{"id":72396,"date":"2010-10-25T06:55:52","date_gmt":"2010-10-25T06:55:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/10\/25\/les-couleurs-du-crepuscule\/"},"modified":"2010-10-25T06:55:52","modified_gmt":"2010-10-25T06:55:52","slug":"les-couleurs-du-crepuscule","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/10\/25\/les-couleurs-du-crepuscule\/","title":{"rendered":"Les couleurs du cr\u00e9puscule"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Les couleurs du cr\u00e9puscule<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t25 octobre 2010  Dans un environnement politique qui semble parfois pouvoir \u00eatre d\u00e9crit comme une apocalypse d\u00e9mocratique, parlementaire et budg\u00e9taire, le sort du programme JSF (F-35) commence \u00e0 ressembler, selon la formule sarcastique d&rsquo;un commentateur des questions budg\u00e9taires militaires de nos amis, \u00e0 la marche forc\u00e9e d&rsquo;un aveugle au bord du pr\u00e9cipice, \u00e0 l&rsquo;heure du cr\u00e9puscule. L&rsquo;aveugle a un nom, et c&rsquo;est bien le JSF ; mais dans des conditions o\u00f9 l&rsquo;on est conduit \u00e0 observer que le JSF c&rsquo;est bien plus que le JSF, parce que ses d\u00e9boires et la possibilit\u00e9 de son effondrement sont aussi un cas essentiel dans le m\u00e9canisme de l&rsquo;effondrement en cours du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa tourmente a un nom \u00e9galement : l&rsquo;impasse budg\u00e9taire des USA. Elle a un environnement lui-m\u00eame fort tourment\u00e9 : des \u00e9lections folles, la possibilit\u00e9 d&rsquo;une impasse institutionnelle et\/ou d&rsquo;un Congr\u00e8s incontr\u00f4lable, une forte pouss\u00e9e pour des r\u00e9ductions des d\u00e9penses militaires, une administration \u00e0 la d\u00e9rive qui n&rsquo;a plus gu\u00e8re  d&rsquo;autorit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConsid\u00e9rons deux textes, publi\u00e9s le m\u00eame jour sur des sites connus pour leurs accointances ou leurs connexions.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le <a href=\"http:\/\/www.lexingtoninstitute.org\/pentagon-must-push-back-on-congressional-cuts-to-keep-f-35-costs-from-rising?a=1&#038;c=1171\" class=\"gen\">21 octobre 2010<\/a>, Loren B. Thompson, connu universellement comme la voix de Lockheed Martin dans l&rsquo;affaire du JSF, publie sur <em>Early Warning<\/em> (du site du Lexington Institute, dont il est le directeur) un court billet exsudant une angoisse qui est aussi celle de Lockheed Martin (LM). En cause, le projet du S\u00e9nat (suivant la Chambre) de r\u00e9duire le contingent de production du JSF pour 2011 de 42 \u00e0 32 exemplaires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Five years ago the Pentagon had a plan for how it was going to keep the cost of each F-35 Joint Strike Fighter low. The plan was all about economies of scale. Basically, the more planes you produce each year, the less each plane costs. Sort of like building cars. So back then, the plan was to build 64 F-35s in the fifth low-rate production lot, the lot that will be funded in fiscal 2011. But a few years later the Bush Administration decided to trim the lot five buy to 52 planes. Then the Obama Administration cut it to 42. Now Senate appropriators are proposing to cut it again, to 32  half the original plan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>If you want to understand how a single-engine fighter can end up costing a hundred million dollars, this kind of behavior is the place to start<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Sur <em>DoDBuzz<\/em>, le m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dodbuzz.com\/2010\/10\/21\/trade-ya-my-jsfs-for-100-lrstrike-rumor\/\" class=\"gen\">21 octobre 2010<\/a>, Colin Clark, assez mod\u00e9r\u00e9 dans l&rsquo;affaire du JSF mais toujours bien introduit, publie un texte qu&rsquo;il qualifie lui-m\u00eame de rumeur L&rsquo;USAF serait en train de consid\u00e9rer l&rsquo;abandon d&rsquo;au moins 400 des 1.763 F-35 qu&rsquo;elle pr\u00e9voit de commander, en faveur d&rsquo;un nouvel et hypoth\u00e9tique programme, baptis\u00e9 LRS pour <em>Long Range Strike<\/em>. La cause est toujours budg\u00e9taire ; des bruits (rumeurs) sur la possibilit\u00e9 que des restrictions budg\u00e9taires impos\u00e9es par le Congr\u00e8s conduisent \u00e0 la fermeture de certaines bases lointaines, for\u00e7ant l&rsquo;USAF \u00e0 reconsid\u00e9rer sa planification pour les attaques \u00e0 longue distance. Ne disposant plus de points d&rsquo;appui rapproch\u00e9s de certaines cibles strat\u00e9giques, il lui faudrait un syst\u00e8me \u00e0 grandes capacit\u00e9s d&rsquo;autonomie pour intervenir de plus loin. A cet \u00e9gard, le JSF est beaucoup trop court ; d&rsquo;o\u00f9 l&rsquo;id\u00e9e du LRS.