{"id":73050,"date":"2011-05-30T07:50:31","date_gmt":"2011-05-30T07:50:31","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/30\/eloge-du-mensonge-par-lexpert-bho\/"},"modified":"2011-05-30T07:50:31","modified_gmt":"2011-05-30T07:50:31","slug":"eloge-du-mensonge-par-lexpert-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/05\/30\/eloge-du-mensonge-par-lexpert-bho\/","title":{"rendered":"Eloge du mensonge, par l&rsquo;expert BHO"},"content":{"rendered":"<p><p>Lors de son passage au Royaume-Uni, le pr\u00e9sident des USA, qui est d\u00e9mocrate et par cons\u00e9quent progressiste selon le cat\u00e9chisme, n&rsquo;a pas manqu\u00e9 \u00e0 la tradition des pr\u00e9sidents de cette sorte. Il a rencontr\u00e9 les dirigeants britanniques du parti travailliste et par cons\u00e9quent progressiste&rsquo; selon le cat\u00e9chisme,  et rencontr\u00e9 effectivement une pratique courante des <em>special relationships<\/em>. Les dirigeants du parti travailliste ont recueilli avec reconnaissance le fruit resplendissant de la parole pr\u00e9sidentielle : pour \u00eatre \u00e9lu, il faut dire que tout va bien et que tout ira encore mieux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<em>The Independent<\/em> s&rsquo;est fait le messager empress\u00e9 de l&rsquo;\u00e2me de la rencontre entre les deux camps progressistes transatlantiques, ce <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/uk\/politics\/obamas-tip-to-miliband-to-win-you-must-be-upbeat-2290581.html\" class=\"gen\">29 mai 2011<\/a>. L&rsquo;article nous pr\u00e9cise au reste que le Syst\u00e8me, \u00e0 Washington, devrait consid\u00e9rer l&rsquo;option travailliste \u00e0 Londres, dans la mesure o\u00f9 la direction travailliste semblerait donner toute satisfaction \u00e0 ce Syst\u00e8me, dans l&rsquo;esprit de la p\u00e9riode Blair-Brown, qu&rsquo;a parfaitement restitu\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-the_ghostwriter_et_la_cia_15_12_2003.html\" class=\"gen\">le film<\/a> de Roman Polanski <em>The Ghostwriter<\/em>. Notamment, le ministre des affaires \u00e9trang\u00e8res du <em>shadow cabinet<\/em> des travaillistes, <a href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/news\/people\/profiles\/douglas-alexander-we-have-to-offer-a-better-tomorrow-not-a-better-yesterday-2290413.html\" class=\"gen\">Douglas Alexander<\/a>, un homme de Blair qui fit divers stages fructueux aux USA et fit partie de l&rsquo;\u00e9quipe \u00e9lectorale du candidat d\u00e9mocrate US Dukakis aux pr\u00e9sidentielles de 1988, appara\u00eet comme un homme s\u00fbr pour les services d&rsquo;influence US, qui pourrait pousser Washington \u00e0 soutenir les travaillistes d&rsquo;une fa\u00e7on plus affirm\u00e9e. (On ajoutera, comme on fait d&rsquo;un d\u00e9tail r\u00e9v\u00e9lateur, sinon significatif, qu&rsquo;Alexander fut aussi le <em>speechwriter<\/em>, autre sorte de <em>ghostwriter<\/em>, de Gordon Brown, au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuoi qu&rsquo;il en soit, voici les conseils d&rsquo;Obama \u00e0 ses amis de Londres, et diverses remarques autour de cela.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Barack Obama has warned Ed Miliband that he can only win the next election if Labour embraces a more optimistic vision for Britain&rsquo;s future.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In talks between the two centre-left leaders last week, the US President set out the blueprint for inspiring British voters at a time of anxiety about the state of the economy. During a 40-minute meeting at Buckingham Palace, President Obama and Mr Miliband discussed the shared challenges facing progressive parties on both sides of the Atlantic. The President in particular stressed the importance of having an optimistic sense of national mission. There has been growing unease among some senior Labour figures that, in opposing the coalition&rsquo;s spending cuts, the party risks being seen as relentlessly negative.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Mr Obama&rsquo;s soaring oratory most famously captured the American mood with his Yes We Can slogan, which swept him into the White House in 2008. It was a theme to which he returned in his Westminster Hall speech to MPs and peers on Wednesday, when he spoke of having faith in the promise of tomorrow.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In an interview with The Independent on Sunday, Mr Alexander made clear that Tuesday&rsquo;s meeting built on the tradition of Labour and the Democrats working together. We talked both about how to frame and secure a progressive future in tough economic times, how do you give people the prospect of a better life, productive work, more opportunities, amid all the challenges facing the economies of Britain and America today. The strength of our ties with the Democrats remains strong and is very useful to Labour rebuilding.