{"id":72785,"date":"2011-02-24T04:18:52","date_gmt":"2011-02-24T04:18:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/24\/de-la-chaine-crisique-au-temps-crisique\/"},"modified":"2011-02-24T04:18:52","modified_gmt":"2011-02-24T04:18:52","slug":"de-la-chaine-crisique-au-temps-crisique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/02\/24\/de-la-chaine-crisique-au-temps-crisique\/","title":{"rendered":"De la \u201ccha\u00eene crisique\u201d au \u201ctemps crisique\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">De la \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>24 f\u00e9vrier 2011 &mdash; Pour tenter de mieux comprendre l&rsquo;\u00e9volution des \u00e9v\u00e9nements, nous avons souvent recours \u00e0 des concepts nouveaux, parfois avec usage de n\u00e9ologismes, qui permettent d&#8217;embrasser mieux les caract\u00e8res essentiels de cette \u00e9volution. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 employer de fa\u00e7on courante l&rsquo;expression de \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb depuis 2009 (voir, par exemple, le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_rythme_contraction-extension_de_la_crise_01_05_2009.html\">1er mai 2009<\/a>, ou le <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-encercle_par_les_crises_04_08_2009.html\">4 ao&ucirc;t 2009<\/a>, ou le <a class=\"gen\" href=\" http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_dissolution_du_pouvoir_politique_ddecrisis_14_06_2010.html\">14 juin 2010<\/a>&hellip;). Il s&rsquo;agissait d&#8217;embrasser une situation o&ugrave; les crises se d\u00e9clenchaient, se d\u00e9veloppaient et se poursuivaient sans \u00eatre r\u00e9solues, chaque crise se poursuivant alors qu&rsquo;un nouvelle \u00e9clatait et prenait sa place chronologique ; on en arrive ainsi \u00e0 une v\u00e9ritablement situation structurelle de crises, ce qui justifie l&rsquo;expression de \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Aujourd&rsquo;hui, une nouvelle forme d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement s&rsquo;impose depuis l&rsquo;explosion tunisienne. (Noam Chomsky affirme qu&rsquo;en fait tout a commenc\u00e9, pour cette s\u00e9quence, avec une crise et une r\u00e9pression marocaines au Sahara Occidental en novembre 2010, mais nous nous en tenons \u00e0 l&rsquo;\u00e9cho de communication qui donne toute son importance, presque sa <strong>r\u00e9alit\u00e9<\/strong> \u00e0 la crise. Le choix de la Tunisie \u00e0 partir de la mi-d\u00e9cembre 2010 est alors \u00e9vident.) Il ne s&rsquo;agit plus de crises diverses qui se succ\u00e8dent et s&rsquo;installent, mais sans rapport direct de cause \u00e0 effet entre elles, mais bien de crises \u00ab\u00a0s&rsquo;encha&icirc;nant\u00a0\u00bb l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, parfois m\u00eame simultan\u00e9ment, avec un rapport \u00e9vident, direct et extraordinaire de cause \u00e0 effet, comme s&rsquo;il y avait un <strong>lien<\/strong> entre elles. Nous parlerions alors d&rsquo;un \u00ab\u00a0encha&icirc;nement crisique\u00a0\u00bb ou d&rsquo;une \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb, avec les crises comme les maillons d&rsquo;une cha&icirc;ne, \u00e9troitement li\u00e9es l&rsquo;une \u00e0 l&rsquo;autre. Le ph\u00e9nom\u00e8ne ne supprime nullement la structure crisique (la crise iranienne continue, la crise financi\u00e8re aussi, la crise afghane, etc.) ; il la \u00ab\u00a0double\u00a0\u00bb, il la renforce, il la transforme en quelque sorte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette sorte d&rsquo;\u00e9v\u00e9nement(s), &ndash; dont on ne sait