{"id":73126,"date":"2011-06-27T04:52:40","date_gmt":"2011-06-27T04:52:40","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/06\/27\/de-la-guerre-pas-lu-revu-et-corrige\/"},"modified":"2011-06-27T04:52:40","modified_gmt":"2011-06-27T04:52:40","slug":"de-la-guerre-pas-lu-revu-et-corrige","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2011\/06\/27\/de-la-guerre-pas-lu-revu-et-corrige\/","title":{"rendered":"<em>De la Guerre<\/em>, \u2013 pas lu, revu et corrig\u00e9"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\"><em>De la Guerre<\/em>,  pas lu, revu et corrig\u00e9<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t27 juin 2011  On d\u00e9bat largement aujourd&rsquo;hui, <em>in fine<\/em> et <em>de facto<\/em>, \u00e0 la fois de la signification du mot guerre et de la d\u00e9finition du ph\u00e9nom\u00e8ne de la guerre. Nous dirions que le deuxi\u00e8me point est enfant\u00e9 par le premier, comme une obligation de la logique mais impos\u00e9 par une circonstance s\u00e9mantique faussaire. En d&rsquo;autres mots, les obligations de subversion s\u00e9mantique qui touchent syst\u00e9matiquement nos directions politiques incitent par n\u00e9cessit\u00e9 \u00e0 un d\u00e9bat sans la moindre substance sur la d\u00e9finition du concept de guerre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDeux circonstances r\u00e9centes, qui vont paradoxalement en sens inverse, ont mis en \u00e9vidence ce d\u00e9bat. Ces deux circonstances sont en totale contradiction : l&rsquo;une implique <em>de facto<\/em> l&rsquo;extension du concept de guerre, l&rsquo;autre implique <em>in fine<\/em> la contraction du concept de guerre. Le r\u00e9sultat est un d\u00e9sordre consid\u00e9rable, qui rend encore plus <strong>vuln\u00e9rable<\/strong> notre pens\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire la pens\u00e9e-Syst\u00e8me, en lui \u00f4tant toute consistance et toute logique ; il s&rsquo;agit d&rsquo;une pens\u00e9e qui se r\u00e9v\u00e8le sans substance et sans essence,  une pens\u00e9e qui flotte dans un \u00e9ther qui n&rsquo;a plus aucune signification, une pens\u00e9e utilitaire qu&rsquo;on peut traiter comme un mouchoir en papier,  cela sert une fois, ensuite \u00e0 la poubelle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le premier fait consiste en une pouss\u00e9e conceptuelle du Pentagone pour faire de la cyberguerre un nouveau domaine conceptuel de la guerre, par le biais d&rsquo;une d\u00e9claration selon laquelle une cyberattaque est un <em>casus belli<\/em> autorisant l&#8217;emploi de tous les moyens en riposte de la chose militaire. Nous avions \u00e9tudi\u00e9 le cas le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_cyberguerre_un_casus_belli_de_plus_01_06_2011.html\" class=\"gen\">1er juin 2011<\/a>. Nous observions notamment :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Il y a une volont\u00e9 manifeste de faire entrer la cyberguerre dans un cadre l\u00e9gal, celui des trait\u00e9s divers existants, ce qui est une d\u00e9marche majeure de l\u00e9galisation qui promet des complications absolument d\u00e9vastatrices. Certes, cette l\u00e9galisation se fait dans un monde en plein processus de destruction de la l\u00e9galit\u00e9 fondamentale. Mais le Syst\u00e8me, qui pr\u00e9side \u00e0 cette destruction du cadre l\u00e9gal g\u00e9n\u00e9ral, entend continuer \u00e0 affirmer une l\u00e9galisation absolument factice sur les mati\u00e8res technologiques d&rsquo;agression, notamment pour justifier la poursuite du d\u00e9veloppement de ces mati\u00e8res : quelle meilleure justification de la poursuite d&rsquo;un processus que de l&rsquo;enfermer dans un cadre l\u00e9gal,  puisqu&rsquo;ainsi c&rsquo;est d&rsquo;abord le processus qu&rsquo;on l\u00e9galise?