{"id":72342,"date":"2010-10-05T09:47:26","date_gmt":"2010-10-05T09:47:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/10\/05\/un-troisieme-homme-providentiel\/"},"modified":"2010-10-05T09:47:26","modified_gmt":"2010-10-05T09:47:26","slug":"un-troisieme-homme-providentiel","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/10\/05\/un-troisieme-homme-providentiel\/","title":{"rendered":"Un (troisi\u00e8me) homme providentiel ?"},"content":{"rendered":"<p><p>La nuit de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle US, le 4 novembre 2008, il semblait que tout \u00e9tait possible. Dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/is-obama-the-new-jimmy-carter-2097553.html\" class=\"gen\">5 octobre 2010<\/a>, Rupert Cornwell nous le rappelle : \u00ab<em>On that election night of 4 November 2008, amid the euphoria of the victory rally in Chicago&rsquo;s Grant Park, it seemed that Obama could indeed walk on water<\/em>\u00bb Aujourd&rsquo;hui, constate Cornwell, la position d&rsquo;Obama rappelle celle de Jimmy Carter au moment de l&rsquo;effondrement de sa pr\u00e9sidence,  en pire certes Il suffit \u00e0 Cornwell de rapporter une intervention aujourd&rsquo;hui de ce m\u00eame Jimmy Carter, concernant cette fois le climat de l&rsquo;Am\u00e9rique, pire qu&rsquo;\u00e0 la veille de la Guerre de S\u00e9cession ; Carte exag\u00e8re, observe Cornwell,  mais exag\u00e8re-t-il vraiment ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>During his book promotion tour, Carter went so far as to suggest that polarisation in Washington now might even be worse than just before what he quaintly called the initiation of the war between the states. He was exaggerating, of course; no one predicts a second Civil War. Certainly, however, Carter again had it easy by comparison. CNN was not launched until June 1980, while Fox News, supreme tormentor of the Democrats, did not appear on the scene until mid-1996. And of course, in Carter&rsquo;s day there was no anti-government Tea Party movement, taking its very name from an earlier American war.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Concernant <em>Tea Party<\/em>, la confusion est plus grande que jamais. Dans son dernier commentaire pour le New York <em>Times<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.nytimes.com\/2010\/10\/03\/opinion\/03rich.html?_r=1&#038;hp\" class=\"gen\">3 octobre 2010<\/a>, Robert Rich fait de <em>Tea Party<\/em> un idiot utile du <em>corporate power<\/em> (\u00ab<em>The Very Useful Idiocy of Christine O&rsquo;Donnell<\/em>\u00bb), qui serait financ\u00e9 et manipul\u00e9 en sous-main par le <em>corporate power<\/em> pour prendre le pouvoir \u00e0 l&rsquo;avantage de ce m\u00eame <em>corporate power<\/em>. Tout au contraire, Justin Raimondo, le <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/justin\/2010\/10\/03\/the-new-antiwar-populism\/\" class=\"gen\">4 octobre 2010<\/a>, fait de <em>Tea Party<\/em> le fer de lance d&rsquo;un populisme antiguerre qui panique les <em>neocons<\/em>, eux-m\u00eames idiots utiles d&rsquo;une bonne partie du <em>corporate power<\/em>, en l&rsquo;occurrence l&rsquo;industrie d&rsquo;armement (Lockheed Martin, Boeing), bailleuse de fonds, depuis l&rsquo;origine, de ces m\u00eames <em>neocons<\/em>. (Cela rejoint l&rsquo;analyse de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-tea_party_et_l_empire_suite__01_10_2010.html\" class=\"gen\">Patrick J. Buchanan<\/a>.) D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, <em>Tea Party<\/em> manipul\u00e9 par le <em>corporate power<\/em>, de l&rsquo;autre <em>Tea Party<\/em> adversaire affreux du <em>corporate power<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Tout cela nous conduisant \u00e0 revenir sur l&rsquo;article de Thomas Friedman (signal\u00e9 dans <em>Ouverture libre<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-friedman_thomas_est-il_un_dangereux_revolutionnaire_il_semble_que_oui_04_10_2010.html\" class=\"gen\">4 octobre 2010<\/a>), parce