s&rsquo;il faut employer le singulier ou le pluriel \u00e0 ce propos, &ndash; est \u00e9videmment caract\u00e9ris\u00e9 d&rsquo;abord par son extr\u00eame rapidit\u00e9, laquelle confond jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_amiral_mullen_et_la_contraction_du_temps_22_02_2011.html\">amiral Mullen<\/a> lui-m\u00eame et nous sugg\u00e8re, on l&rsquo;a vu, des hypoth\u00e8ses sortant de l&rsquo;ordinaire historique. Si l&rsquo;on choisit l&rsquo;expression de \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb, qui fixe bien l&rsquo;aspect durable de la situation, on doit garder \u00e0 l&rsquo;esprit son aspect dynamique, qui pourrait justifier \u00e9galement l&rsquo;expression d'\u00a0\u00bbencha&icirc;nement crisique\u00a0\u00bb \u00e0 laquelle nous avons \u00e9galement song\u00e9. Ainsi peut-on rendre compte de l&rsquo;originalit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement : \u00e0 son extr\u00eame rapidit\u00e9 s&rsquo;ajoute le caract\u00e8re durable et ind\u00e9cis de chaque \u00ab\u00a0maillon\u00a0\u00bb (de chaque crise, de chaque \u00ab\u00a0r\u00e9volution\u00a0\u00bb). Rien n&rsquo;est r\u00e9gl\u00e9, ni en Tunisie, ni en Egypte, les deux premi\u00e8res crises, et notre hypoth\u00e8se est que rien ne sera r\u00e9gl\u00e9 rapidement, ni m\u00eame sur le terme, int\u00e9grant la cha&icirc;ne crisique dans la structure crisique. Cette hypoth\u00e8se r\u00e9pond \u00e0 notre analyse que ces crises successives ne sont pas seulement des crises locales ou une suite de crises affectant une seule r\u00e9gion, mais des soubresauts brutaux de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me (comme des \u00ab\u00a0r\u00e9pliques\u00a0\u00bb parcellaires d&rsquo;un s\u00e9isme g\u00e9n\u00e9ral, si l&rsquo;on veut) ; elles font partie de la crise du Syst\u00e8me, donc par d\u00e9finition crises insolubles tant que cette crise du Syst\u00e8me ne sera pas arriv\u00e9e \u00e0 sa maturation extr\u00eame. De m\u00eame, notre refus de consid\u00e9rer cette cha&icirc;ne crisique comme r\u00e9gionale nous conduit \u00e0 y <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_transversale_psychologique_le_caire-madison_21_02_2011.html\">int\u00e9grer<\/a> la crise de Madison, dans le Wisconsin, laquelle pourrait s&rsquo;\u00e9tendre selon le m\u00eame principe dynamique \u00e0 d&rsquo;autres Etats de l&rsquo;Union (dans l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.wsws.org\/articles\/2011\/feb2011\/ohio-f23.shtml\">Ohio<\/a> et le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.rawstory.com\/rs\/2011\/02\/22\/montanans-protest-gop-assault-on-environmental-and-labor-programs\/\">Montana<\/a>, par exemple).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cet ensemble dynamique, avec le facteur nouveau de la cha&icirc;ne crisique s&rsquo;int\u00e9grant \u00e0 la structure crisique, tout cela \u00e9tant directement r\u00e9f\u00e9renc\u00e9 \u00e0 la crise du Syst\u00e8me, conduit \u00e0 une int\u00e9gration g\u00e9n\u00e9rale. On observe une acc\u00e9l\u00e9ration du facteur crisique, conduisant comme on l&rsquo;a <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_histoire_accelere_01_02_2011.html\">d\u00e9j\u00e0<\/a> vu \u00e0 une contraction du temps (caract\u00e8re observ\u00e9 le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_amiral_mullen_et_la_contraction_du_temps_22_02_2011.html\">22 f\u00e9vrier 2011<\/a>, \u00e0 propos de la d\u00e9claration de l&rsquo;amiral Mullen) ; le temps \u00ab\u00a0contract\u00e9\u00a0\u00bb devient une sorte de \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb. On observe effectivement une