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(La remarque sur le processus en cours de destruction de la l\u00e9galit\u00e9 fondamentale renvoyait notamment \u00e0 un de nos textes, du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_assassinat_du_droit_reduit_a_sa_caricature_faussaire_16_05_2011.html\" class=\"gen\">16 mai 2011<\/a> et \u00e0 une r\u00e9flexion de Tom Engelhardt du <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/post\/175398\/tomgram%3A_engelhardt%2C_welcome_to_post-legal_america\/#more\" class=\"gen\">30 mai 2011<\/a>. Ces deux r\u00e9f\u00e9rences s&rsquo;appuient notamment et principalement sur le cas de la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-_liquidation_de_geronimo_a_dsk_20_05_2011.html\" class=\"gen\">liquidation<\/a> de ben Laden, le 2 mai 2011.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le deuxi\u00e8me fait renvoie au d\u00e9bat implicite sur une d\u00e9finition de la guerre, d\u00e9velopp\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de la querelle entre l&rsquo;ex\u00e9cutif et le l\u00e9gislatif, \u00e0 Washington, concernant le contenu du <em>War Powers Act<\/em>. Le d\u00e9bat implicite est en r\u00e9alit\u00e9 une occurrence absolument faussaire, comme le montrait le d\u00e9put\u00e9 <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_jeu_de_la_guerre_et_du_hasard_de_la_guerre_21_06_2011.html\" class=\"gen\">Ron Paul<\/a>, puisque absolument sollicit\u00e9 par le besoin de l&rsquo;administration Obama de justifier son refus de soumettre son engagement dans le conflit libyen \u00e0 la sanction du <em>War Powers Act<\/em>. L&rsquo;occasion a n\u00e9anmoins \u00e9t\u00e9 saisie par Jonathan Shell, le <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/blog\/175407\/\" class=\"gen\">21 juin 2011<\/a>, et Tom Engelhardt, le <a href=\"http:\/\/www.tomdispatch.com\/blog\/175408\/\" class=\"gen\">23 juin 2011<\/a>, tous deux sur <em>Tomdispatch.com<\/em>, de d\u00e9battre \u00e0 propos de l&rsquo;\u00e9trange d\u00e9finition de la guerre impliqu\u00e9e par l&rsquo;argumentation de l&rsquo;administration Obama \u00e0 cette occasion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSchell \u00e9crit notamment (les soulign\u00e9s en gras sont de l&rsquo;auteur) : \u00ab<em>American planes are taking off, they are entering Libyan air space, they are locating targets, they are dropping bombs, and the bombs are killing and injuring people and destroying things.<\/em> <strong><em>It is war.<\/em><\/strong> <em>Some say it is a good war and some say it is a bad war, but surely it<\/em> <strong><em>is<\/em><\/strong> <em>a war.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Nonetheless, the Obama administration insists it is<\/em> <strong><em>not<\/em><\/strong> <em>a war. Why?  Because, according to United States Activities in Libya, a 32-page report that the administration released last week, U.S. operations do not involve sustained fighting or active exchanges of fire with hostile forces, nor do they involve the presence of U.S. ground troops, U.S. casualties or a serious threat thereof, or any significant chance of escalation into a conflict characterized by those factors.<\/em> \u00bb<MI><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>In other words, the balance of forces is so lopsided in favor of the United States that no Americans are dying or are threatened with dying. War is only war, it seems, when Americans are dying, when<\/em> <strong><em>we<\/em><\/strong> <em>die.  