{"id":72652,"date":"2011-01-10T13:35:27","date_gmt":"2011-01-10T13:35:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/01\/10\/gunfight-a-tucson-arizona\/"},"modified":"2011-01-10T13:35:27","modified_gmt":"2011-01-10T13:35:27","slug":"gunfight-a-tucson-arizona","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/01\/10\/gunfight-a-tucson-arizona\/","title":{"rendered":"<em>Gunfight<\/em> \u00e0 Tucson, Arizona"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>Gunfight<\/em> \u00e0 Tucson, Arizona<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t10 janvier 2011  Nous nommons cela <em>gunfight<\/em> bien que cela n&rsquo;en fut pas un. Le mot est ici employ\u00e9 symboliquement, comme nous nous en expliquons plus loin, pour signifier un \u00e9v\u00e9nement paroxystique selon la symbolique de ce genre fameux de la culture am\u00e9ricaniste qu&rsquo;est le <em>western<\/em>. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;attentat contre la Repr\u00e9sentante de l&rsquo;Arizona, la d\u00e9mocrate Gabrielle Giffords, \u00e0 Tucson, lors d&rsquo;une r\u00e9union publique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn en conna\u00eet les circonstances, les morts, l&rsquo;\u00e9tat tr\u00e8s grave de Giffords, la personnalit\u00e9 \u00e9trange et sans doute lunatique du tireur arr\u00eat\u00e9, Jared Lee Loughner, les hypoth\u00e8ses autour de son acte, les accusations aussit\u00f4t lanc\u00e9es,  qui contre la rh\u00e9torique politique violente (Sarah Palin particuli\u00e8rement vis\u00e9e), qui contre <em>Tea Party<\/em>. Reste \u00e0 notre sens l&rsquo;essentiel, qui est l&rsquo;ampleur extraordinaire prise par cet \u00e9v\u00e9nement, et par le sens absolument <strong>politique<\/strong> (malgr\u00e9 la personnalit\u00e9 du suspect) qui lui a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9. Symboliquement, cet attentat fait partie de l&rsquo;\u00e9volution en cours de la v\u00e9ritable guerre civile postmoderniste qui d\u00e9chire les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est inutile de rappeler les circonstances, les r\u00e9actions, etc. Elles sont partout dans la presse et sur Internet, de source US et de source anglo-saxonne britannique particuli\u00e8rement. Les commentaires abondent d\u00e9j\u00e0 et vont abonder dans les prochains jours. Pour notre part, nous choisirons plut\u00f4t comme commentaire de d\u00e9part un texte \u00e9crit presque dans l&rsquo;instant de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, pourtant un texte remarquablement nuanc\u00e9 et qui va \u00e0 l&rsquo;essentiel, de Dylan Ratigan qui poss\u00e8de sa propre \u00e9mission sur MSNBC (The Dylan Ratigan Show),  texte sur <em>Huffington.post<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/dylan-ratigan\/a-destructive-crossroads_b_806276.html\" class=\"gen\">8 janvier 2011<\/a>. Bien que Ratigan ne condamne en rien le Syst\u00e8me en place, il a le m\u00e9rite de placer l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement dans une perspective g\u00e9n\u00e9rale qui situe bien l&rsquo;enjeu. C&rsquo;est un signe qu&rsquo;une telle r\u00e9flexion, de cette sorte, ait \u00e9t\u00e9 faite quasiment dans la pression et l&rsquo;agitation de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement. Il s&rsquo;agit effectivement d&rsquo;une r\u00e9flexion courte mais significative, d&rsquo;o\u00f9 il ressort que les USA sont plac\u00e9s devant l&rsquo;alternative d&rsquo;une reconstruction bien difficile, s&rsquo;ils se reprennent apr\u00e8s cet attentat, ou de la destruction si les choses se poursuivent apr\u00e8s cet attentat, comme elles ont \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;ici.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>We find ourselves at a violent crossroads. Whether you are a national voice or an individual without a voice  there are simple questions we all must ask ourselves today. As individuals wrestle with either a modest or an extreme sense of unfairness in the American political system, the question we have to ask ourselves is What are we going to do with that energy?