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>It is not the first time Labour has looked across the Atlantic for inspiration. In the mid-1990s, Gordon Brown and Tony Blair met a young Bill Clinton, to share high-minded ideas on building a progressive politics and exchange more lowly tricks for use in campaigns. Mr Alexander said these included how to establish a war room \u00ab\u00a0so that if your opponents tell lies you can get the truth on the record pretty quickly\u00a0\u00bb, and the use of soundbites to distil down a complex political message in a few seconds. Such techniques became synonymous with New Labour.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, nous pourrions nous attarder \u00e0 l&rsquo;\u00e9tat, \u00e9videmment d\u00e9labr\u00e9, des domaines de l&rsquo;\u00e2me et de l&rsquo;intelligence, avec effets sur leur politique ou projet politique, des politiciens britanniques, version <em>Labour<\/em>. L&rsquo;affaire serait vite exp\u00e9di\u00e9e. Ce qui nous attache plus, cette fois, c&rsquo;est le r\u00f4le quasiment p\u00e9dagogique ostensiblement tenu par le pr\u00e9sident des USA, 44\u00e8me de la liste et glorieusement Africain-Am\u00e9ricain, racisme enfin vaincu par les forces des Lumi\u00e8res, sourire \u00e9clatant avec un nombre consid\u00e9rable de dents, et, plus encore, avec  <em>Yes, we can<\/em> en bandouill\u00e8re. C&rsquo;est en effet la substance (<em>Yes, we can<\/em>) de la conversation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCar, bien entendu, bien peu de choses de substantiel nous est dit \u00e0 propos de Barack Obama, plut\u00f4t du message qu&rsquo;il apporte \u00e0 ses camarades progressistes d&rsquo;outre-Atlantique. C&rsquo;est un signe que, de substance il n&rsquo;y a point parce que, de substance nous n&rsquo;avons nul besoin. Deux phrases feront l&rsquo;affaire pour exp\u00e9dier la pens\u00e9e-Obama, que ce soit \u00ab[<em>Labour<\/em>] <em>can only win the next election if Labour embraces a more optimistic vision for Britain&rsquo;s future.<\/em>\u00bb, que ce soit \u00ab<em>importance of having an optimistic sense of national mission<\/em>\u00bb. A ce point vous vient l&rsquo;interrogation \u00e0 propos du degr\u00e9 de d\u00e9rision, jusqu&rsquo;au fou-rire nerveux, qu&rsquo;on trouve dans cet \u00e9talage absolument impudique de l&rsquo;escroquerie de l&rsquo;intelligence que repr\u00e9sentent aujourd&rsquo;hui, soit le commentaire politique, soit la parole politique d&rsquo;un dirigeant, soit la substance des conversations politiques entre dirigeants, sur la substance (justement) de cette action. La vacuit\u00e9 du propos est, \u00e0 cet \u00e9gard, extr\u00eamement significative quant \u00e0 la repr\u00e9sentation qu&rsquo;on se fait de la vertu politique ; par cons\u00e9quent, nous mesurons avec presque un \u00e9tonnement admiratif la vacuit\u00e9 extr\u00eame \u00e0 laquelle le pr\u00e9sident des Etats-Unis est parvenu au bout de trois ans de pouvoir Certes, il s&rsquo;agit du <strong>mensonge<\/strong> pur, ou du mensonge \u00e0 <strong>l&rsquo;\u00e9tat pur<\/strong>, sans consid\u00e9ration d&rsquo;aucun de ses rapports seulement tactiques avec la r\u00e9alit\u00e9, mais la puret\u00e9 presque parfaite de cette vacuit\u00e9 du mensonge elle-m\u00eame constitue une surprise. On dirait que l&rsquo;exercice du pouvoir a priv\u00e9 Obama de sa substance,  quelle que f\u00fbt cette substance par ailleurs ; ce n&rsquo;est plus le pouvoir corrompt (le pouvoir absolu corrompt absolument constituant une hypoth\u00e8se discutable mais qui n&rsquo;est pas absurde ni infond\u00e9e), mais le pouvoir vide, le pouvoir ass\u00e8che, le pouvoir rend impuissant, le pouvoir rend inf\u00e9cond, le pouvoir rend inexistant, etc. ; dans ces divers cas, on observera simplement que nous n&rsquo;avons nul besoin des termes absolu et absolument (le pouvoir rend inexistant vaut bien le pouvoir absolu rend absolument inexistant, car l&rsquo;inexistence se suffit \u00e0 elle-m\u00eame, comme un concept lui-m\u00eame absolu : on n&rsquo;inexiste pas \u00e0 un tiers ou \u00e0 deux tiers quand on n&rsquo;existe plus).