{"id":72741,"date":"2011-02-09T11:01:01","date_gmt":"2011-02-09T11:01:01","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/09\/le-mexique-et-le-gout-de-lintervention\/"},"modified":"2011-02-09T11:01:01","modified_gmt":"2011-02-09T11:01:01","slug":"le-mexique-et-le-gout-de-lintervention","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/09\/le-mexique-et-le-gout-de-lintervention\/","title":{"rendered":"Le Mexique et le go\u00fbt de l&rsquo;intervention"},"content":{"rendered":"<p><p>Une d\u00e9claration d&rsquo;un officiel du Pentagone, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de l&rsquo;Utah, attire l&rsquo;attention,  \u00e0 juste titre,  bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une attention discr\u00e8te, qui n&rsquo;\u00e9veille pas trop d&rsquo;\u00e9chos m\u00e9diatiques. L&rsquo;officiel est un civil,  Joseph Westphall, sous-secr\u00e9taire du d\u00e9partement de l&rsquo;U.S. Army (minist\u00e8re interne du Pentagone, celui-ci charg\u00e9 de l&rsquo;U.S. Army). La chose est rapport\u00e9e d&rsquo;abord dans la presse locale, sur le site <em>Utah.News<\/em> du journal Salt Lake City <em>Tribune<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.sltrib.com\/sltrib\/home\/51207681-76\/mexico-westphal-army-drug.html.csp#\" class=\"gen\">8 f\u00e9vrier 2011<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa circonstance est assez curieusement fortuite pour \u00eatre d\u00e9taill\u00e9e. La conf\u00e9rence \u00e9tait une intervention classique de propagande pro-Pentagone, sur le budget de la d\u00e9fense, les restrictions dont il est menac\u00e9, la n\u00e9cessit\u00e9 de le garder \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9, etc., cela notamment justifi\u00e9 par les crises et les tensions au Moyen-Orient et en Asie. Puis vinrent la s\u00e9ance des questions-r\u00e9ponses<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But in response to a student&rsquo;s question about strategic blind spots in U.S. foreign policy, Westphal switched hemispheres. One of them in particular for me is Latin America and in particular Mexico, he said. As all of you know, there is a form of insurgency in Mexico with the drug cartels that&rsquo;s right on our border. This isn&rsquo;t just about drugs and about illegal immigrants, he said. This is about, potentially, a takeover of a government by individuals who are corrupt.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Westfall  who said he was expressing a personal opinion, but one he had shared with the White House  said he didn&rsquo;t want to ever see a situation in which armed and fighting American soldiers are sent to combat an insurgency on our border, in violation of our Constitution, or to have to send them across the border.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, on note, comme le fait le journal, que c&rsquo;est la deuxi\u00e8me fois qu&rsquo;un officiel US de haut rang parle d&rsquo;une insurrection (<em>insurgency<\/em>), le premier \u00e9tant la secr\u00e9taire d&rsquo;Etat Hillary Clinton en septembre 2010. (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hillary_decouvre_une_insurrection_et_songe_a_plan_mexico_09_09_2010.html\" class=\"gen\">9 septembre 2010<\/a>.) Mais, selon un officiel mexicain interrog\u00e9 par le Salt Lake City <em>Tribune<\/em>, le contexte de l&rsquo;intervention de Westfall fait que le terme a une signification beaucoup plus grave et se diff\u00e9rencie nettement de ce qu&rsquo;a dit Hillary Clinton. L&rsquo;officiel a voulu garder l&rsquo;anonymat parce que les autorit\u00e9s mexicaines examinent la d\u00e9claration de Westfall et envisagent une r\u00e9action officielle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne autre r\u00e9action rapport\u00e9e par l&rsquo;article est celle, particuli\u00e8rement vive, d&rsquo;un universitaire<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Claudio Holzner, an assistant professor in the University of Utah&rsquo;s departments of political science and Latin American studies, said Westphal&rsquo;s words were incendiary. As violent and desperate as the situation has become in some parts of Mexico, Holzner said, it&rsquo;s an overstatement to call the drug war an insurgency, primarily because the drug cartels are not seeking control of the government  they are seeking safe passage for their merchandise.