{"id":72531,"date":"2010-12-03T17:12:05","date_gmt":"2010-12-03T17:12:05","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/12\/03\/au-faite-de-linfamie\/"},"modified":"2010-12-03T17:12:05","modified_gmt":"2010-12-03T17:12:05","slug":"au-faite-de-linfamie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2010\/12\/03\/au-faite-de-linfamie\/","title":{"rendered":"Au fa\u00eete de l&rsquo;infamie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Au fa\u00eete de l&rsquo;infamie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t3 d\u00e9cembre 2010  Qui \u00e9crivait que <em>Wikileaks<\/em>, dans ses fuites derni\u00e8res et tonitruantes, nous apportaient fort peu d&rsquo;informations nouvelles mais seulement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_revolution_de_la_realite_pulverisee_se_poursuit_30_11_2010.html\" class=\"gen\">des indications<\/a>, d&rsquo;ailleurs fort int\u00e9ressantes et plus que jamais pertinentes, sur la situation d&rsquo;un syst\u00e8me anthropo-communicationnel ? <em>dedefensa.org<\/em>, notamment Eh bien, <em>dedefensa.org<\/em> avait tort pour ce qui concerne les informations elles-m\u00eames,  et <em>nostras maxima culpa<\/em>, vite fait Tort, dans tous les cas, pour cette information que d\u00e9veloppe le <em>Guardian<\/em>, et dont on donne un compte-rendu dans notre <em>Ouverture libre<\/em> de ce <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_departement_d_etat_aux_ordres_de_la_cia_03_12_2010.html?admin=1\" class=\"gen\">3 d\u00e9cembre 2010<\/a>., o\u00f9 l&rsquo;on apprend que, depuis 2005, le d\u00e9partement d&rsquo;Etat est dirig\u00e9 par des consignes de la CIA dans certaines actions et op\u00e9rations<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar contre, <em>dedefensa.org<\/em> n&rsquo;avait pas tout \u00e0 fait tort d&rsquo;\u00e9crire, dans un commentaire de son <em>Bloc Notes<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-wikileaks_et_les_complots_02_12_2010.html\" class=\"gen\">2 d\u00e9cembre 2010<\/a> :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Qui n&rsquo;a pas connu l&rsquo;\u00e9poque des Keenan, des Acheson, puis d&rsquo;un McGeorge Bundy, d&rsquo;un John Kenneth Galbraith ambassadeur US en Inde, d&rsquo;un Kissinger, malgr\u00e9 sa brutalit\u00e9 et son extr\u00eame grossi\u00e8ret\u00e9, d&rsquo;un Cyrus Vance, etc., peut difficilement faire la diff\u00e9rence, c&rsquo;est-\u00e0-dire la d\u00e9gradation du langage, des sujets d&rsquo;int\u00e9r\u00eat, de la description des choses et des hommes, des situations, par cons\u00e9quent la d\u00e9gradation vertigineuse de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit, accompagnant bien entendu une absence totale de scrupules dans les manifestations brutales de la puissance am\u00e9ricaniste, ou ce qu&rsquo;il en reste, dans les relations avec les autres. Lorsque Brzezinski rigole en affirmant que la sorte d&rsquo;espionnage ordonn\u00e9e par le d\u00e9partement d&rsquo;Etat \u00e0 ses diplomates \u00e0 l&rsquo;ONU a toujours exist\u00e9, du cheveu (ou de la pellicule, imagine-t-on) qu&rsquo;on ramasse avec pr\u00e9caution, jusqu&rsquo;\u00e0, peut-\u00eatre, l&rsquo;enqu\u00eate approfondie de la lunette des chiottes apr\u00e8s le passage de la personne en question, il fait sa m\u00e9moire courte. Au contraire, le prestige de la diplomatie am\u00e9ricaniste \u00e9tait, dans les ann\u00e9es de Guerre froide un facteur important de l&rsquo;influence des USA, les dirty tricks \u00e9tant laiss\u00e9s aux op\u00e9rationnels de la CIA que le d\u00e9partement d&rsquo;Etat ne portait pas dans son cur.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu reste, on pourrait \u00e9crire un commentaire assez semblable pour la CIA elle-m\u00eame qui, \u00e0 l&rsquo;origine, se flattait d&rsquo;avoir un recrutement tr\u00e8s aristocratique, venu des fils des grandes familles de la c\u00f4te Est, des \u00e9tudiants prestigieux de la <em>Ivy League<\/em>, etc. Le travail envisag\u00e9 \u00e9tait \u00e0 mesure, comme l&rsquo;a montr\u00e9 Frances Stonor Saunders dans son livre <em>Who Paid the Piper?