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;aspect remarquable de cet article qui pourrait par ailleurs para\u00eetre anodin, c&rsquo;est la discussion en pleine lumi\u00e8re, entre des dirigeants politiques dont l&rsquo;un est, en exercice, le pr\u00e9sident des USA, des moyens de fabriquer une r\u00e9alit\u00e9 faussaire selon le seul crit\u00e8re de l&rsquo;efficacit\u00e9 d\u00e9magogique. Le pouvoir des mots pour dissimuler cette r\u00e9alit\u00e9 d&rsquo;une discussion sur un tel sujet est \u00e0 cet \u00e9gard \u00e0 mesurer pr\u00e9cis\u00e9ment, car il est \u00e9poustouflant pour des esprits d&rsquo;une telle pauvret\u00e9 et d&rsquo;une telle bassesse. Ainsi vous dit-on (BHO dit-il) qu&rsquo;il faut avoir un sens optimiste de sa mission nationale, phrase dont on cherche \u00e0 percer le sens ; sens qui est perc\u00e9 \u00e0 jour, certes, lorsque Obama d\u00e9clare \u00e0 ses interlocuteurs qu&rsquo;il faut embrasser une vision plus optimiste de l&rsquo;avenir de la Grande Bretagne. Il n&rsquo;est pas question de chercher \u00e0 distinguer <strong>quel<\/strong> est l&rsquo;avenir de la Grande Bretagne, mais de faire en sorte que l&rsquo;avenir qu&rsquo;on distingue pour la Grande Bretagne soit plus optimiste Mensonge ? Est-ce conseiller de transformer d&rsquo;une fa\u00e7on faussaire, mensong\u00e8re, sa vision de l&rsquo;avenir, pour la faire devenir optimiste ? Finalement, certes pas Il appara\u00eet \u00e9vident que personne, dans ces conversations diverses, n&rsquo;a de vision de l&rsquo;avenir, ni ne cherche vraiment \u00e0 en avoir une. Il s&rsquo;agit de d\u00e9terminer ce qui est pr\u00e9f\u00e9rable du point de vue de ce qu&rsquo;on nommerait rentabilit\u00e9 \u00e9lectorale (certains parlent de d\u00e9magogie, comme nous l&rsquo;avons fait plus haut, mais n&rsquo;est-ce pas finalement leur faire bien de l&rsquo;honneur ?). Obama tranche, en ma\u00eetre queue styl\u00e9 du Syst\u00e8me, en assurant qu&rsquo;il faut qu&rsquo;elle soit optimiste. Une conversation d&rsquo;\u00e9gout, de zinc de comptoir ou de conseil d&rsquo;administration, n&rsquo;aurait pas plus de tenue.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPlus encore, cet article et ces diverses observations nous conduisent au constat effectivement le plus important de la vacuit\u00e9 intellectuelle et intuitive de ces hommes politiques. Ils sont aujourd&rsquo;hui, d&rsquo;une fa\u00e7on <strong>totalitaire<\/strong>, des cr\u00e9atures du Syst\u00e8me, sans la moindre conscience de l&rsquo;\u00eatre (ce pourquoi, \u00e0 la r\u00e9flexion, nous \u00e9cartons la situation de prisonnier du Syst\u00e8me, que nous sollicitons parfois pour d\u00e9crire cette cat\u00e9gorie de <em>sapiens<\/em>, qui implique \u00e9videmment la conscience de cette situation). Cela confirme une observation fondamentale, face \u00e0 une conception souvent expos\u00e9e selon laquelle le Syst\u00e8me est une machine \u00e0 d\u00e9cerveler les masses, \u00e0 ali\u00e9ner le citoyen, etc. La r\u00e9alit\u00e9 est, aujourd&rsquo;hui sans aucun doute, que le Syst\u00e8me est une machine \u00e0 d\u00e9cerveler les dirigeants politiques et \u00e0 les ali\u00e9ner compl\u00e8tement, \u00e0 la mani\u00e8re d&rsquo;\u00e9quivalents de robots, et nullement les citoyens qui se signalent au contraire, de plus en plus trouvent, par la protestation et la r\u00e9volte. Le cas d&rsquo;Obama est vertigineux, et il l&rsquo;est effectivement parce que cet homme peut et doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 au d\u00e9part comme intelligent, avec une force rationnelle \u00e9vidente. Cette force est r\u00e9duite \u00e0 n\u00e9ant pour son effet positif et constructif, elle devient un formidable auxiliaire du Syst\u00e8me dans sa mission d&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;esprit. C&rsquo;est la situation d&rsquo;une <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">totale corruption<\/a> par la psychologie de la raison humaine, de la raison humaine devenue elle-m\u00eame la cr\u00e9ature du Syst\u00e8me, <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\" class=\"gen\">source de tous les maux<\/a> en l&rsquo;occurrence. Le r\u00e9sultat n&rsquo;est certes pas \u00e0 l&rsquo;avantage du Syst\u00e8me,  confirmant en cela la pulsion autodestructrice fondamentale de ce m\u00eame Syst\u00e8me, qui est la marque de sa crise terminale ; ces personnages, aussi vides, aussi absents de la v\u00e9rit\u00e9 du monde, aussi inconsistants et impr\u00e9voyants par cons\u00e9quent, sont absolument <strong>format\u00e9s<\/strong> pour prendre les pires d\u00e9cisions possibles pour la survie du Syst\u00e8me. Ils s&rsquo;ex\u00e9cutent.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 30 mai 2011 \u00e0 07H48<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Lors de son passage au Royaume-Uni, le pr\u00e9sident des USA, qui est d\u00e9mocrate et par cons\u00e9quent progressiste selon le cat\u00e9chisme, n&rsquo;a pas manqu\u00e9 \u00e0 la tradition des pr\u00e9sidents de cette sorte. 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