{"id":72734,"date":"2011-02-07T06:25:48","date_gmt":"2011-02-07T06:25:48","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/07\/pour-qui-souffle-le-perfect-storm\/"},"modified":"2011-02-07T06:25:48","modified_gmt":"2011-02-07T06:25:48","slug":"pour-qui-souffle-le-perfect-storm","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/07\/pour-qui-souffle-le-perfect-storm\/","title":{"rendered":"Pour qui souffle le \u201c<em>perfect storm<\/em>\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Pour qui souffle le <em>perfect storm<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t7 f\u00e9vrier 2011  En un sens, la d\u00e9claration d&rsquo;Hillary Clinton, samedi en Allemagne, \u00e0 la conf\u00e9rence de la <em>Wehrkunde<\/em> de Munich, revient \u00e0 ceci : Puisque nous n&rsquo;avons rien vu venir, pr\u00e9voyons d\u00e9sormais le pire  La secr\u00e9taire d&rsquo;Etat des USA a donc pos\u00e9 ce diagnostic, avec l&rsquo;expression <em>perfect storm<\/em>, qui signifie que tous les \u00e9l\u00e9ments de la d\u00e9stabilisation et de la d\u00e9structuration sont rassembl\u00e9s pour un moment explosif, ou une temp\u00eate parfaite sur le Moyen-Orient, s&rsquo;engouffrant dans la br\u00e8che \u00e9gyptienne : \u00ab<em>The region is being battered by a perfect storm of powerful trends. Leaders in the region may be able to hold back the tide for a little while, but not for long.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes commentateurs ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral s&rsquo;\u00e9tendre sur l&rsquo;annonce par la secr\u00e9taire d&rsquo;Etat que les USA soutiennent le vice-pr\u00e9sident Omar Suleiman dans son effort pour assurer la transition (\u00ab<em>It is important to support the transition process announced by the Egyptian government actually headed by now-vice president Omar Suleiman<\/em>\u00bb). Pour nous, s&rsquo;il y a quelque chose \u00e0 retenir du discours, c&rsquo;est bien l&rsquo;analyse faite de ce <em>perfect storm<\/em> qui souffle sur la r\u00e9gion du Moyen-Orient, qui implique que l&rsquo;administration Obama est officiellement pass\u00e9e d&rsquo;une absence d&rsquo;analyse strat\u00e9gique \u00e0 une analyse strat\u00e9gique extr\u00eamement pessimiste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuelques d\u00e9tails sur cette intervention dans <em>Huffington.post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/2011\/02\/05\/clinton-egypt-transition_n_819105.html\" class=\"gen\">5 f\u00e9vrier 2011w<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>A perfect storm of economic woes, repression and popular discontent could destabilize the Middle East, said Clinton, lending strong backing for Vice President Omar Suleiman&rsquo;s efforts.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Clinton said support for Suleiman&rsquo;s efforts was essential despite the risks of short-term instability, as illustrated by reports of an alleged attack Saturday on an oil pipeline in the Sinai Peninsula. An Egyptian gas company official said the explosion and fire was caused by a gas leak; a regional official said earlier that sabotage was suspected.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Such unsubstantiated reports bring into sharp relief the challenges that we are facing as we navigate through this period, Clinton said. There are forces at work in any society and particularly one that is facing these kinds of challenges that will try to derail or overtake the process to pursue their own specific agenda, she said. It&rsquo;s important to support the transition process announced by the Egyptian government actually headed by Suleiman.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Her comments were a departure from the Obama administration&rsquo;s earlier stance that centered almost entirely on the need for the transition to begin immediately. It takes time to think those through, to decide how one is going to proceed, who will emerge as leaders. The principles are very clear. The operational details are very challenging, she said, stressing that the transition should happen as quickly as possible.