{"id":72908,"date":"2011-04-08T15:15:55","date_gmt":"2011-04-08T15:15:55","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/04\/08\/la-crise-du-monde-dans-notre-psychologie\/"},"modified":"2011-04-08T15:15:55","modified_gmt":"2011-04-08T15:15:55","slug":"la-crise-du-monde-dans-notre-psychologie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/04\/08\/la-crise-du-monde-dans-notre-psychologie\/","title":{"rendered":"La crise du monde dans notre psychologie"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">La crise du monde dans notre psychologie<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t8 avril 2011  Il y a, dans <em>The Independent<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/world\/americas\/the-invisible-division-us-soldiers-are-seven-times-as-likely-as-uk-troops-to-develop-posttraumatic-stress-2264849.html\" class=\"gen\">8 avril 2011<\/a>, un passionnant article de Ethan Watters, psychologue et auteur de <em>Crazy Like Us: the Globalisation of the Western Mind<\/em>. Article passionnant pour ce qu&rsquo;il pr\u00e9sente de constat, dans le champ psychologique, pour les d\u00e9sordres psychologiques des soldats du bloc am\u00e9ricaniste-occidentaliste (BAO) ; passionnant \u00e9galement, et surtout dirions-nous pour notre compte, dans ce qu&rsquo;il permet d&rsquo;\u00e9largir une conception que nous avons sur l&rsquo;importance <strong>essentielle<\/strong> de la psychologie et sur la p\u00e9n\u00e9tration de la crise du monde dans les psychologies individuelles. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette \u00e9tude s&rsquo;attache donc pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de l&rsquo;affection psychologique d\u00e9sign\u00e9e PTSD (<em>Post Traumatic Stress Disorder<\/em>), touchant notamment des soldats engag\u00e9s dans les guerres postmodernes r\u00e9centes, particuli\u00e8rement les soldats am\u00e9ricanistes, avec une comparaison initiale avec les soldats britanniques. Nous allons d&rsquo;abord tenter de mentionner les principaux \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;enqu\u00eate, puis nous donnerons notre interpr\u00e9tation. Enfin, nous \u00e9largirons notre propos \u00e0 nos propres conceptions qui portent principalement sur la crise centrale et terminale du Syst\u00e8me d&rsquo;une part, sur la psychologie humaine d&rsquo;autre part, sur les rapports entre les deux enfin.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tWatters observe l&rsquo;extension consid\u00e9rable du PTSD chez les soldats US, apr\u00e8s avoir servi en combat et \u00eatre retourn\u00e9s aux USA. Il y a une \u00e9normes disparit\u00e9 entre ceux-ci et les soldats britanniques, les uns et les autres ayant connu les m\u00eames conditions de combat : le ph\u00e9nom\u00e8ne affecte 30% des v\u00e9t\u00e9rans US et 3% des v\u00e9t\u00e9rans UK. Cette disparit\u00e9 est int\u00e9ressante mais elle n&rsquo;est qu&rsquo;accessoire dans le propos g\u00e9n\u00e9ral. On verra plus loin notre hypoth\u00e8se \u00e0 ce propos, qui entre dans le cadre d&rsquo;une appr\u00e9ciation hypoth\u00e9tique g\u00e9n\u00e9ral li\u00e9e \u00e0 nos conceptions g\u00e9n\u00e9rales de la situation dans la perspective historique des deux derniers si\u00e8cles et de ce que nous nommons le d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour ce point, la remarque essentielle, qui nous para\u00eet absolument pertinente et acceptable, est que ce PTSD qui affecte la psychologie a essentiellement une cause culturelle ; que cette cause est \u00e0 identifier dans le climat et l&rsquo;environnement effectivement <strong>culturels<\/strong> que les soldats retour de combat et qui en sont affect\u00e9s trouvent dans le contexte social o\u00f9 ils tentent de se r\u00e9int\u00e9grer Watters exprime cette th\u00e9orie, parmi d&rsquo;autres, en la privil\u00e9giant sans le moindre doute, et \u00e0 juste raison selon nous : \u00ab<em>One theory to explain these differences is that the minds of soldiers are responsive to cultural expectations of how they should feel  and that those expectations can be different from one place (or time) to another.