<\/em> (voir notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-frances_stonor_saunders_who_paid_the_piper_et_8747_30_12_2001.html\" class=\"gen\">30 janvier 2001<\/a>). Cette aristocratie de la CIA directement issue de l&rsquo;OSS (Office of Strategic Service) de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale, essentiellement charg\u00e9e de l&rsquo;analyse et du travail de haute psychologie de l&rsquo;influence culturelle et du recrutement d&rsquo;agents doubles par officiers traitants, consid\u00e9rait avec un r\u00e9el m\u00e9pris le service Action de l&rsquo;Agence, charg\u00e9 des <em>dirty tricks<\/em> et autres basses besognes se rapprochant plut\u00f4t du chantage, des effractions et de l&rsquo;espionnage de surveillance pour obtenir des moyens de chantage, des pressions physiques, des liquidations, etc. (On retrouve ces activit\u00e9s, par exemple, dans l&rsquo;\u00e9quipe de plombiers de la Maison-Blanche de Nixon, qui fut responsable de l&rsquo;aspect connu de l&rsquo;affaire du Watergate, apr\u00e8s le cambriolage du si\u00e8ge du parti d\u00e9mocrate, \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1972.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela, au sein de la CIA, a largement d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 sous l&rsquo;action de trois facteurs objectifs principalement : la baisse constante du niveau culturel de notre civilisation, affectant d&rsquo;autant la qualit\u00e9 du recrutement ; l&rsquo;\u00e9volution vers la brutalisation et la militarisation de la politique ext\u00e9rieure ; l&rsquo;intrusion massive de la technologie \u00e9cartant \u00e0 mesure l&rsquo;intervention nuanc\u00e9e et qualitative des acteurs humains. Cette d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence a \u00e9t\u00e9 formidablement acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e depuis 9\/11, entra\u00eenant les autres services de renseignement occidentalistes dans son sillage. On notera aussit\u00f4t que ces trois facteurs se retrouvent <strong>exactement<\/strong> pour expliquer l&rsquo;\u00e9volution du d\u00e9partement d&rsquo;Etat lui-m\u00eame, et comment ce minist\u00e8re prestigieux s&rsquo;est retrouv\u00e9 dans la situation d&rsquo;accepter la mainmise et les instructions de la CIA pour certaines activit\u00e9s de ses diplomates.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les services des grands minist\u00e8res de politique \u00e9trang\u00e8re ont n\u00e9cessairement une activit\u00e9 qui recoupe celle des services de renseignement dans leur partie noble, comme indiqu\u00e9 ci-dessus, et c&rsquo;est bien entendu essentiellement l&rsquo;analyse des situations, des \u00e9v\u00e9nements, la recherche de l&rsquo;influence par des voies des contacts habituels, etc. Mais les similitudes s&rsquo;arr\u00eatent l\u00e0,  devraient s&rsquo;arr\u00eater l\u00e0. Il s&rsquo;agit \u00e0 la fois d&rsquo;une affaire de tradition et de hauteur de vue, les deux \u00e9l\u00e9ments se combinant et s&rsquo;alimentant. La tradition de la diplomatie n&rsquo;est pas la recherche de la dissimulation et de la d\u00e9loyaut\u00e9, de l&rsquo;absence de r\u00e8gles au nom de l&rsquo;efficacit\u00e9, toutes choses qui caract\u00e9risent les basses uvres du renseignement lorsqu&rsquo;il devient espionnage et qu&rsquo;il est presque basse police et banditisme ; elle est la recherche de l&rsquo;arrangement entre nations et puissances destin\u00e9es par la g\u00e9ographie ou toute autre raison majeure \u00e0 coexister, et cet arrangement doit tenter d&rsquo;approcher le point d&rsquo;\u00e9quilibre entre le respect de l&rsquo;autre et de soi-m\u00eame (les