int\u00e9gration g\u00e9n\u00e9rale tendant \u00e0 s&rsquo;unifier sous la forme de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me, selon des facteurs divers qui, tous, concourent \u00e0 rendre ce \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb autonome, r\u00e9pondant \u00e0 ses propres lois, \u00e0 sa propre logique, \u00e0 sa propre dynamique. Nous approchons de, ou nous sommes arriv\u00e9s dans la p\u00e9riode o&ugrave; les caract\u00e8res de puissance extraordinaire du Syst\u00e8me se retournent contre lui, &ndash; l&rsquo;exemple le plus \u00e9vident \u00e9tant celui du syst\u00e8me de la communication, notre fameux Janus, qui semble de plus en plus souvent fonctionner, dans certaines circonstances presque exclusivement, dans un sens destructeur par rapport au Syst\u00e8me, donc selon une dynamique antiSyst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat de cette \u00e9volution, &ndash; passant de l&rsquo;\u00e9tape \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb\/\u00a0\u00bbcha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb, &ndash; est l&rsquo;entr\u00e9e dans une phase o&ugrave; l&rsquo;\u00e9volution g\u00e9n\u00e9rale, politique, sociale, culturelle, etc., de notre civilisation globalis\u00e9e ne peut plus \u00eatre d\u00e9finie que par une situation de crise. Il est et il sera de moins en moins possible de distinguer les crises selon leurs caract\u00e8res sectoriels (crise financi\u00e8re, crise g\u00e9opolitique, crise sociale, etc.), l&rsquo;essence de la situation du monde se transformant en crise. La rapidit\u00e9 extraordinaire de cette \u00e9volution, et en acc\u00e9l\u00e9ration constante, est le facteur essentiel qui nous fait accepter cette sorte d&rsquo;hypoth\u00e8se. La vitesse m\u00eame des choses permet de concevoir des id\u00e9es comme celle de la contraction du temps, et la transformation de l&rsquo;essence m\u00eame de la situation du monde&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Un aspect notable, sinon remarquable de cette \u00e9volution, est qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire que la majorit\u00e9 des <em>sapiens<\/em>, ou, plus encore, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire que la plupart des directions politiques et des \u00ab\u00a0\u00e9lites\u00a0\u00bb s&rsquo;aper\u00e7oivent de ce ph\u00e9nom\u00e8ne pour qu&rsquo;il soit effectif et act\u00e9 comme tel, &ndash; peut-\u00eatre m\u00eame, au contraire (moins ce ph\u00e9nom\u00e8ne est r\u00e9alis\u00e9 par les directions politiques, plus il a de chance de s&rsquo;imposer et de se d\u00e9velopper)&#8230; C&rsquo;est sans doute le caract\u00e8re le plus remarquable, pour consid\u00e9rer l&rsquo;hypoth\u00e8se de la fin du Syst\u00e8me, que cet aveuglement absolument complet de nos dirigeants et de nos \u00e9lites, cet aveuglement qui semble suivre comme r\u00e8gle de ne cesser de se renforcer \u00e0 mesure que s&rsquo;accumulent les signes de la crise. Cela va du constat le plus g\u00e9n\u00e9ral et le plus global qu&rsquo;on puisse faire, aux d\u00e9tails courants de la vie politique (<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_crises_et_le_refus_de_la_realite_23_02_2011.html\">lire<\/a> ce que dit Marwan Bishara, d&rsquo;Aljazeera, de la vie politique \u00e0 Washington et de la compl\u00e8te d\u00e9connexion du monde r\u00e9el, de la totale incapacit\u00e9 de tirer un enseignement constructif et correspondant \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb qui s&rsquo;est d\u00e9clench\u00e9e avec la Tunisie). Par ailleurs, cet aveuglement semble un caract\u00e8re in\u00e9vitable de ces