{"id":72514,"date":"2010-11-29T17:13:45","date_gmt":"2010-11-29T17:13:45","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/29\/wikileaks-frappe-leur-virtualisme-au-coeur\/"},"modified":"2010-11-29T17:13:45","modified_gmt":"2010-11-29T17:13:45","slug":"wikileaks-frappe-leur-virtualisme-au-coeur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/29\/wikileaks-frappe-leur-virtualisme-au-coeur\/","title":{"rendered":"<em>Wikileaks<\/em> frappe leur virtualisme au coeur"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Wikileaks<\/em> frappe leur virtualisme au coeur<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t29 novembre 2010  Une fois de plus, mettons bien en \u00e9vidence que ce n&rsquo;est pas vraiment le contenu des fuites massives de <em>Wikileaks<\/em> (les cables diplomatiques du d\u00e9partement d&rsquo;Etat par centaines de mille) qui nous importe. Parmi les centaines de milliers de documents, on ne fait en g\u00e9n\u00e9ral que retrouver ce qui s&rsquo;est chuchot\u00e9 dans les cocktails diplomatiques depuis des ann\u00e9es, et ce qui s&rsquo;est \u00e9crit dans la presse anti-<em>Pravda<\/em>, alternative, lib\u00e9r\u00e9e des contraintes conformistes du virtualisme,  notamment sur Internet, bien entendu. (Il y a m\u00eame le cas extraordinaire, \u00e0 conserver pour d&rsquo;autres r\u00e9flexions, de <strong>conformisme<\/strong> des opinions, analyses, jugements, projets et marchandages les plus secrets de ces gens du syst\u00e8me avec ce qui est couramment et ouvertement dit, sp\u00e9cul\u00e9,objets d&rsquo;hypoth\u00e8ses et d&rsquo;affirmations, depuis des ann\u00e9es dans la presse et l&rsquo;information antisyst\u00e8mes,  l\u00e0 aussi, virtualisme oblige, qui emprisonne les pens\u00e9es, <strong>leurs<\/strong> pens\u00e9es conformes jusqu&rsquo;aux ragots et aux actes les plus sordides que leurs adversaires leur pr\u00eatent.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVirtualisme, le mot est dit, et c&rsquo;est autour de lui que va s&rsquo;articuler notre commentaire, et bien entendu le virtualisme dans son <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_deuxieme_age_du_virtualisme_19_10_2010.html\" class=\"gen\">deuxi\u00e8me \u00e2ge<\/a>. <em>Wikileaks<\/em> et Assange ne nous r\u00e9v\u00e8lent pas des secrets d&rsquo;Etat extraordinaire, mais ils font voler en \u00e9clat pour le temps de ces fuites massives la carapace du virtualisme, qui sert de bulle dans laquelle vivotent fastueusement nos directions politiques. C&rsquo;est pourquoi, tout en conseillant une fois de plus de consulter le <em>Guardian<\/em> (un texte central du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2010\/nov\/28\/us-embassy-cable-leak-diplomacy-crisis\" class=\"gen\">28 novembre 2010<\/a>, et le reste), ou <em>Le Monde<\/em> si l&rsquo;on veut rester franco-fran\u00e7ais, nous allons essentiellement nous attacher \u00e0 un commentaire d&rsquo;un expert britannique de l&rsquo;International Institute for Strategic Studies (IISS), Hilary Synott, dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/hilary-synott-these-leaks-could-deal-a-fatal-blow-to-global-trust-2146209.html\" class=\"gen\">29 novembre 2010<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAlors que le <em>Guardian<\/em> parle d&rsquo;une crise diplomatique globale (ce qui nous \u00e9tonnerait fort, car il faudrait que la diplomatie exist\u00e2t encore pour qu&rsquo;elle entr\u00e2t en crise), Synott parle, peut-\u00eatre plus justement malgr\u00e9 la na\u00efvet\u00e9 du propos car l&rsquo;auteur doit y croire en partie, de la confiance globale (entre les dirigeants politiques) qui est ainsi menac\u00e9e d&rsquo;\u00eatre rompue (<em>The