{"id":73039,"date":"2011-05-26T02:29:49","date_gmt":"2011-05-26T02:29:49","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/26\/le-printemps-espagnol\/"},"modified":"2011-05-26T02:29:49","modified_gmt":"2011-05-26T02:29:49","slug":"le-printemps-espagnol","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/26\/le-printemps-espagnol\/","title":{"rendered":"Le printemps espagnol"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Le printemps espagnol<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tCertains observateurs commencent \u00e0 nommer ainsi le mouvement politique qui se d\u00e9veloppe actuellement en Espagne, \u00e0 la date o\u00f9 nous \u00e9crivons (24 mai). Il se caract\u00e9rise  par l&rsquo;occupation durable de la Puerta de Sol, \u00e0 Madrid, provenant de manifestants rejetant globalement un syst\u00e8me qui les condamne au ch\u00f4mage et \u00e0 la mis\u00e8re. D&rsquo;autres villes espagnoles sont aussi touch\u00e9es.  De telles manifestations de refus se sont produites pr\u00e9c\u00e9demment dans d&rsquo;autres Etats frapp\u00e9s eux-aussi par les mesures de rigueur impos\u00e9es aux populations par la volont\u00e9 de diminuer les dettes publiques: en Gr\u00e8ce, en Irlande et m\u00eame en Grande Bretagne  pour ne pas mentionner celles qui ont eu lieu aux Etats-Unis, notamment \u00e0 Madison dans le Wisconsin. Elles sont susceptibles de se reproduire dans tous les Etats europ\u00e9ens touch\u00e9s par la rigueur, y compris peut-\u00eatre un jour en Allemagne. D&rsquo;o\u00f9 la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;essayer de les comprendre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t_____________________________<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn parle aujourd&rsquo;hui de printemps espagnol par r\u00e9f\u00e9rence au mouvement dit du printemps arabe qui avait chass\u00e9 les gouvernements autoritaires de Tunis et du Caire, sous la pression de foules rassembl\u00e9es sur les places publiques des principales villes de ces pays. Des mouvements analogues mais encore en butte \u00e0 la r\u00e9pression se d\u00e9roulent dans un certain nombre d&rsquo;autres Etats arabes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCependant la comparaison entre les deux printemps montre que le printemps espagnol, s&rsquo;il persiste et se pr\u00e9cise, posera des questions bien plus complexes que celles abord\u00e9es par le printemps arabe. Le printemps arabe s&rsquo;en est pris \u00e0 des pouvoirs autoritaires ou \u00e0 des th\u00e9ocraties qui \u00e9taient  relativement faciles \u00e0 renverser, d\u00e8s lors que le soutien de l&rsquo;arm\u00e9e et de la police leur a fait d\u00e9faut. L&rsquo;objectif en \u00e9tait relativement clair, tout au moins en Tunisie et en Egypte: obtenir les libert\u00e9s publiques et les droits civils dont jouissent les d\u00e9mocraties politiques. Certes, dans le reste du Moyen-Orient, le printemps arabe se complique aujourd&rsquo;hui d&rsquo;incidences g\u00e9opolitiques, ethniques ou religieuses propres \u00e0 ces pays, mais ces derni\u00e8res n&rsquo;int\u00e9ressent qu&rsquo;indirectement les citoyens europ\u00e9ens.  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe printemps espagnol est infiniment plus complexe et difficile \u00e0 interpr\u00e9ter avec les outils de la science politique traditionnelle. Il a pris naissance dans un grand Etat europ\u00e9en jusqu&rsquo;ici globalement prosp\u00e8re et bien g\u00e9r\u00e9, pr\u00e9sentant  malgr\u00e9 quelques archa\u00efsmes le visage d&rsquo;une  soci\u00e9t\u00e9 moderne, d\u00e9mocratique, ouverte. L&rsquo;Espagne n&rsquo;est pas par ailleurs le pays le plus pauvre de l&rsquo;Union europ\u00e9enne, m\u00eame s&rsquo;il traverse actuellement une crise grave.  