directions politiques et de ces \u00e9lites, quelque chose qui fait partie de leur nature m\u00eame, &ndash; cela entra&icirc;nant l'\u00a0\u00bbeschatologisation\u00a0\u00bb des \u00e9v\u00e9nements&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">L'\u00a0\u00bbeschatologisation\u00a0\u00bb des crises humaines<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Voici un de nos nouveaux et horribles n\u00e9ologismes : l'\u00a0\u00bbeschatologisation\u00a0\u00bb, qui proposerait la signification du \u00ab\u00a0fait de devenir eschatologique\u00a0\u00bb. Notre conception de l&rsquo;eschatologie, bien entendu hors du domaine religieux et proph\u00e9tique, et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la d\u00e9finition th\u00e9orique (\u00ab\u00a0Etude des fin derni\u00e8res de l&rsquo;homme et du monde\u00a0\u00bb), se fait \u00e0 partir de la d\u00e9finition qu&rsquo;en propose Roger Garaudy : &laquo;<em>L&rsquo;eschatologie ne consiste pas \u00e0 dire: voil\u00e0 o&ugrave; l&rsquo;on va aboutir, mais \u00e0 dire: demain peut \u00eatre diff\u00e9rent, c&rsquo;est-\u00e0-dire: tout ne peut pas \u00eatre r\u00e9duit \u00e0 ce qui existe aujourd&rsquo;hui.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le fait eschatologique, adapt\u00e9 aux enjeux qui caract\u00e9risent cette \u00e9poque de crise centrale, revient \u00e0 d\u00e9crire une situation, et pr\u00e9cis\u00e9ment une crise pour notre propos, hors de la ma&icirc;trise des puissances humaines. Les situations menant \u00e0 des crises eschatologiques, et pesant d\u00e9j\u00e0 comme telles dans notre situation, sont celles de l&rsquo;\u00e9puisement des ressources, de la catastrophe environnementale, de la crise du climat, etc. L&rsquo;id\u00e9e que nous introduisons de l'\u00a0\u00bbeschatologisation\u00a0\u00bb, pour tirer un enseignement essentiel de ces ph\u00e9nom\u00e8nes de la \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb et du \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb, est que ce caract\u00e8re eschatologique est en train de gagner, si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait, les \u00ab\u00a0crises humaines\u00a0\u00bb elles-m\u00eames (politiques, g\u00e9opolitiques, sociales, culturelles) ; qu&rsquo;il prend alors une dimension radicale, avec ces \u00ab\u00a0crises humaines\u00a0\u00bb soudain hors de la ma&icirc;trise humaine, et m\u00eame hors de l&rsquo;influence humaine, avec un effet contre-productif de la plupart des tentatives humaines d&rsquo;influer, de regagner de l&rsquo;influence sur elle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>On constate dans le comportement et l&rsquo;\u00e9volution des classiques d\u00e9tenteurs de la puissance, de ceux qui ont l&rsquo;habitude d&rsquo;\u00eatre les acteurs des grandes crises, une impuissance extr\u00eame, non seulement dans l&rsquo;action mais dans la pr\u00e9vision, voire dans l&rsquo;\u00e9tat d&rsquo;esprit par rapport \u00e0 la pr\u00e9vision et \u00e0 l&rsquo;action, o&ugrave; l&rsquo;on se reconna&icirc;t par avance impuissant \u00e0 pr\u00e9voir et \u00e0 faire quoi que ce soit. On a vu, dans l&rsquo;actuelle s\u00e9quence de ce temps crisique, un exemple de ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-desarroi_des_mal-voyants_17_02_2011.html\">ph\u00e9nom\u00e8ne<\/a>, avec les chefs du renseignement US, voire avec les d\u00e9clarations de l&rsquo;amiral <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_amiral_mullen_et_la_contraction_du_temps_22_02_2011.html\">Mullen<\/a>. C&rsquo;est cette conscience de l&rsquo;impuissance qui marque la v\u00e9ritable \u00ab\u00a0eschatologisation\u00a0\u00bb, parce