When only<\/em> <strong><em>they<\/em><\/strong><em>, the Libyans, die, it is something else for which there is as yet apparently no name. When they attack, it is war. When we attack, it is not.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans son texte, Schell met en \u00e9vidence la pens\u00e9e fondamentalement faussaire et subversive de l&rsquo;administration Obama dans cette occurrence Mais elle est faussaire et subversive par rapport au langage, c&rsquo;est-\u00e0-dire par rapport \u00e0 la conceptualisation de la r\u00e9alit\u00e9. Comme le sugg\u00e8re Schell, il s&rsquo;agit d&rsquo;une guerre faite au langage pour \u00e9viter d&rsquo;avoir \u00e0 parler de la guerre en soi,  ou pour transformer l&rsquo;essence de la guerre en soi sans trop en parler explicitement. Schell commente l&rsquo;interview donn\u00e9e au New York <em>Times<\/em> par le conseiller l\u00e9gal du d\u00e9partement d&rsquo;\u00c9tat Harold Koh, qui semble \u00eatre le p\u00e8re, ou le concepteur intellectuel, de cette \u00e9trange manuvre de la raison sollicit\u00e9e pour des raisons d&rsquo;intendance (ne pas faire para\u00eetre l&rsquo;administration Obama comme transgressant la Loi, ne pas lui faire perdre son pr\u00e9cieux vernis d&rsquo;administration progressiste qui donne tout son \u00e9clat \u00e0 la <em>narrative<\/em>-BHO,  \u00e9ventuellement pour la r\u00e9\u00e9lection qu&rsquo;on sait,  et qu&rsquo;on esp\u00e8re). Pour Koh, la question n&rsquo;est pas de savoir qui a le pouvoir de d\u00e9clencher une guerre, ou bien si le Congr\u00e8s a vraiment le pouvoir d&rsquo;interf\u00e9rer sur les pouvoir du pr\u00e9sident \u00e0 cet \u00e9gard, et dans quelle mesure, etc. ; la question est, dans le cas libyen, qu&rsquo;il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;une guerre , du point de vue US ; la question est que la guerre doit \u00eatre fondamentalement red\u00e9finie, d&rsquo;un point de vue objectif. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Koh has long opposed these interpretations  and in a way, even now, he remains consistent. Speaking for the administration, he still upholds Congress&rsquo;s power to declare war and the constitutionality of the War Powers Resolution. We are not saying the president can take the country into war on his own, he told the Times. We are not saying the War Powers Resolution is unconstitutional or should be scrapped or that we can refuse to consult Congress. We are saying the limited nature of this particular mission is not the kind of hostilities&rsquo; envisioned by the War Powers Resolution.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In a curious way, then, a desire to avoid challenge to existing law has forced assault on the dictionary. For the Obama administration to go ahead with a war lacking any form of Congressional authorization, it had to challenge either law or the common meaning of words. Either the law or language had to give. <\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a des interventions qui fixent l&rsquo;esprit d&rsquo;une chose, y compris l&rsquo;esprit d&rsquo;une administration (administration Obama en l&rsquo;occurrence) ou d&rsquo;un gouvernement, y compris, au del\u00e0, l&rsquo;esprit d&rsquo;un temps historique. Nous dirions, dans ce cas, l&rsquo;esprit d&rsquo;un temps historique par opposition subversive au temps m\u00e9tahistorique auquel notre contre-civilisation est <strong>confront\u00e9e<\/strong>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;intervention de