{"id":72746,"date":"2011-02-11T13:43:40","date_gmt":"2011-02-11T13:43:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/11\/sont-ils-les-plus-mauvais-diplomates-du-monde\/"},"modified":"2011-02-11T13:43:40","modified_gmt":"2011-02-11T13:43:40","slug":"sont-ils-les-plus-mauvais-diplomates-du-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/11\/sont-ils-les-plus-mauvais-diplomates-du-monde\/","title":{"rendered":"Sont-ils les plus mauvais diplomates du monde ?"},"content":{"rendered":"<p><p>Non, car ils ne sont pas diplomates du tout, bien s\u00fbr, car ils ignorent le sens profond du concept de diplomatie qui est l&rsquo;art de l&rsquo;arrangement passant par la compr\u00e9hension de l&rsquo;autre autant que par la conscience de ses propres int\u00e9r\u00eats. Avec l&rsquo;affaire du discours de Moubarak suivie de Washington (certitude de l&rsquo;annonce de la d\u00e9mission, suivie d&rsquo;un discours qui n&rsquo;annonce pas la d\u00e9mission), on a sans doute,  c&rsquo;est notre hypoth\u00e8se,   une d\u00e9monstration \u00e9tonnante de plus de ce vide extraordinaire dans le comportement am\u00e9ricaniste, qui s&rsquo;explique par des caract\u00e8res psychologiques tout \u00e0 fait sp\u00e9cifiques.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn article du Washington <em>Post<\/em> explique, ce <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/wp-dyn\/content\/article\/2011\/02\/10\/AR2011021007402_pf.html\" class=\"gen\">10 f\u00e9vrier 2011<\/a>, comment le discours de Moubarak a pris les USA par surprise, parce que les USA semblaient compl\u00e8tement assur\u00e9s que Moubarak y annoncerait sa d\u00e9mission. Nous retenons deux extraits de l&rsquo;article, qui serviront \u00e0 \u00e9tayer notre commentaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Rather than delivering the resignation that had been widely expected, Mubarak used a televised address to present himself as a mediator in Egypt&rsquo;s national drama. He also cast the Obama administration as an unwanted interloper in a political reform process that he insisted he would see through as head of state.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Foreign intervention in Egypt is shameful, Mubarak said, adding that he would never accept it, whatever the source might be or whatever the context it came in. The remark was a tacit rebuke of the Obama administration, and in delivering it in a region where the United States has little popular support, Mubarak managed, at least temporarily, to place U.S. officials on the defensive as they seeks to midwife an orderly transition to free elections later this year.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>A former administration official involved in White House discussions on Egypt confirmed that Mubarak&rsquo;s decision came as a surprise. Before the speech, most officials expected a resignation, although there had been no clear signal from Cairo of what exactly Mubarak would say in his speech, said the official who insisted on anonymity in discussing internal policy debates.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The message out of Egypt refusing foreign diktats is pretty clear &#8211; and totally aimed at the United States, said Jon B. Alterman, a senior fellow and director of the Middle East Program at the Center for Strategic and International Studies. That gets Mubarak credit at home. One of the things that I think is often forgotten is that all of the Egyptians believe they are acting as patriots, Alterman continued. And it&rsquo;s hard for the United States to appear more patriotic than even the most hated Egyptian.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Joel Rubin, a former Egypt desk officer for the State Department, said Mubarak&rsquo;s speech put the administration in a box, essentially daring the United States to push him out. He said the White House has little choice now but to explore new ways to sway the Mubarak&rsquo;s behavior  perhaps including explicit calls for his departure.