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ensuite, Watters remarque que ces troubles psychologiques ont grandement \u00e9volu\u00e9 durant la p\u00e9riode historique qu&rsquo;on qualifierait de guerre moderne (depuis la Guerre de S\u00e9cession), qui est pour nous la p\u00e9riode de la guerre o\u00f9 la puissance technologique de la mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e a fait sentir tous ses effets \u00e0 mesure de la modernisation et de l&rsquo;augmentation de puissance des armements. Ce que nous fait remarquer le constat historique de Watters, ci-apr\u00e8s, c&rsquo;est que le PTSD, et son \u00e9quivalents historique sous divers autres noms, fut d&rsquo;abord plus d&rsquo;ordre neurologique et psychosomatique, que d&rsquo;ordre psychologique pur, et encore moins d&rsquo;ordre psychologique li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;environnement culturel comme aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>This suggests that the psychological reaction to war does not happen in a flash like a shrapnel wound. Rather, it evolves as the soldiers integrate their experiences with the values and expectations of their culture. British soldiers in the Boer Wars were likely to complain of joint pain and muscle weakness, a condition their doctors called debility syndrome. In the US Civil War, soldiers often reacted to the trauma of battle by experiencing an aching in the left side of the chest and having the feeling of a weak heartbeat, labelled Da Costa&rsquo;s syndrome. In the First World War, soldiers experienced shell Shock, with symptoms that included nervous tics, grotesque body movements, and physical paralysis. It was not until after the Vietnam war that soldiers began to describe their symptoms primarily in terms of the intrusive thoughts, memory avoidance and uncontrollable anxiety and arousal that makes up the core of the PTSD diagnosis.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t C&rsquo;est effectivement avec le Vietnam que l&rsquo;on peut parler du v\u00e9ritable PTSD, tel qu&rsquo;on l&rsquo;entend aujourd&rsquo;hui, avec une tr\u00e8s forte influence de l&rsquo;environnement culturel, sociologique et psychopolitique. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, les v\u00e9t\u00e9rans US du Vietnam de retour dans leur pays connurent de graves troubles psychologiques parce que leur psychologie fut p\u00e9n\u00e9tr\u00e9e par l&rsquo;id\u00e9e culturelle et politique d&rsquo;une guerre injuste o\u00f9 ils avaient \u00e9t\u00e9 trahis par rapport \u00e0 ce qui leur avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9, et conduits \u00e0 commettre des horreurs au nom d&rsquo;une cause totalement subvertie et inf\u00e2me. Ils \u00e9taient donc victimes bien autant, sinon plus que coupables, et souffraient de d\u00e9sordres psychologiques parce que leur statut de victime avait \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9, contre eux, pour les forcer \u00e0 accomplir des horreurs insupportables.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Diagnosis of PTSD began to take shape in the US after the Vietnam war and represents much more than a clinical set of symptoms. It has become a world view; a weapon in a battle between a militaristic view of the world  where going to war and using deadly force can be both morally justified and personally uplifting  and a therapy view of the world, where violence is an aberration that inevitably damages the human psyche and spirit.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Originally called post-Vietnam syndrome, modern PTSD began in hothouse rap sessions held by Vietnam Veterans Against the War and supervised by antiwar psychoanalysts. The motivations behind the creation of the diagnosis are clear in early descriptions of post-Vietnam syndrome such as this one written by a young psychoanalyst named Chaim Shatan and published in the New York Times in the spring of 1972: These veterans were suffering because they had been, deceived, used and betrayed by both the military and society at large. That the creation of this syndrome would help the anti-war effort was clear. Shatan wrote in a memo to his colleagues at the time: This is an opportunity to apply our professional expertise and anti-war sentiments. The diagnosis of post-Vietnam syndrome was intended to highlight the psychological cost of participating in what many mental-health providers perceived to be an unjust war.