{"id":73009,"date":"2011-05-16T09:48:01","date_gmt":"2011-05-16T09:48:01","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/16\/lassassinat-du-droit-reduit-a-sa-caricature-faussaire\/"},"modified":"2011-05-16T09:48:01","modified_gmt":"2011-05-16T09:48:01","slug":"lassassinat-du-droit-reduit-a-sa-caricature-faussaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/16\/lassassinat-du-droit-reduit-a-sa-caricature-faussaire\/","title":{"rendered":"L&rsquo;assassinat du Droit r\u00e9duit \u00e0 sa caricature faussaire"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">L&rsquo;assassinat du Droit r\u00e9duit \u00e0 sa caricature faussaire<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t16 mai 2011  L&rsquo;\u00e9limination de ben Laden (l&rsquo;op\u00e9ration <em>Geronimo<\/em>) a la vertu douteuse, non seulement de faire croire \u00e0 certains que c&rsquo;est une victoire et qu&rsquo;il y a donc une guerre, mais d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale de mettre sur la table de nos sp\u00e9culations empress\u00e9es l&rsquo;une ou l&rsquo;autre question fondamentale. Parmi celles-ci, la plus \u00e9vidente imm\u00e9diatement est celle du droit : l&rsquo;op\u00e9ration <em>Geronimo<\/em> a-t-elle l&rsquo;une ou l&rsquo;autre sorte de l\u00e9galit\u00e9, ou bien est-ce une op\u00e9ration compl\u00e8tement ill\u00e9gale ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est \u00e0 ce point que nous allons nous attacher. Nous verrons qu&rsquo;il est complexe et plus complexe qu&rsquo;on ne croit, qu&rsquo;il embrasse \u00e9videmment les perceptions de la lettre de la loi et de l&rsquo;esprit de la loi, qu&rsquo;il recouvre une mentalit\u00e9 et une psychologie nouvelle, qu&rsquo;il concerne des pr\u00e9occupations bien plus hautes que celles de simples questions de l\u00e9galit\u00e9 et de droit par cons\u00e9quent. C&rsquo;est une question universelle, qui vaut une \u00e9tude attentive.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, nous citons quelques jugements, appr\u00e9ciations, etc., qui r\u00e9sument et illustrent certaines des positions les plus affirm\u00e9es.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans <em>Marianne2<\/em>, Alexis Bautzmann, Directeur du Centre d&rsquo;Analyse et de Pr\u00e9vision des Risques Internationaux (CAPRI), donne (le <a href=\"http:\/\/www.marianne2.fr\/L-assassinat-legitime-de-Ben-Laden-marque-une-rupture_a205843.html?preaction=nl&#038;id=5912605&#038;idnl=26323&#038;\" class=\"gen\">7 mai 2011<\/a>) un avis cat\u00e9gorique. Il s&rsquo;agit pour lui d&rsquo;un acte ill\u00e9gal qui marque une rupture grave dans la situation de la l\u00e9galit\u00e9 internationale.  Bautzmann r\u00e9pond ici \u00e0 des questions, sous forme d&rsquo;interview ; voici sa r\u00e9ponse \u00e0 la premi\u00e8re question (\u00ab<em>Les Etats-Unis avaient du mal \u00e0 vendre leurs guerres \u00e0 l&rsquo;opinion publique, est-ce que vendre un assassinat est quelque chose de plus facile?<\/em>\u00bb) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBautzmann: \u00ab<em>Je dois dire que le traitement m\u00e9diatique m&rsquo;\u00e9tonne. Sur le plan du droit international, c&rsquo;est un assassinat en r\u00e8gle, c&rsquo;est absolument ill\u00e9gal. M\u00eame les nazis, les pires criminels de guerre \u00e0 part une ou deux exceptions ont \u00e9t\u00e9 captur\u00e9s, jug\u00e9s et condamn\u00e9s \u00e0 mort. La loi s&rsquo;est impos\u00e9e face \u00e0 la barbarie. L\u00e0, on passe \u00e0 autre chose. Et que ce soit l&rsquo;appareil d&rsquo;\u00e9tat qui commande \u00e7a dans un pays souverain qui n&rsquo;est pas au courant m\u00eame si c&rsquo;est le Pakistan et on sait \u00e0 quel point les choses sont opaques dans ce pays-. Tout \u00e7a ne semble pas poser probl\u00e8me au sein de l&rsquo;administration am\u00e9ricaine, et encore moins ailleurs. Je pense que c&rsquo;est une vraie rupture.