que cet article nous semble m\u00e9riter plusieurs lectures et pourrait sugg\u00e9rer certains projets d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s de la Grande R\u00e9publique, exprimant des positions cach\u00e9es de l&rsquo;<em>establishment<\/em>. Friedman plaide, ou bien prie c&rsquo;est selon, pour l&rsquo;apparition d&rsquo;un troisi\u00e8me partie qui disperserait ce syst\u00e8me bipartite compl\u00e8tement pourri, et plus sp\u00e9cifiquement pour un troisi\u00e8me candidat en 2012 (Friedman en est d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle) qui disperserait les deux autres,  y compris Obama, celui qui \u00e9tait suppos\u00e9 marcher sur l&rsquo;eau Friedman commence son article par une citation de l&rsquo;historien Lewis Mumford, dans son livre <em>The Condition of Man<\/em>, un passage sur le d\u00e9clin et la chute de l&#8217;empire de Rome :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Everyone aimed at security: no one accepted responsibility. What was plainly lacking, long before the barbarian invasions had done their work, long before economic dislocations became serious, was an inner go. Rome&rsquo;s life was now an imitation of life: a mere holding on. Security was the watchword  as if life knew any other stability than through constant change, or any form of security except through a constant willingness to take risks.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe seul domaine de la Grande R\u00e9publique qui semble \u00e9chapper \u00e0 cette maladie (perte de <em>an inner go<\/em>) de ce que nous entendrions comme la perte de l&rsquo;\u00e9lan vital semble \u00eatre, sous la plume de Friedman,  \u00f4 miracle,  <em>Silicon Valley<\/em>. Il lui consacre une phrase, quoique sans conviction excessive (\u00ab<em>I&rsquo;ve just spent a week in Silicon Valley, talking with technologists from Apple, Twitter, LinkedIn, Intel, Cisco and SRI and can definitively report that this region has not lost its inner go<\/em>\u00bb). Curieusement, ou bien d&rsquo;une fa\u00e7on r\u00e9v\u00e9latrice c&rsquo;est selon, la m\u00eame <em>Silicon Valley<\/em>, qui m\u00e9rite l&rsquo;italique pour la signaler comme une pure cr\u00e9ation du fantasme am\u00e9ricaniste, notamment des deux auteurs cit\u00e9s, <em>Silicon Valley<\/em> \u00e9tait le seul rayon d&rsquo;espoir que laissait percer l&rsquo;analyse d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;Am\u00e9rique de Timothy Garton Ash (TGA), cit\u00e9 dans notre <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-fureurs_des_croyants_et_decomposition_de_l_american_dream_02_10_2010.html\" class=\"gen\">2 octobre 2010<\/a>. (On pourrait supposer que les deux chroniqueurs firent le m\u00eame voyage, invit\u00e9s par le dernier rayon d&rsquo;espoir de l&rsquo;am\u00e9ricanisme pour rapporter au bon peuple que c&rsquo;est bien le cas.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;o\u00f9, dans cette assemblage h\u00e9t\u00e9roclite d&rsquo;un d\u00e9sordre insaisissable, l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;un projet en forme de complot, dont Friedman (\u00e9ventuellement TGA) se ferait le petit t\u00e9l\u00e9graphiste.<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> En effet, il faut rappeler encore et encore que Thomas Friedman est l&rsquo;une des plumes pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es de l&rsquo;<em>establishment<\/em> pour faire passer des messages politiques lourds et sans complication excessive ; pour populariser, si vous voulez, des projets encore secrets de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, dont il s&rsquo;agit d&rsquo;annoncer la venue comme une consigne pour les diff\u00e9rents relais de ce m\u00eame <em>establishment<\/em>. Son commentaire est suffisamment radical et suffisamment d\u00e9cal\u00e9 par rapport aux normes de publication dans ce domaine, de ce chroniqueur et \u00e0 cette place, pour figurer comme un de ces textes-consigne (il parle de 2012 et non de 2010, comme si l&rsquo;actuelle s\u00e9quence jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du premier terme de BHO, avec BHO lui-m\u00eame, \u00e9tait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 dans les poubelles de l&rsquo;Histoire).