Harold Koh, la position de l&rsquo;administration Obama, constituent des cas \u00e9clatants de l&rsquo;avancement de la subversion de l&rsquo;esprit, qui est une partie essentielle de l&rsquo;entreprise g\u00e9n\u00e9rale de d\u00e9structuration. Cette subversion touche ici la notion de Droit ; ce n&rsquo;est plus la contraction du Droit ramen\u00e9 de l&rsquo;esprit de la Loi \u00e0 la lettre de la Loi, mais la lettre de la Loi elle-m\u00eame soumise \u00e0 la subversion exerc\u00e9e litt\u00e9ralement (sic) contre la lettre, le Droit contract\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 \u00eatre ramen\u00e9 \u00e0 la subversion de la lettre de l&rsquo;alphabet. L&rsquo;id\u00e9e exprim\u00e9e par Schell est celle-ci : \u00ab<em> In a curious way, then, a desire to avoid challenge to existing law has forced assault on the dictionary<\/em>\u00bb ; nous proposerions de remplacer l&rsquo;id\u00e9e de faire la guerre au dictionnaire par l&rsquo;id\u00e9e de soumettre l&rsquo;\u00e9l\u00e9ment de base du langage (la lettre de l&rsquo;alphabet) \u00e0 la subversion d\u00e9structurante. Dans l&rsquo;argument expos\u00e9 par Koh, le mot <em>war<\/em> est compos\u00e9 de trois lettres, o\u00f9 le w n&rsquo;est plus le w, o\u00f9 la a n&rsquo;est plus le a, o\u00f9 le r n&rsquo;est plus le r. Effectivement, le mot <em>war<\/em> ne signifie plus ce qu&rsquo;il signifie selon les r\u00e8gles du langage consid\u00e9r\u00e9 notamment comme un instrument de communication ; il signifie quelque chose o\u00f9 il y a guerre (<em>war<\/em>) lorsque vous essuyez des pertes humaines amies, et o\u00f9 il n&rsquo;y a pas guerre lorsque vous n&rsquo;en essuyez pas. En poussant \u00e0 l&rsquo;extr\u00eame cette id\u00e9e, c&rsquo;est-\u00e0-dire en poussant cette logique jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;absurde mais sans en d\u00e9former le sens, on peut imaginer qu&rsquo;une attaque nucl\u00e9aire strat\u00e9gique totale par surprise, qui an\u00e9antit le pays ennemi vis\u00e9, n&rsquo;est pas une guerre de la part de celui qui a lanc\u00e9 l&rsquo;attaque puisqu&rsquo;il n&rsquo;essuie aucune perte amie dans la s\u00e9quence envisag\u00e9e ; par cons\u00e9quent, l&rsquo;agresseur n&rsquo;est pas soumis aux contraintes et aux condamnations morales, d\u00e9velopp\u00e9es \u00e0 partir de la notion fondamentale du Droit, qui s&rsquo;attachent \u00e0 un agresseur dans la situation g\u00e9n\u00e9rale de la guerre. (Imaginez combien Hitler aurait appr\u00e9ci\u00e9.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;un pas en avant fantastique, ou fantasmagorique, dans le sens de la subversion du sens des choses, c&rsquo;est-\u00e0-dire la subversion par d\u00e9structuration de la v\u00e9rit\u00e9. A cet \u00e9gard, l&rsquo;administration Obama va <strong>beaucoup plus loin<\/strong> que l&rsquo;administration Bush. L&rsquo;\u00e9quipe Bush affirmait unilat\u00e9ralement des positions qui violaient le Droit, la morale de la guerre, etc. Mais elle ne pr\u00e9tendait pas ne pas faire la guerre ; elle pr\u00e9tendait simplement faire une guerre juste, ce qui est \u00e9videmment hautement contestable, sinon risible lorsqu&rsquo;on d\u00e9veloppe la critique de l&rsquo;argument par le poids de l&rsquo;\u00e9vidence, mais ne constitue certainement pas une subversion de la v\u00e9rit\u00e9 au point o\u00f9 l&rsquo;on voit l&rsquo;argument Koh-Obama nous conduire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCertes, cela est fait pour ne pas avoir \u00e0 se soumettre \u00e0 la Loi (le <em>War Powers Act<\/em>) sans accepter l&rsquo;id\u00e9e