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame article rappelle que Clinton avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper cette id\u00e9e d&rsquo;un <em>perfect storm<\/em> dans son discours de Doha, au Qatar, la veille du d\u00e9part de Tunisie de Ben Ali, apr\u00e8s un mois de manifestations populaires dans les villes tunisiennes. \u00ab<em>Clinton&rsquo;s speech mirrored one she delivered last month in Qatar, when she warned regional leaders that the foundations of progress and development were sinking into the sand and would continue to do so unless those leader acted to meet the aspirations of their people, particularly youth populations.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn notera que les Occidentaux n&rsquo;ont pas n\u00e9cessairement la m\u00eame appr\u00e9ciation tactique sur l&rsquo;\u00e9volution de la situation en Egypte. On le vit \u00e0 Munich \u00e9galement, o\u00f9 Angela Merkel a d\u00e9fendu l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une politique diff\u00e9rente vis-\u00e0-vis de Moubarak (dans le m\u00eame sens que l&rsquo;Italien Berlusconi, qui a parl\u00e9 \u00e0 Rome de la sagesse de Moubarak). Au contraire d&rsquo;Hillary Clinton, Merkel veut se presser doucement et se garder de pousser Moubarak vers la sortie Selon <em>Aljazeera.net<\/em>, le <a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/news\/europe\/2011\/02\/2011251100455802.html\" class=\"gen\">5 f\u00e9vrier 2011<\/a>: \u00ab<em>However, Angela Merkel, the German chancellor and Silvio Berlusconi, the Italian prime minister, fear early elections in Egypt would not be helpful and say the immediate ousting of Hosni Mubarak, the president, could lead to a power vacuum<\/em>\u00bb D&rsquo;un autre c\u00f4t\u00e9, les Britanniques (Cameron) sont partisans de la tactique d&rsquo;urgence, type USA ; quant aux Fran\u00e7ais type-Sarko, ils pensent \u00e0 autre chose. Tout cela sugg\u00e8re bien plus le jugement du d\u00e9sarroi que celui de la division chez les Occidentaux, m\u00eame si la division existe. Litt\u00e9ralement, les Occidentaux ne savent que faire devant un \u00e9v\u00e9nement qui bouleverse l&rsquo;ordre auquel ils sont accoutum\u00e9s, \u00e0 la place duquel ils n&rsquo;ont \u00e9videmment rien \u00e0 proposer puisqu&rsquo;ils n&rsquo;imaginent pas une seconde qu&rsquo;il faille le remplacer, derri\u00e8re lequel ils sont accoutum\u00e9s \u00e0 se retrancher en esp\u00e9rant que la temp\u00eate (<em>perfect storm<\/em>) les \u00e9pargnera&#8230;<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p>C&rsquo;est la premi\u00e8re fois dans la s\u00e9quence historique pr\u00e9sente, disons depuis la fin de la Guerre froide et certainement depuis 9\/11, o\u00f9 le bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste a d\u00e9cid\u00e9 de d\u00e9mocratiser le monde pour assurer l&rsquo;h\u00e9g\u00e9monie du Syst\u00e8me inspir\u00e9 par le lib\u00e9ralisme et le Pentagone, que la pression pour la d\u00e9mocratisation est pr\u00e9sent\u00e9e sur un mode d\u00e9fensif d&rsquo;urgence, en catastrophe, et non plus sur un mode conqu\u00e9rant et offensif. Pour r\u00e9sumer, selon les termes d&rsquo;Hillary Clinton : \u00ab<em>This is not simply a matter of idealism; it is a strategic necessity.