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt que sugg\u00e8re-t-il, qu&rsquo;appelle-t-il de ses vux ? Un troisi\u00e8me parti, un troisi\u00e8me candidat, une hypoth\u00e8se bien audacieuse et peu coutumi\u00e8re du syst\u00e8me qui r\u00e9glerait cet \u00e9pouvantable d\u00e9sordre par l&rsquo;intervention-miracle d&rsquo;un homme providentiel qui serait \u00e9galement le troisi\u00e8me homme. Et d&rsquo;o\u00f9 viendrait-il ? L&rsquo;allusion \u00e0 <em>Silicon Valley<\/em>, partag\u00e9e par TGA, peut \u00eatre prise comme une indication : le seul espoir de l&rsquo;Am\u00e9rique, c&rsquo;est sa pointe de l&rsquo;innovation technologique, bien entendu soutenue par le <em>corporate power<\/em>. D&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;hypoth\u00e8se de savoir si Friedman, au milieu de ses lamentations (comme celles de TGA) qui expriment sans aucun doute un sentiment bien r\u00e9el, n&rsquo;est pas en train de nous sugg\u00e9rer que le <em>corporate power<\/em> et ses manipulations feraient l&rsquo;affaire pour former ce troisi\u00e8me parti d&rsquo;o\u00f9 surgirait le troisi\u00e8me homme providentiel. La proposition de Friedman est suffisamment spectaculaire, voire r\u00e9volutionnaire, pour qu&rsquo;on ne tienne pas compte de cette sorte d&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e9minemment complotiste : qu&rsquo;un Friedman joue au r\u00e9volutionnaire, dans les colonnes du NYT, alors que la r\u00e9volution n&rsquo;est la tasse de th\u00e9 ni de l&rsquo;un ni de l&rsquo;autre, sugg\u00e8re \u00e9videmment qu&rsquo;il y a anguille sous roche. L\u00e0-dessus, puisqu&rsquo;on parle de tasse de th\u00e9, on en revient \u00e0 <em>Tea Party<\/em> que Robert Rich d\u00e9nonce \u00e0 belles dents comme une organisation frontiste du <em>corporate power<\/em>. <em>Tea Party<\/em> serait-il l&rsquo;ossature de ce troisi\u00e8me parti d&rsquo;o\u00f9 sortirait le troisi\u00e8me homme providentiel, qui serait un faux-nez ent\u00e9rinant la prise de pouvoir par le <em>corporate power<\/em>?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant les b\u00e9mols, qui ne sont pas sans un certain poids, voire un poids certain Il y en deux sinon trois, consid\u00e9rables, qui reposent tous sur un m\u00eame mot : <strong>d\u00e9sordre<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t <em>Tea Party<\/em> d&rsquo;abord. L&rsquo;analyse de Frank Rich est une th\u00e8se, pas une certitude. Si m\u00eame il y a des interventions du <em>corporate power<\/em> dans <em>Tea Party<\/em>, nul ne peut dire qu&rsquo;elles soient d\u00e9cisive pour l&rsquo;orientation du mouvement, ni m\u00eame qu&rsquo;elles soient n\u00e9cessairement dans le sens que dit Rich. (En d&rsquo;autres termes, dans les rapports <em>Tea Party<\/em>&#8211;<em>corporate power<\/em>, sans d&rsquo;ailleurs savoir ce qu&rsquo;ils sont vraiment, qui est l&rsquo;idiot utile de qui ?) Raimondo, apr\u00e8s d&rsquo;autres et selon des arguments tr\u00e8s solides pour les uns et les autres, selon la logique d&rsquo;un courant antiguerre et anti-interventionniste, voire isolationniste, nous montre que <em>Tea Party<\/em> travaille clairement contre les int\u00e9r\u00eats du <em>corporate power<\/em>, ou d&rsquo;une partie consid\u00e9rable du <em>corporate power<\/em> (l&rsquo;industrie d&rsquo;armement et associ\u00e9es). C&rsquo;est justement l&rsquo;un des probl\u00e8mes de la th\u00e8se type-complot qu&rsquo;on examine ici : le <em>corporate power<\/em> n&rsquo;est en rien une entit\u00e9 disciplin\u00e9e et unie. Il peut s&rsquo;entendre sur des projets vastes et tr\u00e8s vagues mais lorsqu&rsquo;on arrive au concret, \u00e0 la politique pr\u00e9cise et ordonn\u00e9e, les int\u00e9r\u00eats divergent furieusement, voire