souverainet\u00e9s) et la prise en compte des int\u00e9r\u00eats respectifs. Cette tradition, pour \u00eatre respect\u00e9e selon l&rsquo;esprit qu&rsquo;on a tent\u00e9 de d\u00e9finir, implique n\u00e9cessairement la hauteur de vues, qui passe sur les d\u00e9tails comme les d\u00e9bordements sexuels de l&rsquo;un ou la corruption de l&rsquo;autre (m\u00eame si, encore une fois, l&rsquo;espionnage des basses uvres s&rsquo;en occupe). <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLorsque Brzezinski rigole, comme on le note dans l&rsquo;extrait ci-dessus, il se d\u00e9couvre pour ce qu&rsquo;il est ; un homme dont la conception de la diplomatie est bas\u00e9e sur la brutalit\u00e9, l&rsquo;antagonisme, le soup\u00e7on Rien pour nous \u00e9tonner, au reste, si l&rsquo;on consid\u00e8re sa carri\u00e8re et ses actes lorsqu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 son poste de direction, au NSC, en 1977-1981, aupr\u00e8s du pr\u00e9sident Carter. (Dans l&rsquo;\u00e9mission de radio d&rsquo;o\u00f9 nous le citons, dans le texte r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 plus haut, \u00e0 la question de savoir si les missions confi\u00e9es aux diplomates US \u00e0 l&rsquo;ONU respectaient leurs attributions, Zbig a souri et beaucoup ri, et r\u00e9pondu p\u00eale-m\u00eale : \u00ab<em>Well, yes, because, look, diplomats are supposed to be reporting. They&rsquo;re not supposed to shut their eyes and close their ears.<\/em> [] <em>But if they can obtain some information regarding key individuals, I see nothing wrong with it, provided it doesn&rsquo;t become a major task or a significant assignment.<\/em> [] <em>Do you think foreigners are not doing that?<\/em>\u00bb Et ainsi de suite)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourtant, et pour en arriver au sujet du fa\u00eete de l&rsquo;infamie, Brzezinski glisse une phrase imprudente dans ses ricanements cyniques,  ou bien, il n&rsquo;\u00e9tait pas inform\u00e9 de la chose (le d\u00e9partement d&rsquo;Etat aux ordres de la CIA), et c&rsquo;est encore plus grave pour lui, pour sa r\u00e9putation d&rsquo;homme clef et donc bien inform\u00e9 du tout-Washington&#8230; Lorsqu&rsquo;il dit : \u00ab<em>I see nothing wrong with it,<\/em> <strong><em>provided<\/em><\/strong> <em>it doesn&rsquo;t become a major task or a significant assignment<\/em>\u00bb, il met involontairement le doigt sur la plaie ouverte et suppurante. Car ce que nous dit le texte du <em>Guardian<\/em> r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, c&rsquo;est bel et bien que la CIA donne des instructions aux diplomates, que la chose se fasse directement ou indirectement importe peu Parlant des instructions centrales au d\u00e9partement d&rsquo;Etat, concernant ce type d&rsquo;op\u00e9rations, le journal \u00e9crit que les services de renseignement utilisent le mat\u00e9riel venu du d\u00e9partement d&rsquo;Etat comme la mati\u00e8re essentielle de certains de leurs productions, notamment celles qui concernent des portraits et des biographies de personnalit\u00e9s, avec les d\u00e9tails scabreux qu&rsquo;on imagine.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela signifie effectivement que les hauts fonctionnaires du d\u00e9partement d&rsquo;Etat sont devenus en partie, et en partie non n\u00e9gligeable, des officiers de la CIA, et pas n\u00e9cessairement pour la partie noble de la chose. Pour un minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res, on ne peut tomber plus bas dans la situation professionnelle, dans sa situation par rapport \u00e0 la souverainet\u00e9 nationale et l&rsquo;autorit\u00e9 qui en \u00e9mane ; litt\u00e9ralement pour ce cas, le d\u00e9partement d&rsquo;Etat n&rsquo;a plus aucune l\u00e9gitimit\u00e9 et l&rsquo;on pourrait dire demain, \u00e0 Washington, si un ambassadeur se trouvait pris la main dans le sac d&rsquo;une dame qui se trouve \u00eatre l&rsquo;\u00e9pouse d&rsquo;un ministre d&rsquo;un pays \u00e9tranger,  Nous ne connaissons pas ce monsieur, exactement comme l&rsquo;on dit d&rsquo;un agent de renseignement, d&rsquo;ailleurs d\u00e9tach\u00e9 de tout lien officiel, qui se fait prendre lui aussi.