{"id":72422,"date":"2010-11-03T18:04:50","date_gmt":"2010-11-03T18:04:50","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/03\/vers-sa-destinee\/"},"modified":"2010-11-03T18:04:50","modified_gmt":"2010-11-03T18:04:50","slug":"vers-sa-destinee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/03\/vers-sa-destinee\/","title":{"rendered":"\u00ab <em>Vers sa destin\u00e9e<\/em> \u00bb\u2026"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">&laquo; <em>Vers sa destin\u00e9e<\/em> &raquo;&hellip;<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>3 novembre 2010 &mdash; Le titre original, <em>Young Mr. Lincoln<\/em>, ne ferait pas l&rsquo;affaire. La traduction (adaptation) fran\u00e7aise, <em>Vers sa destin\u00e9e<\/em>, arrange beaucoup mieux notre affaire. Ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Vers_sa_destin\u00e9e\">film<\/a> de John Ford, sorti en 1939, nous contant les d\u00e9buts d&rsquo;Abraham Lincoln en politique, est un bon symbole paradoxal pour Barack Obama, dont le h\u00e9ros affich\u00e9 est sans aucun doute Abraham Lincoln, et qui se trouve dans une situation similaire \u00e0 celle de son h\u00e9ros, mais \u00e0 front renvers\u00e9 et \u00e0 chronologie invers\u00e9e, &ndash; <em>Young Mr. Obama<\/em>, d\u00e9j\u00e0 si us\u00e9, si d\u00e9senchant\u00e9&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Bien, les \u00e9lections <em>midterm<\/em> se sont d\u00e9roul\u00e9es \u00e0 peu pr\u00e8s comme pr\u00e9vu, sans surprise, puisque la surprise colossale des r\u00e9sultats (le retour en force du parti r\u00e9publicain discr\u00e9dit\u00e9 par huit folles ann\u00e9es de \u00ab\u00a0bushisme\u00a0\u00bb, avec le poids terrible de <em>Tea Party<\/em> en bandouill\u00e8re) n&rsquo;en est plus une, depuis des semaines d\u00e9j\u00e0&hellip; Donc, attachons-nous au pi\u00e8tre acteur principal de ces \u00e9lections, le messie de 2008 devenu une sorte de Hamlet effac\u00e9 et traqu\u00e9, avec ce titre de <em>The Independent<\/em> qui nous satisfait bien, sauf qu&rsquo;en plus d&rsquo;Obama, il vaut tout simplement pour la Grande R\u00e9publique elle-m\u00eame : &laquo;<em>Obama walks into unknown territory<\/em>&raquo; (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/obama-walks-into-unknown-territory-2123627.html\">3 novembre 2010<\/a>), &ndash; que nous traduirions donc sans craindre l&rsquo;audace de notre adaptation \u00e0 la v\u00e9ritable situation : \u00ab\u00a0l&rsquo;Am\u00e9rique entre dans sa <em>terra incognita<\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelques extraits du commentaire de David Usborne, auteur du texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>\u00ab\u00a0Tonight there is a Tea Party tidal wave,\u00a0\u00bb declared Rand Paul, the victor of the Senate race in Kentucky and among the most high profile winners backed by the insurgent conservative movement. \u00ab\u00a0They tell me that the Senate is the most deliberative body&#8230; deliberate on this: the American people are unhappy with what&rsquo;s going on in Washington.\u00a0\u00bb<\/em> [&hellip;]<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>A divided government in Washington will threaten to neuter the \u00ab\u00a0Obama r\u00e9volution\u00a0\u00bb that sparked so much anticipation globally upon his election two years ago. A chill could quickly settle both on elements of his domestic agenda and on America&rsquo;s engagement on the world stage, jeopardising progress on topics as wide-ranging as arms control and climate change.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>With the vastly expensive midterm campaign over, attention will quickly shift to 2012. While no one doubts that Mr Obama will present himself for a second term, he will go into that battle undermined by the punishment delivered by voters.