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Si, il y a 60 ans, on avait demand\u00e9 aux gens ce qu&rsquo;il fallait faire des criminels nazis, ils auraient sans doute \u00e9t\u00e9 favorables \u00e0 ce qu&rsquo;on ne s&rsquo;encombre pas de sentiment. La diff\u00e9rence, c&rsquo;est que les d\u00e9mocraties allaient au-del\u00e0 et la primaut\u00e9 du droit par rapport \u00e0 l&rsquo;opinion publique s&rsquo;imposait.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Dans ce cas pr\u00e9cis, le droit s&rsquo;adapte aux int\u00e9r\u00eats des puissances de mani\u00e8re assez cynique. Ce n&rsquo;est m\u00eame plus cach\u00e9.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans un article du <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/article.php?storyid=518\" class=\"gen\">11 mai 2011<\/a> sur son site <em>WilliamPfaff.com<\/em>, William Pfaff examine le cas de l&rsquo;assassinat de ben Laden d&rsquo;un il tr\u00e8s d\u00e9favorable du point de vue de la l\u00e9galit\u00e9. Il termine en citant indirectement un officiel isra\u00e9lien, sur la philosophie de la chose, qui revient \u00e0 une philosophie du fait accompli de la force, ent\u00e9rin\u00e9 par le temps qui passe extr\u00eamement rapidement, \u00e0 cause du syst\u00e8me de la communication, et sans beaucoup de r\u00e9flexion de notre part \u00e0 cause de notre m\u00e9moire extr\u00eamement courte \u00ab<em>Ambassador Charles Freeman recently quoted to a Washington audience the argument made by a former head of the Israeli Defense Forces Legal Department that If you do something for long enough the world will accept it. The whole of international law is now based on the notion that an act that is forbidden today becomes permissible if executed by enough countries.International law progresses through violations. This seems now the unavowed policy of the United States.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Voici des avis compl\u00e8tement oppos\u00e9s. Ils viennent d&rsquo;une experte du domaine, et universitaire enseignant \u00e0 New York sur les questions de droit et de s\u00e9curit\u00e9, Karen J. Greenberg, et d&rsquo;un professeur \u00e0 la George Mason University&rsquo;s School of Law, Ilya Somin. On y trouve expos\u00e9e la conception juridique qui est manifestement celle de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien, qui a appris \u00e0 d\u00e9velopper des th\u00e8ses de droit sp\u00e9cifiques pour l&rsquo;\u00e9poque de la guerre contre la Terreur. (Sur <em>Aljazeera.net<\/em>, dans un article publi\u00e9 le <a href=\"http:\/\/english.aljazeera.net\/indepth\/features\/2011\/05\/201155113345557824.html\" class=\"gen\">5 mai 2011<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Karen J. Greenberg, executive director of New York University School of Law&rsquo;s Centre on Law and Security, says while laws about heads of other states cannot be applied to the non-state actor Osama bin Laden, he should be treated no differently as one would for an armed enemy. This is not a legal question It&rsquo;s a strategic war question in which we&rsquo;re talking about a general [of an army] essentially, Greenberg said. This is a guy who declared war on [the US] in 1998 Whether it was legal or not, it&rsquo;s always acceptable to kill the head, the armed enemy that is opposing you.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Greenberg says dealings with bin Laden, who masterminded the catastrophic September 11 attacks that left nearly 3,000 killed, cannot be likened to that of other enemy combatants and terrorist targets. I really do think Osama bin Laden is in his own category, she said. [Osama bin Laden] was the head of al-Qaeda. He is the person that all of our counterterrorism strategy has been directed against for the past 10 years. He has brought more harm to the US than any other person in history.