Que veulent alors les manifestants (qui se sont nomm\u00e9s eux-m\u00eames des <em>indignados<\/em> par r\u00e9f\u00e9rence au livre de St\u00e9phane Hessel) ? On dit d&rsquo;eux qu&rsquo;au del\u00e0 d&rsquo;un refus du ch\u00f4mage et de l&rsquo;appauvrissement, ils refusent le Syst\u00e8me, sans pouvoir toujours pr\u00e9ciser ce que l&rsquo;on entend par ce terme de Syst\u00e8me, et ce qui est refus\u00e9 au sein  de celui-ci. Mais on pourrait aussi dire que beaucoup d&rsquo;entre eux sont anim\u00e9s, fut-ce d&rsquo;une fa\u00e7on mal formul\u00e9e, par une volont\u00e9 bien plus grandiose encore, celle de changer de civilisation. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi d\u00e9fini, le printemps espagnol risque de se r\u00e9pandre dans un grand nombre de pays europ\u00e9ens, sinon dans tous, car le refus d&rsquo;un certain type de civilisation, mercantiliste, s\u00e9lective, gaspilleuse n&rsquo;est pas propre \u00e0 l&rsquo;Espagne. Les conservateurs voient dans cette contamination quasi virale, favoris\u00e9 par la g\u00e9n\u00e9ralisation de la soci\u00e9t\u00e9 de l&rsquo;information, de nombreuses menaces. Les progressistes au contraire commencent \u00e0 y attacher beaucoup d&rsquo;espoir. Pourrait-on finalement esp\u00e9rer voir un univers marqu\u00e9 par les in\u00e9galit\u00e9s, la destruction aveugle des ressources naturelles, le rejet des grandes ambitions, c\u00e9der la place \u00e0 un monde plus harmonieux? L&rsquo;utopie pourrait-elle commencer \u00e0 se r\u00e9aliser? <\/p>\n<h4>Que veulent exprimer les <em>indignados<\/em>? <\/h4>\n<p>Pourquoi pas apr\u00e8s tout?  Mais avant de r\u00eaver \u00e0 un changement de civilisation, il faut chercher \u00e0 comprendre ce que veulent exprimer les manifestants de la Puerta del Sol. On pourra ensuite se demander si, au del\u00e0 de l&rsquo;expression d&rsquo;un sentiment global de refus, ils ne  devraient pas se fixer des objectifs pr\u00e9cis. L&rsquo;exemple pr\u00e9c\u00e9dent des manifestations du peuple am\u00e9ricain \u00e0 Madison est int\u00e9ressant \u00e0 cet \u00e9gard. Les foules du Wisconsin ont refus\u00e9 explicitement un certain nombre de mesures de rigueur jug\u00e9es injustes et ont cherch\u00e9 \u00e0 faire plier les \u00e9lus du parti r\u00e9publicain qui voulaient, en toute l\u00e9gitimit\u00e9 constitutionnelle, les faire appliquer. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe message des <em>indignados<\/em> espagnols est plus difficile \u00e0 interpr\u00e9ter. On peut penser qu&rsquo;au del\u00e0 d&rsquo;une protestation contre l&rsquo;extension du ch\u00f4mage et de l&rsquo;appauvrissement, frappant aussi bien les jeunes dipl\u00f4mes que les travailleurs de la base, ils veulent signifier le fait que le peuple de gauche ne fait plus confiance aux partis de gauche pour le repr\u00e9senter. Au plan \u00e9lectoral, c&rsquo;est ce message que viennent parall\u00e8lement d&rsquo;exprimer les \u00e9lections municipales marqu\u00e9es par la d\u00e9faite du Parti socialiste espagnol (PSOE). La m\u00eame d\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du parti socialiste s&rsquo;est r\u00e9pandue dans des termes voisins au Portugal en en Gr\u00e8ce.  Beaucoup de manifestants espagnols, bien que se r\u00e9clamant de la gauche, s&rsquo;indignent  du fait que le gouvernement dirig\u00e9 par une majorit\u00e9 socialiste ne les prot\u00e8ge pas des abus du capitalisme financier et de la sp\u00e9culation mondialis\u00e9e. Au contraire ce  gouvernement para\u00eet se ranger du c\u00f4t\u00e9 des sp\u00e9culateurs nationaux et internationaux (banques et entreprises)  pour contraindre les citoyens \u00e0 supporter les fautes de gestion ou les manuvres frauduleuses du monde \u00e9conomique. Le m\u00eame reproche est fait aux gouvernements  grec et portugais, eux aussi pourtant dirig\u00e9s par des socialistes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa population en d\u00e9duit que les partis socialistes appartiennent d\u00e9sormais aux oligarchies sociales qui pressurent les citoyens en les privant des produits de leur travail et de leur \u00e9pargne. En Espagne comme ailleurs, les gouvernements, qu&rsquo;ils soient de gauche ou de droite, tiennent le m\u00eame discours impos\u00e9 par la finance internationale et relay\u00e9 par le FMI: comprimer les d\u00e9penses sociales, supprimer les investissements