{"id":72515,"date":"2010-11-30T10:17:56","date_gmt":"2010-11-30T10:17:56","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/30\/les-antimissiles-otan-medvedev-rogozine-et-start-ii\/"},"modified":"2010-11-30T10:17:56","modified_gmt":"2010-11-30T10:17:56","slug":"les-antimissiles-otan-medvedev-rogozine-et-start-ii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/11\/30\/les-antimissiles-otan-medvedev-rogozine-et-start-ii\/","title":{"rendered":"Les antimissiles OTAN, Medvedev, Rogozine\u2026 et START-II"},"content":{"rendered":"<p><p>Premi\u00e8re version, si l&rsquo;on veut, celle de l&rsquo;AFP, reprise par <em>Defense News<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.defensenews.com\/story.php?i=5113673&#038;c=AME&#038;s=AIR\" class=\"gen\">26 novembre 2010<\/a>, concernant la r\u00e9union entre les dirigeants des pays de l&rsquo;OTAN et Medvedev au sommet de l&rsquo;OTAN de Lisbonne, \u00e0 propos de la question des antimissiles : \u00ab<em>Russian President Dmitry Medvedev made no firm proposal to NATO about uniting their missile defense systems, a Russian ambassador said Nov. 26 after a report that the suggestion was rebuffed.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDeuxi\u00e8me version, celle de UPI, reprise par <em>Spacewar.com<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.spacewar.com\/reports\/NATO_mulls_missile_cooperation_with_Russia_999.html\" class=\"gen\">29 novembre 2010<\/a> : \u00ab<em>NATO leaders have snubbed suggestions by Russian President Dmitry Medvedev to unite his country&rsquo;s missile system with that of the Western alliance.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnsuite, les deux d\u00e9p\u00eaches reprennent \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames versions, qui sont principalement un d\u00e9menti russe apport\u00e9 par Dmitry Rogozine \u00e0 un article du Wall Street <em>Journal<\/em> (WSJ) : \u00ab<em>I was present in the room. &#8230; Our president made no concrete proposal. He simply expressed the principles of cooperation that we support, such as equality between Russia and its NATO partners and that the future antimissile system does not constitute a risk for our nuclear deterrent arsenal.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9p\u00eache UPI ajoute un \u00e9l\u00e9ment intervenu entretemps (entre les 26 et le 29 novembres), qui d\u00e9taille une r\u00e9action hostile des chefs militaires russes \u00e0 certains aspects de la coop\u00e9ration OTAN-Russie sur la question des antimissiles \u00ab<em>Nikolai Makarov, chief of Russia&rsquo;s General Staff, said in the official Rossiiskaya Gazeta newspaper that the idea of Russia shooting down missiles headed over its territory for Europe and vice versa was simplistic. For military men on both sides, this supposition looks, to put it gently, far-fetched. The fact is that any country with missile-defense systems would shoot down missiles approaching its borders without any international agreements<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> Les m\u00eames choses sont interpr\u00e9t\u00e9es diff\u00e9remment, par le simple fait de l&rsquo;introduction d&rsquo;un texte \u00e0 peu pr\u00e8s similaire (les deux textes comportant \u00e0 peu pr\u00e8s les m\u00eames \u00e9l\u00e9ments). Pour le premier, il s&rsquo;agit du d\u00e9menti russe qui est \u00e9lev\u00e9 contre un article du WSJ, pour le second, de la prise en compte de l&rsquo;article du WSJ comme faisant autorit\u00e9 dans l&rsquo;interpr\u00e9tation, avant d&rsquo;introduire comme n\u00e9cessairement accessoire par la forme le d\u00e9menti russe. Il y a donc une lutte d&rsquo;influence en cours entre deux partis, d&rsquo;une part celui des Russes qui veulent en rester \u00e0 une position de non demandeurs devant la perspective que certaines de leurs demandes seront probablement repouss\u00e9s ; d&rsquo;autre part, celui du WSJ et de ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente, qui veut montrer les Russes en position de demandeurs, et repouss\u00e9s sur un point essentiel par l&rsquo;OTAN. (Nous disons le WSJ et ce qu&rsquo;il repr\u00e9sente, parce que nous ignorons pour qui, en cette circonstance, roule le WSJ : pour l&rsquo;administration elle-m\u00eame, qui se serait servi de ce canal pour une fuite, ou pour la fraction dure de la droite US, anti-russe, et qui veut saboter toute tentative de coop\u00e9ration avec la Russie ? Nous optons pour la deuxi\u00e8me hypoth\u00e8se, selon la simple appr\u00e9ciation que Obama, qui court aujourd&rsquo;hui derri\u00e8re une ratification de SALT-II, a comme int\u00e9r\u00eat essentiel de rester le plus proche possible des Russes,  y compris en cas de ratification). Le m\u00eame raisonnement peut \u00eatre utilis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;inverse pour la droite dure, adversaire de la coop\u00e9ration avec les Russes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, il y a aussi la question de savoir si Medvedev a r\u00e9ellement dit ce que le WSJ lui fait dire. La d\u00e9claration de Rogozine est p\u00e9remptoire, et elle est risqu\u00e9e si elle n&rsquo;est pas fond\u00e9e puisqu&rsquo;il n&rsquo;\u00e9tait \u00e9videmment pas le seul t\u00e9moin dans la salle. On serait tent\u00e9 de lui donner <em>quitus<\/em> \u00e0 cet \u00e9gard. Dans ce cas, on trouve encore plus renforc\u00e9e la th\u00e8se d&rsquo;une attaque de sabotage de la droite dure US, via le WSJ. Cette observation n&rsquo;est