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>The picture for the Republicans is bright but with storms looming. More power means more responsibility and the risk that gridlock over the next two years will end up hurting them at the ballot box next time as much as the President. Leaders of the party must now calculate whether it will serve them better to launch an all-out assault on Mr Obama or soften their stance to demonstrate bipartisanship.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>&raquo;<em>Meanwhile, the gale of speculation about who among their ranks will surface to challenge Mr Obama two years hence starts today. The success of Tea Party candidates brings a sort of horrified thrill at the prospect of Sarah Palin being the nominee. Her star may actually fade as figures like Paul wield their influence on Capitol Hill. One possible casualty of the new Tea Party caucus may be John Boehner, the putative new House Speaker. The Tea Party considers him too moderate.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Disons avec indulgence que tout est dit, sauf l&rsquo;essentiel&hellip; Derri\u00e8re ces appr\u00e9ciations factuelles, chronologiques, etc., se profile le fait essentiel en mati\u00e8re de probabilit\u00e9s de prospective. C&rsquo;est le d\u00e9sordre, c&rsquo;est le processus politique non seulement bloqu\u00e9, mais hors de contr\u00f4le et incontr\u00f4lable.<\/p>\n<\/p>\n<p><h4> <\/h4>\n<\/p>\n<p><p>On dit d&rsquo;habitude : \u00ab\u00a0Untel a jou\u00e9, il a perdu\u00a0\u00bb. Avec Obama, c&rsquo;est beaucoup plus d\u00e9solant : il n&rsquo;a pas jou\u00e9 et il a perdu&hellip; Cela ne signifie pas qu&rsquo;il sera battu en 2012, parce que cette \u00e9ch\u00e9ance est beaucoup trop \u00e9loign\u00e9e pour qu&rsquo;on puisse sp\u00e9culer l\u00e0-dessus. Cela veut dire que la situation, dont Obama est le responsable <em>volens nolens<\/em> parce que dans sa position il est responsable de tout, est la pire possible : le parti d\u00e9mocrate battu et d\u00e9vast\u00e9, derri\u00e8re un chef (BHO) dans lequel il n&rsquo;a plus aucune confiance et qui n&rsquo;a plus gu\u00e8re d&rsquo;autorit\u00e9 sur ce parti ; une grande victoire pourrie pour le parti r\u00e9publicain, qui tra&icirc;ne d\u00e9sormais avec lui sa gangr\u00e8ne, ou son \u00e9pilepsie c&rsquo;est selon, nomm\u00e9e <em>Tea Party<\/em>, et qui se trouverait en bien difficile posture pour \u00e9ventuellement \u00e9tablir certains rapports avec l&rsquo;administration pour une certaine coop\u00e9ration \u00e0 son avantage, &ndash; si seulement il le voulait. Et vous voudriez faire quelque pronostic que ce soit pour 2012 ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Les jugements sont en g\u00e9n\u00e9ral tr\u00e8s s\u00e9v\u00e8res ou tr\u00e8s inquiets pour Obama, qu&rsquo;on voit en g\u00e9n\u00e9ral coinc\u00e9, impuissant, etc. Soudain, on juge qu&rsquo;il ne parviendra pas \u00e0 appliquer son programme, voire, pour certains des chroniqueurs les plus enthousiastes, poursuivre sa \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb. Ceux qui s&rsquo;expriment ainsi ont la m\u00e9moire courte ou la m\u00e9moire singuli\u00e8rement racoleuse, &ndash; en laissant supposer qu&rsquo;il avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 dans ce sens. Durant ces deux ann\u00e9es 2009-2010, Obama n&rsquo;a eu \u00e0 l&rsquo;esprit qu&rsquo;une seule pr\u00e9occupation : \u00e9tablir, ou r\u00e9tablir si l&rsquo;on veut, la formule dite \u00ab\u00a0bipartisane\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire des formules d&rsquo;accord avec les r\u00e9publicains pour parvenir \u00e0 des l\u00e9gislations avec le soutien le plus large. Il a donc constamment d\u00e9riv\u00e9 sur la droite dans ses principaux projets, vers les r\u00e9publicains, notamment pour ses deux grandes soi-disant \u00ab\u00a0victoires\u00a0\u00bb, les soins de sant\u00e9 et la r\u00e9gulation des banques. Dans les deux cas, il est arriv\u00e9 \u00e0 des formules hybrides de compromis, faisant une large part aux demandes des r\u00e9publicains. Ce fut notamment le cas pour la longue bataille sur la place du secteur public dans la l\u00e9gislation sur les soins de sant\u00e9. Tous ses actes de l\u00e9gislation furent donc des \u00ab\u00a0compromis\u00a0\u00bb faisant la part belle aux demandes des r\u00e9publicains, sans pour autant rallier le soutien des r\u00e9publicains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>En effet, de leur c\u00f4t\u00e9, les r\u00e9publicains ont suivi une tactique qui est un curieux double de la d\u00e9marche d&rsquo;Obama : au plus Obama se rapprochait de leur positions th\u00e9oriques, au plus les r\u00e9publicains s&rsquo;\u00e9loignaient de ces positions th\u00e9oriques en se radicalisant, \u00e9videmment vers la droite. En cela, ils suivaient moins une tactique d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d&rsquo;obstruction qu&rsquo;ils ne r\u00e9pondaient aux pressions de <em>Tea Party<\/em> en les interpr\u00e9tant \u00e0 leur fa\u00e7on. Les r\u00e9publicains se trouvaient en effet paradoxalement en position de faiblesse, justement du fait de la naissance du mouvement <em>Tea Party<\/em>, apr\u00e8s huit ann\u00e9es d&rsquo;une politique bushiste qui les avait plac\u00e9s en position tr\u00e8s d\u00e9licate. Ainsi les r\u00e9publicains \u00e9taient-ils autant prisonniers de leur droite (<em>Tea Party<\/em>) qu&rsquo;Obama l&rsquo;\u00e9tait de la sienne (rapprochement des r\u00e9publicains).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>De ce fait, tout l&rsquo;\u00e9chiquier de la politique US s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9 vers la droite, sans pourtant qu&rsquo;on puisse parler d&rsquo;une v\u00e9ritable \u00ab\u00a0\u00e9volution politique\u00a0\u00bb. Chacun \u00e9tait prisonnier de ce qu&rsquo;il jugeait \u00eatre, souvent d&rsquo;une fa\u00e7on factice et simplement correspondante aux interpr\u00e9tations du syst\u00e8me de communication, ses propres obligations de sauvegarde. Pour Obama, la conception \u00e9tait qu&rsquo;il fallait \u00e0 tout prix \u00e9viter une politique partisane pour parvenir \u00e0 apporter des solutions fondamentales aux graves probl\u00e8mes conjoncturels et structurels mis en \u00e9vidence ou n\u00e9s de la crise. Pour les r\u00e9publicains, il s&rsquo;agissait de retrouver une assise populaire qu&rsquo;ils avaient perdue dans les d\u00e9sastreuses ann\u00e9es 2006-2008, depuis la victoire d\u00e9mocrate de novembre 2006 (<em>midterm<\/em>). Le r\u00e9sultat est qu&rsquo;aucun de ces deux partis, ou des deux ailes du \u00ab\u00a0parti unique\u00a0\u00bb, ne l&rsquo;a v\u00e9ritablement emport\u00e9 le 2 novembre, quoi qu&rsquo;il en soit des r\u00e9sultats. Chacun s&rsquo;est d\u00e9plac\u00e9 par rapport \u00e0 sa position naturelle, avec pour les d\u00e9mocrates la perte d&rsquo;une assise populaire importante (ind\u00e9pendants et d\u00e9mocrates de gauche) sans rien gagner en \u00e9change, et pour les r\u00e9publicains une certaine r\u00e9surrection d&rsquo;un soutien populaire mais qui n&rsquo;est pas faite finalement \u00e0 son avantage mais \u00e0 l&rsquo;avantage de <em>Tea Party<\/em> qui y a gagn\u00e9 son institutionnalisation sans pour autant \u00eatre \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb par les r\u00e9publicains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat est que dans ces \u00e9lections o&ugrave; il y a en th\u00e9orie un parti gagnant et un parti vaincu, c&rsquo;est l&rsquo;ensemble du syst\u00e8me qui a perdu une bonne part de sa l\u00e9gitimit\u00e9. Quoi qu&rsquo;en veuillent les dirigeants des deux partis, tout indique que la surench\u00e8re de la premi\u00e8re partie du mandat Obama va se poursuivre et s&rsquo;accentuer, cette fois sans doute avec une plus grande autonomie et une plus grande duret\u00e9 de la part des d\u00e9mocrates qui seront de moins en moins inclin\u00e9s \u00e0 suivre Obama (si celui-ci recherche toujours l&rsquo;entente avec les r\u00e9publicains). Un sondage paru juste avant l&rsquo;\u00e9lection (le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.rawstory.com\/rs\/2010\/10\/shock-poll-dems-nominee-2012\/\">30 octobre 2010<\/a>, sur <em>RAW Story<\/em>) indique que 51% des personnes ayant vot\u00e9 en 2008 estiment qu&rsquo;Obama \u00ab\u00a0m\u00e9rite\u00a0\u00bb d&rsquo;\u00eatre battu en 2012, et, surtout, que 47% des d\u00e9mocrates pr\u00e9f\u00e9reraient qu&rsquo;il y ait en 2012 un autre candidat d\u00e9mocrate qu&rsquo;Obama. Du c\u00f4t\u00e9 r\u00e9publicain, on comprend que la v\u00e9ritable pr\u00e9occupation de l&rsquo;<em>establishment<\/em> sera de contenir la pouss\u00e9e de <em>Tea Party<\/em>, mais de fa\u00e7on \u00e0 ne pas s&rsquo;ali\u00e9ner <em>Tea Party<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire en faisant des concessions \u00e0 <em>Tea Party<\/em>, c&rsquo;est-\u00e0-dire en se radicalisant, tant il est d\u00e9j\u00e0 fortement ancr\u00e9 dans les esprits, &ndash; que cela soit juste ou pas importe peu, &ndash; que <em>Tea Party<\/em> jouera un r\u00f4le fondamental dans l&rsquo;\u00e9lection de 2012. Plus qu&rsquo;un apaisement, il faut donc s&rsquo;attendre \u00e0 un paroxysme suppl\u00e9mentaire dans le d\u00e9sordre politique, voire avec d&rsquo;autres d\u00e9sordres \u00e9ventuels, avec une tendance de plus en plus marqu\u00e9e, y compris dans l&rsquo;<em>establishment<\/em> (voir <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_troisieme_homme_providentiel__05_10_2010.html\">Thomas Friedman<\/a>), \u00e0 chercher des ouvertures vers une troisi\u00e8me candidature, une sorte de \u00ab\u00a0troisi\u00e8me parti\u00a0\u00bb&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\"><em>Poor<\/em> Obama, pauvre BHO<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Pauvre Obama&hellip; (<em>Poor<\/em> BHO&hellip; D\u00e9tail, signal\u00e9 par Usborne : &laquo;<em>&hellip;8,000: The number of people who turned up to hear the President speak in Cleveland in his final speech of the campaign. He was heard by an exuberant 80,000 in the same city in 2008.<\/em>&raquo;) Sa situation montre qu&rsquo;il faut bien plus que de l&rsquo;intelligence, du brio, du talent, de la raison pour tenter de figurer dans cette vaste tragi-com\u00e9die qui devient de plus en plus une com\u00e9die tragique, qu&rsquo;est la situation am\u00e9ricaniste ; il faut de l&rsquo;intuition, et il faut l&rsquo;intuition haute, celle qui vous emporte et vous conduit \u00e0 des actes hors du commun.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;homme a r\u00e9ussi une magnifique conqu\u00eate du pouvoir, sa p\u00e9riode de transition (novembre 2008-janvier 2009) a \u00e9t\u00e9 un mod\u00e8le du genre, son inauguration un grand moment symbolique, cela au milieu du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme qui tremblait sur ses base. Puis, entr\u00e9 \u00e0 la Maison-Blanche et devenu le pr\u00e9sident Obama, sa chute commen\u00e7a.