<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Whatever is to be said about the state of the gunman today, whether he had psychological issues or not, he was angry. Across America today, people are angry. They may choose to channel that anger in a number of either self-destructive or destructive ways. But whatever any of our feelings are, our challenge and our obligation is to channel that energy into a path based on resolution. For a path based on destruction is just that, destruction.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>There are two categories of people. The first category is those in the powerful elite  whether you are an active serving political leader in the legislature, a former political leader, governor or president, a leader of a non-profit group, or the leader of a political organization ranging from the NRA, MoveOn.org and the Sierra Club, or whether you are a national or local broadcaster focusing on political issues or some form of political strategist or advisor. This is the power class: The group that has a clear avenue of expression and power inside the political process, inside the political media, and inside politically organized institutions.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Or you may find yourself as the vast majority of Americans do, as a passive observer with little sense beyond your ability to vote  without having an avenue to express your beliefs and ideas when it comes to the national conversation<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p> En fait de <em>gunfight<\/em>, ce n&rsquo;en effectivement fut pas un, puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une attaque contre une parlementaire d\u00e9mocrate qui tenait une r\u00e9union publique (en pleine rue devant un magasin), qui s&rsquo;est termin\u00e9e en tuerie (6 morts), avec la parlementaire, Gabrielle Giffords, gri\u00e8vement bless\u00e9e \u00e0 la t\u00eate. Mais il s&rsquo;agit d&rsquo;un <em>gunfight<\/em> comme on les conna\u00eet dans les westerns classiques, lorsque le duel \u00e0 l&rsquo;arme \u00e0 feu cl\u00f4t l&rsquo;\u00e9pisode, repr\u00e9sentant le paroxysme de l&rsquo;action. Cette attaque contre Giffords repr\u00e9sente un paroxysme dans une situation o\u00f9 la tension ne cesse de monter,  cela, aux USA, pour que nul n&rsquo;en ignore On dirait tragiquement que la psychologie g\u00e9n\u00e9rale attendait, voire r\u00e9clamait un \u00e9v\u00e9nement de cette sorte pour sanctionner par la violence cette tension qui ne cesse de monter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous irions jusqu&rsquo;\u00e0 observer que le caract\u00e8re du texte que nous avons choisi, qui n&rsquo;est pas le fait d&rsquo;un commentateur exceptionnel ou d&rsquo;un visionnaire hors du commun, est bien le signe qu&rsquo;il y avait inconsciemment une attente collective d&rsquo;un tel \u00e9v\u00e9nement. Dylan Ratigan,  cit\u00e9 ici comme exemple, car cette d\u00e9marche se retrouve chez un certain nombre de commentateurs,  \u00e9crit son texte comme s&rsquo;il avait \u00e9t\u00e9 pr\u00eat \u00e0 commenter cette attaque avant m\u00eame qu&rsquo;elle ait lieu, comme premier acte de violence mortelle in\u00e9vitable engendr\u00e9 par la situation de crise et de tension aux USA dans la s\u00e9quence actuelle. Il fallait que cet \u00e9v\u00e9nement se produis\u00eet et donc, m\u00eame s&rsquo;il est inattendu et impr\u00e9vu, l&rsquo;attentat (l&rsquo;attaque) n&rsquo;est pas une surprise et l&rsquo;esprit n&rsquo;a aucun mal \u00e0 en distinguer aussit\u00f4t la signification essentielle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour autant, notre appr\u00e9ciation serait que l&rsquo;attentat n&rsquo;est point un de ces moments de rupture de la psychologie, la violence brutale qui, brusquement, en nous faisant r\u00e9aliser le potentiel de violence de la tension montante, d\u00e9samorce cette tension. Au contraire, puisqu&rsquo;il \u00e9tait inconsciemment attendu C&rsquo;est un paroxysme, sans aucun doute, mais un paroxysme qui marque une \u00e9tape et nullement une