publics, licencier les fonctionnaires, privatiser les \u00e9tablissements et les entreprises publiques&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr les  indign\u00e9s,  aussi na\u00effs qu&rsquo; ils soient en \u00e9conomie, se rendent bien compte que cette destruction progressive de ce qui restait de l&rsquo;Etat protecteur se fait au profit des soci\u00e9t\u00e9s internationales et des fonds d&rsquo;investissements sp\u00e9culatifs. Les activit\u00e9s abandonn\u00e9es par le secteur public, sous pr\u00e9texte de r\u00e9\u00e9quilibrer les budgets, seront r\u00e9cup\u00e9r\u00e9es et assur\u00e9es \u00e0 grand frais par des investisseurs anonymes qui ne travailleront que pour une client\u00e8le \u00e0 hauts revenus. Le co\u00fbt \u00e9conomique final  de ces services payants ne diminuera pas, au contraire. Mais les actionnaires et les managers en charge de ces nouveaux services ne s&rsquo;en plaindront pas puisque les sommes correspondantes viendront directement accro\u00eetre leurs profits. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous pensons pour notre part que ce qui indigne particuli\u00e8rement les manifestants du printemps espagnol, qui indignera ceux d&rsquo;autres printemps \u00e0 venir dans d&rsquo;autres pays,  tient \u00e0 la d\u00e9couverte progressive d&rsquo;une entente mondiale entre privil\u00e9gi\u00e9s (que nous nommons ici des oligarchies) pour maintenir dans le bas de l&rsquo;\u00e9chelle sociale les diverses cat\u00e9gories de travailleurs qui sont en fait les principaux cr\u00e9ateurs de richesse dans l&rsquo;\u00e9conomie r\u00e9elle. Or parmi ces oligarchies se trouvent d\u00e9sormais, en apparence et souvent en fait, les repr\u00e9sentants des partis de gauche, qu&rsquo;ils soient dans l&rsquo;opposition ou au pouvoir. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa d\u00e9couverte de cette r\u00e9alit\u00e9, d\u00e9nonc\u00e9e depuis longtemps par les extr\u00eames-gauches, provoque dans ce que nous continuerons \u00e0 nommer les couches populaires, y compris dans les classes moyennes,   un rejet de la vie politique et des institutions, qu&rsquo;elles soient nationales ou europ\u00e9ennes: tous corrompus, selon une formule facile mais h\u00e9las souvent vraie. Ce rejet peut pousser certains indign\u00e9s vers les mouvements d&rsquo;extr\u00eame-droite populistes  et souverainistes, dont le discours fait illusion. Mais un minimum d&rsquo;attention montre que ceux-ci ont, encore plus que les socialistes, partie li\u00e9e avec les oligarchies. Ils seront par ailleurs, de toutes fa\u00e7ons, incapables de proposer les solutions permettant de remettre l&rsquo;\u00e9conomie au service des travailleurs, puisqu&rsquo;ils refusent la dimension europ\u00e9enne indispensable pour se faire entendre face aux grands Etats mondiaux. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSi nous retenons l&rsquo;hypoth\u00e8se qui pr\u00e9c\u00e8de, nous dirons que le message des <em>indignados<\/em> s&rsquo;adresse d&rsquo;abord aux partis socialistes, en Espagne comme dans le reste de l&rsquo;Europe: changez ou nous vous changerons. Dans la mesure o\u00f9 demeure encore un minimum de d\u00e9mocratie repr\u00e9sentative, ce premier message est facile \u00e0 comprendre par des responsables politiques qui veulent \u00eatre \u00e9lus ou r\u00e9\u00e9lus, que ce soit au plan national ou au plan local. Jose Luis Zapatero devrait le comprendre, comme en France le candidat (ou la candidate) du parti socialiste aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles. <\/p>\n<h4>Au del\u00e0 du refus, se battre pour des revendications pr\u00e9cises<\/h4>\n<p>Mais un mot d&rsquo;ordre aussi g\u00e9n\u00e9ral ne suffira pas \u00e0 maintenir la mobilisation des manifestants et de ceux qui les soutiennent dans l&rsquo;opinion. Il faudra que du sein des manifestations \u00e9mergent des revendications plus pr\u00e9cises (analogues au Ben Ali dehors des manifestants tunisiens). Les techniciens de l&rsquo;\u00e9conomie et de la politique ont formul\u00e9 depuis quelques mois d\u00e9j\u00e0 des objectifs