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&rsquo;y a pas de ruse dans cette analyse, non plus que dans la position des USA et des autres pays du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste. L&rsquo;inqui\u00e9tude extr\u00eame, voire l&rsquo;affolement, sont bien r\u00e9els et expriment une stup\u00e9faction sans bornes devant un mouvement dont l&rsquo;\u00e9vidence est pourtant la principale caract\u00e9ristique. Mais nous l&rsquo;avons dit, tous les strat\u00e8ges, futurologues, experts et autres, annoncent la chose (la r\u00e9volte populaire contre les soi disant dictateurs pourris du bloc occidentaliste-am\u00e9ricaniste) depuis des ann\u00e9es, sans qu&rsquo;eux-m\u00eames ni ceux qu&rsquo;ils conseillent, nos dirigeants politiques, n&rsquo;y croient vraiment. C&rsquo;est effectivement une question de croyance, encore plus que de conviction dont ils sont tous \u00e9trangement d\u00e9pourvus. Il y a une sorte de processus psychologique, relevant du m\u00eame caract\u00e8re \u00e9trange, qui repousse subrepticement, sans vraiment le dire, comme l&rsquo;on fait d&rsquo;un sortil\u00e8ge, une analyse qui rel\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9vidence Ainsi, ce processus psychologique qui partage le jugement en deux voies cloisonn\u00e9es, et qui fait d&rsquo;un Moubarak, selon les opportunit\u00e9s du jour et les exigences de nos vertus proclam\u00e9es, tant\u00f4t un membre pr\u00e9cieux de la lutte contre le terrorisme mondial, tant\u00f4t un vieux dictateur pourri et inf\u00e2me.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;\u00e9vidence (une analyse qui rel\u00e8ve de l&rsquo;\u00e9vidence), quelle \u00e9vidence finalement ? Non pas celle de la chute de Moubarak, mais celle de notre crise g\u00e9n\u00e9rale. Il serait bien mal avis\u00e9 de reprocher \u00e0 tous ces dirigeants, nos dirigeants politiques, de n&rsquo;avoir rien vu venir,  qui en Tunisie, qui en Egypte. C&rsquo;est en g\u00e9n\u00e9ral le reproche que leur font les journaleux de leur presse-<em>pravda<\/em>, ceux-l\u00e0, type <em>Grand Journal<\/em>, qui posent aux vertueux capables de poser un regard critique sur les affaires du monde et interrogent s\u00e9v\u00e8rement tel ou tel(le) ministre :  pourquoi n&rsquo;avez-vous rien venir ? (ou bien, variante vertueuse : pourquoi \u00e9tiez-vous ami de Moubarak\/de Ben Ali ?). Les journaleux oublient qu&rsquo;ils n&rsquo;ont eux-m\u00eames rien vu venir et qu&rsquo;ils passaient leurs vacances somptueuses en Egypte\/en Tunisie, sans un mot de trop contre Moubarak\/Ben Ali, par ailleurs sanctifi\u00e9s par leur appartenance au camp occidentaliste regroup\u00e9 dans sa lutte contre la terreur (disons, l&rsquo;Ennemi du jour). Ce n&rsquo;est rien, puisque leur r\u00f4le n&rsquo;est pas de penser ou de pr\u00e9voir mais de figurer, dans la <em>narrative<\/em>, comme la voix de l&rsquo;irresponsable accusateur qui fait croire que la vertu existe au royaume de la d\u00e9mocratie. Ce n&rsquo;est pas dr\u00f4le pour le ministre mais c&rsquo;est n\u00e9cessaire pour la <em>narrative<\/em> du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, s&rsquo;il n&rsquo;y a pas cela, toute cette <em>narrative<\/em>, cette vertu, etc., on d\u00e9couvrirait vite l&rsquo;horrible v\u00e9rit\u00e9. Depuis 20 ou 30 ans, ils sont tous amis de Moubarak\/Ben Ali, ils applaudissent leurs discours antiterroristes et la disposition de leurs ge\u00f4les pour torturer (les terroristes, comme chacun sait) par d\u00e9l\u00e9gation sp\u00e9ciale de la CIA, ils vont passer leurs vacances, etc. (voir plus haut). Tout cela, simplement parce que Moubarak\/Ben Ali, et les autres dont on craint et dont on attend \u00e0 la fois la chute comme si l&rsquo;on \u00e9tait fascin\u00e9 inconsciemment par cette occurrence catastrophique qui rel\u00e8ve de l&rsquo;autodestruction,  tous, en un mot, font partie du Syst\u00e8me. Par cons\u00e9quent, on n&rsquo;a pas trop fustig\u00e9 les dictateurs pendant 20, 30 ans, et l&rsquo;on n&rsquo;a rien vu venir de leur chute, parce que les dictateurs font partie du Syst\u00e8me et qu&rsquo;on se refuse \u00e0 envisager <strong>vraiment<\/strong>, bien qu&rsquo;on le craigne \u00e0 chaque instant, que la Chute a commenc\u00e9. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEt puis la chose a lieu, et l&rsquo;on d\u00e9couvre que dictateur pourri et ami du Syst\u00e8me ne font qu&rsquo;un, que tout le monde fait partie du Syst\u00e8me, et Hillary clame soudain, sur un ton dramatique : \u00ab<em>a perfect storm of powerful trends<\/em>\u00bb. Donc, quelque chose a chang\u00e9. De quoi s&rsquo;agit-il ? interroge-t-on aussit\u00f4t ; et l&rsquo;on r\u00e9pondra qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit de rien d&rsquo;autre que de la furieuse irruption de la r\u00e9alit\u00e9, avec l&rsquo;inqui\u00e9tude extr\u00eame, jusqu&rsquo;\u00e0 la panique qui s&rsquo;ensuit. Car la question se pose aussit\u00f4t : la chute de Moubarak\/ben Ali, est-ce la chute d&rsquo;un dictateur pourri ou est-ce la chute d&rsquo;un f\u00e9al de l&rsquo;Empire, d&rsquo;un fid\u00e8le du Syst\u00e8me ? La chose est entendue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe vacillement de l&rsquo;Egypte n&rsquo;est pas un probl\u00e8me pour le Moyen-Orient, ni pour les int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques de qui l&rsquo;on sait, ni pour la d\u00e9mocratie, ou bien cela ne l&rsquo;est que fort accessoirement ; c&rsquo;est d&rsquo;abord et essentiellement un probl\u00e8me pour le Syst\u00e8me lui-m\u00eame, pour son \u00e9quilibre interne, pour sa propre psychologie, par la perception qu&rsquo;il a ou qu&rsquo;il n&rsquo;a plus tout \u00e0 fait de pouvoir garder le contr\u00f4le de ses propres forces et de ses influences. Dans ce cas, compte moins la situation r\u00e9elle que la perception qu&rsquo;on en a, et cette perception d\u00e9pendante essentiellement de sa propre fragilit\u00e9 psychologique. A partir de cela, il ne nous appara\u00eetrait gu\u00e8re \u00e9tonnant que soit rencontr\u00e9e l&rsquo;hypoth\u00e8se que le <em>perfect storm<\/em> menace en r\u00e9alit\u00e9 le Syst\u00e8me lui-m\u00eame, au del\u00e0 de l&rsquo;Egypte et bien plus que l&rsquo;Egypte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit donc d&rsquo;un probl\u00e8me int\u00e9rieur<\/p>\n<h3>Comme l&rsquo;URSS en 1989<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, il s&rsquo;agit d&rsquo;un probl\u00e8me int\u00e9rieur, essentiellement aux USA, \u00e0 Washington, \u00e0 la puissance am\u00e9ricaniste qui est le cur grondant du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste. L&rsquo;Egypte fait partie de l&rsquo;Empire,  ainsi nous dit la <em>narrative<\/em> am\u00e9ricaniste. Peu importe que l&rsquo;Empire brinqueballe de tous les c\u00f4t\u00e9s et ressemble \u00e0 une vieille usine \u00e0 gaz rouill\u00e9e, la psychologie de l&rsquo;<em>establishment<\/em> reste conform\u00e9e \u00e0 cette vision et fid\u00e8le \u00e0 la <em>narrative<\/em> virtualiste par cons\u00e9quent. Les soubresauts de l&rsquo;Egypte sont donc autant de hoquets v\u00e9cus comme des agressions d&rsquo;un sort funeste Pire encore, voil\u00e0 qu&rsquo;on ne s&rsquo;entend gu\u00e8re, \u00e0 Washington, pour d\u00e9terminer dans quel sens vont ces agressions et en quoi ce sort est funeste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa crise \u00e9gyptienne survient \u00e0 un bien mauvais moment pour Washington, du point de vue de l&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;esprit. On sait que le nouveau Congr\u00e8s a introduit, par le biais de quelques nouveaux \u00e9lus type <em>Tea Party<\/em>, des germes d&rsquo;une r\u00e9flexion r\u00e9volutionnaire due aux formidables contraintes du d\u00e9ficit budg\u00e9taire. L&rsquo;un des postes budg\u00e9taires les plus d\u00e9licats dans les discussions qui s&rsquo;\u00e9bauchent pour la recherche d&rsquo;une r\u00e9duction du d\u00e9ficit est le budget de l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Il y a m\u00eame eu une langue sacril\u00e8ge (celle de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-rand_paul_met_en_cause_la_sacro-sainte_aide_a_israel_28_01_2011.html\" class=\"gen\">Rand Paul<\/a>) pour \u00e9voquer la possibilit\u00e9 de mettre en cause l&rsquo;aide \u00e0 Isra\u00ebl. D&rsquo;autre part, l&rsquo;Egypte est \u00e9galement, n\u00e9cessairement, dans le flot tumultueux de cette sorte de r\u00e9flexion, puisqu&rsquo;elle b\u00e9n\u00e9ficie de la deuxi\u00e8me aide (en volume, avec $1,5 milliard\/an) apr\u00e8s Isra\u00ebl. Voil\u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re-plan purement washingtonien, on veut dire par rapport \u00e0 la situation int\u00e9rieure, de la crise \u00e9gyptienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA ces remous s&rsquo;ajoutent ceux qui secouent le parti de la guerre, d&rsquo;habitude uni dans son maximalisme pour le maintien de l&rsquo;Empire en l&rsquo;\u00e9tat et sans rien changer. La querelle interne aux <em>neocons<\/em> n&rsquo;est pas anecdotique ni indiff\u00e9rente ; au contraire, elle porte sur des points de principe absolument fondamentaux, comme <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_neocons_et_l_ideal_de_puissance__04_02_2011.html\" class=\"gen\">on l&rsquo;a vu<\/a>. Elle conduit \u00e9galement \u00e0 cette situation extraordinaire o\u00f9 l&rsquo;on voit les plus ardents partisans traditionnels d&rsquo;Isra\u00ebl (Kristoll, Abrams, etc.) prendre position contre la position d&rsquo;Isra\u00ebl, au nom de la d\u00e9mocratisation universelle qui passerait dans ce cas par l&rsquo;\u00e9limination de Moubarak, lequel Moubarak est d\u00e9fendu becs et ongles par Isra\u00ebl. M\u00eame si elle est de nature compl\u00e8tement diff\u00e9rente de la question du d\u00e9ficit budg\u00e9taire (les <em>neocons<\/em> sont \u00e9videmment partisans de l&rsquo;aide \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, qui est un des outils principaux de l&rsquo;influence US, et jugent sacro-sainte l&rsquo;aide \u00e0 Isra\u00ebl), la querelle n&rsquo;appara\u00eet pas moins comme un autre s\u00e9rieux ferment de division au cur de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien, ferment particuli\u00e8rement actif puisqu&rsquo;il est suscit\u00e9 par une crise elle-m\u00eame en pleine activit\u00e9. Ainsi l&rsquo;<em>establishment<\/em> n&rsquo;a-t-il jamais \u00e9t\u00e9 aussi divis\u00e9 sur les mesures \u00e0 prendre et sur la politique \u00e0 suivre, notamment sous la pouss\u00e9e de ses extr\u00eames, alors que la crise \u00e9gyptienne demanderait au contraire une union sans faille face au danger qu&rsquo;implique ce foyer de d\u00e9sordre au cur du dispositif imp\u00e9rial.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t&#8230;Ainsi le <em>perfect storm<\/em> \u00e9voqu\u00e9 par Hillary Clinton serait-il aussi bien mena\u00e7ant pour Washington m\u00eame que pour les pays du Moyen-Orient. Il y a, dans la dramatisation impliqu\u00e9e par ce jugement de la secr\u00e9taire d&rsquo;Etat, autant que dans la pression d\u00e9ploy\u00e9e par l&rsquo;administration Obama pour une solution rapide de la crise, une crainte sourde que cette crise ne mette \u00e0 vif les diverses divisions et axes d&rsquo;affrontement que l&rsquo;on a vu ci-dessus. Autant la direction am\u00e9ricaniste n&rsquo;a pas particuli\u00e8rement pr\u00eat\u00e9 attention \u00e0 la pr\u00e9paration de la temp\u00eate, autant la voit-elle aujourd&rsquo;hui, comme un spectre mena\u00e7ant, se d\u00e9cha\u00eener partout parce qu&rsquo;elle risque par dessus tout de souffler jusqu&rsquo;\u00e0 Washington.