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a bien des raisons ext\u00e9rieures pour expliquer cette \u00e9trange destin\u00e9e o&ugrave; le destin d&rsquo;un homme semble s&rsquo;arr\u00eater exactement au moment o&ugrave; il devrait commencer. Aucune n&rsquo;\u00e9gale cette cause centrale qu&rsquo;est sa formidable impuissance \u00e0 laisser s&rsquo;exprimer une intuition haute qui aurait d&ucirc; lui permettre de saisir l&rsquo;ampleur de la trag\u00e9die de l&rsquo;Am\u00e9rique. Obama, le brillant pr\u00e9sident Africain-Am\u00e9ricain, s&rsquo;est install\u00e9 \u00e0 la Maison-Blanche comme un nouveau riche acc\u00e8de \u00e0 la fortune, \u00e9bloui par l&rsquo;\u00e9clat des ors et l&rsquo;\u00e9cho de la pompe l\u00e0 o&ugrave;, au contraire, il aurait du s&rsquo;\u00e9vertuer \u00e0 mettre en \u00e9vidence la vanit\u00e9 de ces artifices du syst\u00e8me. Obama, en sa qualit\u00e9 d&rsquo;Africain-Am\u00e9ricain, aurait tout aussi bien m\u00e9rit\u00e9 l&rsquo;appr\u00e9ciation insultante et m\u00e9prisante d&rsquo;Harry Belafonte pour Powell et Rice, en <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_troisieme_homme_providentiel__05_10_2010.html\">novembre 2002<\/a>, d&rsquo;\u00eatre des \u00ab\u00a0<em>house slaves<\/em>\u00a0\u00bb de l&rsquo;administration Bush (des esclaves noirs \u00ab\u00a0collaborateurs\u00a0\u00bb de leurs ma&icirc;tres blancs, en \u00e9change de menus plaisirs et avantages), &ndash; Obama, \u00ab\u00a0<em>house slave<\/em>\u00a0\u00bb du syst\u00e8me&#8230; Le fait remarquable est qu&rsquo;\u00e0 ce jeu tout le monde a perdu, et Obama, dont le syst\u00e8me attendait qu&rsquo;il redress\u00e2t ou amor\u00e7\u00e2t le redressement du syst\u00e8me, n&rsquo;a pu qu&rsquo;aggraver son \u00e9tat et sa chute d&rsquo;effondrement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;affaire se r\u00e9sume \u00e0 peu de choses, simplement \u00e0 l&rsquo;expression \u00ab\u00a0<em>American<\/em> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html \">Gorbatchev<\/a>\u00ab\u00a0, que nous avons tant utilis\u00e9e : cette intuition haute qui l&rsquo;aurait pouss\u00e9 \u00e0 tenter un coup d&rsquo;\u00e9clat, qui aurait pu \u00eatre compar\u00e9 \u00e0 un \u00ab\u00a0coup d&rsquo;Etat\u00a0\u00bb, pour d\u00e9stabiliser le syst\u00e8me et introduire en-dedans de lui le germe de sa d\u00e9structuration. Le mod\u00e8le existait pourtant (Gorbatchev) et les circonstances exemplaires (l&rsquo;action de Gorbatchev vis-\u00e0-vis du syst\u00e8me sovi\u00e9tique). Le pr\u00e9sident Obama n&rsquo;a pas os\u00e9, ou bien il n&rsquo;en a pas eu l&rsquo;id\u00e9e, saisi par le vertige confortable du conformisme, ou bien il \u00e9tait impuissant \u00e0 en avoir l&rsquo;id\u00e9e, finalement \u00e9tranger \u00e0 l&rsquo;intuition haute qui \u00e9tait si n\u00e9cessaire en cette circonstance. N&rsquo;ayant pas pos\u00e9 cet acte, il en r\u00e9sulta son emprisonnement progressif mais tr\u00e8s rapide, dont son parcours chaotique et furieux, plein de <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-prisonniers_de_la_guerre_et_du_systeme_24_09_2010.html\">frustration<\/a>, dans la d\u00e9termination d&rsquo;une nouvelle (<em>sic<\/em>) strat\u00e9gie en Afghanistan en est compl\u00e8tement l&rsquo;illustration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Et maintenant ? Bien malin qui pourra en dire plus que cette question sans r\u00e9ponse. Obama va-t-il, comme Bill Clinton en 1994, s&rsquo;enfoncer dans une d\u00e9pression qui semblerait d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_mid-term_de_la_depression_07_10_2010.html\">commenc\u00e9e<\/a> ? Cette