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Holzner said it would be foolhardy for U.S. officials to consider sending troops into Mexico. I think the solution is not a military one. The best thing the United States can do is to enforce its own laws and change the laws that are not working, to stem the demand for drugs in the U.S. and to stop the flow of U.S. weapons across the border, he said.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai qu&rsquo;il y a une diff\u00e9rence entre la d\u00e9claration de Clinton et celle de Westfall autour du mot insurrection. Clinton faisait allusion \u00e0 la Colombie, o\u00f9 les USA avaient envoy\u00e9 des troupes, mais sous la forme de contingents de conseillers, de forces sp\u00e9ciales et autres sp\u00e9cialistes dont les USA raffolent pour cette sorte d&rsquo;intervention qui ne dit pas vraiment son nom. Westfall laisse entendre qu&rsquo;il parle d&rsquo;une autre forme d&rsquo;intervention, du fait m\u00eame de la topographie, de la contigu\u00eft\u00e9 des th\u00e9\u00e2tres d&rsquo;op\u00e9ration, du type d&rsquo;op\u00e9ration qui en d\u00e9coulerait n\u00e9cessairement,  laquelle prendrait <em>de facto<\/em> une forme se rapprochant d&rsquo;une invasion, avec unit\u00e9s r\u00e9guli\u00e8res de l&rsquo;U.S. Army. C&rsquo;est cela qui, manifestement, suscite l&rsquo;int\u00e9r\u00eat inquiet et certainement particuli\u00e8rement pr\u00e9occup\u00e9 du gouvernement mexicain. Westfall n&rsquo;a pas le rang d&rsquo;une Clinton, mais il est tout de m\u00eame un repr\u00e9sentant officiel du Pentagone et du gouvernement f\u00e9d\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus encore, la forme de son intervention est tr\u00e8s particuli\u00e8re, telle que la rapporte le journal. C&rsquo;est Westfall lui-m\u00eame, d&rsquo;apr\u00e8s ce qu&rsquo;on comprend, qui, \u00e0 propos d&rsquo;une question sur les points de tension dans le monde, et alors qu&rsquo;il avait parl\u00e9 du Moyen-Orient et de l&rsquo;Asie dans son intervention g\u00e9n\u00e9rale, choisit de prendre l&rsquo;exemple de l&rsquo;Am\u00e9rique Latine et pr\u00e9cis\u00e9ment du Mexique, pour en venir \u00e0 sa d\u00e9claration Plus encore (suite), il pr\u00e9cise qu&rsquo;il parle en son nom personnel mais que son opinion est partag\u00e9e par la Maison-Blanche, ou dans tous les cas connue par elle (\u00ab<em>he was expressing a personal opinion, but one he had shared with the White House<\/em>\u00bb). Il parle donc en son nom propre mais il signale que le National Security Council est de son avis ou bien ne s&rsquo;oppose pas \u00e0 cet avis, et, peut-\u00eatre, le pr\u00e9sident lui-m\u00eame dans ce cas. Il s&rsquo;agit indubitablement d&rsquo;une op\u00e9ration du type ballon d&rsquo;essai, mais de caract\u00e8re officiel, et affirm\u00e9e comme telle. Westfall fait conna\u00eetre dans des conditions ambigu\u00ebs une opinion dont il dit qu&rsquo;elle est peut-\u00eatre celle du gouvernement au plus haut niveau, sans impliquer d&rsquo;une fa\u00e7on trop directe ce gouvernement au plus haut niveau.