{"id":72744,"date":"2011-02-11T05:28:22","date_gmt":"2011-02-11T05:28:22","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/11\/chronique-du-desarroi-et-de-la-confusion-us\/"},"modified":"2011-02-11T05:28:22","modified_gmt":"2011-02-11T05:28:22","slug":"chronique-du-desarroi-et-de-la-confusion-us","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/11\/chronique-du-desarroi-et-de-la-confusion-us\/","title":{"rendered":"Chronique du d\u00e9sarroi et de la confusion (US)"},"content":{"rendered":"<p><p>Hier matin, L\u00e9on Panetta, le directeur de la CIA, prit une initiative assez rare pour lui de faire une d\u00e9claration publique, devant le S\u00e9nat, selon laquelle la CIA pouvait raisonnablement assurer que Moubarak allait annoncer sa d\u00e9mission, le soir de cette journ\u00e9e, lors du discours qu&rsquo;on annon\u00e7ait d\u00e9j\u00e0. Cette certitude de la CIA alimenta notamment le commentaire du pr\u00e9sident Moubarak, lors de sa d\u00e9claration de la mi-journ\u00e9e, annon\u00e7ant en toute simplicit\u00e9, que l&rsquo;on \u00e9tait en train d&rsquo;assister \u00e0 ce spectacle formidable de l&rsquo;Histoire en train de se faire,  cela, impliquant effectivement cette d\u00e9cision cruciale du d\u00e9part du pr\u00e9sident \u00e9gyptien. Moubarak n&rsquo;a pas r\u00e9pondu \u00e0 ces pr\u00e9visions assur\u00e9es du centre (tr\u00e8s) nerveux et op\u00e9rationnel du Syst\u00e8me. La CIA s&rsquo;est <a href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2011\/02\/10\/panettas-prediction-reveals-us-intel-still-clueless-on-egypt\/\" class=\"gen\">tromp\u00e9e<\/a>, l&rsquo;annonce du pr\u00e9sident Obama d&rsquo;une telle proximit\u00e9 avec la grande Histoire selon la conception qu&rsquo;il s&rsquo;en fait s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9e bien imprudente.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi a-t-on une fois de plus la marque de la d\u00e9route du centre de la gouvernance du Syst\u00e8me que pr\u00e9tend \u00eatre Washington, surtout dans sa pr\u00e9tention \u00e0 r\u00e9gir les affaires du monde alors qu&rsquo;il n&rsquo;en a plus les moyens ni la l\u00e9gitimit\u00e9, et qu&rsquo;il ne poss\u00e8de aucunement la finesse psychologique et l&rsquo;ouverture d&rsquo;esprit pour parer \u00e0 la faiblesse de sa situation par la justesse de son jugement. Dans <em>Aljazeera.net<\/em>, un texte-calendrier reprend, ce <a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/news\/middleeast\/2011\/02\/20112108715425794.html\" class=\"gen\">10 f\u00e9vrier 2011<\/a>, toutes les positions, d\u00e9marches et changements du gouvenment US depuis le 25 janvier. Le titre nous dit tout : \u00ab<em>Timeline: US indecision on Egypt.<\/em>\u00bb On peut y lire, dans la s\u00e9cheresse des d\u00e9clarations, la confusion du jugement, l&rsquo;ind\u00e9cision de la d\u00e9cision, en un mot la d\u00e9route de l&rsquo;art d&rsquo;une pr\u00e9tention \u00e0 gouverner le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/indepth\/opinion\/2011\/02\/201128181449897886.html\" class=\"gen\">8 f\u00e9vrier 2011<\/a>, toujours sur <em>Aljazeera.net<\/em>, Marwan Bishara mettait en \u00e9vidence cette ind\u00e9cision US depuis le d\u00e9but de la crise, cette fois avec un commentaire circonstanci\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>There seems to be lack of clarity on the part of the Obama administration regarding Egypt. Where does Washington stand today? Caught in the headlights, the Obama administration has been playing catch up with the revolution since its beginning.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It started by taking a cautious position underlining the strategic relationship with the regime while showing sympathy to the demonstrators, then equating between the dictator and the dictated (refusing to spell out the D word), asking &lsquo;both sides&rsquo; to show restraint, as if the peaceful demonstrators under attack by the regime&rsquo;s mobs were equally violent to the regime&rsquo;s security forces.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>When the revolution showed no signs of waning  it rather expanded throughout Egypt&rsquo;s cities  the Obama administration called for peaceful and orderly transition starting now.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Soon after however, it adopted a more passive approach, embracing the new vice-president&rsquo;s management of the transition, as if entrusting the fox with the hen house<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCes divers constats pourrait s&rsquo;enrichir d&rsquo;un nouvel \u00e9pisode, avec la brusque tension revenue au Caire le 9 f\u00e9vrier, l&rsquo;extension du mouvement, le discours de Moubarak, l&rsquo;annonce pr\u00e9matur\u00e9e de son d\u00e9part, etc. A nouveau, Obama s&rsquo;est dress\u00e9 comme partisan de la rupture imm\u00e9diate, tentant ainsi de mettre ses pas dans ceux de l&rsquo;Histoire en train de se faire. Coup pour rien, coup \u00e0 nouveau contre-productif Et Bishara de donner l&rsquo;explication classique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Washington has treated the democratic revolution as a problem or a crisis that begs for carefully implemented solution, instead of supporting it as an opportunity for badly needed change both in Egypt and in US strategy towards the region.