{"id":72812,"date":"2011-03-04T05:52:08","date_gmt":"2011-03-04T05:52:08","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/03\/04\/la-crise-libyenne-et-lextreme-nervosite-de-louest\/"},"modified":"2011-03-04T05:52:08","modified_gmt":"2011-03-04T05:52:08","slug":"la-crise-libyenne-et-lextreme-nervosite-de-louest","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/03\/04\/la-crise-libyenne-et-lextreme-nervosite-de-louest\/","title":{"rendered":"La crise libyenne et l&rsquo;extr\u00eame nervosit\u00e9 de l&rsquo;Ouest"},"content":{"rendered":"<p><p>Le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Robert Gates a eu des mots fort peu aimables pour ses amis britanniques,  puisqu&rsquo;amis il y a, puisque <em>special relationships<\/em> il y aurait jusqu&rsquo;\u00e0 preuve du contraire. La cause se trouve dans la crise libyenne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette affaire de <em>No Fly Zone<\/em>. Gates a qualifi\u00e9 de <em>loose talk<\/em> (propos grossiers, ou mieux, propos irresponsables) les id\u00e9es lanc\u00e9es d&rsquo;\u00e9tablir une <em>No Fly Zone<\/em> en Libye ; l&rsquo;on sait que ces id\u00e9es viennent des Britanniques, notamment de Cameron, et c&rsquo;est donc des Britanniques que Gates veut parler. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/politics\/2011\/mar\/03\/robert-gates-dismisses-no-fly-zone\" class=\"gen\">3 mars 2011<\/a> ne s&rsquo;y est pas tromp\u00e9 une seule seconde. Il a bien interpr\u00e9t\u00e9 la remarque de Gates comme destin\u00e9e \u00e0 la direction britannique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Robert Gates publicly dismissed Cameron&rsquo;s suggestion that Britain and its allies should consider banning military flights over Libya in an appearance before a congressional committee.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In the committee appearance on Wednesday, Gates said: There is a lot of, frankly, loose talk about some of these military options. Let&rsquo;s just call a spade a spade. A no-fly zone begins with an attack on Libya to destroy the air defences. That&rsquo;s the way you do a no-fly zone. Then you can fly planes around the country and not worry about our guys being shot down. That is the way it starts.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Gates appeared to snub Britain further when he indicated that a single European power would struggle to enforce such a zone. It also requires more aeroplanes than you would find on a single aircraft carrier, he said. It is a big operation by a big country.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Britanniques ont r\u00e9pondu d&rsquo;une mani\u00e8re pinc\u00e9e, \u00e0 peine polie, devant ce qu&rsquo;ils jugent \u00eatre une critique un peu trop abrupte. Pour eux aussi, les <em>special relationships<\/em> ne dispensent plus de parler \u00e0 cur ouvert.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>No 10 dismissed the criticism by Gates <\/em>[] <em>Asked about the comments, Cameron&rsquo;s spokesman said: The prime minister set out his position in the House of Commons yesterday, which is that he thinks it is the duty of all governments and leaders at the present time to be thinking about all eventualities and preparing for them. Pressed on what Gates meant by loose talk, the spokesman said: You would have to ask Robert Gates.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Asked whether Downing Street had spoken to the White House in light of the Gates comments, the spokesman said: I am not aware of any specific conversation on those comments. Obviously we are in close contact with colleagues at the present time.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn dira qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une attitude commune des dirigeants am\u00e9ricanistes de traiter aussi l\u00e9g\u00e8rement les Britanniques, et l&rsquo;on aura pas tort,  en partie seulement. La r\u00e9ponse britannique, qui ne cherche nullement \u00e0 noyer le poisson comme \u00e0 l&rsquo;habitude dans les m\u00e9sententes USA-UK, sort par cons\u00e9quent de l&rsquo;habitude et nous fait d\u00e9j\u00e0 songer \u00e0 de l&rsquo;inhabituel dans cet \u00e9change. C&rsquo;est au reste ce que nous en jugeons ; outre l&rsquo;attitude cavali\u00e8re courante des dirigeants am\u00e9ricanistes pour les Britanniques, il y a chez Gates, de fa\u00e7on inhabituelle, une r\u00e9elle nervosit\u00e9 qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec ces m\u00eames Britanniques. Dans ce cas, la question est moins qu&rsquo;il s&rsquo;agisse des Britanniques que ce que cette id\u00e9e de <em>No Fly Zone<\/em> promue pendant deux-trois jours avec z\u00e8le par Cameron met le doigt sur un probl\u00e8me extr\u00eamement d\u00e9licat, qui est celui de l&rsquo;action \u00e0 tenir vis-\u00e0-vis de la Libye.