Independent<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/opinion\/commentators\/hilary-synott-these-leaks-could-deal-a-fatal-blow-to-global-trust-2146209.html\" class=\"gen\">29 novembre 2010<\/a>). L&rsquo;article est court et pose bien le probl\u00e8me, dans des termes fort modernistes : oui, tout ce qui est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 n&rsquo;apporte que peu de surprises, car on parle franc entre soi, dans des cables secrets, et ce sont donc des r\u00e9alit\u00e9s, mieux encore, des <strong>v\u00e9rit\u00e9s<\/strong> du jugement et de l&rsquo;estime qui sont ainsi r\u00e9v\u00e9l\u00e9es ; mais que cela soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en public de cette fa\u00e7on, voil\u00e0 qui va porter un coup terrible \u00e0 la <strong>confiance<\/strong> Gardons \u00e0 l&rsquo;esprit ces deux termes, v\u00e9rit\u00e9 et confiance, ils nous serviront.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn extrait, pour go\u00fbter l&rsquo;esprit du propos, et pour signaler qu&rsquo;appara\u00eet, d&rsquo;une fa\u00e7on int\u00e9ressante, le nom de Talleyrand,  pour d\u00e9nigrer implicitement le style de la diplomatie que le m\u00eame Talleyrand honora de son intelligence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Does it really matter whether a former British foreign secretary should air their view that the Prime Minister of Italy was unfit to govern? Or that the British press over the past weekend should be full of stories of alleged murky dealings by the President of France? Not really, because the relationships between the countries concerned encompass much wider issues than the personalities involved.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Real damage can, however, be caused when personal trust, honour or national security are involved. When yet another former foreign secretary was reported in the aftermath of 9\/11 to have described a head of government with whom he had been negotiating as being incapable of opening his mouth without lying, he was frozen out, at a time when Britain had important interests to pursue.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>What will be damaging in the Wikileaks, then, will be revelations about views on the part of senior political figures about individuals or nations who may be able to retaliate, or when the cultivation of personal trust is essential in progressing whatever interests may be in play. This will apply particularly in relation to states which have an elevated sense of national honour and, more generally, to the Muslim world. Afghanistan, Iran and Pakistan spring immediately to mind.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The proliferation of the right of freedom of information has already caused ambassadors to damp down the fires in their bellies, at the cost of the value which they can add to their political masters. The increasing practice of wholesale leakages may extinguish them altogether. Or perhaps, sadly, diplomacy will revert to the Talleyrand-like practice of dissimulation and secret personal emissaries.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Gardons \u00e0 l&rsquo;esprit ces deux termes, v\u00e9rit\u00e9&rsquo; et confiance&rsquo;, ils nous serviront, \u00e9crivons-nous plus haut. C&rsquo;est-\u00e0-dire, pour traduire plus cr\u00fbment le propos g\u00e9n\u00e9ral : si l&rsquo;on rend public la <strong>v\u00e9rit\u00e9<\/strong> des jugements des uns sur les autres, des actes et des march\u00e9s sordides, c&rsquo;est la <strong>confiance<\/strong> entre les uns et les autres qui pourrait \u00eatre d\u00e9truite. Raisonnement r\u00e9v\u00e9lateur, fort britannique au demeurant, mais surtout fort moderniste, qui fonde <em>a contrario<\/em> la confiance sur la dissimulation syst\u00e9matique de la v\u00e9rit\u00e9 ; et qui, pour