question-l\u00e0 est plut\u00f4t futile. Suivra-t-il les conseils des \u00ab\u00a0experts\u00a0\u00bb plus ou moins <em>neocons<\/em> dont la principale caract\u00e9ristique de la \u00ab\u00a0m\u00e9galomanie n\u00e9cessitant des soins psychiatriques\u00a0\u00bb semble s&rsquo;exprimer essentiellement par une stupidit\u00e9 qui para&icirc;t ne plus conna&icirc;tre aucune borne, d&rsquo;attaquer l&rsquo;Iran pour redorer son blason, &ndash; et accessoirement satisfaisant ainsi leur \u00ab\u00a0m\u00e9galomanie\u00a0\u00bb, c&rsquo;est-\u00e0-dire en les soignant comme un bon m\u00e9decin ? Cela pourrait \u00eatre effectivement une bonne fa\u00e7on de terminer \u00e0 la fois la destin\u00e9e d&rsquo;Obama, et celle du syst\u00e8me de l&rsquo;am\u00e9ricanisme&hellip; Ou bien, le pr\u00e9sident se remettra-t-il \u00e0 marcher sur l&rsquo;eau, comme il faisait durant sa campagne de 2008, et nous offrira-t-il un coup inattendu d'\u00a0\u00bb<em>American<\/em> <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-american_gorbatchev_29_10_2008.html \">Gorbatchev<\/a>\u00a0\u00bb ? (Cela, avouons-le, c&rsquo;est pour donner un peu de piment \u00e0 cet essai de prospective sans le moindre espoir de perspective.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Malheureusement (pour Obama), la simple analyse sans complication de la situation nous conduit \u00e0 une observation banale, une hypoth\u00e8se vraiment sans gloire, dont, par pure humanit\u00e9, nous d\u00e9sirerions ardemment qu&rsquo;elle f&ucirc;t fausse&hellip; Il s&rsquo;agit du simple constat qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, Obama n&rsquo;est plus qu&rsquo;un acteur mineur de la trag\u00e9die am\u00e9ricaniste en cours. L&rsquo;\u00e9lection <em>midterm<\/em> l&rsquo;a rapetiss\u00e9, l&rsquo;a transform\u00e9 en figurant \u00e9pisodique. Les choses s\u00e9rieuses, d\u00e9sormais, se passent ailleurs qu&rsquo;\u00e0 la Maison-Blanche. Obama est donc \u00e9gal \u00e0 son h\u00e9ros, \u00e0 part que c&rsquo;est le contraire. Sa v\u00e9ritable \u00ab\u00a0destin\u00e9e\u00a0\u00bb, au contraire du <em>Young Mr. Lincoln<\/em> de John Ford, c&rsquo;est de sortir de la politique alors qu&rsquo;il est \u00e0 son sommet. En toute sinc\u00e9rit\u00e9, nous esp\u00e9rons bien nous tromper, parce que l&rsquo;homme est et reste sympathique. Mais l&rsquo;Histoire n&rsquo;a pas l&rsquo;habitude de ces pouss\u00e9es de sentimentalisme auxquels nous c\u00e9dons parfois.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>&laquo; Vers sa destin\u00e9e &raquo;&hellip; 3 novembre 2010 &mdash; Le titre original, Young Mr. Lincoln, ne ferait pas l&rsquo;affaire. La traduction (adaptation) fran\u00e7aise, Vers sa destin\u00e9e, arrange beaucoup mieux notre affaire. Ce film de John Ford, sorti en 1939, nous contant les d\u00e9buts d&rsquo;Abraham Lincoln en politique, est un bon symbole paradoxal pour Barack Obama,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[10262,3612,10258,5798,2631,10260,3483,3896,9842,6208,7069,8256],"class_list":["post-72422","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-acteur","tag-american","tag-anti-heros","tag-complement","tag-de","tag-discredite","tag-gorbatchev","tag-lincoln","tag-midterm","tag-obama","tag-party","tag-tea"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72422","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72422"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72422\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72422"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72422"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72422"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}