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>As pressure rises for the US to abandon overseas bases crucial to the U.S. ability to reach deep into China, Russia and other strategic locations, the service is growing increasingly hungry to buy a basket of long range strike capabilities.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Air Force officials say it would probably be a mix of platforms  manned and unmanned  and some of them will almost certainly be stealthy and they will boast a range of at least 1,800 miles. And they will be expensive<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Now there are discussions inside the Air Force  we aren&rsquo;t sure how far along they are  about trading as many as 400 Joint Strike Fighters to get 100 of the LRS planes. We would love to do that, but the politics of it are very difficult. Senior leadership is worried that any cut to the buy will drive the unit costs up, this Air Force source said. And that would make defending the JSF more difficult on Capitol Hill.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Le programme JSF est-il en train de br\u00fbler ? Il ne serait pas le seul Cette fois, la connexion est directe et universelle, entre les probl\u00e8mes fondamentaux que rencontre ce programme et les cons\u00e9quences sans fin, essentiellement budg\u00e9taires pour notre cas, de la crise financi\u00e8re de 2008. Les deux points mis en \u00e9vidence par nos deux chroniqueurs ci-dessus, dont aucun n&rsquo;est adversaire du JSF,  c&rsquo;est le moins qu&rsquo;on puisse dire, au moins de Loren B. Thompson,  illustrent le climat d&rsquo;incertitude qui touche aujourd&rsquo;hui le programme JSF, dans sa centralit\u00e9 m\u00eame. En effet, il s&rsquo;agit, avec ces deux nouvelles, de de l&rsquo;attitude du Congr\u00e8s et de l&rsquo;attitude des forces arm\u00e9es US elles-m\u00eames.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes derni\u00e8res semaines, le programme JSF a \u00e9t\u00e9 cruellement fragilis\u00e9 dans deux domaines principalement, par des situations nullement sp\u00e9culatives mais d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 concr\u00e9tis\u00e9es, tout ou en partie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La d\u00e9cision britannique <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-londres_invente_le_porte-avions_neuf_sans_avion_desarme_et_solde_au_bout_de_3_ans_19_10_2010.html\" class=\"gen\">concernant<\/a> les <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jsf_a_la_moulinette_britannique_20_10_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">porte-avions<\/a>, dans le cadre de la Strategic Review, qui implique une r\u00e9duction radicale de la commande th\u00e9orique britannique de JSF (de 138 \u00e0 un nombre situ\u00e9 entre 20 et 40 exemplaires), avec la possibilit\u00e9 de l&rsquo;abandon total de cette commande. Le Royaume-Uni \u00e9tant <em>de facto<\/em> une sorte de membre co-fondateur avec les USA du programme, et le premier partenaire international, l&rsquo;impact de cette d\u00e9cision est \u00e0 mesure. (Il l&rsquo;est d&rsquo;autant plus que la d\u00e9cision britannique est accompagn\u00e9e d&rsquo;un climat g\u00e9n\u00e9ral extr\u00eamement pr\u00e9occupant pour ce domaine des coop\u00e9rants, avec la plupart de ces coop\u00e9rants refusant de s&rsquo;engager dans des commandes fermes.) Lockheed Martin et le Pentagone n&rsquo;ont pas r\u00e9agi officiellement mais les indications disponibles indiquent que le coup a \u00e9t\u00e9 si rude qu&rsquo;il pourrait \u00eatre d\u00e9crit comme le coup le plus terrible port\u00e9 au programme JSF depuis son d\u00e9marrage. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation proche d&rsquo;un v\u00e9ritable blocage, pour l&rsquo;instant, des perspectives jusqu&rsquo;alors envisag\u00e9es pour la coop\u00e9ration internationale dans son rayon exportations ; une situation qui n\u00e9cessiterait une refonte compl\u00e8te de l&rsquo;effort de LM dans ce domaine. Mais les conditions g\u00e9n\u00e9rales pour cet effort sont particuli\u00e8rement d\u00e9testables&#8230; Ce qui nous conduit au second point.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le cas du F-35B \u00e0 d\u00e9collage vertical. Certains jugent que la d\u00e9cision britannique est notamment li\u00e9e \u00e0 la situation du F-35B \u00e0 d\u00e9collage et atterrissage court\/vertical (ADAC\/V), que les Britanniques abandonnent, en th\u00e9orie pour le F-35C (avion embarqu\u00e9 conventionnel). Si les Britanniques ont choisi cette voie, poursuit ce raisonnement, c&rsquo;est parce qu&rsquo;ils pensent que le F-35B n&rsquo;est pas techniquement et op\u00e9rationnellement viable, et qu&rsquo;il sera abandonn\u00e9 de toutes les fa\u00e7ons. Effectivement, le F-35B accuse un retard consid\u00e9rable dans son d\u00e9veloppement et rencontre sans aucun doute des difficult\u00e9s techniques \u00e0 mesure, ce qui implique au mieux un retard consid\u00e9rable de l&rsquo;avion en op\u00e9rations, \u00e0 un co\u00fbt \u00e9galement tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9. Tout cela conduit \u00e0 une appr\u00e9ciation de plus en plus courante selon laquelle l&rsquo;abandon de la version F-35B serait in\u00e9luctable. Son principal acheteur, le Marine Corps, qui est en pleine r\u00e9vision strat\u00e9gique sur ses missions et \u00e9volue vers une plus grande int\u00e9gration avec l&rsquo;U.S. Navy notamment pour des raisons d&rsquo;\u00e9conomie dans un contexte budg\u00e9taire catastrophique, pourrait envisager de r\u00e9duire sa composante a\u00e9rienne au profit d&rsquo;une couverture a\u00e9rienne fournie par la Navy. (Ce dernier point n&rsquo;implique en rien une s\u00e9curisation du sort du JSF dans sa version navale, car, l\u00e0 aussi, les doutes <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_navy_et_le_jsf_une_vieille_histoire_18_09_2010.html\" class=\"gen\">subsistent<\/a> et <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_navy_et_le_jsf_suite_very_very_stealthy_04_10_2010.html\" class=\"gen\">grandissent<\/a>, quant \u00e0 la solidit\u00e9 de l&rsquo;engagement de l&rsquo;U.S. Navy dans ce programme JSF, pour cette version F-35C elle-m\u00eame.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFaites le total : toutes les mauvaises nouvelles, r\u00e9elles ou potentielles, du programme JSF, ont un lieu direct ou indirect avec la situation budg\u00e9taire catastrophique aux USA, mais \u00e9galement chez les autres (c&rsquo;est le cas pour les Britanniques). L&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit g\u00e9n\u00e9ral, aujourd&rsquo;hui, est que le JSF est proche d&rsquo;entrer, si ce n&rsquo;est fait, dans une <em>death spiral<\/em> budg\u00e9taire, ou, si vous voulez, un cercle vicieux mortel,  ainsi d\u00e9crit sans prendre en compte les \u00e9ventuels, ou d\u00e9j\u00e0 bien r\u00e9els probl\u00e8mes techniques : un ralentissement constant du programme en raison des limitations constantes des cr\u00e9dits disponibles, une aggravation des conditions du programme (notamment des co\u00fbts) en raison de ces retards constants, ces augmentations de co\u00fbts entra\u00eenant \u00e0 leur tour une aggravation des retards constants et ainsi de suite  situation parfaite de deux facteurs aggravants s&rsquo;alimentant l&rsquo;un l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi le JSF est-il entr\u00e9 dans une nouvelle \u00e9poque, d\u00e9finitivement. Il n&rsquo;est plus un ph\u00e9nom\u00e8ne propre, un artefact de puissance inou\u00efe et de technologie se suffisant \u00e0 lui-m\u00eame et referm\u00e9 sur lui-m\u00eame, avec sa propre logique et sa propre dynamique, et per\u00e7u comme devant imp\u00e9rativement \u00eatre men\u00e9 \u00e0 son terme \u00e0 cause de tous les ces enjeux implicites. (C&rsquo;est ce que Richard Aboulafia, du Teal Group, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_rapport_du_teal_group_sur_le_jsf_ou_la_fable_recommencee_11_06_2005.html\" class=\"gen\">d\u00e9finissait<\/a> de la sorte : : \u00ab<em>Le JSF pourrait faire \u00e0 l&rsquo;industrie europ\u00e9enne ce que le F-16 a presque r\u00e9ussi : la d\u00e9truire<\/em>. [&#8230;]<em> Le JSF est au moins autant une strat\u00e9gie nationale qu&rsquo;un programme d&rsquo;avion de combat.