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Ilya Somin, a professor at George Mason University&rsquo;s School of Law, echoed Greenberg&rsquo;s argument that targeting individual enemy combatants in war is perfectly legal and moral. Somin points at US targeting of Admiral Isoroku Yamamoto, the commander of the Japanese fleet during World War II, and the British and the Czechs&rsquo; killing of German SS General Reinhard Heydrick in 1942, as precedents. Surely international law does not give terrorist leaders greater protection than that enjoyed by uniformed soldiers such as Admiral Yamamoto. And if it is legal to individually target the commander of a uniformed military force, it is surely equally legal to target the leader of a terrorist organisation, including Osama bin Laden, he told Al Jazeera.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Pour terminer cette rapide revue, on citera l&rsquo;avis extr\u00eamement original de Ron Paul, approuvant cette action au nom d&rsquo;une logique de constitutionnaliste radical, dans l&rsquo;esprit autant que dans la lettre,  f\u00fbt-ce une lettre datant de la fin du XVIII\u00e8me si\u00e8cle,  appuy\u00e9e sur une strat\u00e9gie naturelle d&rsquo;isolationnisme des USA. Mais Ron Paul n&rsquo;a cure du temps qui passe pour ce sujet (la Constitution des USA, datant de 1787-1788) car son projet est bien de prendre une politique du XXI\u00e8me si\u00e8cle qu&rsquo;il juge absurde et d\u00e9mente (la politique ext\u00e9rieure et belliciste des USA) dans les rets d&rsquo;un texte datant de plus de deux si\u00e8cles devant lequel chaque membre de l&rsquo;<em>establishment<\/em> washingtonien est <strong>oblig\u00e9<\/strong> de faire, chaque matin, ses d\u00e9votions. Nous commentons sa position dans notre texte du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-ron_paul_et_la_liquidation_de_ben_laden_11_05_2011.html\" class=\"gen\">11 mai 2011<\/a>, et nous ne dissimulons pas une seconde, sans aborder en aucune fa\u00e7on la question de fond, que la position de Ron Paul est marqu\u00e9e par la rigueur, l&rsquo;honn\u00eatet\u00e9 et la responsabilit\u00e9 intellectuelle par rapport aux textes existants, par rapport \u00e0 sa propre position politique et \u00e0 la position des USA telle qu&rsquo;il la per\u00e7oit. (Il faut noter qu&rsquo;apr\u00e8s sa premi\u00e8re intervention sur <em>Antiwar.com<\/em>, Paul est revenu sur le sujet avec une appr\u00e9ciation plus critique de l&rsquo;action du gouvernement US, voire en jugeant que le raids n&rsquo;aurait pas d\u00fb \u00eatre lanc\u00e9 dans ces conditions \u00e0 cause des cons\u00e9quences d\u00e9plorables pour les USA dans l&rsquo;opinion internationale. Le <a href=\"http:\/\/inthearena.blogs.cnn.com\/2011\/05\/13\/ron-paul-bin-laden-raid-not-necessary\/?iref=allsearch\" class=\"gen\">13 mai 2011<\/a>, sur CNN, on observait : \u00ab<em>GOP presidential candidate Ron Paul says the U.S. should&rsquo;ve cooperated with Pakistan in hunting down Osama bin Laden.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<h4>Notre commentaire<\/h4>\n<p>De ces divers commentaires se d\u00e9gagent \u00e9videmment trois grandes lignes. Deux sont propres \u00e0 la vision am\u00e9ricaniste, la troisi\u00e8me correspond \u00e0 une vision que nous qualifierions, en demandant au lecteur d&rsquo;\u00e9carter les connotations id\u00e9ologiques, d&rsquo;internationaliste ou, mieux encore, d&rsquo;universaliste. Seules les deux visions am\u00e9ricanistes, lorsqu&rsquo;elles sont confront\u00e9es, impliquent une appr\u00e9ciation pol\u00e9miste, qui implique \u00e0 son tour que l&rsquo;on doive prendre position pour l&rsquo;une ou l&rsquo;autre pour \u00e9tablir une seule vision am\u00e9ricaniste. La troisi\u00e8me vision est de nature diff\u00e9rente, supposant une autre vision du monde que l&rsquo;am\u00e9ricaniste Si bien qu&rsquo;on en arrive en fait \u00e0 deux positions qui se d\u00e9gagent et s&rsquo;affirment, et qui, elles, impliquent un choix de fond qui est de consid\u00e9rer deux visions du monde qui ont chacune leur raison d&rsquo;\u00eatre et n&rsquo;impliquent nullement qu&rsquo;on doive trancher ; elle n&rsquo;ont rien \u00e0 voir avec un choix