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn tel d\u00e9voiement dans la valeur des repr\u00e9sentations de la chose r\u00e9galienne qu&rsquo;est la politique ext\u00e9rieure n&rsquo;a gu\u00e8re de pr\u00e9c\u00e9dent, sinon dans les dictatures sp\u00e9cifiques (par exemple, l&rsquo;omnipotence des services de s\u00e9curit\u00e9 durant l&rsquo;\u00e8re stalinienne, et apr\u00e8s d&rsquo;une mani\u00e8re att\u00e9nu\u00e9e, effectivement avec l&rsquo;OGPU [successeur de la <em>Tch\u00e9ka<\/em>], devenu GPU puis NKVD, puis KGB, omnipotence qui soumettait le minist\u00e8re des affaires \u00e9trang\u00e8res \u00e0 leur contr\u00f4le). Mais, dans ce cas, il ne s&rsquo;agit pas tant de contr\u00f4ler le d\u00e9partement d&rsquo;Etat parce qu&rsquo;on s&rsquo;en m\u00e9fie,  quoi que ce soit le cas dans nombre de milieux conservateurs \u00e0 Washington,  que de l&rsquo;int\u00e9grer dans un effort g\u00e9n\u00e9ral de brutalisation de la vie internationale. Ce point est important (le mot aussi, nous allons y revenir) dans la mesure o\u00f9 il traduit <strong>d&rsquo;abord<\/strong> une brutalisation de la psychologie dans un contexte bureaucratique et nullement dans les actes eux-m\u00eames. Et c&rsquo;est bien l\u00e0 le caract\u00e8re essentiel que nous voulons souligner avec cette nouvelle extraordinaire,  nouvelle qui n&rsquo;est pas nouvelle \u00e0 proprement parler puisque la d\u00e9cision bureaucratique date de 2005, mais qui le devient d\u00e8s lors qu&rsquo;elle est substantiv\u00e9e par les documents rendus publics par <em>Wikileaks<\/em>. (Le <em>Guardian<\/em> \u00e9crit que cette position nouvelle du d\u00e9partement d&rsquo;Etat fut d\u00e9termin\u00e9e lors de la cr\u00e9ation d&rsquo;un organe de coordination pour le renseignement d&rsquo;origine humain, ou <em>HumInt<\/em> pour <em>Human Intelligence<\/em>, institu\u00e9 en 2005 sous le contr\u00f4le de la CIA, et touchant tous les grands services et minist\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 nationale.) <\/p>\n<h3>Le fa\u00eete de l&rsquo;id\u00e9al de puissance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tRevenons sur ce mot de brutalisation, introduit par l&rsquo;historien George Mosse pour d\u00e9finir un des caract\u00e8res principaux de la Grande Guerre selon lui. Ce terme est pass\u00e9 dans la pratique pour d\u00e9finir l&rsquo;extraordinaire caract\u00e8re de brutalit\u00e9 de la Grande Guerre, mais ce caract\u00e8re est le plus souvent mis au compte des hommes, c&rsquo;est-\u00e0-dire en g\u00e9n\u00e9ral des id\u00e9ologies, en g\u00e9n\u00e9ral identifi\u00e9es comme r\u00e9trogrades (nationalismes, notamment). L&rsquo;\u00e9cole n\u00e9e de cette interpr\u00e9tation tend \u00e0 \u00e9carter la th\u00e8se de la tuerie absurde au profit de la tuerie accept\u00e9e et sciemment d\u00e9velopp\u00e9e, ce qui serait notamment prouv\u00e9e par divers \u00e9v\u00e9nements de massacre, de d\u00e9portation, etc., hors du champ de bataille, et d&rsquo;une mobilisation guerri\u00e8re durable des populations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA ces appr\u00e9ciations, nous opposons bien entendu notre id\u00e9e du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re, sous la forme de la dynamique de la technologie imposant des armements d&rsquo;une puissance terrifiante avec une dominante marqu\u00e9e de la d\u00e9fensive, emprisonnant les nations impliqu\u00e9es, non pas dans une tuerie absurde, ni dans une fi\u00e8vre id\u00e9ologique r\u00e9trograde et belliciste, mais simplement dans une bataille per\u00e7ue d&rsquo;une fa\u00e7on exprim\u00e9e