsquo;apocalypse dans les normes d&rsquo;une catastrophe \u00e9conomique. Pendant un an et demi, presque deux ans, il ne fut plus question que d&rsquo;\u00e9conomie. Il n&rsquo;est aucun domaine qui ne suscite autant l&rsquo;int\u00e9r\u00eat, les commentaires, les sp\u00e9culations (intellectuelles), les prospectives expertes et chiffr\u00e9es, la passion derri\u00e8re l&rsquo;apparente raison scientifique, les conceptions catastrophistes, tout en conservant aux commentateurs l&rsquo;impression d&rsquo;une certaine ma\u00eetrise, f\u00fbt-elle potentielle, des \u00e9v\u00e9nements. L&rsquo;\u00e9conomie, y compris la catastrophe \u00e9conomique, ne prive pas l&rsquo;esprit de sa capacit\u00e9, ou de sa pr\u00e9tention \u00e0 la ma\u00eetrise de la pr\u00e9vision, donc \u00e0 la ma\u00eetrise du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quelque sorte, cette crise agit pendant un certain temps comme un antidote paradoxal \u00e0 la conception plus g\u00e9n\u00e9rale de crise eschatologique qui avait commenc\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre auparavant, \u00e0 la fin du printemps\/d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2008. L&rsquo;id\u00e9e implicite ou inconsciente des commentateurs \u00e9conomistes, m\u00eame des plus pessimistes, m\u00eame jusqu&rsquo;aux franges les plus radicales demandant un remaniement de fond en comble du syst\u00e8me, \u00e9tait que le d\u00e9bat restait \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me. En \u00e9cartant la sensation terrifiante que la crise eschatologique commen\u00e7ait \u00e0 r\u00e9pandre, selon laquelle le syst\u00e8me dans son enti\u00e8ret\u00e9, la modernit\u00e9 en tant que telle, \u00e9taient la cause incontestable et absolue du d\u00e9sastre g\u00e9n\u00e9ral, la crise \u00e9conomique restaurait une paradoxale <strong>confiance<\/strong> dans le syst\u00e8me. On pouvait parler de questions concr\u00e8tes comme la position du dollar, les in\u00e9galit\u00e9s, la d\u00e9r\u00e9gulation et la pourriture financi\u00e8res, les finances publiques, l&#8217;emploi, m\u00eame en projetant une vision tr\u00e8s pessimiste ou tr\u00e8s contestataire, ou catastrophique, sur toutes ces questions, sans pour cela mettre en cause tous les fondements v\u00e9ritables du syst\u00e8me dans lequel nous vivons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, cette attitude et cet \u00e9tat d&rsquo;esprit sont absolument compr\u00e9hensibles dans la mesure o\u00f9 ils rendent compte, directement ou indirectement, de la psychologie terrifi\u00e9e de se trouver devant non plus la perspective d&rsquo;une catastrophe mais devant la perspective du vide. L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit TINA (<em>There Is No Alternative<\/em> [au syst\u00e8me]) nous a tous p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s, que nous le voulions ou non m\u00eame si \u00e0 une profondeur plus ou moins grande dans notre psychologie ; m\u00eame les plus radicaux adversaires, m\u00eame les plus r\u00e9volutionnaires sont touch\u00e9s par ce qui semble une \u00e9vidence rationnelle, selon une pens\u00e9e o\u00f9 la raison humaine, avec sa <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">subversion<\/a> propre, domine tous les processus d&rsquo;analyse ; m\u00eame les projets les plus audacieux, les plus contestataires, tendent \u00e9videmment et d&rsquo;une fa\u00e7on compr\u00e9hensible \u00e0 s&rsquo;appuyer sur ce qui existe, et ce qui existe per\u00e7u effectivement, m\u00eame inconsciemment, selon la logique TINA. Pourtant, nous consid\u00e9rons que cette d\u00e9marche-l\u00e0 est en train de s&rsquo;av\u00e9rer un \u00e9chec. Deux faits ont peu \u00e0 peu contrari\u00e9 cet \u00e9tat d&rsquo;esprit puis, \u00e0 notre sens, commenc\u00e9 \u00e0 le renverser, avec un troisi\u00e8me comme \u00e9l\u00e9ment r\u00e9cent d&rsquo;acc\u00e9l\u00e9ration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;une part, l&rsquo;\u00e9chec de toutes les mesures \u00e9conomiques prises pour redresser la situation d&rsquo;une fa\u00e7on satisfaisante permettant d&rsquo;alimenter la <em>narrative<\/em> grossi\u00e8re des int\u00e9gristes du syst\u00e8me, selon lesquels tout peut continuer comme avant ; mais <strong>aussi<\/strong>, l&rsquo;\u00e9chec des pr\u00e9visions d&rsquo;effondrement g\u00e9n\u00e9ral et catastrophiques avec des mouvements sociaux d&rsquo;une ampleur \u00e0 mesure, qui ont emp\u00each\u00e9 des mesures radicales de restauration, ou d&rsquo;apparente restauration du syst\u00e8me sur des bases compl\u00e8tement nouvelles, qui auraient confirm\u00e9 le jugement que le syst\u00e8me compl\u00e8tement purg\u00e9 et expurg\u00e9 de ses outrances, pouvait \u00e0 nouveau fonctionner. Il a manqu\u00e9 d&rsquo;un Franklin Roosevelt dont la v\u00e9ritable r\u00e9ussite fut en r\u00e9alit\u00e9 de sauver le capitalisme au prix d&rsquo;une action (plus psychologique qu&rsquo;\u00e9conomique) qui semblait une rupture radicale mais qui restait compl\u00e8tement \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me. Le r\u00e9sultat est une situation bancale, o\u00f9 rien n&rsquo;est r\u00e9form\u00e9, o\u00f9 la d\u00e9gradation g\u00e9n\u00e9rale se poursuit, o\u00f9 l&rsquo;impression commence \u00e0 se r\u00e9pandre (souvent d&rsquo;une fa\u00e7on inconsciente) que le syst\u00e8me <em>as a whole<\/em> est irr\u00e9formable, m\u00eame par une action radicale sinon r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t L&rsquo;\u00e9volution de la situation aux USA fut aussi un \u00e9l\u00e9ment majeur (d&rsquo;ailleurs aussi bien  cause de l&rsquo;\u00e9volution de cette situation qu&rsquo;\u00e0 cause du r\u00f4le fondamental d&rsquo;indicateur de l&rsquo;\u00e9tat des choses que jouent les USA). Bien que les USA soient plong\u00e9s dans une crise \u00e9conomique qui ne se d\u00e9ment pas, le principal aspect, le plus spectaculaire, de cette situation est le d\u00e9sordre g\u00e9n\u00e9ral, politique et psychologique, et, par cons\u00e9quent la paralysie en train de devenir structurelle du syst\u00e8me. BHO a totalement \u00e9chou\u00e9 dans ce qui aurait d\u00fb \u00eatre son ambition d&rsquo;\u00eatre un nouveau Roosevelt, et la question se pose d&rsquo;ailleurs de savoir s&rsquo;il aurait pu y parvenir. A la place, nous avons une situation assez \u00e9trange d&rsquo;anarchie organis\u00e9e, absolument insaisissable, qui touche d&rsquo;abord la direction politique, l&rsquo;<em>establishment<\/em>, etc., mais avec une participation inattendue de la base. L&rsquo;intrusion de <em>Tea Party<\/em>, mouvement totalement incompr\u00e9hensible selon les normes politiques, aux capacit\u00e9s d&rsquo;entrisme (dans l&rsquo;<em>establishment<\/em>) ind\u00e9niable, et dont le but objectif ultime et peut-\u00eatre inconscient semblerait le d\u00e9sordre \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du syst\u00e8me, est le ph\u00e9nom\u00e8ne essentiel \u00e0 cet \u00e9gard. Ainsi, la crise \u00e9conomique pure, tout en persistant avec une pression consid\u00e9rable, est finalement devenue un aliment de ce qui est d\u00e9sormais de plus en plus confus\u00e9ment per\u00e7u comme la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me. (Une remarque annexe qui va de soi est que la poursuite d&rsquo;autres crises, non directement \u00e9conomiques comme celle de l&rsquo;Afghanistan ou celle du Mexique ou de la fronti\u00e8re USA-Mexique, ont \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 cette \u00e9volution qui a retir\u00e9 la vedette paradoxalement rassurante \u00e0 la seule crise \u00e9conomique et financi\u00e8re.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le troisi\u00e8me fait a eu lieu cet \u00e9t\u00e9, avec deux catastrophes naturelles majeures (<em>of biblical dimension<\/em>, disent les commentateurs US) : les incendies de Russie et les inondations du Pakistan, deux catastrophes qui ont \u00e9t\u00e9 li\u00e9es entre elles, qui ont \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t attribu\u00e9es \u00e0 la crise environnementale et climatiques, dont les effets terrestres (politique, strat\u00e9gique, \u00e9conomique, etc.) se sont aussit\u00f4t impos\u00e9s. La psychologie en a \u00e9t\u00e9 fortement impressionn\u00e9, et la grande crise eschatologique, celle qui menace le syst\u00e8me <em>as a whole<\/em> est brutalement redevenue d&rsquo;une actualit\u00e9 pressante,  bien plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;occasion des diverses conf\u00e9rences sanctionn\u00e9es par l&rsquo;\u00e9chec de lutte contre cette crise eschatologique. (Par ailleurs, ces \u00e9checs des efforts internationaux coordonn\u00e9s, comme \u00e0 Copenhague en d\u00e9cembre 2009, participent bien entendu de la perception d&rsquo;une crise eschatologique devenant de plus en plus irr\u00e9sistible.