pol\u00e9mique comme dans le cas des deux positions am\u00e9ricanistes, qui impliquent qu&rsquo;on doive trancher et rejeter l&rsquo;une ou l&rsquo;autre au profit de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous nous attachons d&rsquo;abord \u00e0 la question pol\u00e9mique entre les deux conceptions am\u00e9ricanistes d&rsquo;une m\u00eame vision du monde. Pour ce cas, en effet, Ron Paul partage la m\u00eame vision du monde que les appoint\u00e9s du Syst\u00e8me, bien que Paul soit objectivement et en analyse finale, un adversaire du Syst\u00e8me (un antiSyst\u00e8me) au sein du Syst\u00e8me. La diff\u00e9rence entre les deux points de vue tient au contexte. Paul envisage l&rsquo;action contre ben Laden dans le cadre de la Constitution des USA, dans la mesure o\u00f9 les USA ne <strong>seraient<\/strong> pas en guerre, et m\u00eame ne sont pas formellement en guerre selon lui, dans la mesure o\u00f9 les USA ne devraient pas \u00eatre en guerre alors que tout se passe comme s&rsquo;ils l&rsquo;\u00e9taient, dans la mesure par cons\u00e9quent o\u00f9 les USA devraient r\u00e9pudier la politique expansionniste et interventionniste qu&rsquo;ils ont. D&rsquo;une certaine fa\u00e7on, Ron Paul utilise un argument d&rsquo;une sorte de l\u00e9gitime d\u00e9fense. L&rsquo;autre point de vue est que les Etats-Unis <strong>sont<\/strong> en guerre et qu&rsquo;en temps de guerre, tout est permis quand il s&rsquo;agit de l&rsquo;\u00e9limination du ou des chefs de l&rsquo;entit\u00e9 qui est en guerre contre vous. Effectivement, si les USA sont en guerre contre al Qa\u00efda, il est logique que ben Laden soit abattu sommairement (ex\u00e9cut\u00e9), comme le fut l&rsquo;amiral Yamamoto lorsque l&rsquo;avion bimoteur <em>Sally<\/em> \u00e0 bord duquel il faisait un voyage d&rsquo;inspection en 1943 fut intercept\u00e9 (les USA \u00e9taient au courant de son d\u00e9placement) par quatre P-38 <em>Lightning<\/em> de l&rsquo;USAAF et abattu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me est \u00e9videmment de savoir si l&rsquo;on peut \u00eatre en guerre contre al Qa\u00efda, organisation informelle, nullement l\u00e9gitim\u00e9e par quoi que ce soit, ni souveraine, ni reconnue comme telle. Si l&rsquo;on veut faire une analogie : pourquoi les hommes du FBI ne sont-ils pas intervenus, par exemple, en 1936 chez Charles <em>Lucky<\/em> Luciano, ne l&rsquo;ont-ils pas ma\u00eetris\u00e9 et abattu d&rsquo;une balle dans la t\u00eate, puis n&rsquo;ont-ils pas annonc\u00e9 triomphalement la chose ? (Finalement, ils purent arr\u00eater Luciano pour prox\u00e9n\u00e9tisme, ce qui leur permit plus tard de n\u00e9gocier le soutien de la <em>Mafia<\/em> italienne \u00e0 l&rsquo;invasion de l&rsquo;Italie par les alli\u00e9s.) Les USA \u00e9taient-ils th\u00e9oriquement moins en guerre contre <em>Cosa Nostra<\/em> (le crime organis\u00e9) qu&rsquo;ils ne le sont contre al Qa\u00efda, alors que diverses personnalit\u00e9s, comme le s\u00e9nateur Kefauver en 1951-1952 ou le s\u00e9nateur puis secr\u00e9taire \u00e0 la justice Robert Kennedy en 1958-1963, ont proclam\u00e9 cet \u00e9tat de guerre sans jamais \u00eatre d\u00e9menti ? La diff\u00e9rence est-elle simplement qu&rsquo;aux USA il y a des lois que l&rsquo;administration f\u00e9d\u00e9rale est tenue de respecter, alors que cette administration f\u00e9d\u00e9rale semble faire fi des lois internationales ? (Ou bien, question plus insidieuse : la diff\u00e9rence est-elle en ce que <em>Cosa Nostra<\/em>, finalement, ne mettait pas en cause le Syst\u00e8me et se trouvait souvent en position de contribuer grassement au soutien de nombre des membres de la direction du Syst\u00e8me,  jusqu&rsquo;\u00e0 JFK lui-m\u00eame, fr\u00e8re de Robert Kennedy, qui re\u00e7ut l&rsquo;aide discr\u00e8te et efficace de certains dirigeants de <em>Cosa Nostra<\/em>, comme Sam Giancana, lors d&rsquo;op\u00e9rations \u00e9lectorales pour les pr\u00e9sidentielles ?)  