s&rsquo;opposent. Il y a un <em>corporate power<\/em> environnementaliste, contre le <em>corporate power<\/em> classique, consum\u00e9riste du syst\u00e8me du technologisme jusqu&rsquo;\u00e0 en crever ; il y a un <em>corporate power<\/em> partisan de l&rsquo;isolationnisme (et du protectionnisme) contre un <em>corporate power<\/em> internationaliste, ouvert, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e9galement interventionniste pro-guerre,  et ainsi de suite. Le d\u00e9sordre du <em>corporate power<\/em> vaut bien celui de <em>Tea Party<\/em> et l&rsquo;on ne voit pas que la th\u00e8se du <em>corporate power<\/em> poursuivant ses manigances ait plus de valeur que celle d&rsquo;un <em>Tea Party<\/em> qui, tout en profitant de soutiens financiers bas\u00e9s sur des illusions, s&#8217;emporterait dans un vrai populisme antiguerre, sans peu de chose en commun avec le soi-disant complot du troisi\u00e8me homme providentiel,  sinon d&rsquo;en \u00eatre purement et simplement le d\u00e9menti.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le deuxi\u00e8me b\u00e9mol, justement, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9tat du d\u00e9sordre, cette fois-ci conduit au niveau de toute la Grande R\u00e9publique, et illustr\u00e9 par la citation de Cornwell, \u00e0 propos de Carter. Cornwell ridiculise le propos de Carter \u00e0 propos d&rsquo;un climat pire qu&rsquo;avant la Guerre de S\u00e9cession. Il a tort pour l&rsquo;intensit\u00e9 de ce climat que d\u00e9crit Carter, et il n&rsquo;a pas n\u00e9cessairement raison, loin s&rsquo;en faut, lorsqu&rsquo;il repousse l&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une nouvelle Guerre Civile (puisque c&rsquo;est le nom qu&rsquo;on donne, aux USA, \u00e0 la Guerre de S\u00e9cession), bien entendu sous une autre forme. Le refus de Cornwell de consid\u00e9rer cette hypoth\u00e8se, alors qu&rsquo;il accepte le jugement sur le d\u00e9sordre, donc sur la gravit\u00e9 de la situation, de Carter, rel\u00e8ve d&rsquo;une analyse rationnelle avec les limites qu&rsquo;il serait avis\u00e9 de relever pour cette sorte de m\u00e9thode,  d&rsquo;autant qu&rsquo;il fait justement, Cornwell, ce reproche \u00e0 Obama, d&rsquo;\u00eatre trop rationnel, comme l&rsquo;une des causes principales de son \u00e9chec. Rien n&rsquo;est rationnel aujourd&rsquo;hui aux USA, et rien n&rsquo;est assur\u00e9 hormis le d\u00e9sordre ; par cons\u00e9quent, le refus rationnel de la perspective d&rsquo;une guerre civile n&rsquo;est certainement pas convaincant, en aucune mani\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le troisi\u00e8me b\u00e9mol est celui de l&rsquo;homme Un troisi\u00e8me homme providentiel ? O\u00f9 le trouver, et qui ferait l&rsquo;affaire ? Une femme providentielle, une Sarah Palin compl\u00e8tement allum\u00e9e, quoique parfois sympathique par contraste avec la lourde hypocrisie ambiante des restes pourrissants de Washington<D>? Cette esp\u00e8ce de p\u00e2le caricature de soldat qu&rsquo;est le bureaucrate-lobbyiste Petraeus dont la vertu est de nous faire prendre des vessies crev\u00e9es pour des lanternes mit\u00e9es ? Voyez-vous Palin soulever le bon peuple dans un sens ordonn\u00e9 ou Petraeus soulever le bon peuple dans un sens rythm\u00e9 d&rsquo;une marche au pas ? Eclair\u00e9 pour une fois, Friedman sait bien qu&rsquo;on ne trouvera pas ce <em>Superman<\/em>, un qui marche vraiment sur l&rsquo;eau. Par contre, c&rsquo;est pour laisser aussit\u00f4t voir les limites path\u00e9tique de cet \u00e9ventuel plan en proposant la solution-miracle du syst\u00e8me qui retrouverait par la gr\u00e2ce d&rsquo;un troisi\u00e8me parti toutes ses vertus dans un mythique et quasi-hollywoodien <em>superconsensus<\/em>, comme le septi\u00e8me de cavalerie qui arrive toujours \u00e0 temps pour sauver le convoi des braves apprentis-fermiers, form\u00e9 en cercle pour r\u00e9sister \u00e0 l&rsquo;attaque des m\u00e9chants, sauvages et non-d\u00e9mocratiques Peaux-Rouges  ce qui fait qu&rsquo;\u00e0 la lecture de cette phrase on doit se pincer pour croire qu&rsquo;on ne r\u00eave pas \u00ab<em>We need to stop waiting for Superman and start building a superconsensus to do the superhard stuff we must do now.