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est pourquoi, nous consid\u00e9rons que nous sommes entr\u00e9s dans une phase nouvelle \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2010. La crise \u00e9conomique et financi\u00e8re subsiste \u00f4 combien mais elle ne domine plus. Elle s&rsquo;int\u00e8gre dans la crise eschatologique qui est la crise g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une crise qui nous d\u00e9passe tous, devant laquelle les directions politiques, si disertes \u00e0 l&rsquo;automne 2008 du temps de la crise financi\u00e8re o\u00f9 tout le monde avait sa solution, sont aujourd&rsquo;hui silencieuses Ce dernier point est un signe d\u00e9risoire mais tr\u00e8s convaincant.  <\/p>\n<h3>La d\u00e9ferlante est pour tous<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, nous en venons \u00e0 la question pos\u00e9e par notre lecteur. Les pays consid\u00e9r\u00e9s hors-syst\u00e8me, c&rsquo;est-\u00e0-dire jouant un r\u00f4le peu important quoiqu&rsquo;en \u00e9tant oblig\u00e9s de suivre les r\u00e8gles et coutumes du syst\u00e8mes, se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s \u00e0 l&rsquo;occasion de la crise 9\/15 et de ses cons\u00e9quences. Jusqu&rsquo;alors, ils n&rsquo;\u00e9taient que des march\u00e9s potentiels \u00e9normes, des concurrents ne faisant qu&rsquo;appliquer \u00e0 leur avantage ce que leur bas niveau de vie leur permettait, mais sans vraiment occuper des places pr\u00e9pond\u00e9rantes marquant leur v\u00e9ritable int\u00e9gration. Soudain, avec la crise, ils s&rsquo;install\u00e8rent \u00e0 une place compl\u00e8tement diff\u00e9rente. Ils purent s&rsquo;installer en vis-\u00e0-vis des ma\u00eetres du syst\u00e8me, mais bien s\u00fbr avec des intentions r\u00e9formistes \u00e0 leur avantage. Ils purent peser de tout leur poids quantitatifs (populations \u00e9normes, march\u00e9s consid\u00e9rables, \u00e9conomies en pleine expansion) et dire aux ma\u00eetres du monde \u00e0 la d\u00e9rive : regardez ce que vous avez fait de votre syst\u00e8me tant vant\u00e9. C&rsquo;est Lula, accueillant Brown en <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-salut_a_toi_homme_blanc_aux_yeux_bleus_regarde_ce_que_tu_as_fait_27_03_2009.html\" class=\"gen\">mars 2009<\/a> \u00e0 Brasilia, et accusant l&rsquo;homme blanc (\u00ab<em>This is a crisis that was caused by people, white with blue eyes<\/em>\u00bb), c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Ouest anglo-saxon et sa suffisance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est \u00e0 cette \u00e9poque que le BRIC (Br\u00e9sil-Russie-Inde-Chine) apparut dans toute sa puissance potentielle, pour la plupart des observateurs comme la force montante du domaine, voire l&rsquo;alternative Mais non pas l&rsquo;alternative au syst\u00e8me, mais l&rsquo;alternative \u00e0 la direction du syst\u00e8me. Tout en acclamant le r\u00f4le d\u00e9structurant (pour le syst\u00e8me) implicite du BRIC, nous n&rsquo;\u00e9tions pas d&rsquo;accord avec cette analyse. Le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-monde_et_contre-monde_18_06_2009.html\" class=\"gen\">18 juin 2010<\/a>, apr\u00e8s la r\u00e9union triomphale du BRIC \u00e0 Ekaterinbourg, nous \u00e9crivions :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Fin d&rsquo;un monde et surgissement d&rsquo;un autre qui le remplace (The world is now changed)? Cela devrait \u00eatre la conclusion mais ce n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait la n\u00f4tre Nous en venons