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes autres citations (Bautzmann, Pfaff), hostiles \u00e0 l&rsquo;ex\u00e9cution de ben Laden, mettent \u00e9videmment en \u00e9vidence ce non-respect des lois internationales et des souverainet\u00e9s, notamment celle du Pakistan. Elles disent le vrai car on ne peut dire qu&rsquo;il existe un  \u00e9tat de guerre l\u00e9gal contre al Qa\u00efda, dans la mesure o\u00f9 cela est juridiquement impossible puisqu&rsquo;al Qa\u00efda est, comme <em>Cosa Nostra<\/em>, une organisation litt\u00e9ralement hors-la-loi, c&rsquo;est-\u00e0-dire juridiquement sans statut, sans l\u00e9gitimit\u00e9 ni souverainet\u00e9 juridiques, et qui ne revendique ni l&rsquo;une ni l&rsquo;autre. Dans ce cas, les USA sont fautifs parce qu&rsquo;ils ne respectent pas les lois internationales (alors qu&rsquo;ils en r\u00e9clament l&rsquo;application par les autres, ou qu&rsquo;ils les sollicitent pour eux-m\u00eames, ceci et cela quand la chose est de leur int\u00e9r\u00eat). L&rsquo;argument \u00e9lev\u00e9 contre un tel jugement est d&rsquo;ailleurs extr\u00eamement bas et sentimental, sinon incompr\u00e9hensible et t\u00e9moignant d&rsquo;une tr\u00e8s grande confusion intellectuelle, puisqu&rsquo;il revient \u00e0 dire que les USA sont en guerre contre la Terreur. La chose n&rsquo;a juridiquement et l\u00e9galement aucun sens, puisqu&rsquo;il ne peut exister par d\u00e9finition aucune entit\u00e9 souveraine et l\u00e9gitime intitul\u00e9e Terreur. La bassesse de cette id\u00e9e est sans doute ce qu&rsquo;il y a de plus pervers, de plus subversif et de plus d\u00e9testable dans tout ce d\u00e9bat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une certaine fa\u00e7on, le seul argument qui vaille en faveur de l&rsquo;assassinat de ben Laden, c&rsquo;est celui de Ron Paul. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un acte de guerre, pr\u00e9tendant d\u00e9pendre d&rsquo;une sorte de droit international mais n&rsquo;en d\u00e9pendant aucunement et, au contraire, le transgressant en renfor\u00e7ant l&rsquo;id\u00e9e du droit de la force. Ron Paul, au contraire, avance un argument d&rsquo;une sorte de l\u00e9gitime d\u00e9fense n&rsquo;impliquant en rien les lois internationales, pour lesquelles il a fort peu de consid\u00e9ration. Bien s\u00fbr, la force de la position de Ron Paul, c&rsquo;est qu&rsquo;il r\u00e9fute le fait que les USA soient en guerre et qu&rsquo;il condamne la politique expansionniste et interventionniste. Ainsi sa position peut-elle se r\u00e9concilier avec le droit international en affirmant que l&rsquo;\u00e9limination de ben Laden est l&rsquo;usage d&rsquo;une sorte de droit de suite, \u00e0 la suite de l&rsquo;attentat du 11 septembre 2001. Pour Ron Paul, \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qui s&rsquo;est pass\u00e9 entre temps, entre 9\/11 et la liquidation de ben Laden,  notamment l&rsquo;Irak, la deuxi\u00e8me intervention en Afghanistan, les multiples interventions US ailleurs,  tout cela n&rsquo;a pas eu et n&rsquo;a pas lieu d&rsquo;\u00eatre puisqu&rsquo;il condamne cette politique expansionniste et interventionniste.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe probl\u00e8me est que l&rsquo;argument est \u00e0 la limite de la sp\u00e9ciosit\u00e9, puisque, manifestement, il s&rsquo;est pass\u00e9 beaucoup de choses entre 9\/11 et l&rsquo;\u00e9limination de ben Laden, qui rendent les USA comptables des lois internationales. Ainsi sommes-nous renvoy\u00e9s dans le cas de l&rsquo;incompatibilit\u00e9 entre deux visions du monde, l&rsquo;am\u00e9ricaniste et celle du reste, dans le cadre d&rsquo;une situation g\u00e9n\u00e9rale qui n&rsquo;a plus aucune coh\u00e9sion structurelle, notamment juridique. Nous sommes, du point de vue du droit, devant un probl\u00e8me insoluble,  et probl\u00e8me insoluble parce que r\u00e8gne, au temps de l&rsquo;id\u00e9al de puissance et du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re en mode paroxystique de crise, l&rsquo;\u00e9crasant facteur de la combinaison de la force totalement d\u00e9cha\u00een\u00e9e et de la psychologie totalement encha\u00een\u00e9e qui entra\u00eenent vers des actes d&rsquo;une grande violence sans cadre juridique coh\u00e9rent, habill\u00e9s de conceptions extr\u00eames n\u00e9es effectivement de l&rsquo;instabilit\u00e9 des psychologies.