qu&rsquo;elle conduit par simple r\u00e9flexe de la psychologie, presque un r\u00e9flexe d&rsquo;automatisme, \u00e0 une pusillanimit\u00e9, une prudence extr\u00eame, un d\u00e9couragement par avance, qui \u00e9quivalent effectivement \u00e0 une d\u00e9mission de toute influence effective. (Auparavant, les acteurs pouvaient souvent \u00eatre impuissants ou inefficaces mais le plus souvent ils ne le reconnaissaient pas puisqu&rsquo;ils n&rsquo;en avaient nulle conscience ; ils jouaient donc un r\u00f4le, bon ou mauvais, efficace ou pas, etc., parce qu&rsquo;ils estimaient dans tous les cas qu&rsquo;ils avaient de l&rsquo;influence et qu&rsquo;ils contr\u00f4laient les choses, et ils avaient effectivement de l&rsquo;influence et contr\u00f4laient les choses m\u00eame si l&rsquo;effet \u00e9tait mauvais pour eux-m\u00eames et leurs int\u00e9r\u00eats. Le changement est moins dans les faits que dans les psychologies, &ndash; et l&rsquo;on comprend que c&rsquo;est bien entendu l&rsquo;essentiel.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le r\u00e9sultat de cette \u00e9volution d'\u00a0\u00bbeschatologisation\u00a0\u00bb est non seulement la perte de contr\u00f4le et d&rsquo;influence des acteurs humains sur les crises humaines, mais l&rsquo;\u00e9volution in\u00e9luctable de toutes les activit\u00e9s des acteurs humains vers des situations de crise hors de leur contr\u00f4le, avec \u00e0 mesure leur int\u00e9gration dans la cha&icirc;ne crisique puis dans le temps crisique, puis enfin dans la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me. Bien entendu, cette \u00e9volution est un renforcement de plus de cette crise centrale, comme r\u00e9ceptacle de toutes les crises, &ndash; bien plus que \u00ab\u00a0la m\u00e8re de toutes les crises\u00a0\u00bb, finalement la seule crise vers laquelle tout le reste tend \u00e0 converger et s&rsquo;int\u00e9grer, &ndash; l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement de la crise centrale rempla\u00e7ant \u00e0 mesure, en en devenant le composant essentiel, toutes les structures des relations humaines (politiques, g\u00e9opolitiques, sociales, culturelles&hellip;) et ces relations elles-m\u00eames.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>L&rsquo;actuelle s\u00e9quence de \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb doit alors appara&icirc;tre comme un tournant int\u00e9ressant. Les <em>sapiens<\/em> impliqu\u00e9s dans le Syst\u00e8me et qui l&rsquo;ont d\u00e9fendu jusqu&rsquo;ici, particuli\u00e8rement ceux qui peuplent les directions politiques et qui occupent les positions dites des \u00e9lites, ne peuvent plus pr\u00e9tendre apporter une contribution globale \u00e0 la compr\u00e9hension de la situation qui pourrait servir au Syst\u00e8me. Ils s&rsquo;en remettent \u00e9ventuellement \u00e0 leurs experts et, surtout, \u00e0 leurs services de communication. Aujourd&rsquo;hui, la cha&icirc;ne crisique d\u00e9marr\u00e9e avec la Tunisie \u00e9volue dans l&rsquo;esprit de ces directions politiques sous le label de \u00ab\u00a0d\u00e9mocratisation\u00a0\u00bb (pays \u00ab\u00a0\u00e0 d\u00e9mocratiser\u00a0\u00bb), &ndash; avec les hypocrisies habituelles selon les pays et les int\u00e9r\u00eats qu&rsquo;on y a, &ndash; ce qui est affreusement lourd \u00e0 supporter tant l&rsquo;appr\u00e9ciation est \u00e9videmment pure sornette de communication par rapport \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la complexit\u00e9 et de la puissance du probl\u00e8me. Cela conduit d&rsquo;autre part \u00e0 rater diverses conjonctures importantes, comme celle de comprendre que la