que nous avons pour notre part repris et illustr\u00e9s: transformer le statut de la Banque centrale europ\u00e9enne de fa\u00e7on \u00e0 ce qu&rsquo;elle puisse racheter et restructurer les dettes publiques des Etats, cr\u00e9er un service public bancaire europ\u00e9en regroupant les activit\u00e9s de d\u00e9p\u00f4t et de pr\u00eats aux entreprises des banques europ\u00e9ennes en les distinguant clairement des op\u00e9rations sp\u00e9culatives, cr\u00e9er un fonds europ\u00e9en d&rsquo;investissement strat\u00e9gique au profit des activit\u00e9s industrielles et de recherche capables de cr\u00e9er des emplois \u00e0 forte valeur ajout\u00e9e non d\u00e9localisables, adapter en cons\u00e9quences en les harmonisant les l\u00e9gislations fiscales et douani\u00e8res europ\u00e9ennes. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDe tels objectifs sont complexes \u00e0 exprimer, difficiles et longs \u00e0 mettre en oeuvre. Ils supposent un certain nombre de bouleversements de fond contrer lesquels se mobiliseront l&rsquo;ensemble des oligarchies de pouvoir. Peut-on esp\u00e9rer que des manifestations populaires s&rsquo;en saisissent? Nous pensons pour notre part qu&rsquo;il existe un atout en ce sens, qui est l&rsquo;Internet. Il faudrait que les (rares) experts proposant de telles mesures et les repr\u00e9sentants des partis de gauche d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 retrouver leur vocation traditionnelle au service du changement social s&rsquo;obligent sans attendre en discuter via notamment l&rsquo;internet afin de populariser les v\u00e9ritables r\u00e9volutions pouvant en d\u00e9couler. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDes propositions imm\u00e9diates pourraient alors \u00eatre faites, au service desquels les \u00ab indign\u00e9s \u00bb pr\u00e9sents et futurs  pourraient se mobiliser. Il s&rsquo;agirait d&rsquo;abord de refuser les mesures telles que les suppressions d&#8217;emplois ou les privatisations dans les services publics. Mais au del\u00e0 du refus, des projets \u00e0 forte valeur d\u00e9monstrative pourraient \u00eatre mis en uvre dans de courts d\u00e9lais. Ils impliqueraient  notamment le secteur coop\u00e9ratif et associatif, sans pr\u00e9judice de tous les investissements d&rsquo;esprit alternatif dans des secteurs \u00e9mergents comme les \u00e9nergies renouvelables, la r\u00e9habilitation des habitats et la formation-culture. Les indign\u00e9s pourraient alors manifester pour que de telles initiatives soient reconnues et prises en compte par ceux qui disposent encore de l&rsquo;autorit\u00e9.  A d\u00e9faut, ces responsables seront renvoy\u00e9s, d&rsquo;une fa\u00e7on ou d&rsquo;une autre. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tRien n&#8217;emp\u00eacherait \u00e9videmment que, du chaos cr\u00e9ateur n\u00e9 de l&rsquo;indignation collective, naissent d&rsquo;autres id\u00e9es novatrices et d&rsquo;autres initiatives concr\u00e8tes.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le printemps espagnol Certains observateurs commencent \u00e0 nommer ainsi le mouvement politique qui se d\u00e9veloppe actuellement en Espagne, \u00e0 la date o\u00f9 nous \u00e9crivons (24 mai). Il se caract\u00e9rise par l&rsquo;occupation durable de la Puerta de Sol, \u00e0 Madrid, provenant de manifestants rejetant globalement un syst\u00e8me qui les condamne au ch\u00f4mage et \u00e0 la mis\u00e8re.&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[14],"tags":[2729,2632,11142,3856],"class_list":["post-73039","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-ouverture-libre","tag-espagne","tag-globalisation","tag-indignados","tag-revolte"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73039","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73039"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73039\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73039"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73039"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73039"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}