r\u00e9solution dans un sens ou l&rsquo;autre, un paroxysme avant d&rsquo;autres qui vont suivre dans la tendance du renforcement constant de la tension et de l&rsquo;antagonisme  car la situation g\u00e9n\u00e9rale est bien \u00e0 la poursuite et au renforcement de cette tension et de cet antagonisme. Nous irions m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 dire, sans le moindre cynisme mais en observateur distanci\u00e9 de la psychologie, que le fait que Giffords ne soit pas une c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de la politique est un facteur paradoxalement aggravant. Si elle l&rsquo;\u00e9tait, et si elle \u00e9tait morte dans l&rsquo;attentat contre elle, elle serait une martyre, et son destin serait une puissante d\u00e9nonciation symbolique et <em>de facto<\/em> de la violence, peut-\u00eatre (c&rsquo;est douteux mais possible), avec quelques effets heureux de r\u00e9conciliation. Au contraire, l&rsquo;attentat  nous fournit tous les d\u00e9savantages de la violence (le cycle est enclench\u00e9) sans le choc de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 et de la dimension de la personne symbolique vis\u00e9e qui aurait pu constituer \u00e9ventuellement un exorcisme de cette violence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;indignation est g\u00e9n\u00e9rale, au pays de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, \u00e0 Washington D.C. bien entendu ; l&rsquo;indignation est d&rsquo;autant plus grande que Washington D.C. et l&rsquo;<em>establishment<\/em> portent \u00e9videmment toute la responsabilit\u00e9 de premi\u00e8re main, ou, pourrait-on dire plut\u00f4t, d&rsquo;homme de main du Syst\u00e8me, de la situation actuelle, de la tension qui la marque, du paroxysme constant qui la caract\u00e9rise, etc.,  toutes ces choses qui forgent une situation o\u00f9 un tel acte a lieu. La psychologie est exacerb\u00e9e \u00e0 ce point, et c&rsquo;est effectivement comme l&rsquo;\u00e9crit Dylan Ratigan,  comme si d&rsquo;ailleurs il d\u00e9crivait l&rsquo;\u00e9tat de la psychologie g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;univers \u00ab<em>Whatever is to be said about the state of the gunman today, whether he had psychological issues or not, he was angry. Across America today, people are angry.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette r\u00e9alit\u00e9, non cette \u00e9vidence de la col\u00e8re populaire, alimente l&rsquo;indignation de l&rsquo;<em>establishment<\/em> qui se replie \u00e9videmment sur les grands principes d\u00e9mocratiques, la d\u00e9nonciation de la violence verbale et de la violence tout court, l&rsquo;affirmation vertueuse que ceux qui servent (selon le mot du nouveau <em>Speaker<\/em> de la Chambre John Boehner) doivent \u00eatre \u00e9pargn\u00e9s par leur fonction des effets de la violence. (On imagine que Boehner, champion de la larme \u00e0 l&rsquo;il,  il a l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00e9clater en sanglots en public pour le moindre \u00e9motion,  et du profit dispens\u00e9 par les lobbies parlent de ceux qui servent le peuple en le repr\u00e9sentant, les \u00e9lus sacr\u00e9s de la Grande R\u00e9publique. Dans le climat actuel, ce mot pompeux ne fait m\u00eame plus sourire tant il appara\u00eet d\u00e9risoire)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa violence populaire dans l&rsquo;\u00e9tat cataclysmique de la crise US s&rsquo;est pourtant bien peu manifest\u00e9e. Mais on sent combien est grande la crainte de l&rsquo;<em>establishment<\/em> de cette violence, aux r\u00e9actions consid\u00e9rables qu&rsquo;a suscit\u00e9es cette attentat. Leur psychologie est pr\u00eate \u00e0 cette violence, on dirait m\u00eame qu&rsquo;elle la pr\u00e9c\u00e8de, sinon l&rsquo;appelle inconsciemment<\/p>\n<h3>La guerre de 9\/11 d\u00e9barque aux USA<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, l&rsquo;\u00e9cho de l&rsquo;attaque contre Giffords est extraordinaire et v\u00e9cu comme un drame national. Cela para\u00eetra disproportionn\u00e9 par rapport \u00e0 d&rsquo;autres \u00e9v\u00e9nements, si