que l&rsquo;on viole la Loi, et sauvegardant ainsi sa vertu fondamentale pour une administration en activit\u00e9. On admettra, dans ces circonstances et en fonction de l&rsquo;importance des choses en jeu, que cette d\u00e9marche est effectivement d&rsquo;une l\u00e2chet\u00e9 de conception sans \u00e9quivalent, sinon celui d&rsquo;une l\u00e2chet\u00e9 absolue. Le prix \u00e0 payer est effectivement la subversion absolue, ou d\u00e9structuration absolue, puisqu&rsquo;il implique la subversion absolue du langage, voire de la lettre de l&rsquo;alphabet. Ce faisant, l&rsquo;administration Obama montre une soumission plus grande que ne montra l&rsquo;administration Bush aux structures elles-m\u00eames subverties du Syst\u00e8me (ici, l&rsquo;id\u00e9e du respect de la Loi, avec une Loi elle-m\u00eame subvertie), en attaquant directement la v\u00e9rit\u00e9 pour ne pas para\u00eetre d\u00e9roger aux structures du Syst\u00e8me. Elle se montre ainsi beaucoup plus conforme \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e de modernit\u00e9, qui est \u00e9videmment la conception id\u00e9ologique et historique fondamentale sur laquelle s&rsquo;appuie le Syst\u00e8me. Elle est absolument progressiste au sens que l&rsquo;existence du Syst\u00e8me, et du d\u00e9cha\u00eenement de la mati\u00e8re dont le Syst\u00e8me est l&rsquo;expression, donnent \u00e0 ce concept. Cette appr\u00e9ciation s&rsquo;\u00e9tend effectivement \u00e0 l&rsquo;exercice de la guerre tel que la con\u00e7oivent les lib\u00e9raux progressistes, ou lib\u00e9raux bellicistes (<em>liberal hawks<\/em>), et tel que cet exercice a \u00e9t\u00e9 pratiqu\u00e9 depuis la guerre du Kosovo et la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;interventionnisme humanitaire. Elle embrasse toute la pens\u00e9e et l&rsquo;activisme progressistes, sous le label terroriste de modernit\u00e9, de la <em>narrative<\/em> de la d\u00e9mocratie \u00e0 l&rsquo;interventionnisme humanitaire, de l&rsquo;Obama de <em>Yes we can<\/em> tel qu&rsquo;il s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9, au BHL-de-Libye.<\/p>\n<h3>Leur l\u00e2chet\u00e9 au service de leur subversion<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00c9tant enti\u00e8rement soumis au Syst\u00e8me, ces conceptions et ceux qui les d\u00e9veloppent sont soumis \u00e9videmment \u00e0 la crise du Syst\u00e8me. En observant la similitude de cette acrobatie subversive contre les lettres m\u00eames du langage pour pouvoir dire ce qu&rsquo;il faut contre la v\u00e9rit\u00e9, avec l&rsquo;autre fait cit\u00e9 ci-dessus de l&rsquo;inclusion de la cyberguerre dans le cadre de la guerre, on voit l&rsquo;extension du concept de guerre (cyberguerre) accompagner sa subversion par une d\u00e9structuration qui est aussi une contraction (d\u00e9finition Koh-Obama). Cette extension est soumise compl\u00e8tement, dans son essence m\u00eame, \u00e0 la m\u00e9canisation, ou \u00e0 la technologisation de la guerre. (Mais la technologisation serait une autre forme de la subversion du concept de guerre, correspondant \u00e0 la crise du Syst\u00e8me. Plut\u00f4t qu&rsquo;un exemple \u00e0 mettre dans la m\u00eame cat\u00e9gorie que la subversion du concept de guerre, nous dirions qu&rsquo;il en est une sous-branche comme l&rsquo;est l&rsquo;attaque contre les lettres de l&rsquo;alphabet qui forment le langage.