<\/p>\n<h3>Le Droit et l&rsquo;intuition haute <\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avions exprim\u00e9, dans le <em>F&#038;C<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_barbarie_en_son_miroir_05_05_2011.html?admin=1\" class=\"gen\">5 mai 2011<\/a> une position peu attentive au l\u00e9galisme et au juridisme, mais nous r\u00e9f\u00e9rant plut\u00f4t \u00e0 des grands courants historiques et aux valeurs d&rsquo;une civilisation, et une position que nous esp\u00e9rons \u00e9clair\u00e9e par l&rsquo;intuition haute En \u00e9crivant cela (l&rsquo;intuition haute), nous voulons dire que notre position ne s&rsquo;appuyait gu\u00e8re sur des arguments de droit pr\u00e9cis mais se r\u00e9f\u00e9rait essentiellement \u00e0 des conceptions qui nous sont propres, qui opposent la barbarie, et essentiellement la barbarie de la modernit\u00e9 (la barbarie \u00e0 visage de moderne ?), \u00e0 la civilisation appuy\u00e9e sur la tradition. Entre les deux termes de cette opposition, qui est d\u00e9finie par nous-m\u00eames selon les termes que nous employons, on comprend ais\u00e9ment dans quel camp nous nous situons.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette position n&rsquo;est en aucun cas une position juridique, ou une position se r\u00e9f\u00e9rant, m\u00eame dans les termes les plus hauts \u00e9ventuellement, \u00e0 la seule notion de Droit. Nous estimons que les conditions \u00e9tablies dans les relations internationales, dans les comportements officiels, dans les politiques ; l&rsquo;importance \u00e9norme donn\u00e9e au syst\u00e8me de la communication, le fait notamment qu&rsquo;un droit coutumier de l&rsquo;infamie et de l&rsquo;imposture a pris racine selon les r\u00e8gles de conformisme et de terrorisme d&rsquo;un syst\u00e8me de la communication bien manipul\u00e9 (comme le signale Pfaff, en citant l&rsquo;observation cynique d&rsquo;un officiel isra\u00e9lien : \u00ab<em>If you do something for long enough the world will accept it. The whole of international law is now based on the notion that an act that is forbidden today becomes permissible if executed by enough countries.International law progresses through violations)<\/em>; la disparition compl\u00e8te de notions telles que v\u00e9rit\u00e9 et objectivit\u00e9 ; la mise en place, au contraire, de <em>narratives<\/em> imp\u00e9ratives, sans le moindre sens, telle que la guerre contre la Terreur, entra\u00eenant des l\u00e9gislations <strong>officielles<\/strong> sur la torture et des guerres n\u00e9cessairement sans foi ni loi ; le triomphe de valeurs sentimentales basses et d&rsquo;une morale de convenance,  nous estimons que tout cela rend aujourd&rsquo;hui absolument <strong>impossible<\/strong> l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une v\u00e9rit\u00e9 du Droit qui le soit par elle-m\u00eame.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCela implique que le jugement du Droit selon de simples arguments de droit est devenu impossible, caduc, et, plus g\u00e9n\u00e9ralement par cons\u00e9quent, une forfaiture permanente. Il doit appara\u00eetre \u00e9vident, pour tout esprit qui n&rsquo;a pas compl\u00e8tement abdiqu\u00e9, qu&rsquo;\u00e9tablir une \u00e9quivalence entre la mort de l&rsquo;amiral Yamomoto et celle de ben Laden, pour justifier la seconde par l&rsquo;\u00e9vidence de la justification de la premi\u00e8re, nous fait entrer dans un labyrinthe pervers qui conduit \u00e0 une subversion compl\u00e8te de la pens\u00e9e. Par cons\u00e9quent, et pour notre compte, tout en reconnaissant qu&rsquo;il est de quelque int\u00e9r\u00eat d&rsquo;examiner les arguments seulement de droit des uns et des