l&rsquo;on s&rsquo;en tient \u00e0 la comptabilit\u00e9 morbide des morts et des bless\u00e9s, \u00e0 la personnalit\u00e9 des acteurs du drame mais on accordera pourtant, cette fois, tout son cr\u00e9dit \u00e0 la valeur de cette r\u00e9action. Certes, il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9action <strong>justifi\u00e9e<\/strong>, car l&rsquo;attaque contre la parlementaire d\u00e9mocrate est d&rsquo;abord un <strong>symbole<\/strong> d&rsquo;une extr\u00eame puissance. Il est le symbole de la guerre civile US qui se concr\u00e9tise,  ou, si l&rsquo;on veut, la concr\u00e9tisation des paroles r\u00e9cemment dites (au printemps dernier) par l&rsquo;ancien pr\u00e9sident Jimmy Carter, dont certains se moqu\u00e8rent un peu \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, mais qui nous paraissaient absolument justifi\u00e9es, et qui le sont encore plus : \u00ab<em>Washington is more polarised, even maybe than the time of Abraham Lincoln and the initiation of the war between the states.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi, l&rsquo;attaque contre Giffords ne vaut certainement pas par elle-m\u00eame, par exemple au contraire des attentats contre Lincoln (1865), contre McKinley (1900), contre Huey Long (1935), contre John Kennedy (1963), contre King et Robert Kennedy (1968) et ainsi de suite, affectant tous des personnalit\u00e9s hors du commun et repr\u00e9sentant des partis, des choix, des engagements, des orientations Pourtant, l&rsquo;attaque contre Giffords vaut justement comme un \u00e9v\u00e9nement essentiel parce que la victime n&rsquo;est pas connue, qu&rsquo;elle est jeune et sans carri\u00e8re politique, mais parce qu&rsquo;elle fait partie, qu&rsquo;elle le veuille ou non, qu&rsquo;on le d\u00e9plore ou pas, de l&rsquo;<em>establishment<\/em> et du syst\u00e8me. Peu importe alors que la victime soit qui elle est, et le coupable ce qu&rsquo;il est ; il reste que, parce qu&rsquo;il est absolument conforme \u00e0 une situation g\u00e9n\u00e9rale, qu&rsquo;il l&rsquo;exprime d&rsquo;une fa\u00e7on irr\u00e9futable, qu&rsquo;il est une attaque contre cette situation g\u00e9n\u00e9rale, l&rsquo;acte est d&rsquo;une r\u00e9elle et tr\u00e8s grande importance politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a eu et il y a de multiples explications possibles pour r\u00e9duire la signification de l&rsquo;attentat \u00e0 un acte qui aurait justement peu de signification. On parle d&rsquo;une culture de la violence, tarte \u00e0 la cr\u00e8me am\u00e9ricaniste d\u00e8s qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement de cette sorte survient ; on parle des d\u00e9g\u00e2ts faits aux psychologies par le discours politique haineux qui s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9 ; on parle de l&rsquo;extr\u00e9misme, surtout de droite, avec des allusions \u00e0 <em>Tea Party<\/em> ; on parle de la psychologie instable, du caract\u00e8re lunatique de Jared Lee Loughner, du jeune homme qui a tir\u00e9 On parle de ces explications annexes qui n&rsquo;expliquent rien, mais qui ont la vertu d&rsquo;\u00e9carter l&rsquo;explication centrale, \u00e9crasante et \u00e9vidente que cet acte est <strong>aussi<\/strong> et <strong>essentiellement<\/strong> le produit, direct ou indirect, ou symbolique peu importe, de la crise qui d\u00e9chire les USA, de cette seconde guerre civile comme le laisse entendre Jimmy Carter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, c&rsquo;est cette explication centrale, qui est le produit de la crise centrale du Syst\u00e8me dans lequel les USA fournissent le principal moteur, qui est dans tous les esprits. A cet \u00e9gard, les psychologies sont <strong>ouvertes<\/strong> depuis des mois, sinon plusieurs ann\u00e9es, \u00e0 un (des) acte(s) de violence qui substantiverai(en)t le climat g\u00e9n\u00e9ral de tension, les \u00e9changes haineux, les affrontements extr\u00eames et \u00e0 la limite de l&rsquo;absurde qui opposent diverses factions qu&rsquo;il est difficile sinon simplement impossible de s\u00e9parer et de cat\u00e9goriser par