certainement pas d\u00e9mentie par le climat r\u00e9gnant actuellement \u00e0 Washington \u00e0 cet \u00e9gard. Du c\u00f4t\u00e9 russe, non plus, les choses sont loin d&rsquo;\u00eatre claires. Il semble \u00e9vident que Medvedev est l&rsquo;ultime rempart, \u00e0 Moscou, d&rsquo;une coop\u00e9ration approfondie avec les USA, et qu&rsquo;il est certainement le plus chaud partisan d&rsquo;une coop\u00e9ration de l&rsquo;OTAN avec la Russie sur les antimissiles. Il n&rsquo;ira pourtant certainement pas jusqu&rsquo;\u00e0 des concessions, ou des propositions dont le refus par l&rsquo;OTAN mettrait la Russie dans une position d&rsquo;humiliation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, il y a l&rsquo;observation, sempiternelle et qu&rsquo;il faut toujours r\u00e9p\u00e9ter, que ce dossier (les antimissiles) n&rsquo;est en rien conduit par la politique. Il est entre les mains des techniciens, de la bureaucraties et des lobbies divers, allant des <em>neocons<\/em> au complexe militaro-industriel. Cela implique, dans tous les cas de figure, des complications sans nombre, des querelles de techniciens, d&rsquo;int\u00e9r\u00eats divergents, de m\u00e9fiances ataviques et ainsi de suite, et en aucun cas une logique politique extr\u00eamement structur\u00e9e. Le facteur est essentiel \u00e0 consid\u00e9rer dans une situation politique <strong>normale<\/strong>, celle o\u00f9 le dossier antimissiles OTAN\/Russie poursuivrait son chemin sans interf\u00e9rences majeures.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;interf\u00e9rence majeure, nous ne sommes pas loin de l&rsquo;avoir, si START-II n&rsquo;est pas ratifi\u00e9 \u00e0 Washington, et s&rsquo;il n&rsquo;est pas ratifi\u00e9 avant la fin de l&rsquo;actuelle session de l&rsquo;actuel et agonisant Congr\u00e8s, dans trois semaines. Or, les augures ne sont pas encourageants, comme <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-start-ii_et_le_mur_de_la_guerre_civile_du_desordre_de_washington_29_11_2010.html \" class=\"gen\">l&rsquo;on sait<\/a> un peu plus chaque jour. Si START-II n&rsquo;est pas ratifi\u00e9 le 22 d\u00e9cembre 2010, cela constituera un coup de tonnerre qui modifiera compl\u00e8tement la situation des relations entre les USA et la Russie, entre la Russie et l&rsquo;OTAN, et en Europe d&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale. Ce constat n&rsquo;a fait que s&rsquo;aggraver ces derni\u00e8res semaines, notamment parce qu&rsquo;Obama a d\u00e9cid\u00e9 de mettre tout son poids pour obtenir cette ratification dans ce laps de temps, et que, s&rsquo;il ne l&rsquo;obtient pas, la chose sera per\u00e7ue comme une d\u00e9faite majeure et, sans doute, comme l&rsquo;enterrement de tout espoir de ratification. (Cela n&rsquo;aurait pas \u00e9t\u00e9 le cas si Obama avait accept\u00e9 de renvoyer au prochain Congr\u00e8s, malgr\u00e9 les faibles espoirs de l&rsquo;obtenir, cette ratification de START-II. Mais Obama est aux abois et il ne pouvait, a-t-il estim\u00e9, se permettre de laisser passer cette affaire qui est l&rsquo;un de ses seuls espoirs de grand succ\u00e8s politique,  s&rsquo;il obtient cette ratification.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Europ\u00e9ens commencent \u00e0 mesurer la situation compl\u00e8tement boulevers\u00e9e o\u00f9 ils se trouveraient si START-II n&rsquo;est pas ratifi\u00e9. (Ils ont lanc\u00e9 des appels, dont l&rsquo;\u00e9cho nous para\u00eet bien path\u00e9tique, aupr\u00e8s du S\u00e9nat US, pour pousser \u00e0 la ratification.) La question des antimissiles deviendrait alors secondaire mais resterait extr\u00eamement pernicieuse et d\u00e9vastatrice  ; elle serait emport\u00e9e par une tension politique nouvelle, qui s&rsquo;exprimerait dans tous les sens (entre Russie et USA, Russie et OTAN, mais aussi entre l&rsquo;Europe et les USA). Mais traduisons tensions par un mot qui r\u00e9sume tout \u00e0 cet \u00e9gard Nous parlerons plus simplement de d\u00e9sordre, qui engloberait cette fois toute la sph\u00e8re euro-atlantique et la Russie, avec les pays europ\u00e9ens plac\u00e9s devant des probl\u00e8mes et des choix bien complexes, \u00e0 la fois pour leurs relations avec les US et pour leurs relations avec les USA. <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 30 novembre 2010 \u00e0 10H11<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premi\u00e8re version, si l&rsquo;on veut, celle de l&rsquo;AFP, reprise par Defense News, du 26 novembre 2010, concernant la r\u00e9union entre les dirigeants des pays de l&rsquo;OTAN et Medvedev au sommet de l&rsquo;OTAN de Lisbonne, \u00e0 propos de la question des antimissiles : \u00abRussian President Dmitry Medvedev made no firm proposal to NATO about uniting their&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[4056,4314,3823,2858,584,2614,2730,3531,9097,3372,3132],"class_list":["post-72515","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-antimissiles","tag-bmde","tag-journal","tag-medvedev","tag-otan","tag-rogozine","tag-russie","tag-senat","tag-start-ii","tag-street","tag-wall"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72515","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72515"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72515\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72515"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72515"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72515"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}