au point essentiel. Nous (l&rsquo;Occident) d\u00e9tenons trop de puissance bloquante, irresponsable mais destructrice, appuy\u00e9e sur une arrogance si aveugle qu&rsquo;elle renvoie vraiment \u00e0 une pathologie ingu\u00e9rissable, pour que l&rsquo;autre monde\/contre-monde prenne notre place sans coup f\u00e9rir et nous soumettent \u00e0 ses r\u00e8gles,  \u00e0 ses structures en formation puisqu&rsquo;il est, lui, compl\u00e8tement structurant. Nous en revenons au constat secr\u00e8tement d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 d&rsquo;Arnold Toynbee, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1950 (la chose vient de loin), d&rsquo;une civilisation d&rsquo;une puissance technologique extraordinairement d\u00e9velopp\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre invincible et interdire \u00e0 une nouvelle civilisation de prendre le relais comme l&rsquo;on vit faire tant de fois dans l&rsquo;Histoire (19 fois, d\u00e9compte Toynbee), et d&rsquo;une absence de sens, d&rsquo;un vide entropique, d&rsquo;une inexistence eschatologique conduisant au chaos. L&rsquo;outil (la technologie) que nous croyions \u00eatre la force de la structuration du monde s&rsquo;av\u00e8re \u00eatre le moyen indirect d&rsquo;une puissance inou\u00efe imposant la d\u00e9structuration du monde et interdisant \u00e0 toute force structurante nouvelle (ou civilisation, \u00e9ventuellement) de prendre le relais pour sauver le monde de notre impuissance suicidaire,  qui devient irr\u00e9sistiblement puissante dans sa capacit\u00e9 d&rsquo;entra\u00eenement.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>C&rsquo;est bien le nud gordien du drame. L&rsquo; autre monde\/contre-monde en formation est tout de m\u00eame oblig\u00e9 de passer par nos outils (la technologie), dont il est av\u00e9r\u00e9 d\u00e9sormais qu&rsquo;ils poss\u00e8dent, malgr\u00e9 leur caract\u00e8re mat\u00e9rialiste, une puissance quasiment spirituelle de l&rsquo;ordre du mal\u00e9fique, conduisant in\u00e9luctablement \u00e0 la d\u00e9structuration. L&rsquo;autre monde\/contre-monde n&#8217;emp\u00eachera pas le d\u00e9veloppement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 de la crise climatique qui, dans les conditions d\u00e9mographiques, \u00e9conomiques, culturelles et de d\u00e9structuration en cours de l&rsquo;ordre ancien, d\u00e9bouche tout de m\u00eame sur une perspective catastrophique<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette s\u00e9quence signifie que ces acteurs ext\u00e9rieurs, dont certains pouvaient attendre jusqu&rsquo;en 2007-2008 une action alternative radicale, se sont trouv\u00e9s paradoxalement <strong>int\u00e9gr\u00e9s<\/strong> au syst\u00e8me qu&rsquo;ils d\u00e9non\u00e7aient lors de la crise financi\u00e8re 9\/15. Bon gr\u00e9 mal gr\u00e9, ils en sont devenus solidaires. (Cela dit, encore une fois, sans nier leur action fondamentalement d\u00e9structurante du syst\u00e8me pendant plusieurs ann\u00e9es, et jusque dans leur d\u00e9march\u00e9 d&rsquo;int\u00e9gration,  mais, d\u00e9sormais, croyons-nous, sans arri\u00e8re-pens\u00e9e antisyst\u00e8me radicale, du moins consciente.) Ils sont parmi ceux qui participent le plus \u00e0 certains aspects de l&rsquo;action pr\u00e9datrice du syst\u00e8me (les pays du BRIC ne sont pas les champions de la protection de l&rsquo;environnement et de la r\u00e9duction des actions d\u00e9structurantes du machinisme du syst\u00e8me du technologisme). Par cons\u00e9quent, ils ne seront certainement pas \u00e9pargn\u00e9s par les effets de la crise g\u00e9n\u00e9rale comme nous l&rsquo;appr\u00e9hendons, la crise ultime, ou eschatologique, qui met en cause l&rsquo;enti\u00e8ret\u00e9 du syst\u00e8me et la modernit\u00e9 elle-m\u00eame. Ils ne sont pas des <em>dei ex machina<\/em>, ils sont des acteurs contestataires un peu adoucis, toujours m\u00e9fiants, toujours diff\u00e9rents, mais qui ont une partie d&rsquo;eux-m\u00eames solidaires du syst\u00e8me. Ils ne sauveront \u00e9videmment pas le syst\u00e8me, mais ils ne seront pas ceux qui imposeront une alternative salvatrice. Mais l&rsquo;on sait bien, finalement, que personne n&rsquo;imposera une alternative salvatrice et que tout commence par l&rsquo;effondrement du syst\u00e8me qui est en cours sous nos yeux souvent aveugles.  