aller plus loin en qualifiant cette fois le propos de moderniste et de virtualiste, nous invite \u00e0 penser qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ou plut\u00f4t le jour d&rsquo;avant aujourd&rsquo;hui, avant les fuites de <em>Wikileaks<\/em>, la confiance existait entre les directions politiques d&rsquo;\u00e0 peu pr\u00e8s le monde entier (ceux du bloc occidentaliste-am\u00e9ricaniste et ceux du reste bien entendu, puisque le reste ne peut rien sans le bloc occidentaliste-am\u00e9ricaniste) \u00e0 partir de la dissimulation syst\u00e9matique de la v\u00e9rit\u00e9. Dans ce cas, que signifie le mot confiance, sur quoi est-il bas\u00e9, qu&rsquo;apporte-t-il comme avantages psychologique, humain, et m\u00eame politique tout simplement ? Confiance, comme artefact virtualiste de convenance, certes, et rien d&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe jugement r\u00e9aliste, comme on dit, l&rsquo;est faussement. C&rsquo;est d&rsquo;ailleurs le cas de tout jugement dit r\u00e9aliste dans cette \u00e9trange \u00e9poque, qui n&rsquo;indique qu&rsquo;une abdication devant des conditions ext\u00e9rieures qu&rsquo;on accepte comme telles, qu&rsquo;on ne tente m\u00eame pas de modifier, d&rsquo;orienter, dont on ne songe pas une seconde \u00e0 tirer enseignements et enrichissement pour plus tard, et qui sont \u00e9videmment de plus en plus perverses et faussaires puisqu&rsquo;impos\u00e9es par le syst\u00e8me \u00e0 des directions politiques de plus en plus faibles, de plus en plus soumises par simple d\u00e9faut et bassesse de caract\u00e8re,  sans pour cela qu&rsquo;on doive les consid\u00e9rer comme mauvaises en soi, ce qui impliquerait une force de caract\u00e8re, m\u00eame mal\u00e9fique, que tous ces gens n&rsquo;ont manifestement pas. (Voir notre <em>Note d&rsquo;analyse<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\" class=\"gen\">10 septembre 2010<\/a> : \u00ab<em>Si l&rsquo;on y ajoute l&rsquo;approche qui ne fait de l&rsquo;homme qu&rsquo;une annexe \u00e9pisodique du mal selon les degr\u00e9s de ses faiblesses qui le rapprochent des errements et des d\u00e9cha\u00eenements de puissance de la mati\u00e8re, la compr\u00e9hension des \u00e9v\u00e9nements est encore plus vaste. En d&rsquo;autres termes, la bonne compr\u00e9hension de l&rsquo;ambig\u00fcit\u00e9 du comportement humain, <\/em>[est qu&rsquo;il] <em>n&rsquo;est pas la source du mal mais<\/em> [] <em>la faiblesse et l&rsquo;ivresse devant l&rsquo;attraction du mal&#8230;<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn appr\u00e9ciera simplement que ce jugement r\u00e9aliste de Synott est d&rsquo;abord un jugement bas ; c&rsquo;est ensuite un jugement faussaire. Il rel\u00e8ve, en s&rsquo;en faisant le relais z\u00e9l\u00e9, de la mystification constante qu&rsquo;est le virtualisme, non comme technique de dissimulation ou de transformation de la r\u00e9alit\u00e9, mais comme expression naturelle de la modernit\u00e9 gouvern\u00e9e par le syst\u00e8me g\u00e9n\u00e9ral que nous caract\u00e9risons comme le syst\u00e8me du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui inqui\u00e8te (et m\u00eame scandalise) l&rsquo;analyste de l&rsquo;IISS Synott, c&rsquo;est qu&rsquo;on puisse interf\u00e9rer sur un syst\u00e8me qu&rsquo;il qualifie implicitement de syst\u00e8me de la confiance, qui est d\u00e9sormais notoirement et indubitablement bas\u00e9 sur la dissimulation syst\u00e9matique de la v\u00e9rit\u00e9. Et il s&rsquo;exclame : faudra-t-il en revenir au syst\u00e8me (secret) de Talleyrand ? Voyez-vous cela, un syst\u00e8me qui ne respecterait pas la transparence brumeuse pr\u00f4n\u00e9e par la Commission europ\u00e9enne, la vertu translucide et presque huileuse des communiqu\u00e9s de l&rsquo;OTAN, la grandeur