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tInclure la cyberguerre dans la d\u00e9finition de la guerre, c&rsquo;est inclure dans le concept de guerre et soumettre \u00e0 l&rsquo;acte de la guerre des actions qui n&rsquo;ont aucune parent\u00e9 avec l&rsquo;acte de la guerre en soi. (Sinon, il faudrait inclure dans l&rsquo;acte de la guerre en soi, la pol\u00e9mique satirique, la concurrence commerciale magnifi\u00e9e par la publicit\u00e9, les comp\u00e9titions de football, la fiert\u00e9 patriotique pour son pays et pas pour d&rsquo;autres, le dessin satirique, l&rsquo;observation des autres et le renseignement sur les autres, la critique litt\u00e9raire, etc.) La cyberguerre ne tue pas mais elle est incluse dans  la guerre en soi par le biais de la technologie. D\u00e9sormais, c&rsquo;est donc la technologie, ou le syst\u00e8me du technologisme, qui dicte le contenu de la guerre, qui d\u00e9finit les modifications de son essence m\u00eame. (Jusqu&rsquo;ici, la technologie pesait sur les conditions, la strat\u00e9gie, l&rsquo;orientation, l&rsquo;op\u00e9rationnalit\u00e9 des guerres. L\u00e0, il est question de l&rsquo;essence de la guerre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn ce sens, la subversion d\u00e9j\u00e0 relev\u00e9e dans l&rsquo;affaire de la d\u00e9finition de la guerre, se retrouve ici, dans les actes d&rsquo;un des centres du Syst\u00e8me qu&rsquo;est le Pentagone. On observera que l&rsquo;affaire de la d\u00e9finition de la guerre par rapport au <em>War Powers Act<\/em> est indirectement retrouv\u00e9e, et qu&rsquo;elle aussi d\u00e9pend indirectement de la technologie et du technologisme en g\u00e9n\u00e9ral. L&rsquo;absence de pertes humaines amies, dans les conditions postmodernistes que tout le monde conna\u00eet, est possible parce que l&rsquo;on dispose de technologies tr\u00e8s avanc\u00e9es, qui permettent de frapper douloureusement et catastrophiquement en se tenant soi-m\u00eame hors de port\u00e9e d&rsquo;une riposte de guerre normale ; l&rsquo;absence de pertes amies gr\u00e2ce \u00e0 la technologie dit alors que vous ne faites pas la guerre m\u00eame si vous commettez l&rsquo;agression d&rsquo;une guerre totale d&rsquo;an\u00e9antissement de l&rsquo;Autre puisque cela est possible gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;emploi de la technologie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t(Bien entendu, parce que tout n&rsquo;est pas si rose pour le Syst\u00e8me et qu&rsquo;il est en crise g\u00e9n\u00e9rale d&rsquo;autodestruction directe et indirecte, l&rsquo;adversaire en g\u00e9n\u00e9ral a trouv\u00e9 une riposte venue naturellement, qui est la guerre de 4\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration (G4G), dont la d\u00e9finition est g\u00e9n\u00e9rale, multiforme, universelle, d\u00e9passant largement la notion <em>stricto sensu<\/em> de guerre. Cette G4G, \u00e0 tout le moins, paralyse l&rsquo;adversaire hyperpuissant dans l&#8217;emprisonnement d&rsquo;une technologie devenue impuissante \u00e0 frapper l&rsquo;adversaire dans ses uvres vives, le soumet \u00e0 des contraintes psychologiques, et m\u00eame,  horreur !   \u00e0 des pertes indirectes par des actions rudimentaires de terrorisme et de gu\u00e9rilla, ou de toutes les autres fa\u00e7ons qui conviennent, dont l&rsquo;aspect d\u00e9structurant de la psychologie et de la l\u00e9gitimit\u00e9 est reconnu. Le Syst\u00e8me emploie toute sa hargne et toute sa subversion l\u00e9galiste \u00e0 tenter de discr\u00e9diter cette guerre-l\u00e0 et \u00e0 lui d\u00e9nier l&rsquo;identit\u00e9 de guerre convenable, \u00e0 en faire une sous-guerre indigne de la r\u00e9gulation des lois de la guerre. C&rsquo;est une t\u00e2che difficile, o\u00f9 le Syst\u00e8me se discr\u00e9dite souvent lui-m\u00eame en m\u00eame temps que