crise de Madison, Wisconsin (qui ne peut \u00eatre un pays \u00ab\u00a0\u00e0 d\u00e9mocratiser\u00a0\u00bb, &ndash; bien entendu sacril\u00e8ge, une telle hypoth\u00e8se) doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme faisant partie de cette cha&icirc;ne crisique. Ces erreurs d&rsquo;identification des r\u00e9alit\u00e9s de la crise alimentent l&rsquo;encha&icirc;nement des impuissances et des paralysies du c\u00f4t\u00e9 des directions politiques, et favorisent dans la situation g\u00e9n\u00e9rale le d\u00e9veloppement de la cha&icirc;ne crisique et tout ce qui en d\u00e9coule, jusqu&rsquo;\u00e0 la crise du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>D&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, il s&rsquo;agit du processus in\u00e9luctable d&rsquo;int\u00e9gration de toutes les activit\u00e9s humaines, y compris et principalement les activit\u00e9s des directions politiques et des \u00e9lites qui jusqu&rsquo;ici ont \u00e9cart\u00e9 le constat de la crise centrale, dans le processus de la crise centrale du Syst\u00e8me. Cela revient \u00e9videmment, sans n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9alisation et de conscience de la chose, \u00e0 la reconnaissance <em>de facto<\/em>, par le simple comportement et le d\u00e9placement des conceptions, que le Syst\u00e8me est effectivement en crise, et que cette crise est n\u00e9cessairement, par nature, centrale et surtout terminale. On voit que se poursuit le paradoxe d&rsquo;autodestruction du Syst\u00e8me puisque c&rsquo;est la puissance m\u00eame du Syst\u00e8me, qui se r\u00e9percute dans sa crise elle-m\u00eame, qui prive par ses effets indirects les <em>sapiens<\/em> \u00e0 son service de toute r\u00e9elle possibilit\u00e9 de faire subsister avec suffisamment de puissance et de conviction les illusions diverses (le virtualisme et le reste) d\u00e9ploy\u00e9es pour tenter de masquer et de d\u00e9guiser la r\u00e9alit\u00e9 terrible de cette m\u00eame crise du Syst\u00e8me. Au contraire, cette m\u00eame puissance du Syst\u00e8me contribue d\u00e9cisivement \u00e0 faire \u00e9voluer ces m\u00eames <em>sapiens<\/em> serviteurs du Syst\u00e8me comme des facteurs involontaires nous aidant \u00e0 la reconnaissance de cette m\u00eame crise&hellip;<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la \u00ab\u00a0cha&icirc;ne crisique\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0temps crisique\u00a0\u00bb 24 f\u00e9vrier 2011 &mdash; Pour tenter de mieux comprendre l&rsquo;\u00e9volution des \u00e9v\u00e9nements, nous avons souvent recours \u00e0 des concepts nouveaux, parfois avec usage de n\u00e9ologismes, qui permettent d&#8217;embrasser mieux les caract\u00e8res essentiels de cette \u00e9volution. Nous avons commenc\u00e9 \u00e0 employer de fa\u00e7on courante l&rsquo;expression de \u00ab\u00a0structure crisique\u00a0\u00bb depuis&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[6249,3228,8294,9550,6204,10164,7394,10841,7114,3014,10734],"class_list":["post-72785","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-aveuglement","tag-crise","tag-crisique","tag-egypte","tag-elites","tag-eschatologisation","tag-generale","tag-madison","tag-structure","tag-systeme","tag-tunisie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72785","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72785"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72785\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72785"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72785"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72785"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}