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p>Effectivement, notre hypoth\u00e8se est que Washington \u00e9tait <strong>s\u00fbr<\/strong>, hier matin, que Moubarak allait annoncer sa d\u00e9mission. Comme on l&rsquo;a vu <a href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_desarroi_et_de_la_confusion_us_11_02_2011.html\" class=\"gen\">par ailleurs<\/a>, Leon Panetta, directeur de la CIA, l&rsquo;annon\u00e7ait avec une quasi-certitude aux s\u00e9nateurs qui avaient sollicit\u00e9 son t\u00e9moignage. Relevant cette erreur, <a href=\"http:\/\/news.antiwar.com\/2011\/02\/10\/panettas-prediction-reveals-us-intel-still-clueless-on-egypt\/\" class=\"gen\">Jason Ditz<\/a>, de <em>Antiwar.com<\/em>, en tirait la conclusion que la CIA est d\u00e9cid\u00e9ment mal inform\u00e9e Peut-\u00eatre, en un sens, mais pas tellement parce qu&rsquo;elle n&rsquo;a pas les moyens de s&rsquo;informer, mais parce qu&rsquo;il ne lui importer pas tant de s&rsquo;informer que d&rsquo;informer les autres des d\u00e9cisions prises pour leur compte par les USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait bien entendu, ne serait-ce que parce que le contraire (non-ing\u00e9rence des USA dans les affaires \u00e9gyptiennes) est impensable, que les pressions ont \u00e9t\u00e9 intenses, ces derniers jours, de la part des USA, sur les officiels \u00e9gyptiens et sur Moubarak lui-m\u00eame, avec des entretiens t\u00e9l\u00e9phoniques dramatiques, y compris entre Obama et Moubarak. Notre hypoth\u00e8se est que ces interventions, cette ing\u00e9rence constante, cette pression continuelle des USA ont \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fortement contre-productives et ont conduit Moubarak \u00e0 durcir sa position, lui-m\u00eame c\u00e9dant \u00e0 sa propre illusion, sinon son arrogance, \u00e0 propos de la possibilit\u00e9 de conserver le pouvoir, en estimant que les pressions US renfor\u00e7aient <em>a contrario<\/em> sa l\u00e9gitimit\u00e9. Les pressions US lui ont permis dans tous les cas d&rsquo;exposer le seul argument valable de son intervention, qui est la d\u00e9nonciation des pressions \u00e9trang\u00e8res honteuses (celles des USA, \u00e9videmment), et son refus de c\u00e9der \u00e0 ces pressions. C&rsquo;\u00e9tait une fa\u00e7on de dire : Si je c\u00e8de et si je d\u00e9missionne, ce sera, au-del\u00e0 de moi, l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale de l&rsquo;Egypte elle-m\u00eame qui sera bafou\u00e9e L&rsquo;intervention furieuse, avant-hier, du ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res \u00e9gyptien contre les ing\u00e9rences US avait moins pour souci de prot\u00e9ger Moubarak que de permettre au personnel politique d&rsquo;\u00e9ventuellement obtenir en douceur son d\u00e9part, si n\u00e9cessaire, sans ces grossi\u00e8res interf\u00e9rences US qui n&rsquo;ont effectivement pour effet que d&rsquo;aviver son ent\u00eatement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn retrouve ici une de ces plus \u00e9tranges attitudes US. Alors que les USA reconnaissent qu&rsquo;ils ont peu de moyens de pression d&rsquo;un effet imm\u00e9diat sur les dirigeants \u00e9gyptiens dans cette p\u00e9riode explosive et volatile, alors qu&rsquo;ils admettent implicitement une certaine impuissance dans leur influence, ils agissent tout de m\u00eame comme si cette absence et cette impuissance n&rsquo;existaient pas ; ils agissent comme s&rsquo;ils disposaient toujours de moyens de pression et d&rsquo;une grande influence. Le r\u00e9sultat de ces interventions d&rsquo;ing\u00e9rence d&rsquo;une compl\u00e8te impudence sans la puissance habituelle qui les justifie et les rend irr\u00e9sistibles dans le chef des USA, est \u00e9videmment inverse \u00e0 celui qui est recherch\u00e9. Les dirigeants qui tentent \u00e9ventuellement d&rsquo;obtenir des concessions de Moubarak pour sauver l&rsquo;essentiel du r\u00e9gime face \u00e0 la contestation, sont furieux de ces interventions US qui n&rsquo;ont pour r\u00e9sultat que de renforcer Moubarak dans sa d\u00e9termination de ne pas partir.