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM\u00eame si les militaires US s&rsquo;y pr\u00e9parent, dans tous les cas en th\u00e9orie et d&rsquo;ailleurs plut\u00f4t pour des <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dogfight_pour_une_no_fly_zone_i_pentagone_03_03_2011.html\" class=\"gen\">raisons internes<\/a>, une action militaire contre la Libye, m\u00eame de type <em>No Fly Zone<\/em>, soul\u00e8ve \u00e0 Washington des pr\u00e9occupations complexes et fort g\u00eanantes. D&rsquo;une part, il y a, sp\u00e9cifiquement pour Gates et le Pentagone, la sempiternelle question des moyens. Ceux qui annoncent d&rsquo;un air sombre et assur\u00e9, des intentions d&rsquo;annexion et de conqu\u00eate US de la Libye, pour les raisons habituelles (p\u00e9trole, etc.), ceux-l\u00e0 oublient de consulter la nomenclature des moyens guerriers US disponibles compte tenu des divers engagements en cours. La machine de guerre US est en crise et \u00e0 bout de souffle, et elle n&rsquo;a certainement pas la capacit\u00e9 de monter une op\u00e9ration militaire d&rsquo;envergure sans dangereusement d\u00e9garnir d&rsquo;autres fronts vitaux pour elle. On peut y ajouter, ceci expliquant cela, les r\u00e9centes d\u00e9clarations de Gates annon\u00e7ant qu&rsquo;il se prononce contre tout nouvel engagement cons\u00e9quent, notamment terrestre, des forces US dans le monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il y a plus, beaucoup plus. Le principe m\u00eame de l&rsquo;intervention soul\u00e8ve de graves questions politiques, devant lesquelles Wahington s&rsquo;av\u00e8re impuissant. Il y a certes le principe de l&rsquo;intervention, y compris la <em>No Fly Zone<\/em>, qui s&rsquo;av\u00e8re extr\u00eamement risqu\u00e9, notamment devant l&rsquo;opposition d\u00e9cid\u00e9e de nombre d&rsquo;acteurs locaux et r\u00e9gionaux contre toute intervention \u00e9trang\u00e8re (nombre de rebelles anti-Kadhafi, la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-dogfight_pour_une_no_fly_zone_ii_ligue_arabe_03_03_2011.html\" class=\"gen\">Ligue Arabe<\/a>, la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_turquie_homme_fort_de_la_crise_libyenne_et_de_la_chaine_crisique_03_03_2011.html\" class=\"gen\">Turquie<\/a>). Mais encore, \u00e0 partir de ce point nous irions encore bien au-del\u00e0.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe, dans le chef des dirigeants washingtoniens, en cela instruits par l&rsquo;exp\u00e9rience de l&rsquo;\u00e9chec de la pr\u00e9vision des \u00e9v\u00e9nements en cours et du constat que l&rsquo;on n&rsquo;en sait rien de plus pour la poursuite de ces \u00e9v\u00e9nements, une sorte de forte incertitude angoiss\u00e9e pour d\u00e9terminer la politique \u00e0 suivre. Cela conduit \u00e0 des positions \u00e0 la fois d\u00e9sordonn\u00e9es et paralys\u00e9es ; on envisage certaines choses, avec prudence et r\u00e9ticence, pour ensuite revenir dessus quand on mesure les risques possibles, mais d&rsquo;ailleurs eux aussi incertains. Comme nous l&rsquo;expliquons par ailleurs, la crise libyenne n&rsquo;est pas consid\u00e9r\u00e9e de mani\u00e8re isol\u00e9e parce que les \u00e9v\u00e9nements forcent \u00e0 la consid\u00e9rer dans le contexte g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;encha\u00eenement crisique en cours depuis d\u00e9cembre 2010, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas vu venir, dont on ne sait comment et vers o\u00f9 il va continuer \u00e0 se d\u00e9velopper. L&rsquo;on craint que tout acte inconsid\u00e9r\u00e9, ou pas assez consid\u00e9r\u00e9, et notamment les actes de nature militaire, portent le risque d&rsquo;un renforcement et d&rsquo;une acc\u00e9l\u00e9ration de ce processus. Cette hypoth\u00e8que \u00e9norme p\u00e8se sur tous les esprits, et pas moins celui de Gates que les autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans ce contexte tendu, on ne prend plus de gants, m\u00eame entre alli\u00e9s soi disant aussi proches que les deux des <em>special relationships<\/em>. L&rsquo;\u00e9change peu am\u00e8ne entre Washington et Londres ne porte pas sur une m\u00e9sentente classique, une divergence de strat\u00e9gie, une vision diff\u00e9rente des int\u00e9r\u00eats des uns et des autres et ainsi de suite. Il porte sur une incertitude angoiss\u00e9e commune devant cette situation qui coule comme du sable entre les doigts, et devant laquelle les uns et les autres ont des attitudes diff\u00e9rentes, et \u00e0 propos desquelles certains ne prennent pas de gants pour exprimer leur insatisfaction devant les initiatives de certains autres.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 4 mars 2011 \u00e0 05H51<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le secr\u00e9taire \u00e0 la d\u00e9fense Robert Gates a eu des mots fort peu aimables pour ses amis britanniques, puisqu&rsquo;amis il y a, puisque special relationships il y aurait jusqu&rsquo;\u00e0 preuve du contraire. La cause se trouve dans la crise libyenne, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette affaire de No Fly Zone. Gates a qualifi\u00e9 de loose talk&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[5315,8294,6431,10888,3984,7408,8173,6902,10887,4608,8239,3345,3344,3701],"class_list":["post-72812","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-cameron","tag-crisique","tag-enchainement","tag-fly","tag-gates","tag-incertitude","tag-intervention","tag-libye","tag-no","tag-paralysie","tag-prudence","tag-relationships","tag-special","tag-zone"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72812\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}