claire et \u00e9difiante comme des montagnes de chantilly vertueuse des discours de Blair et de Sarkozy, la d\u00e9marche apur\u00e9e chantant la gloire de l&rsquo;arm\u00e9e isra\u00e9lienne des s\u00e9nateurs corrompus du majestueux Congr\u00e8s des Etats-Unis, et tout le diable moderniste et son train ? (Manifestement, exclamation angoiss\u00e9e et scandalis\u00e9e de monsieur Synott,  \u00ab<em>Talleyrand-like practice of dissimulation and secret personal emissaries<\/em>\u00bb Pourquoi Monsieur Synott ne nous dit-il pas <em>Gladstone-llike practice<\/em>, ou <em>Discraeli-like practice<\/em>,  voire, <em>Churchill-like pratice<\/em>?) Au reste, c&rsquo;est un hommage, certainement fort involontaire, au tr\u00e8s grand diplomate europ\u00e9en, en plus d&rsquo;\u00eatre fran\u00e7ais<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>Mister<\/em> Synott n&rsquo;a sans doute pas lu les <em>M\u00e9moires<\/em> de Talleyrand, notamment sur la p\u00e9riode du Congr\u00e8s de Vienne (1814-1815), o\u00f9 le texte n&rsquo;est fait que de l&rsquo;\u00e9change de d\u00e9p\u00eaches diplomatiques entre Talleyrand, le roi Louis XVIII et le minist\u00e8re fran\u00e7ais des affaires \u00e9trang\u00e8res. <em>Wikileaks<\/em> aurait pu mettre en ligne toutes ces d\u00e9p\u00eaches, qu&rsquo;il n&rsquo;y aurait eu qu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;en f\u00e9liciter, qu&rsquo;\u00e0 f\u00e9liciter nos dirigeants (y compris Louis XVIII que l&rsquo;historiographie officielle du syst\u00e8me s&rsquo;est employ\u00e9 \u00e0 r\u00e9duire et abaisser, comme Talleyrand), ne les prenant en aucune fa\u00e7on et dans aucun sens coupables de grossi\u00e8ret\u00e9, de mensonges, de bassesses du jugement. Les portraits critiques que Talleyrand fait de ses interlocuteurs des puissances sont pleins de gr\u00e2ce, de finesse, de justesse, et de reconnaissance loyale de leurs qualit\u00e9s, o\u00f9 l&rsquo;on peine \u00e0 retrouver l&rsquo;\u00e9cho des gros sabots modernistes et bureaucratiques des diplomates-flics du d\u00e9partement d&rsquo;Etat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais n&rsquo;allons pas plus loin. Synott ne donne aucune opinion sp\u00e9cifique, ni puissamment originale, ni particuli\u00e8rement scandaleuse. C&rsquo;est grande piti\u00e9 et injustice flagrante de continuer \u00e0 le sabrer de la sorte. En tant que d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de l&rsquo;IISS, ce n&rsquo;est qu&rsquo;un perroquet parfum\u00e9 et cravat\u00e9, et <em>very british<\/em>, du syst\u00e8me. Il enfonce donc joyeusement les portes ouvertes des sophismes \u00e9crasants qui caract\u00e9risent le comportement de nos directions politiques, de nos experts, de nos strat\u00e8ges, de nos intellectuels, toutes ces cr\u00e9atures devenues marionnettes d&rsquo;un syst\u00e8me et rien de plus,  absolument rien de plus ! Ces arguments,  il faut dissimuler la v\u00e9rit\u00e9 pour ne pas saper la confiance,  sont d&rsquo;une telle grossi\u00e8ret\u00e9 barbare qu&rsquo;on en est un peu g\u00ean\u00e9 pour lui, lorsqu&rsquo;on a donn\u00e9 par inadvertance un coup de pied dans le pot aux roses. Monsieur Synott est sans doute un excellent homme, et il ne faudrait pas qu&rsquo;on laiss\u00e2t se d\u00e9velopper l&rsquo;impression d&rsquo;un quelconque acharnement contre lui. Cr\u00e9ature du syst\u00e8me, comme des milliers d&rsquo;autres, il r\u00e9agit au quart de tour, comme Pavlov nous a appris que les choses faisaient sous l&#8217;empire de la mati\u00e8re,  laquelle mati\u00e8re \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 celle qui animait le syst\u00e8me du temps de Pavlov, l\u00e0 aussi aucune surprise \u00e0 avoir. Simplement et tout de m\u00eame, les choses ne se sont pas arrang\u00e9es,  