ou non comme vitale dans la mesure o\u00f9 l&rsquo;agression du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re implique n\u00e9cessairement la disparition totale de l&rsquo;agress\u00e9, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e9radication de son identit\u00e9, son an\u00e9antissement ou sa transmutation selon les normes nouvelles. Bien entendu, il s&rsquo;agit de l&rsquo;affrontement entre l&rsquo;id\u00e9al de puissance (\u00e0 ce moment port\u00e9 par l&rsquo;Allemagne) et l&rsquo;id\u00e9al de perfection (voir <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-genie_latin_et_germanisme_de_guglielmo_ferrero_1917_08_12_2008.html\" class=\"gen\">Ferrero<\/a>). Cette perception de bataille vitale contre le d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re est une explication largement suffisante pour expliquer et faire comprendre les encha\u00eenements et les d\u00e9cha\u00eenements de toutes les horreurs de cette guerre ; elle devient totalement absente d&rsquo;esprits compl\u00e8tement intoxiqu\u00e9s \u00e0 partir des ann\u00e9es 1930 par la dictature des id\u00e9ologies, et qui expliquent alors la Grande Guerre \u00e0 partir d&rsquo;analyses obsessionnelles qui lui sont post\u00e9rieures, et qui sont m\u00eame le fait d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments qui ne sont que les cons\u00e9quences de la Grande Guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le contexte g\u00e9n\u00e9ral qui nous attache, il s&rsquo;agit d&rsquo;une autre sorte de brutalisation, portant sur les psychologies, et pour le cas qui nous occupe, dans le cadre bureaucratique g\u00e9n\u00e9ral. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une brutalisation n\u00e9e du syst\u00e8me de la communication venue en  compl\u00e9ment du syst\u00e8me du technologisme (qui fut la cause de la brutalisation de la Grande Guerre), le m\u00eame syst\u00e8me de la communication qui a transform\u00e9 l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001 en un des \u00e9v\u00e9nements les plus catastrophiques et les plus monstrueux de l&rsquo;Histoire,  ou bien, disons le plus catastrophique et le plus monstrueux de l&rsquo;Histoire, en ce sens qu&rsquo;il r\u00e9sumerait symboliquement tous les autres, essentiellement, sinon exclusivement \u00e0 cause de la vertu supr\u00eame, sinon absolue, de l&rsquo;agress\u00e9 et de la modernit\u00e9 qu&rsquo;il repr\u00e9sente,  et ainsi tout est dit&#8230; La r\u00e9alit\u00e9 des chiffres et la r\u00e9alit\u00e9 politique, celles de 9\/11 comme celles du terrorisme, n&rsquo;ayant aucun poids historique significatif, par cons\u00e9quent aucun poids factuel significatif, l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement ne peut devenir significatif que par la mystification et c&rsquo;est par la psychologie que cela s&rsquo;est fait ; et comme cela s&rsquo;est fait dans un esprit de revanche inexpiable d&rsquo;une \u00e9poque moderniste d\u00e9j\u00e0 malade, l&rsquo;entreprise de brutalisation de la psychologie a naturellement \u00e9t\u00e9 poursuivie et amplifi\u00e9e. Bien entendu, tout cela \u00e9tait largement soutenu par tous les centres de pouvoir et de corruption li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie de la guerre et de l&rsquo;armement aux USA. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00e9sultat a \u00e9t\u00e9 la finalisation d&rsquo;un processus d\u00e9cisivement entam\u00e9 dans les d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes, de la transformation des relations internationales en un champ d&rsquo;affrontement sans limites et sans fin, sans cesse entretenu dans cette perception par cette psychologie. Dans ce contexte, la brutalisation des psychologies, fleurissant dans un champ d&rsquo;innovation sans pr\u00e9c\u00e9dent avec 9\/11, devait effectivement aboutir \u00e0 la situation qu&rsquo;on