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl faut admettre deux choses : la premi\u00e8re est que la politique imp\u00e9riale de Washington n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 r\u00e9ellement et s\u00e9rieusement discut\u00e9e au sein de l&rsquo;<em>establishment<\/em>, notamment parce que ses orientations et ses moyens n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 mis en cause. La seconde est que la r\u00e9alit\u00e9 de la crise structurelle int\u00e9rieure US n&rsquo;a jamais non plus \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e, parce qu&rsquo;elle ne peut l&rsquo;\u00eatre que si la politique ext\u00e9rieure d&rsquo;expansionnisme et de militarisme est elle-m\u00eame mise en cause. L&rsquo;on comprend que la crise \u00e9gyptienne, qui appara\u00eet alors comme une crise ext\u00e9rieure concernant la situation int\u00e9rieure du Syst\u00e8me, constitue une menace contre ces deux verrous qui tiennent cadenass\u00e9e et prisonni\u00e8re la possibilit\u00e9 d&rsquo;une consid\u00e9ration objective des conceptions am\u00e9ricanistes et des crises que suscitent ces conceptions. Ainsi la crise \u00e9gyptienne, qui est la crise d&rsquo;un membre \u00e9minent du Syst\u00e8me, est-elle aussi, indirectement, une possibilit\u00e9 tr\u00e8s s\u00e9rieuse qu&rsquo;apparaisse au grand jour la crise du Syst\u00e8me, au cur du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ferions volontiers l&rsquo;hypoth\u00e8se, effectivement, que c&rsquo;est cette id\u00e9e qu&rsquo;on trouve, sous-jacente, dans l&rsquo;observation angoiss\u00e9e d&rsquo;Hillary Clinton \u00e0 propos du <em>perfect storm<\/em>. La question g\u00e9n\u00e9rale que soul\u00e8ve la crise \u00e9gyptienne est celle de la validit\u00e9 de la politique expansionniste de s\u00e9curit\u00e9 nationale des USA, suscit\u00e9e et appuy\u00e9e par le Syst\u00e8me ; la question g\u00e9n\u00e9rale que soul\u00e8ve l&rsquo;interrogation sur la validit\u00e9 de la politique expansionniste de s\u00e9curit\u00e9 nationale des USA, suscit\u00e9e et appuy\u00e9e par le Syst\u00e8me, c&rsquo;est celle de la validit\u00e9 du Syst\u00e8me lui-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi l&rsquo;analogie vient-elle sous la plume, comme naturellement, avec une gr\u00e2ce souveraine (celle de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/section-la_grace_de_l_histoire.html\" class=\"gen\">l&rsquo;Histoire<\/a>, pardi), lorsqu&rsquo;elle d\u00e9crit l&rsquo;attitude des USA vis-\u00e0-vis de la crise \u00e9gyptienne \u00ab<em>The US is in much the same situation today as the Soviet Union was in 1989, as a series of socialist dominoes toppled. Poland, Romania, Hungary, East Germany, Bulgaria, and Czechoslovakia all experienced dramatic meltdowns, while the Soviet regime, supportive of these systems since the end of the Second World War, sat by helplessly and watched. Leaders made vague statements about the need for peaceful transitions and elections, while the people on the ground completely ignored them.<\/em>\u00bb (Selon Llewellyn H. Rockwell, sur <em>Aljazeera.net<\/em>, le <a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/indepth\/opinion\/2011\/02\/20112312504969243.html\" class=\"gen\">6 f\u00e9vrier 2011<\/a>)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour qui souffle le perfect storm 7 f\u00e9vrier 2011 En un sens, la d\u00e9claration d&rsquo;Hillary Clinton, samedi en Allemagne, \u00e0 la conf\u00e9rence de la Wehrkunde de Munich, revient \u00e0 ceci : Puisque nous n&rsquo;avons rien vu venir, pr\u00e9voyons d\u00e9sormais le pire La secr\u00e9taire d&rsquo;Etat des USA a donc pos\u00e9 ce diagnostic, avec l&rsquo;expression perfect storm,&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[934,3228,2651,9550,3278,3836,5427,4137,3014,3229],"class_list":["post-72734","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-clinton","tag-crise","tag-du","tag-egypte","tag-hillary","tag-munich","tag-perfect","tag-storm","tag-systeme","tag-wehrkunde"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72734","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72734"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72734\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72734"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72734"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72734"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}