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar cons\u00e9quent, le plus grand scepticisme du monde devant cette hypoth\u00e8se du complot (dans le sens o\u00f9 le complot aurait des chances de r\u00e9ussir ; il ne manque jamais de complots, toute autre chose est de les mener \u00e0 bien). Si, pour compl\u00e9ter sans grande conviction notre d\u00e9marche, l&rsquo;on \u00e9largit l&rsquo;hypoth\u00e8se \u00e0 celle d&rsquo;une recherche de reprise en mains par des moyens plus exp\u00e9ditif (on pense au classique coup arm\u00e9, qui encombre encore nos m\u00e9moires d&rsquo;un temps r\u00e9volu et certains \u00e9ditoriaux de la nostalgie d&rsquo;un temps o\u00f9 paraissait si simple), la perspective devient encore plus surr\u00e9aliste ; parce que l&rsquo;arm\u00e9e est \u00e9puis\u00e9e, qu&rsquo;elle n&rsquo;a aucun go\u00fbt pour cette sorte d&rsquo;aventure, que le pouvoir d&rsquo;un tel immense pays en pleines \u00e9bullition et d\u00e9composition est si insaisissable par un coup de force qu&rsquo;un tel coup de force n&rsquo;aboutirait qu&rsquo;\u00e0 accro\u00eetre encore le d\u00e9sordre et, pour le coup, conduirait \u00e0 une vraie guerre civile en version postmoderne. (Il faut garder \u00e0 l&rsquo;esprit que les forces militaires comprennent une Garde Nationale qui s&rsquo;identifie par des unit\u00e9s faites de recrutement dans les Etats de l&rsquo;Union.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors, la seule conclusion que nous tirerons de l&rsquo;exploration de cette hypoth\u00e8se \u00e0 partir du texte de Friedman concerne le constat que le d\u00e9sordre US est, aujourd&rsquo;hui, encore plus profond qu&rsquo;on ne croit ; qu&rsquo;il infecte d\u00e9sormais tous les jugements de l&rsquo;<em>establishment<\/em> (y compris du <em>corporate power<\/em>) ; qu&rsquo;il alimente et alimentera tant et tant d&rsquo;hypoth\u00e8ses, certes, de troisi\u00e8me parti, de troisi\u00e8me homme providentiel, et que cela ne fera qu&rsquo;accro\u00eetre encore plus le d\u00e9sordre. La juste conclusion est plut\u00f4t le constat indubitable que nous avons quitt\u00e9 compl\u00e8tement et sans doute d\u00e9finitivement le territoire rassurant de la structure politique g\u00e9n\u00e9rale du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme. Nous sommes \u00e0 mi-mandat d&rsquo;une pr\u00e9sidence qu&rsquo;on annon\u00e7ait comme d\u00e9cisive et tout le monde p\u00e9rore et d\u00e9bat comme si cette pr\u00e9sidence n&rsquo;\u00e9tait m\u00eame plus effective, comme si elle n&rsquo;existait plus, comme si, effectivement, le d\u00e9sordre avait pris le pouvoir. Les perspectives sont toutes radicales, et plus aucune n&rsquo;a de rapport avec un fonctionnement normal du syst\u00e8me. On parle de novembre 2012 comme on parle de novembre 2010, alors que novembre 2010 n&rsquo;est pas encore fait, comme de situations qui n&rsquo;auront certainement rien \u00e0 voir avec le fonctionnement normal du syst\u00e8me. La d\u00e9composition de l&rsquo;Am\u00e9rique a atteint le stade o\u00f9 il semble devenu impossible de continuer \u00e0 penser qu&rsquo;elle puisse fonctionner normalement, c&rsquo;est-\u00e0-dire selon les normes du syst\u00e8me. La psychologie a atteint le stade de la perception effective de l&rsquo;effondrement du syst\u00e8me, montrant en cela qu&rsquo;elle devient une excellente r\u00e9f\u00e9rence pour nous renseigner sur la v\u00e9rit\u00e9 effective de l&rsquo;\u00e9tat des choses.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 5 octobre 2010 \u00e0 09H32<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nuit de l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle US, le 4 novembre 2008, il semblait que tout \u00e9tait possible. 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