autres, comme nous faisons plus haut, nous estimons qu&rsquo;il faut faire intervenir d&rsquo;autres dimensions fondamentales, pour parvenir \u00e0 une vision fondamentale acceptable de ce qui pourrait continuer \u00e0 \u00eatre nomm\u00e9 Droit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est selon ces conceptions que nous avons d\u00e9velopp\u00e9 notre commentaire du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_barbarie_en_son_miroir_05_05_2011.html?admin=1\" class=\"gen\">5 mai 2011<\/a>. La barbarie, dans ce cas, si l&rsquo;on veut cerner des faits plus concrets pour tenter d&rsquo;approcher une v\u00e9rit\u00e9 du droit qui serait n\u00e9cessairement diff\u00e9rente de ce que l&rsquo;on a l&rsquo;habitude de d\u00e9velopper dans ce domaine, nous la trouvons dans l&rsquo;esprit de l&rsquo;acte qui supplante largement l&rsquo;acte lui-m\u00eame,  comme l&rsquo;esprit de la loi par rapport \u00e0 la lettre de la loi. Lorsqu&rsquo;on observe les r\u00e9actions populaires imm\u00e9diates, la complaisance de la description du raid, suivie de la confusion des descriptions du raid selon les versions contradictoires, le terrorisme intellectuel et moral presque spasmodique et dans tous les cas pavlovien qui accompagne les jugements autoris\u00e9s sur le raid, tout cela transforme le raid et l&rsquo;acte qui l&rsquo;a couronn\u00e9 en une infamie et rien de moins. S&rsquo;il n&rsquo;y a plus de r\u00e9f\u00e9rence de Droit disponible, alors il reste la conviction puissante qui s&rsquo;installe qu&rsquo;un tel acte, avec son apparat grotesque et bas, ne peut \u00eatre qu&rsquo;une imposture du Droit. C&rsquo;est l&rsquo;interpr\u00e9tation que nous offrons d&rsquo;un acte qui ne peut plus \u00eatre jug\u00e9 selon un Droit pulv\u00e9ris\u00e9 par l&rsquo;effondrement des \u00e9vidences de la v\u00e9rit\u00e9 et de l&rsquo;objectivit\u00e9, dans une situation nouvelle qui \u00e9tablit la valeur de l&rsquo;acte selon une conception r\u00e9tablissant le Droit par son exact antith\u00e8se, par son contraire, selon une d\u00e9marche de perversion aujourd&rsquo;hui ais\u00e9ment identifiable : valeur de bassesse, de m\u00e9diocrit\u00e9, d&rsquo;absence d&rsquo;humanit\u00e9 et de perversion de la grandeur, impuissance \u00e0 ne rien conna\u00eetre de la trag\u00e9die et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNotre contre-civilisation n\u00e9e du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re,  et <em>sapiens<\/em> encha\u00een\u00e9 \u00e0 cette mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e,  conduit n\u00e9cessairement au jugement de la bassesse d&rsquo;actes tels que celui qui nous est offert. La question n&rsquo;est m\u00eame plus celle de la culpabilit\u00e9 ou non d&rsquo;un ben Laden, puisque le processus menant \u00e0 la question est vici\u00e9, subverti, lui-m\u00eame devenu contre-droit de cette contre-civilisation. Il s&rsquo;en d\u00e9duit que la seule possibilit\u00e9 pour un jugement \u00e0 porter sur l&rsquo;acte revient \u00e0 se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un Droit inspir\u00e9 par l&rsquo;intuition haute, devenu n\u00e9cessairement impitoyable accusateur de ce comportement avant m\u00eame d&rsquo;aborder les actes et les \u00e9v\u00e9nements incrimin\u00e9s. Il est devenu impossible de juger les actes et les \u00e9v\u00e9nements, tant les uns et les autres sont d\u00e9termin\u00e9s par des comportements et des encha\u00eenements, et conduisant \u00e0 des r\u00e9actions, tous \u00e9galement marqu\u00e9s par l&rsquo;infamie et la forfaiture.