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi les USA font-ils cela ? Simplement, parce que la psychologie am\u00e9ricaniste interdit \u00e0 leur personnel, y compris les plus hauts plac\u00e9s, de concevoir une autre approche. M\u00eame dans une position \u00e9prouv\u00e9e d&rsquo;impuissance, les USA ne peuvent se percevoir comme autrement que cette puissance irr\u00e9sistible et moralement justifi\u00e9e de tous ses actes qu&rsquo;ils proclament \u00e0 leur avantage. Les traits psychologique de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_inculpabilite_comme_fondement_de_la_psychologie_americaniste_06_05_2006.html\" class=\"gen\">inculpabilit\u00e9<\/a> et surtout de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_cote_de_l_inculpabilite_l_indefectibilite_de_la_psychologie_uset_8747_23_11_2006.html\" class=\"gen\">ind\u00e9fectibilit\u00e9<\/a> (du mot ind\u00e9fectible: \u00ab<em>Qui ne peut d\u00e9faillir, \u00eatre pris en d\u00e9faut<\/em>\u00bb), leur interdisent de se juger impuissants, d\u00e9nu\u00e9s de la plus grande puissance d&rsquo;influence qu&rsquo;on reconna\u00eet d&rsquo;habitude aux USA, coupables d&rsquo;un quelconque abus parce qu&rsquo;ils pratiquent, \u00e0 juste titre leur semble-t-il, une ing\u00e9rence sans aucun frein chez les autres. M\u00eame abattus, m\u00eame sans pouvoir, m\u00eame compl\u00e8tement erron\u00e9s dans leurs \u00e9valuations, les USA ne peuvent se penser autrement qu&rsquo;irr\u00e9sistibles et ne peuvent imaginer de mettre un frein \u00e0 leur action imp\u00e9rative. C&rsquo;est dans ce cas que la formidable puissance psychologique de l&rsquo;am\u00e9ricanisme, qui est cette sensation d&rsquo;inculpabilit\u00e9, cette sorte d&rsquo;\u00e9vidence de l&rsquo;impunit\u00e9 de soi quels que soient les actes qu&rsquo;on pose, qui constitue un formidable avantage \u00e0 mesure dans les temps normaux de la puissance am\u00e9ricaniste, se retourne contre l&rsquo;am\u00e9ricanisme en devenant absolument insupportable aux autres puissances, en obtenant des effets inverses \u00e0 ceux qui sont recherch\u00e9s, etc.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi disons-nous que la CIA de Panetta, dans ces heures fi\u00e9vreuses, a moins eu affaire \u00e0 de mauvaises informations, ou de fausses informations sur le discours de Moubarak, qu&rsquo;elle n&rsquo;est intervenue imp\u00e9rativement en conseillant avec toute sa puissance possible, par tous les r\u00e9seaux qu&rsquo;elle poss\u00e8de, que Moubarak d\u00e9missionne. Ces pressions ont finalement \u00e9t\u00e9 interpr\u00e9t\u00e9es par la CIA elle-m\u00eame, non pour ce qu&rsquo;elles furent, mais pour de l&rsquo;information objective ; puisque la CIA ordonnait que Moubarak d\u00e9missionne, on pouvait consid\u00e9rer comme une information s\u00fbre que Moubarak annoncerait sa d\u00e9mission Cette sorte d&rsquo;hypoth\u00e8se doit d&rsquo;autant plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e dans les situations tr\u00e8s intenses, tr\u00e8s pressantes, comme l&rsquo;a \u00e9t\u00e9 la journ\u00e9e d&rsquo;hier, lorsque l&rsquo;absence de recul ne laisse plus aucune place \u00e0 la moindre possibilit\u00e9 de contr\u00f4ler ses r\u00e9flexes psychologiques, lorsque les sp\u00e9cificit\u00e9s psychologiques s&rsquo;expriment sans frein.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 11 f\u00e9vrier 2011 \u00e0 13H43<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Non, car ils ne sont pas diplomates du tout, bien s\u00fbr, car ils ignorent le sens profond du concept de diplomatie qui est l&rsquo;art de l&rsquo;arrangement passant par la compr\u00e9hension de l&rsquo;autre autant que par la conscience de ses propres int\u00e9r\u00eats. Avec l&rsquo;affaire du discours de Moubarak suivie de Washington (certitude de l&rsquo;annonce de la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3104,9550,3634,4735,3090,8031,6197,5579,3099],"class_list":["post-72746","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-cia","tag-egypte","tag-inculpabilite","tag-indefectibilite","tag-influence","tag-moubarak","tag-panetta","tag-pression","tag-psychologie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72746","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72746"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72746\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72746"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72746"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72746"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}