les jugements simplistes et conformes de nos divers intellectuels de service (racisme,, x\u00e9nophobie, socialisme, populisme et ainsi de suite). (A cet \u00e9gard, pour le massacre de Tucson, la gauche lib\u00e9rale et progressiste US s&rsquo;est largement distingu\u00e9e dans le genre assimilationniste et exp\u00e9ditif en liant imm\u00e9diatement le tr\u00e8s jeune et incertain Jared Lee Loughner, soit \u00e0 <em>Tea Party<\/em>, soit \u00e0 la droite extr\u00eame, soit \u00e0 Sarah Palin et \u00e0 tout le reste, sans autre forme de proc\u00e8s ni de preuve quelconque, tout cela sur le fond du vertueux Barack Obama exprimant la d\u00e9solation de l&rsquo;Am\u00e9rique avec le cur \u00e0 gauche.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;attentat de Tucson ne nous dit donc rien sur l&rsquo;\u00e9ventuel climat de violence r\u00e9gnant ou non aux USA, ni sur les complots \u00e9ventuels, extr\u00e9mistes ou pas, ni sur l&rsquo;existence ou non de r\u00e9seaux de terrorisme, clandestins, etc. Il nous dit tout, par contre, sur la psychologie r\u00e9gnant aux USA, quand on la mesure \u00e0 l&rsquo;ampleur des r\u00e9actions et \u00e0 la sensibilit\u00e9 extraordinaire aux \u00e9v\u00e9nements de cette sorte, qu&rsquo;on peut distinguer effectivement dans cette ampleur-l\u00e0 Pour cette fois et contrairement au processus normal, on peut avancer l&rsquo;id\u00e9e qu&rsquo;une valeur quantitative (l&rsquo;ampleur des r\u00e9actions allant dans ce m\u00eame sens de la politisation et de la dramatisation de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement) permet de pr\u00e9ciser une valeur qualitative (celle de la sensibilit\u00e9 des psychologies  \u00e0 cet \u00e9v\u00e9nement, dans un sens qui renforce la signification politique g\u00e9n\u00e9rale de la crise aux USA).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTout au moins peut-on dire que l&rsquo;attaque de Tucson repr\u00e9sente, dans des circonstances de d\u00e9sordre et de compl\u00e8te incertitude, l&rsquo;irruption d\u00e9cisive dans la situation int\u00e9rieure US du climat am\u00e9ricaniste de violence n\u00e9 avec l&rsquo;attaque 9\/11, jusqu&rsquo;ici essentiellement orient\u00e9 vers les aventures ext\u00e9rieures au travers de la politique de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;instinct de l&rsquo;administration GW Bush qu&rsquo;avait caract\u00e9ris\u00e9e Harlan K. Ullman le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_c_ur_du_sujet_29_05_2009.html\" class=\"gen\">29 mai 2009<\/a>, en regrettant que l&rsquo;administration Obama sembl\u00e2t incapable de l&rsquo;abandonner. Les caract\u00e8res apparents imm\u00e9diats de cette version int\u00e9rieure de cette politique sont la violence, le d\u00e9sordre, la confusion, le nihilisme, l&rsquo;absence de sens et les rh\u00e9toriques pompeuses et vides de toute substance. Ses caract\u00e8res fondamentaux se trouvent, eux, regroup\u00e9s dans une psychologie am\u00e9ricaniste touch\u00e9e par la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me et, de cette fa\u00e7on, ils prennent un sens \u00e9vident. A cette lumi\u00e8re, l&rsquo;attaque, devenant par la force des choses un \u00e9v\u00e9nement pr\u00eat \u00e0 susciter la cr\u00e9ation d&rsquo;un <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_systemes_antisystemes_aux_systemes_antisysteme__10_12_2010.html\" class=\"gen\">Syst\u00e8me antiSyst\u00e8me<\/a>, prend toute sa force et sa signification. Inutile d&rsquo;ajouter que le pauvre et lunatique Jared Lee Loughner n&rsquo;y est pas pour grand&rsquo;chose, sinon d&rsquo;\u00eatre l&rsquo;instrument incertain du destin.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Gunfight \u00e0 Tucson, Arizona 10 janvier 2011 Nous nommons cela gunfight bien que cela n&rsquo;en fut pas un. Le mot est ici employ\u00e9 symboliquement, comme nous nous en expliquons plus loin, pour signifier un \u00e9v\u00e9nement paroxystique selon la symbolique de ce genre fameux de la culture am\u00e9ricaniste qu&rsquo;est le western. 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