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t La version moderne, et m\u00eame postmoderne, du PTSD, celle qui nous int\u00e9resse, donne lieu \u00e0 des explications beaucoup plus complexes et incertaines. Rien ne semble assur\u00e9 \u00e0 cet \u00e9gard et l&rsquo;on en est r\u00e9duit \u00e0 diverses hypoth\u00e8ses Ce qui nous para\u00eet \u00e9vident, c&rsquo;est que l&rsquo;explication, ou le diagnostic, semble <strong>s&rsquo;\u00e9largir<\/strong> consid\u00e9rablement, dans tous les cas comme nous le ressentons, par rapport aux arguments pr\u00e9c\u00e9dents qui \u00e9taient li\u00e9s aux guerres impliqu\u00e9es, au sens et aux conditions de ces guerres, pour aller vers les conditions g\u00e9n\u00e9rales de la soci\u00e9t\u00e9 en pleine \u00e9volution,  pour ne pas dire, ou plut\u00f4t pour le dire d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement pr\u00e9cise,  vers les conditions g\u00e9n\u00e9rales du Syst\u00e8me en crise&#8230; Retenons en attendant ces consid\u00e9rations sur le PTSD postmoderne, surtout consid\u00e9r\u00e9 \u00e0 partir de 2004, \u00e0 partir du moment o\u00f9 l&rsquo;initiale pouss\u00e9e triomphaliste du Syst\u00e8me suivant 9\/11 <strong>se transforme<\/strong> irr\u00e9sistiblement en cette crise majeure et terminale du Syst\u00e8me, telle qu&rsquo;elle se manifeste d\u00e9sormais d&rsquo;une fa\u00e7on d\u00e9vastatrice. C&rsquo;est alors que le PTSD se manifeste, lui, d&rsquo;une fa\u00e7on traumatique, d\u00e9vastatrice et presque syst\u00e9matique<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In contrast to those angry but socially engaged Vietnam War veterans, the personal accounts of current-day US soldiers returning from Afghanistan and Iraq often seem pigeonholed into a PTSD diagnosis that is tied to a particularly modern style of lonely hyperintrospection.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The frustration, anger, and unhappiness of modern soldiers have been moved from the social (where one might find moral anger, nationalistic justification, or religious meaning to justify the sacrifice) to the biopsychomedical. Because the disorder focuses largely on internal states and chemical imbalances within the individual brain, this explanation for psychological problems often leaves the soldier  to borrow a recent US military marketing slogan  feeling like an army of one.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Patrick Bracken, of Bradford University&rsquo;s Dept of Health Studies, argues that the emergence of PTSD is a symptom of a troubled postmodern world. In most Western societies there has been a move away from religious and other belief systems which offered individuals stable pathways through life, and meaningful frameworks with which to encounter suffering and death, Bracken writes. The meaningful connections of the social world are rendered fragile.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, notre hypoth\u00e8se serait bien que ce PTSD postmoderniste vient moins de la guerre elle-m\u00eame (Afghanistan, Irak) par contraste avec la soci\u00e9t\u00e9 civile en paix, et donc la guerre n\u00e9cessairement injuste par ce contraste (comme dans le cas du Vietnam), que par la guerre comme prolongement et exacerbation paroxystique d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 postmoderne plong\u00e9e elle-m\u00eame dans les affres de sa crise centrale,  donc la soci\u00e9t\u00e9 aussi injuste que la guerre elle-m\u00eame, m\u00eame si en apparence moins cruellement et moins brutalement C&rsquo;est-\u00e0-dire, bien entendu, la soci\u00e9t\u00e9 en tant qu&rsquo;expression de la crise centrale et terminale du Syst\u00e8me, qui se manifeste dans notre soci\u00e9t\u00e9 <em>as a whole<\/em>, avec le paroxysme des guerres postmodernistes dont on conna\u00eet les conditions particuli\u00e8rement atroces ; nous voulons parler, pour ce dernier point, de l&rsquo;hyper-protection de nos guerriers, le massacre des populations indig\u00e8nes, et pourtant aucune victoire qui sanctifierait la guerre de la notion de guerre juste, mais au contraire l&rsquo;esp\u00e8ce de d\u00e9faite ensabl\u00e9e et embourb\u00e9e dans la corruption, l&rsquo;inefficacit\u00e9, le