l&rsquo;adversaire ; pour cette raison, on peut dire que la G4G est une facette indirecte int\u00e9ressante de <strong>la crise du Syst\u00e8me<\/strong>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, avec tous ces d\u00e9veloppements, avec cette technologisation qui est l&rsquo;instrument principal de subversion du concept de guerre transformant un \u00e9v\u00e9nement tragique de l&rsquo;histoire humaine en une monstruosit\u00e9 difforme, totalement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e, qui d\u00e9structure la civilisation jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;entropie, qui est bien la prog\u00e9niture du Syst\u00e8me,  on passe alors, dans les chefs des serviteurs du Syst\u00e8me type-Koh ou type-Obama, de la soumission au Syst\u00e8me \u00e0 la soumission \u00e0 la crise du Syst\u00e8me. C&rsquo;est \u00e9videmment un cas in\u00e9vitable avec l&#8217;emploi des technologies, qui repr\u00e9sente la course vers l&rsquo;impuissance totale, vers la paradoxale subversion du concept de puissance et nous fournit un exemple \u00e9vident et un bon exemple, et un exemple vertueux pardi, du processus d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_l_autodestruction_du_systeme_ddecrisis_13_06_2011.html\" class=\"gen\">autodestruction<\/a> du Syst\u00e8me. L&#8217;emploi syst\u00e9matique, ou aveugle, des technologies, et le d\u00e9veloppement syst\u00e9matique\/aveugle des technologies, m\u00e8nent paradoxalement, comme on le sait d\u00e9sormais en abondance, \u00e0 l&rsquo;incapacit\u00e9 de remporter la victoire ou \u00e0 imposer une d\u00e9faite par impuissance autant que par destruction de ces concepts par d\u00e9structuration,  une de plus dans la dynamique du Syst\u00e8me. Ce cas de d\u00e9structuration a \u00e9t\u00e9 largement d\u00e9velopp\u00e9 par le Syst\u00e8me pour masquer ses impuissances, montrant par l\u00e0 qu&rsquo;il d\u00e9veloppe lui-m\u00eame des dynamiques contradictoires d&rsquo;autodestruction. Justin Raimondo s&rsquo;interrogeait, \u00e0 propos de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-capitulations_afghanes_25_06_2011.html\" class=\"gen\">l&rsquo;Afghanistan<\/a> : \u00ab<em>does anyone, including the President, know what victory<\/em> <strong><em>looks like<\/em><\/strong><em>?<\/em>\u00bb ; le r\u00e9sultat <strong>en v\u00e9rit\u00e9<\/strong> est que la situation actuelle de l&rsquo;Afghanistan, o\u00f9 les USA proclament la victoire pour pouvoir mieux tenter de mettre fin \u00e0 ce conflit co\u00fbteux et commencer \u00e0 rapatrier leurs forces, est per\u00e7ue unanimement comme une d\u00e9faite majeure (des USA). Quelles que soient les d\u00e9finitions des termes, et souvent \u00e0 cause de la subversion de la d\u00e9finition des termes, la v\u00e9rit\u00e9 des situations s&rsquo;impose.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tous ces cas, l&rsquo;effet de la subversion est de d\u00e9structurer des concepts, mais seulement pour ceux qui agr\u00e9ent aux conditions impos\u00e9es par le d\u00e9veloppement du Syst\u00e8me, et ceux qui y sont soumis sans conditions, comme les directions politiques. Pour le reste, qui est l&rsquo;essentiel, l&rsquo;effet de la subversion est quasiment <strong>nul<\/strong> dans son entreprise de subversion de la v\u00e9rit\u00e9. La situation afghane (apr\u00e8s la situation irakienne, avant la situation libyenne) autant que celle des rapports entre l&rsquo;ex\u00e9cutif et le Congr\u00e8s montrent que la subversion des concepts de victoire et de guerre n&rsquo;a en rien chang\u00e9 la perception de la v\u00e9rit\u00e9 des