<\/em>\u00bb) Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement happ\u00e9 dans un autre monde, le monde r\u00e9el si l&rsquo;on veut, celui de l&rsquo;\u00e9quipement g\u00e9n\u00e9ral des forces dans un temps de crise budg\u00e9taire aigu, dans un environnement o\u00f9 il est \u00e0 chaque instant menac\u00e9 de perdre la priorit\u00e9 qui \u00e9tait la sienne jusqu&rsquo;alors,  si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait, cette perte fatale de son statut de programme prioritaire Le JSF est menac\u00e9 d&rsquo;\u00eatre jet\u00e9 aux chiens, c&rsquo;est-\u00e0-dire \u00e0 la pression et \u00e0 la concurrence des autres programmes et des divers postes budg\u00e9taires du domaine de la d\u00e9fense, qui n&rsquo;attendent qu&rsquo;une occasion de venir, chacun, lui arracher sa part de cr\u00e9dit pour sa propre sauvegarde ; dans ce cas, la position du JSF de plus grand programme, notamment en termes budg\u00e9taires, du Pentagone, devient un handicap fatal,  le programme o\u00f9 tout le monde veut aller se servir pour arracher un morceau de viande fra\u00eeche <\/p>\n<h3>L&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie tributaire du budget<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn point sans aucun doute int\u00e9ressant, dans le billet rumeur de Colin Clark, c&rsquo;est l&rsquo;environnement que Clark signale : \u00ab<em>As pressure rises for the US to abandon overseas bases<\/em>\u00bb Pour nous, c&rsquo;est une premi\u00e8re nouvelle \u00e0 cet \u00e9gard, et, si cela est confirm\u00e9, l&rsquo;annonce que nous \u00e9voluons vers des choses s\u00e9rieuses. L&rsquo;abandon \u00e9ventuel de certaines bases ext\u00e9rieures dans le r\u00e9seau mondial de pression et d&rsquo;influence du Pentagone, et cela directement \u00e0 cause de contraintes budg\u00e9taires, ce serait un acte essentiel signalant que s&rsquo;est mise en marche une m\u00e9canique de r\u00e9duction budg\u00e9taire <strong>r\u00e9elle<\/strong> pour le Pentagone, c&rsquo;est-\u00e0-dire touchant <strong>r\u00e9ellement<\/strong> ses capacit\u00e9s h\u00e9g\u00e9moniques. Si c&rsquo;est le cas, c&rsquo;est qu&rsquo;alors la situation budg\u00e9taire est jug\u00e9e suffisamment grave pour l&rsquo;\u00e9quilibre de la puissance US, pour qu&rsquo;on en fasse une priorit\u00e9, au-dessus de la puissance h\u00e9g\u00e9monique du Pentagone ; c&rsquo;est qu&rsquo;alors la pression de la situation budg\u00e9taire est suffisamment forte pour que plus aucun barrage ne semble pouvoir assurer une r\u00e9sistance suffisante au capital de la puissance h\u00e9g\u00e9monique. Le cr\u00e9puscule signal\u00e9 plus haut (la marche forc\u00e9e d&rsquo;un aveugle au bord du pr\u00e9cipice, \u00e0 l&rsquo;heure du cr\u00e9puscule) serait alors celui de la puissance US, avec, comme perspective, la question de savoir si la structure m\u00eame des USA, c&rsquo;est-\u00e0-dire du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, r\u00e9sisterait \u00e0 ce choc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSelon cette approche, le cas du JSF devient \u00e0 la fois infiniment plus tragique et infiniment plus significatif. Il devient \u00e0 la fois le pivot, le moyen et l&rsquo;indicateur du vacillement de la puissance g\u00e9n\u00e9rale des USA,  son propre vacillement \u00e9tant l&rsquo;indication \u00e0 la fois du vacillement de la puissance budg\u00e9taire des USA et de la puissance h\u00e9g\u00e9monique des USA. D\u00e9sormais, en effet, le JSF est l&rsquo;indice le plus direct, le lien le plus visible et le plus fort entre ces deux forces fondamentales, exposant chacune leurs vuln\u00e9rabilit\u00e9s ontologiques dont l&rsquo;effet touche l&rsquo;\u00e9quilibre et le cur de la puissance des USA. D\u00e9sormais, il appara\u00eet possible de consid\u00e9rer, \u00e0 la veille de l&rsquo;inauguration d&rsquo;un nouveau Congr\u00e8s (le 1er janvier 2011), dans des conditions jamais exp\u00e9riment\u00e9es auparavant (pr\u00e9sence de <em>Tea Party<\/em>, possibilit\u00e9 de blocages institutionnels), que nous sommes entr\u00e9s, institutionnellement, dans la zone de l&rsquo;effondrement actif du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, et le JSF est l&rsquo;un des indicateurs les plus s\u00fbrs du ph\u00e9nom\u00e8ne, et il sera l&rsquo;un des premiers \u00e0 nous manifester les premiers signes indubitables de cet effondrement. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Notez bien que ces commentaires, qui concernent le JSF, pourraient aussi bien concerner une analyse sur la situation g\u00e9n\u00e9rale des USA, dans une perspective extr\u00eamement courte. Cela montre l&rsquo;importance du JSF, autant que l&rsquo;\u00e9tat extr\u00eamement grave de la situation US, et les signes que les choses se pr\u00e9cipitent.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est \u00e9galement significatif que le JSF soit consid\u00e9r\u00e9, dans le billet de Clark, dans le cadre de l&rsquo;amorce d&rsquo;une r\u00e9vision des structures capacitaires de l&rsquo;USAF (le service qui, pour l&rsquo;instant, tient le JSF \u00e0 bout de bras,  sans que nous sachions s&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas de le soutenir comme la corde soutient le pendu). Cette possible r\u00e9vision structurelle, telle qu&rsquo;elle est envisag\u00e9e, avec la recherche \u00e9ventuelle de syst\u00e8me \u00e0 plus longue autonomie, est une indication claire d&rsquo;un sens politique. Elle implique un isolationnisme <em>de facto<\/em>, qui serait dans ce cas un isolationnisme de crise, un repli pr\u00e9cipit\u00e9 et forc\u00e9 sur la dimension continentale et ses approches, un <em>remake<\/em> de la tendance au repli isolationniste qui avait accompagn\u00e9 le repli du Vietnam (c&rsquo;\u00e9tait la tendance du parti d\u00e9mocrate avec la candidature McGovern de 1972), mais certes, dans des conditions bien plus pressantes, d&rsquo;une gravit\u00e9 sans comparaison possible puisque c&rsquo;est tout l&rsquo;\u00e9quilibre du syst\u00e8me qui est en cause. Encore n&rsquo;envisageons-nous pas les capacit\u00e9s de repli si certaines bases \u00e9taient abandonn\u00e9es, c&rsquo;est-\u00e0-dire la capacit\u00e9 du Pentagone \u00e0 effectivement effectuer un repli d&rsquo;importance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc l&rsquo;essentiel La crise du JSF, car crise il y a plus que jamais bien entendu, est en train de devenir une crise nationale dans la mesure irr\u00e9sistible o\u00f9 elle repr\u00e9sente d\u00e9sormais, d&rsquo;une fa\u00e7on directe, une des connexions principales, sinon la connexion principale entre deux pans essentiels de la crise du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme : la crise budg\u00e9taire et la crise du Pentagone, la crise de la puissance des moyens financiers et la crise de l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie (de la puissance des moyens h\u00e9g\u00e9moniques militaires).<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les couleurs du cr\u00e9puscule 25 octobre 2010 Dans un environnement politique qui semble parfois pouvoir \u00eatre d\u00e9crit comme une apocalypse d\u00e9mocratique, parlementaire et budg\u00e9taire, le sort du programme JSF (F-35) commence \u00e0 ressembler, selon la formule sarcastique d&rsquo;un commentateur des questions budg\u00e9taires militaires de nos amis, \u00e0 la marche forc\u00e9e d&rsquo;un aveugle au bord du&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3109,8695,3168,3285,5923,3228,2631,2604,2651,2969,5128,10208,250,8118,3473,10209,9104,3014,3474,41],"class_list":["post-72396","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-b","tag-budgetaire","tag-clark","tag-congres","tag-couts","tag-crise","tag-de","tag-des","tag-du","tag-f-35","tag-f-35b","tag-hegemoniques","tag-jsf","tag-lamericanisme","tag-loren","tag-lrs","tag-moyens","tag-systeme","tag-thompson","tag-usaf"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72396","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72396"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72396\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72396"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72396"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72396"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}