paralysie et le sang, tous ces caract\u00e8res de nos arm\u00e9es hyper-puissantes et impuissantes face \u00e0 la riposte asym\u00e9trique et antiSyst\u00e8me du citoyen ext\u00e9rieur agress\u00e9. Au bout du compte, qu&rsquo;est-ce qui distingue l&rsquo;infamie <strong>inconsciente<\/strong> des bandes arm\u00e9es et super prot\u00e9g\u00e9es de nos forces sp\u00e9ciales, bandits postmodernes et aussi cruels que des bandes de l&rsquo;An Mille, ou l&rsquo;infamie <strong>inconsciente<\/strong> des barons de Wall Street, ou l&rsquo;infamie <strong>inconsciente<\/strong> des CEO de British Petroleum, ou l&rsquo;infamie <strong>inconsciente<\/strong> des milliardaires Koch ou Ruper Murdoch, et ainsi de suite  ne parlons pas, par bont\u00e9 d&rsquo;\u00e2me, de celles des figurants de seconde classe que sont nos hommes politiques,  pas de temps \u00e0 perdre. (Dans ce tableau consternant, et pour justifier le <em>distinguo<\/em> remarquable fait dans le texte de Watters entre les v\u00e9t\u00e9rans US (30% touch\u00e9s par le PTSD) et les v\u00e9t\u00e9rans UK (3%), on jugera qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un signe de plus que la soci\u00e9t\u00e9 postmoderne est le reflet de la crise centrale et terminale du Syst\u00e8me, puisque c&rsquo;est aux USA que se manifeste le plus profond\u00e9ment, avec la subversion la plus grande, cette crise du Syst\u00e8me.) <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi nous soulignons le qualificatif inconscient, c&rsquo;est parce que nous pensons que tous ces gens, victimes (les soldats et leur PTSD) et coupables sont en fait des \u00eatres soumis \u00e0 la puissante influence du Syst\u00e8me en crise qui p\u00e9n\u00e8tre et emporte leurs psychologies. A ce moment, effectivement, le PTSD n&rsquo;est que la paroxysme du processus, devenu pathologie voyante et n\u00e9cessairement devant \u00eatre trait\u00e9e \u00e0 cause de la brutalit\u00e9 (la guerre postmoderne) de la manifestation du Syst\u00e8me ; le PTSD m\u00e9riterait donc d&rsquo;\u00eatre inscrit comme une pathologie de la psychologie inflig\u00e9e par le Syst\u00e8me en crise terminale, et donc terriblement agressif \u00e0 cause de cela, mais qui n&rsquo;est pourtant qu&rsquo;une parmi d&rsquo;autres des pathologies que le Syst\u00e8me inflige \u00e0 nos psychjologiesLe PTSD est le prolongement guerrier d&rsquo;une pathologie de la psychologie inflig\u00e9 \u00e0 tous par le Syst\u00e8me en phase de crise terminale. Dans ce cadre, le <em>sapiens<\/em> qui croit mener le monde est l&rsquo;ex\u00e9cutant, le complice et la victime du Syst\u00e8me, par l&rsquo;interm\u00e9diaire de sa <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">raison subvertie<\/a> par ce Syst\u00e8me n\u00e9 du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re, et donc aussi bien enjeu de la crise du Syst\u00e8me dont il subit les terribles soubresauts.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Citons de ce tr\u00e8s r\u00e9cent <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sous_le_regard_de_l_anthropocene_05_04_2011.html\" class=\"gen\">5 avril 2010<\/a>, notre appr\u00e9ciation de la position de <em>sapiens<\/em> dans la hi\u00e9rarchie des responsabilit\u00e9s et des culpabilit\u00e9s, et dans la hi\u00e9rarchie de la victimologie \u00e9galement, dans la crise terminale actuelle, rappel\u00e9e de la th\u00e8se que nous avions d\u00e9velopp\u00e9e dans <em>dde.crisis<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.edde.eu\/publication-ddecrisis_du_10_septembre_2010.html\" class=\"gen\">10 septembre 2010<\/a>, sur la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\" class=\"gen\">la source de tous les maux<\/a> : \u00ab<em>Nous tenons que sapiens est une cr\u00e9ature faible et vaniteuse, souvent aveugle mais nullement mauvaise en soi. Nous renvoyons \u00e0 ces conceptions sur la source de tous les maux, o\u00f9 nous situons le Mal dans la mati\u00e8re et dans son d\u00e9cha\u00eenement, c&rsquo;est-\u00e0-dire, pour notre temps m\u00e9tahistorique, dans le Syst\u00e8me consid\u00e9r\u00e9 comme une entit\u00e9 autonome, une sorte d&rsquo;\u00e9gr\u00e9gore mal\u00e9fique. Le mal ne touche et n&rsquo;influence sapiens que d&rsquo;une fa\u00e7on collat\u00e9rale, comme les d\u00e9g\u00e2ts du m\u00eame nom si l&rsquo;on veut. Ainsi le probl\u00e8me est-il que, par son imprudence et son aveuglement, et sa vanit\u00e9 certes, sapiens se retrouve, au cur de l&rsquo;anthropoc\u00e8ne, mis en cause comme principal coupable de la crise du monde et de l&rsquo;effondrement des structures de la civilisation, comme source de tous les maux si l&rsquo;on veut, alors qu&rsquo;il ne l&rsquo;est pas fondamentalement.