situations. La v\u00e9rit\u00e9 n&rsquo;est pas modifi\u00e9e, d&rsquo;ailleurs pour l&rsquo;imp\u00e9rative raison qu&rsquo;on ne modifie pas la v\u00e9rit\u00e9 lorsqu&rsquo;on est au niveau du <em>sapiens<\/em> standard, qui \u00e9volue selon les r\u00e9f\u00e9rences du syst\u00e8me du technologisme et du syst\u00e8me de la communication. L&rsquo;Afghanistan est per\u00e7u comme une d\u00e9faite, m\u00eame si un montage subversif a lieu, et le Congr\u00e8s refuse la d\u00e9finition de la guerre que lui propose l&rsquo;administration, explicitement par diverses d\u00e9clarations, et implicitement en menant la vie dure au pr\u00e9sident du point de vue de la l\u00e9galit\u00e9 de la guerre jusqu&rsquo;\u00e0 voter <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_vertueux_desordre_de_la_democratie_27_06_2011.html\" class=\"gen\">d\u00e9mocratiquement<\/a> des lois objectivement subversives pour les activit\u00e9s du Syst\u00e8me. La d\u00e9finition <em>new age<\/em> de monsieur Koh a autant de chance d&rsquo;entrer dans nos esprits que la d\u00e9finition de la torture, \u00e9galement <em>new age<\/em>, de l&rsquo;administration Bush.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que notre civilisation devenue contre-civilisation est en lambeaux. Clausewitz s&rsquo;interrogeait sur la guerre (<em>De la guerre<\/em>) sans c\u00e9der \u00e0 cette subversion consistant \u00e0 changer la v\u00e9rit\u00e9 de la guerre pour pouvoir mieux conforter une position morale ou humanitaire,  et nous le citons, Clausewitz, \u00e0 la fois pour \u00e9voquer notre nostalgie d&rsquo;un pass\u00e9 absolument r\u00e9volu o\u00f9 la pens\u00e9e ne s&rsquo;autod\u00e9truisait pas encore, autant que pour justifier notre titre. Le discours Koh-Obama est r\u00e9v\u00e9lateur, tant d&rsquo;un point de vue s\u00e9mantique que d&rsquo;un point de vue op\u00e9rationnel, de la situation du Syst\u00e8me, et de la situation d&rsquo;une l\u00e2chet\u00e9 compl\u00e8te du caract\u00e8re et de la raison des serviteurs du Syst\u00e8me. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9, non pour changer la guerre mais pour tromper le Congr\u00e8s. On peut en mesurer les effets dans la v\u00e9rit\u00e9 de la situation, tant en Libye qu&rsquo;\u00e0 Washington, dans les rapports du Congr\u00e8s et de l&rsquo;administration.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAujourd&rsquo;hui, la subversion des choses les plus profondes, comme le langage lui-m\u00eame, n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 aussi forte, aussi vivace. Ses effets sur la <strong>v\u00e9rit\u00e9<\/strong> des situations n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 aussi catastrophiques, ces situations de plus en plus hostiles au Syst\u00e8me et cette subversion produisant encore plus d&rsquo;effets nocifs,  d\u00e9structurants, certes !   sur les psychologies et les situations des serviteurs du Syst\u00e8me. Il y a maintenant un certain temps que nous avons pass\u00e9 le pic de l&rsquo;efficacit\u00e9 du Syst\u00e8me, entre la dynamique surpuissance et sa dynamique parall\u00e8le d&rsquo;autodestruction. L&rsquo;entreprise de d\u00e9structuration du langage ne produit qu&rsquo;une pouss\u00e9e suppl\u00e9mentaire dans le sens de l&rsquo;autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la Guerre, pas lu, revu et corrig\u00e9 27 juin 2011 On d\u00e9bat largement aujourd&rsquo;hui, in fine et de facto, \u00e0 la fois de la signification du mot guerre et de la d\u00e9finition du ph\u00e9nom\u00e8ne de la guerre. 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