L&rsquo;effondrement du syst\u00e8me touchera tout le monde parce que ce syst\u00e8me est d\u00e9cid\u00e9ment universel. Il y aura certes des \u00ab<em>vents locaux, \u00e9v\u00e9nements possiblement monstrueux<\/em>\u00bb, y compris \u00e9conomiques et financiers, bien assez pour susciter analyses et commentaires d\u00e9chain\u00e9s,  mais le vrai d\u00e9cha\u00eenement, lui, la houle d\u00e9ferlante, est hors syst\u00e8me et impitoyablement, irr\u00e9m\u00e9diablement antisyst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL\u00e0 o\u00f9 des nuances peuvent \u00eatre introduites, c&rsquo;est dans les capacit\u00e9s d&rsquo;adaptation \u00e0 ce qui va suivre,  non pas le syst\u00e8me rafistol\u00e9 mais quelque chose, non pas de nouveau (ce qui supposerait une continuit\u00e9 approximative), mais de compl\u00e8tement <strong>diff\u00e9rent<\/strong> (ce qui implique une rupture <strong>totale<\/strong>). Dans ce cas, les pays et r\u00e9gions que cite notre lecteur sont mieux plac\u00e9s. Il faut alors laisser les statistiques \u00e9conomiques et se retourner vers les r\u00e9f\u00e9rences historiques, celles de la vraie Histoire, pas l&rsquo;histoire scientifique et aux petits oignons que nous concoctent les intellectuels de notre syst\u00e8me. La Chine bimill\u00e9naire, par exemple, a montr\u00e9 une prodigieuse capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation aux accidents fondamentaux de l&rsquo;Histoire, tout au long de son histoire. Pour poursuivre cet exemple, c&rsquo;est dans ce sens que nous envisagerions un r\u00f4le futur pour la Chine ; non pas successeur des USA dans le m\u00eame sempiternel syst\u00e8me de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">id\u00e9al de puissance<\/a> qui a r\u00e9pandu sur le monde la catastrophe am\u00e9ricaniste et occidentaliste de la modernit\u00e9, du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re, mais point de ralliement, parmi d&rsquo;autres, d&rsquo;une capacit\u00e9 d&rsquo;accepter un soubresaut fondamental de l&rsquo;Histoire. (La m\u00eame chose pourrait \u00eatre avanc\u00e9 pour d&rsquo;autres pays dont la trace historique, voire m\u00e9tahistorique et m\u00e9taphysique, est \u00e9vidente : l&rsquo;Inde, la Russie,  tiens, la France si elle voulait bien se d\u00e9barrasser de ses phantasmes modernistes et de ses Sarkos divers, h\u00e9rit\u00e9s de sa R\u00e9volution sanglante de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle et de la d\u00e9cadence moderniste, technologiste et bling-bling, qui a suivi.)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<h4><em>Nota Bene<\/em><\/h4>\n<p>Ce th\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral du retour de la crise eschatologique est le th\u00e8me de notre rubrique <em>de defensa<\/em> dans <em>dde.crisis<\/em> du 10 octobre 2010.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Houle d\u00e9ferlante 29 septembre 2010 En commentaire de notre F&#038;C du 27 septembre 2010, un lecteur nomm\u00e9 moineau nous parle m\u00e9t\u00e9orologie. Dans le cadre de la crise de l&rsquo;environnement et de la crise climatique, il s&rsquo;imposait de lui r\u00e9pondre, ne serait-ce que pour l&rsquo;aider \u00e0 prendre ses quartiers d&rsquo;hiver. \u00abA vous lire, la crise globale&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3093,370,3677,8220,3977,3228,8254,7548,7559,3283,10102,3600,3014],"class_list":["post-72327","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-3093","tag-370","tag-bresil","tag-bric","tag-chine","tag-crise","tag-dde-crisis","tag-eschatologie","tag-eschatologique","tag-general","tag-moineau","tag-petrole","tag-systeme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72327","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72327"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72327\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72327"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}