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The assumed discrepancy between Washington&rsquo;s short term interests with the regime of Hosni Mubarak and America&rsquo;s long declared ideals of freedom and democracy, have to a large degree paralysed the administration and deterred it from taking a daring long-term look that sees ideals and interests as mutually reinforcing.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe paradoxe de cette situation est que Washington n&rsquo;a cess\u00e9, durant la p\u00e9riode, d&rsquo;avoir une attitude, peu ordinaire compte tenu des circonstances et de son ind\u00e9cision, d&rsquo;interventionnisme sans fard, d&rsquo;ing\u00e9rence sans restriction dans les affaires \u00e9gyptiennes. Du coup, il a justifi\u00e9 des r\u00e9actions de plus en plus vives des officiels \u00e9gyptiens contre ces ing\u00e9rences qui ne servent qu&rsquo;\u00e0 alimenter la confusion, et contre le principe m\u00eame de cette ing\u00e9rence. (Voir le commentaire de Steve Clemons sur <em>Huffington.Post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/steve-clemons\/egyptian-foreign-minister_b_821092.html\" class=\"gen\">9 f\u00e9vrier 2011<\/a>, sur une interview du ministre \u00e9gyptien des affaires \u00e9trang\u00e8res, repoussant avec col\u00e8re cette attitude d&rsquo;ing\u00e9rence des USA, et aussi la synth\u00e8se de Jason Ditz, sur <em>Antiwar.com<\/em>, le <a href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2011\/02\/09\/obama-administration-issues-demands-on-egypt-but-position-confusing\/\" class=\"gen\">10 f\u00e9vrier 2011<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe m\u00eame paradoxe, continu\u00e9 dans l&rsquo;appr\u00e9ciation qu&rsquo;on en fait, est que la force sans vergogne de cette ing\u00e9rence pour introduire dans la politique \u00e9gyptienne un \u00e9l\u00e9ment de confusion consid\u00e9rable justifie largement cette r\u00e9action d&rsquo;une direction \u00e9gyptienne pourtant largement discr\u00e9dit\u00e9e par la r\u00e9volte populaire, sinon sur le point d&rsquo;\u00eatre balay\u00e9e. On peut m\u00eame avancer que l&rsquo;annonce assur\u00e9e par les USA du d\u00e9part de Moubarak, hier matin, a \u00e9t\u00e9 un facteur important du durcissement de la position du pr\u00e9sident, alimentant en retour une aggravation de la situation publique avec le durcissement de la contestation, et l&rsquo;affirmation de plus en plus substantiv\u00e9e de la possibilit\u00e9 de troubles graves menant \u00e0 des bouleversements consid\u00e9rables en Egypte. (Voir, par exemple, l&rsquo;article de Shirin Sadegi, sur <em>Huffington.post<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.huffingtonpost.com\/shirin-sadeghi\/mubaraks-anger-at-washing_b_821600.html\" class=\"gen\">10 f\u00e9vrier 2011<\/a>, sur la col\u00e8re de Moubarak contre Washington.) Ainsi, les USA, entre la confusion de leur position et l&rsquo;impudence de leur comportement d&rsquo;ing\u00e9rence, donnent-ils toute sa chance \u00e0 une \u00e9volution qui serait le contraire de la transition ordonn\u00e9e qu&rsquo;ils appellent de leurs vux p\u00e9remptoires depuis le 25 janvier.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;explication que donne Bishara (voir plus haut) du comportement erratique de Washington est conjoncturelle. Elle est valable mais ne dit pas l&rsquo;essentiel. Cette portion d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements que nous rapportons ici nous confirme dans notre analyse g\u00e9n\u00e9rale selon laquelle la crise \u00e9gyptienne, si elle existe \u00e9videmment et avec quelle intensit\u00e9, doit \u00eatre aussi comprise comme un pr\u00eate nom et une avanc\u00e9e extr\u00eame pour la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me, dont la crise \u00e0 Washington est l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment le plus important. Comme nous <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-pour_qui_souffle_le_perfect_storm__07_02_2011.html\" class=\"gen\">l&rsquo;avons vu<\/a>, le <em>perfect storm<\/em> qui touche l&rsquo;Egypte avec quelle puissance, a justement assez de puissance pour souffler aussi, directement et pr\u00e9cis\u00e9ment, sur Washington D.C. L&rsquo;on peut m\u00eame dire que c&rsquo;est l\u00e0 l&rsquo;\u00e9picentre de la temp\u00eate, le cur grondant de la crise. On finira donc par comprendre la confusion US, puisque sa direction et l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien sont d&rsquo;une m\u00e9diocrit\u00e9, alimentant l&rsquo;impuissance \u00e0 distinguer la nature r\u00e9elle de la crise, qui est \u00e0 mesure de la puissance de la crise.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 11 f\u00e9vrier 2011 \u00e0 05H26<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Hier matin, L\u00e9on Panetta, le directeur de la CIA, prit une initiative assez rare pour lui de faire une d\u00e9claration publique, devant le S\u00e9nat, selon laquelle la CIA pouvait raisonnablement assurer que Moubarak allait annoncer sa d\u00e9mission, le soir de cette journ\u00e9e, lors du discours qu&rsquo;on annon\u00e7ait d\u00e9j\u00e0. 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