conna\u00eet depuis 2005, et mise en \u00e9vidence par les fuites de <em>Wikileaks<\/em>, d&rsquo;un d\u00e9partement d&rsquo;Etat agissant pour une bonne part comme une annexe de services de renseignement eux-m\u00eames compl\u00e8tement convertis \u00e0 cette vision antagoniste et brutale du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, il s&rsquo;agit de ce que Harlan K. Ullman nommait (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">29 mai 2009<\/a>) la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct institu\u00e9e par l&rsquo;administration Bush, mais devenue sans le moindre doute la politique g\u00e9n\u00e9rale des USA, quel que soit le pr\u00e9sident. Il s&rsquo;agit de la politique de l&rsquo;id\u00e9al de puissance, reprise de l&rsquo;Allemagne du d\u00e9but du XX\u00e8me si\u00e8cle et poursuivie,  port\u00e9e \u00e0 son paroxysme, \u00e0 son extr\u00eame, o\u00f9 la psychologie (syst\u00e8me de la communication) s&rsquo;est align\u00e9e sur la brutalit\u00e9 technologique du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re (syst\u00e8me du technologisme), pour former un ensemble coh\u00e9rent o\u00f9 plus aucune nuance n&rsquo;est accept\u00e9e, o\u00f9 plus aucun compromis n&rsquo;est envisag\u00e9, o\u00f9 plus aucune mesure inf\u00e2me n&rsquo;est repouss\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn pourrait dire que, dans cette affaire, le d\u00e9partement d&rsquo;Etat a perdu son \u00e2me, s&rsquo;il en avait une, en plus de perdre sa l\u00e9gitimit\u00e9, son professionnalisme et, plus simplement, sa dignit\u00e9 suppos\u00e9e. La chance que nous avons, nous, est que cette infection (la brutalisation) qui touche les psychologies, pour achever le processus g\u00e9n\u00e9ral entrepris par le syst\u00e8me du technologisme, semble bien avoir \u00e9galement des aspects n\u00e9gatifs concomitants extr\u00eamement pr\u00e9occupants, extraordinairement lourds et d\u00e9vastateurs. Nous ne dirons pas qu&rsquo;il perd \u00e9galement les \u00e2mes humaines, dans l&rsquo;incertitude o\u00f9 nous sommes de savoir si cette chose existe encore au cur du syst\u00e8me, \u00e0 Washington, dans les bureaucraties, au Congr\u00e8s et <em>tutti quanti<\/em> ; mais il est une chose assur\u00e9e, pour le moins, qu&rsquo;en m\u00eame temps que les rendre brutales \u00e0 l&rsquo;encontre du reste du monde (et du reste des bureaucraties quand on parle \u00e0 partir de la sienne), il rend les psychologies de plus en plus folles,  ou, disons, de plus en plus incontr\u00f4lables et de plus en plus impr\u00e9visibles. Les \u00e9v\u00e9nements actuels \u00e0 Washington en t\u00e9moignent \u00e0 suffisance.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au fa\u00eete de l&rsquo;infamie 3 d\u00e9cembre 2010 Qui \u00e9crivait que Wikileaks, dans ses fuites derni\u00e8res et tonitruantes, nous apportaient fort peu d&rsquo;informations nouvelles mais seulement des indications, d&rsquo;ailleurs fort int\u00e9ressantes et plus que jamais pertinentes, sur la situation d&rsquo;un syst\u00e8me anthropo-communicationnel ? dedefensa.org, notamment Eh bien, dedefensa.org avait tort pour ce qui concerne les informations&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[10442,3104,3889,3888,2628,7909,2766,9887],"class_list":["post-72531","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-brutalisation","tag-cia","tag-detat","tag-departement","tag-diplomatie","tag-internationales","tag-relations","tag-wikileaks"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72531","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72531"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72531\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72531"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72531"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72531"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}