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette contre-civilisation est d\u00e9sormais r\u00e9alis\u00e9e pour notre compte en tant que telle, dans sa totalit\u00e9, depuis 2008-2010. C&rsquo;est \u00e0 partir de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2010 que nous avons commenc\u00e9 \u00e0 employer l&rsquo;expression, convaincus de la substituer \u00e0 l&rsquo;expression employ\u00e9 d&rsquo;abord par nous de deuxi\u00e8me civilisation occidentale. Nous notions le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\" class=\"gen\">10 septembre 2010<\/a>, introduisant effectivement l&rsquo;expression, avec cette notion dynamique de destruction (d\u00e9structuration) de la civilisation :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>On peut concevoir que le mal usurpe la notion d&rsquo;essence et monte une mystification qui fait prendre la substance pour l&rsquo;essence.<\/em> [] <em>Le mouvement de d\u00e9structuration montre sa logique perverse: il est la marche vers une soi-disant essence qui n&rsquo;est qu&rsquo;une substance informe, il veut se faire passer pour une \u00e9volution vers le bien alors qu&rsquo;il est l&rsquo;exact contraire. C&rsquo;est le pi\u00e8ge diabolique o\u00f9 se d\u00e9bat notre deuxi\u00e8me civilisation occidentale, qui m\u00e9rite alors absolument d&rsquo;\u00eatre qualifi\u00e9e de contre-civilisation puisqu&rsquo;elle est ainsi l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la civilisation, comme son \u00e9volution est elle-m\u00eame l&rsquo;arch\u00e9type du contraire de la marche vers le bien.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit donc de la mise \u00e0 jour de la r\u00e9alit\u00e9 de cette deuxi\u00e8me civilisation occidentale, form\u00e9e \u00e0 l&rsquo;aube du XIX\u00e8me si\u00e8cle (<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/section-la_grace_de_l_histoire.html\" class=\"gen\">voir<\/a> la <em>Gr\u00e2ce de l&rsquo;Histoire<\/em>), qui se r\u00e9v\u00e8le dans sa totalit\u00e9 de contre-civilisation. Cette structure faussaire (d\u00e9structurante) du monde ne peut donner que des artifices qui disent l&rsquo;aspect malin, le double faux, de ce qu&rsquo;ils pr\u00e9tendent repr\u00e9senter. Un Droit manifest\u00e9 dignement aujourd&rsquo;hui ne peut se manifester, avant toute prise de position plus sp\u00e9cifique, que comme la condamnation absolue de la forfaiture permanente que repr\u00e9sente leur Droit aujourd&rsquo;hui, imp\u00e9rativement identifi\u00e9, aujourd&rsquo;hui \u00e9galement, comme un contre-Droit. Avant de juger de la justesse de l&rsquo;acte contre ben Laden, et de juger de la culpabilit\u00e9 de ben Laden, nous aurons d\u00e9j\u00e0 jug\u00e9 que tout ce qui servirait \u00e0 ces jugements est av\u00e9r\u00e9 faussaire, ren\u00e9gat et relaps,  apr\u00e8s tout, un terme religieux a bien sa place dans cet interm\u00e8de catastrophique, ou pr\u00e9-catastrophique, qu&rsquo;est devenue notre p\u00e9riode historique de plus en plus v\u00e9cue comme une course vers la r\u00e9alisation du pire, permettant enfin la lib\u00e9ration par la Chute.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&rsquo;assassinat du Droit r\u00e9duit \u00e0 sa caricature faussaire 16 mai 2011 L&rsquo;\u00e9limination de ben Laden (l&rsquo;op\u00e9ration Geronimo) a la vertu douteuse, non seulement de faire croire \u00e0 certains que c&rsquo;est une victoire et qu&rsquo;il y a donc une guerre, mais d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale de mettre sur la table de nos sp\u00e9culations empress\u00e9es l&rsquo;une ou&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[3265,3015,2631,3870,5714,7714,8397,2622,3266,6992,3555,3379,3140,3310,2746,3014],"class_list":["post-73009","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-ben","tag-communication","tag-de","tag-droit","tag-haute","tag-international","tag-intuition","tag-la","tag-laden","tag-legalite","tag-legitimite","tag-pakistan","tag-paul","tag-ron","tag-souverainete","tag-systeme"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73009","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73009"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73009\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73009"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73009"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73009"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}