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMaintenant, pourquoi cette dramatisation discr\u00e8te mais effective d&rsquo;un probl\u00e8me end\u00e9mique qui n&rsquo;a plus concern\u00e9 l&rsquo;actualit\u00e9 depuis plusieurs semaines sinon quelques mois ? Notre hypoth\u00e8se est qu&rsquo;il s&rsquo;agit du r\u00e9sultat de l&rsquo;\u00e9volution bureaucratique au Pentagone de l&rsquo;appr\u00e9ciation du probl\u00e8me de l&rsquo;insurrection \u00e0 la fronti\u00e8re mexicaine, \u00e9volution ent\u00e9rin\u00e9e par les services de la Maison-Blanche. Cette \u00e9volution est n\u00e9cessairement tr\u00e8s lente, elle part donc des alertes nombreuses en 2009 et 2010 pour aboutir \u00e0 la mise en place d&rsquo;une conception planificatrice g\u00e9n\u00e9rale, impliquant les r\u00e9ponses \u00e0 apporter au probl\u00e8me consid\u00e9r\u00e9, aussi bien d&rsquo;une fa\u00e7on structurelle qu&rsquo;en cas d&rsquo;urgence conjoncturelle. D&rsquo;une fa\u00e7on assez logique pour le processus bureaucratique, qui d\u00e9pend essentiellement des r\u00e9actions du Syst\u00e8me en g\u00e9n\u00e9ral, et du syst\u00e8me du technologisme qui impr\u00e8gne toute la philosophie de la bureaucratie du Pentagone,  car c&rsquo;est elle qui, dans ce cas, est ma\u00eetresse du jeu (de l&rsquo;\u00e9valuation du danger et des r\u00e9ponses \u00e0 apporter),  cette \u00e9volution conduit aux options les plus extr\u00eames, correspondant aux conceptions de force du syst\u00e8me du technologisme. Il est bien entendu hors de question de nuancer les appr\u00e9ciations, de consid\u00e9rer effectivement l&rsquo;\u00e9vidence, qui se trouve dans la responsabilit\u00e9 consid\u00e9rable des USA (tant du point de vue de la consommation des drogues que de la fourniture d&rsquo;armes en vente libre), et donc l&rsquo;on est in\u00e9vitablement conduit vers l&rsquo;option d&rsquo;une r\u00e9action militaire, dont la vanit\u00e9 et l&rsquo;inefficacit\u00e9 sont av\u00e9r\u00e9es et pr\u00e9visibles. La conclusion de ce Syst\u00e8me et de ses divers constituants est toujours la m\u00eame : l&rsquo;escalade de la puissance et de l&rsquo;usage de la force. (Ce raisonnement vaut d&rsquo;autant plus dans le cas consid\u00e9r\u00e9 que l&rsquo;option de la possibilit\u00e9 d&rsquo;une intervention hors des fronti\u00e8res US conduit \u00e0 exiger, au nom du Pentagone et \u00e0 l&rsquo;avantage du Pentagone, la ma\u00eetrise et le commandement de toutes les op\u00e9rations dans cette crise. La bureaucratie veille aux avantages et aux int\u00e9r\u00eats de son propre pouvoir et de sa hi\u00e9rarchie.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela implique simplement qu&rsquo;\u00e0 la prochaine mont\u00e9e de tension sur la fronti\u00e8re entre les USA et le Mexique, le Pentagone sera, au contraire des occurrences pr\u00e9c\u00e9dentes, un acteur majeur, qui poussera \u00e9videmment pour une attitude de force, s&rsquo;il le faut jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;intervention arm\u00e9e au Mexique. Cela constituera donc un nouveau point de tension pour occuper notre attention, toute enti\u00e8re mobilis\u00e9e autour de la pouss\u00e9e autodestructrice du Syst\u00e8me en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 9 f\u00e9vrier 2011 \u00e0 11H01<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une d\u00e9claration d&rsquo;un officiel du Pentagone, lors d&rsquo;une conf\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;universit\u00e9 de l&rsquo;Utah, attire l&rsquo;attention, \u00e0 juste titre, bien qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;une attention discr\u00e8te, qui n&rsquo;\u00e9veille pas trop d&rsquo;\u00e9chos m\u00e9diatiques. L&rsquo;officiel est un civil, Joseph Westphall, sous-secr\u00e9taire du d\u00e9partement de l&rsquo;U.S. Army (minist\u00e8re interne du Pentagone, celui-ci charg\u00e9 de l&rsquo;U.S. Army). 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