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<h3>Esprit de r\u00e9sistance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, ces diverses r\u00e9flexions \u00e0 partir du cas d&rsquo;esp\u00e8ce du PTSD li\u00e9 aux conflits, et qui s&rsquo;av\u00e9rerait une face seulement d&rsquo;une sorte de pathologie de la psychologie li\u00e9e au Syst\u00e8me en crise, s&rsquo;inscrit dans nos r\u00e9flexions plus larges sur le r\u00f4le de la psychologie,  cette fois, non seulement comme une pathologie issue du Syst\u00e8me mais \u00e9ventuellement, et peut-\u00eatre inexorablement, comme une r\u00e9sistance face au Syst\u00e8me. Le PTSD consid\u00e9r\u00e9 dans son sens le plus large n&rsquo;est qu&rsquo;une pathologie que parce que nous sommes sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me. Si, au contraire, cette pathologie est justement bien comprise dans sa signification r\u00e9elle par notre jugement, \u00e9ventuellement sous l&rsquo;action de l&rsquo;intuition haute, elle devient pathologie lib\u00e9ratrice en lib\u00e9rant une r\u00e9action salutaire que nous d\u00e9signerions comme une psychologie de r\u00e9sistance. Le PTSD n&rsquo;est une pathologie que parce que le sujet, revenu de la guerre, est forc\u00e9 de continuer \u00e0 vivre sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me en crise, qui est la v\u00e9ritable cause de sa pathologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est alors que nous revenons sur ce que nous exprimons souvent, qui est l&rsquo;influence des crises diverses et de plus en plus nombreuse, sous la forme de la cha\u00eene crisique ou de la crise anthropique (de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-sous_le_regard_de_l_anthropocene_05_04_2011.html\" class=\"gen\">anthropoc\u00e8ne<\/a>) dont la catastrophe du Japon et de Fukushima est l&rsquo;expression catastrophique actuelle. Pour nous l&rsquo;argument du PTSD tel qu&rsquo;il commence \u00e0 \u00eatre consid\u00e9r\u00e9, non comme cons\u00e9quence de la guerre elle-m\u00eame mais cons\u00e9quence du constat que la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;o\u00f9 il est issue n&rsquo;est pas diff\u00e9rente en substance de la guerre que l&rsquo;on a men\u00e9e puisque sous la m\u00eame influence du Syst\u00e8me, est une confirmation par un biais important de la puissante influence que la crise terminale du Syst\u00e8me exerce sur les psychologies,  cette influence qui peut \u00eatre n\u00e9gative lorsqu&rsquo;elle encha\u00eene encore plus au Syst\u00e8me, ou positive lorsqu&rsquo;elle suscite l&rsquo;esprit de r\u00e9sistance contre lui, c&rsquo;est selon. Mais alors que le PTSD est vu dans l&rsquo;\u00e9tude cit\u00e9e comme une pathologie en lui-m\u00eame, il n&rsquo;est une pathologie que parce que les conditions ext\u00e9rieures (culturelles et sociologiques) qui lui sont impos\u00e9es constituent une r\u00e9f\u00e9rence directe au Syst\u00e8me en crise terminale et \u00e0 ses monstruosit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn quelque sorte, la r\u00e9f\u00e9rence de la normalit\u00e9 qui est offerte aux psychologies des soldats qui reviennent de ces guerres constituent une confirmation de l&rsquo;horreur de la guerre qu&rsquo;ils ont travers\u00e9e. La victime du PTSD est plac\u00e9e dans une contradiction insupportable de devoir accepter les horreurs qu&rsquo;il a commises et subies comme la normalit\u00e9 m\u00eame. Mais si l&rsquo;influence des crises elles-m\u00eames se fait sentir, comme se fait sentir l&rsquo;influence de la guerre,  et il n&rsquo;y a pas de raison qu&rsquo;il en soit diff\u00e9remment, bien au contraire,  c&rsquo;est alors la soi-disant normalit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 soumise au Syst\u00e8me qui se d\u00e9couvre comme une monstruosit\u00e9 \u00e0 l&rsquo;instar de la guerre elle-m\u00eame. Les v\u00e9t\u00e9rans des guerres postmodernistes du Syst\u00e8me qui ont compris cela, pour des raisons diverses, et notamment l&rsquo;influence des crises sur leur psychologie, \u00e9chappent au PTSD ou en sortent pour entrer en r\u00e9sistance, r\u00e9conciliant par l\u00e0 m\u00eame l&rsquo;horreur des guerres qu&rsquo;ils ont faites avec la condamnation g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me qui suscite ces guerres. Leur radicalisation, leur esprit de r\u00e9sistance absolue, sont une \u00e9volution in\u00e9luctable chez eux, et la chose commence \u00e0 se faire de plus en plus sentir. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tConcluons de tout cela une confirmation pour notre compte : plus que jamais, la psychologie est le facteur pr\u00e9pond\u00e9rant C&rsquo;est elle qui d\u00e9termine les traumatismes suscit\u00e9s par le Syst\u00e8me, mais c&rsquo;est elle \u00e9galement qui doit susciter et qui commence \u00e0 susciter l&rsquo;esprit de r\u00e9sistance antiSyst\u00e8me. Effectivement, la situation est bien que la crise p\u00e9n\u00e8tre chaque psychologie, chaque esprit, influe sur tous les jugements. Cette situation tr\u00e8s sp\u00e9cifique est le produit d&rsquo;une \u00e9volution que le Syst\u00e8me lui-m\u00eame a voulu, qui est le d\u00e9veloppement de l&rsquo;individualisme. Cet individualisme est une des causes du PTSD dans la mesure o\u00f9 chaque ancien soldat est laiss\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, pour affronter les horreurs du Syst\u00e8me ; mais cet individualisme permet \u00e9galement aux psychologies individuelles de jouer un r\u00f4le fondamental dans l&rsquo;\u00e9volution des jugements et, \u00e9ventuellement, dans leur changement radical Ce faisant, les esprits individualis\u00e9s, donc s\u00e9par\u00e9s des entra\u00eenements collectifs, le sont aussi, dans tous les cas peuvent l&rsquo;\u00eatre des entra\u00eenements collectifs que voudrait leur imposer le Syst\u00e8me. (Le fait que le Syst\u00e8me ait lui-m\u00eame suscit\u00e9 l&rsquo;individualisme pour d\u00e9truire les structures de tradition et plus facilement s&rsquo;imposer, et que cet individualisme dans ce cas se retourne alors contre lui,  cela est sans surprise, ce n&rsquo;est pas la premi\u00e8re fois qu&rsquo;une des armes du Syst\u00e8me est retourn\u00e9e contre lui.) Plac\u00e9s devant les horreurs du Syst\u00e8me par l&rsquo;influence de leur psychologie qui joue le r\u00f4le essentiel \u00e0 cet \u00e9gard, les esprits individualistes qui ont mesur\u00e9 la fourberie de cet individualisme, peuvent, doivent \u00eatre conduits \u00e0 rechercher de nouveaux \u00e9lans collectifs aupr\u00e8s d&rsquo;autres esprits individualistes ayant suivi le m\u00eame chemin. Cela s&rsquo;exprime notamment dans l&rsquo;esprit de r\u00e9sistance au Syst\u00e8me qui est d\u00e9sormais la t\u00e2che essentielle, la mission ultime,  et la seule voie de pr\u00e9vention efficace contre la pathologie (PTSD et le reste) qui guette toutes les psychologies influenc\u00e9es par le Syst\u00e8me et qui s&rsquo;y soumettent au lieu de l&rsquo;affronter..<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La crise du monde dans notre psychologie 8 avril 2011 Il y a, dans The Independent du 8 avril 2011, un passionnant article de Ethan Watters, psychologue et auteur de Crazy Like Us: the Globalisation of the Western Mind. Article passionnant pour ce qu&rsquo;il pr\u00e9sente de constat, dans le champ psychologique, pour les d\u00e9sordres psychologiques&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[4646,2631,8854,7364,2622,8855,4280,3099,7238,2755],"class_list":["post-72908","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-antisysteme","tag-de","tag-dechainement","tag-esprit","tag-la","tag-matiere","tag-pathologie","tag-psychologie","tag-ptsd","tag-resistance"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72908","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72908"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72908\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72908"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72908"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72908"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}