m\u00eame Orwell pr\u00eatait \u00e0 ses personnages une autre allure que la bande globalis\u00e9e, cravat\u00e9e et parfum\u00e9e, dont nous avons h\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre emportement \u00e9tait simplement du type du r\u00e9flexe de l&rsquo;intuition, de lire sous la plume d&rsquo;une marionnette du syst\u00e8me, des termes tels que confiance personnelle, honneur, s\u00e9curit\u00e9 nationale (<em>personal trust, honour or national security<\/em>) Honneur ?! Mordiou ! comme dirait <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-extrait_metaphysique_des_trois_mousquetaires_28_11_2010.html\" class=\"gen\">Porthos<\/a>, que l&rsquo;on nous pardonne l&#8217;emportement<\/p>\n<h3>Virtualisme au beurre rance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tPoursuivons, dans un sens plus apais\u00e9, en \u00e9largissant l&rsquo;analyse et en montrant qu&rsquo;\u00e0 partir du commentaire sp\u00e9cifique de monsieur Synott, on touche aux caract\u00e8res g\u00e9n\u00e9raux du syst\u00e8me L&rsquo;incoh\u00e9rence du propos moderniste et virtualiste, mettant en \u00e9vidence essentiellement le virtualisme plus que la modernit\u00e9 (cette derni\u00e8re, faux nez sans v\u00e9ritable int\u00e9r\u00eat et de toutes les fa\u00e7ons sans sp\u00e9cificit\u00e9), est encore plus mise en \u00e9vidence par la contradiction entre cette menace (attention, nous serons peut-\u00eatre oblig\u00e9 d&rsquo;en revenir \u00e0 la diplomatie du secret type-Talleyrand) et ce que r\u00e9v\u00e8le les fuites que d\u00e9nonce Synott (il faut garder secret ce qu&rsquo;on pense et dit des autres) ; donc, pour ne pas revenir \u00e0 la diplomatie du secret, il faut continuer la diplomatie secr\u00e8te de ne rien dire de ce qu&rsquo;on pense et dit des autres<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais non, ce n&rsquo;est pas le propos. Ce qui est ainsi signifi\u00e9 c&rsquo;est qu&rsquo;il existe une diplomatie qui v\u00e9hicule des conceptions, des sentiments, des jugements, des relations, qui renvoient tous au syst\u00e8me du virtualisme, qui est la prog\u00e9niture du syst\u00e8me de la communication. M\u00eame si le virtualisme dit du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_deuxieme_age_du_virtualisme_19_10_2010.html\" class=\"gen\">deuxi\u00e8me \u00e2ge<\/a> voit les constructions des uns et des autres, dans le cadre de ce m\u00eame virtualisme pris comme doctrine g\u00e9n\u00e9ral de fonctionnement du robot-politique, partir dans des directions diverses et confuses, parfois antagonistes et contradictoires, il reste la ligne de conduite centrale qui est de pr\u00e9senter le front uni de l&rsquo;estime soud\u00e9e, de l&rsquo;amiti\u00e9 d\u00e9contract\u00e9e et presque populo (Nicolas, comment vas-tu ?  Pas mal, Barack, et toi ? Et Michelle, \u00e7a boume ?). C&rsquo;est cela, la repr\u00e9sentation virtualiste de la confiance, de l&rsquo;honneur du syst\u00e8me et ainsi de suite. Il s&rsquo;ensuit que, dans un tel cadre, toute appr\u00e9ciation franche et loyale d&rsquo;un d\u00e9saccord est impensable, et se traduit par des allusions, des fuites (pas de <em>Wikileaks<\/em> dans ce cas, mais au contraire vers la presse-<em>Pravda<\/em>, toujours bien align\u00e9e) qui constituent autant d&rsquo;allusions \u00e9dulcor\u00e9es de ces d\u00e9saccords, et aussi par les masses de documents qui \u00e9taient secrets jusqu&rsquo;\u00e0 ce que <em>Wikileaks<\/em> nous les donne en p\u00e2ture,  tout cela, \u00e9dulcoration, fuites, secret, pour ne rien entacher de l&rsquo;union stup\u00e9fiante pour notre \u00e9poque \u00e9tonnante de la confiance et de l&rsquo;honneur comme caract\u00e8res principaux de nos directions politiques. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est \u00e0 ce niveau que subsistent les derniers restes de virtualisme sur lequel reposent les relations quasi mondaines, de sommet en sommet, de ces directions politiques, qui sont, contrairement au premier jugement qu&rsquo;on en pourrait avoir en ne s&rsquo;en tenant qu&rsquo;\u00e0 la seule caract\u00e9ristique de l&rsquo;apparence et du montage flagrant, d&rsquo;une importance capitale. C&rsquo;est ainsi, en effet, par cette manifestation virtualiste d&rsquo;unit\u00e9 bidon des directions politiques que peut \u00eatre sauvegard\u00e9e la <em>narrative<\/em> de la vertu intouchable et intangible du syst\u00e8me et de ses diverses \u00e9manations (les structures financi\u00e8res faites pour s&rsquo;effondrer dans la corruption et le gangst\u00e9risme, les structures \u00e9conomiques pour r\u00e9duire les esprits, propager l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des conditions, mettre en musique la destruction de l&rsquo;univers, etc.) ; et l&rsquo;on sait bien que cette <em>narrative<\/em> doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e \u00e0 tout prix, elle que la crise g\u00e9n\u00e9rale dont elle est par l&rsquo;interm\u00e9diaire de tous les attributs qu&rsquo;elle recouvre du manteau de la vertu la cause directe et indubitable, met en grand danger d&rsquo;implosion tout aussi g\u00e9n\u00e9rale, de discr\u00e9dit capital, d&rsquo;effondrement conceptuel. Le cas est loin d&rsquo;\u00eatre anodin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est donc l\u00e0, au cur de cette situation mondaine et de copinage, de ce dernier <em>soap op\u00e9ra<\/em> de l&rsquo;entente parfaite des directions politiques, que se tient la derni\u00e8re ligne de d\u00e9fense du syst\u00e8me que <em>Wikileaks<\/em> a frapp\u00e9, cette fois, d&rsquo;une fa\u00e7on infiniment plus d\u00e9vastatrice que dans ses derni\u00e8res interventions. Pour cela, il ne lui sera rien pardonn\u00e9, et cet Assange va bient\u00f4t \u00eatre couvert de plaintes en viols diverses et vari\u00e9es, \u00e0 l&rsquo;image de celle qui a \u00e9t\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2010\/sep2010\/assa-s02.shtml\" class=\"gen\">r\u00e9activ\u00e9e<\/a> en Su\u00e8de, dans une intention et selon une manipulation politiques d\u00e9sormais \u00e9videntes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar <em>Wikileaks<\/em> a frapp\u00e9 de plein fouet et au cur le virtualisme, leur bulle, leur carapace, ce par quoi ils se croyaient encore prot\u00e9g\u00e9s des embruns et des rafales de la temp\u00eate qui souffle. (Qu&rsquo;il l&rsquo;ait voulu ainsi ou pas, qu&rsquo;il connaisse ou pas le virtualisme, <em>Wikileajks<\/em>, ne nous importe pas. L&rsquo;essentiel est l&rsquo;acte dans ses effets.) Le virtualisme n&rsquo;est pas d\u00e9truit mais, vraiment, il cahote de plus en plus, fendill\u00e9, plein de sparadraps de circonstances, de points de suture h\u00e2tivement pos\u00e9s, d&rsquo;yeux au beurre noir et d&rsquo;un honneur qui sent son beurre rance  Quoi qu&rsquo;il soit du sort de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efque Assange,  il faut <strong>objectivement<\/strong> de l&rsquo;h\u00e9ro\u00efsme pour faire ce qu&rsquo;il fait, quels que soient ses motifs, ses connexions et le reste, y compris les complots qu&rsquo;on lui mettra sur le dos,  il a d\u00e9j\u00e0 fait son travail aux yeux de l&rsquo;Histoire.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Wikileaks frappe leur virtualisme au coeur 29 novembre 2010 Une fois de plus, mettons bien en \u00e9vidence que ce n&rsquo;est pas vraiment le contenu des fuites massives de Wikileaks (les cables diplomatiques du d\u00e9partement d&rsquo;Etat par centaines de mille) qui nous importe. 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