{"id":73177,"date":"2012-06-04T04:58:14","date_gmt":"2012-06-04T04:58:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/04\/syrie-aveu-dimpuissance-et-demonstration-dincoherence\/"},"modified":"2012-06-04T04:58:14","modified_gmt":"2012-06-04T04:58:14","slug":"syrie-aveu-dimpuissance-et-demonstration-dincoherence","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/04\/syrie-aveu-dimpuissance-et-demonstration-dincoherence\/","title":{"rendered":"Syrie, aveu d&rsquo;impuissance et d\u00e9monstration d&rsquo;incoh\u00e9rence"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Syrie, aveu d&rsquo;impuissance et d\u00e9monstration d&rsquo;incoh\u00e9rence<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tOn s&rsquo;arr\u00eatera \u00e0 un \u00e9ditorial de l&rsquo;<em>Observer<\/em> (<em>Guardian<\/em>) que nous tenons pour particuli\u00e8rement significatif d&rsquo;une tendance apparue, pourrait-on dire, de toute urgence dans les pays du bloc BAO les plus impliqu\u00e9s dans la crise syrienne. (Les plus impliqu\u00e9s dans la crise syrienne signifiant en r\u00e9alit\u00e9 les plus agressifs \u00e0 l&rsquo;encontre du r\u00e9gime Assad, les pays qui parlent d&rsquo;une intervention militaire possible.) Il faut avoir \u00e0 l&rsquo;esprit que le <em>Guardian<\/em> (l&rsquo;<em>Observer<\/em>), ce fameux journal de centre-gauche \u00e0 posture progressiste qui a pris la rel\u00e8ve des <em>neocons<\/em>, est l&rsquo;un des plus f\u00e9roces partisans d&rsquo;une intervention, \u00e9videmment humanitaire, \u00e9videmment anti-Assad, en Syrie N\u00e9anmoins, cette posture doit \u00eatre color\u00e9e de <em>common sense<\/em> et de responsabilit\u00e9, selon ceux qui la prennent et l&rsquo;animent, pour conserver quelque cr\u00e9dit.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet \u00e9ditorial est du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2012\/jun\/02\/syria-intervention-observer\" class=\"gen\">3 juin 2012<\/a>. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un impressionnant catalogue de toutes les raisons pour lesquelles il serait pure folie d&rsquo;envisager une intervention militaire. Tout y passe. Il y a d&rsquo;abord la reconnaissance que toutes les interventions du bloc BAO dans la derni\u00e8re d\u00e9cade ont conduit \u00e0 \u00e0 des situations de d\u00e9sordre, d&rsquo;enlisement, d&rsquo;extension des violences bien pires que celles auxquelles on pr\u00e9tendait mettre un terme. Il y a ensuite le constat qu&rsquo;une intervention se heurterait \u00e0 des conditions militaires beaucoup plus rudes que toutes les interventions qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 (Paradoxalement, ce point nous d\u00e9montre indirectement que le r\u00e9gime d&rsquo;Assad, loin d&rsquo;\u00eatre isol\u00e9 et aux abois comme l&rsquo;affirme en g\u00e9n\u00e9ral la <em>narrative<\/em> BAO, disposerait au conntraire de forces et d&rsquo;un soutien tr\u00e8s importants.)  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Military sources too have been at pains to point out the differences between Libya  where a western-led coalition did intervene in an air campaign  and Syria. The reality is that in Libya the opposition, which had seized heavy weapons in the first days of the uprising, had quickly secured large areas of territory from which to operate. An intervention in Syria would be much more difficult. Much of the conflict during the last year has not been in open desert but in large population centres in a state in which the geography of conflict is much more tightly enmeshed. As Israel discovered during its protracted adventure in Lebanon, with its complex sectarian rivalries, which mirror Syria&rsquo;s to a degree, it is an easy neighbourhood in which to become intractably bogged down<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn passe ensuite \u00e0 la situation de l&rsquo;opposition \u00e0 Assad Divis\u00e9e, compos\u00e9e de groupes disparates dont certains ont incontestablement des connexions directes avec al Qa\u00efda, avec parfois des affrontements entre ces divers groupes : l\u00e0 aussi, la situation n&rsquo;est pas favorable \u00e0 une intervention, voire \u00e0 une implication indirecte un peu plus prononc\u00e9e que celle qui est d\u00e9j\u00e0 en cours. (L&rsquo;\u00e9ditorial ne mentionne pas le fait, mais il est pourtant av\u00e9r\u00e9.) M\u00eame la cr\u00e9ation d&rsquo;une zone de s\u00e9curit\u00e9 est envisag\u00e9e avec une extr\u00eame r\u00e9serve, avec le risque qu&rsquo;un afflux de r\u00e9fugi\u00e9s cr\u00e9erait des potentialit\u00e9s graves de d\u00e9stabilisation pour les pays voisins. Ainsi en arrive-t-on au sempiternel constat : c&rsquo;est la Russie qui d\u00e9tient la clef,  comment convaincre la Russie de s&rsquo;y mettre et de jouer compl\u00e8tement son r\u00f4le d&rsquo;arbitre politique, c&rsquo;est-\u00e0-dire de faire la politique du bloc BAO en permettant l&rsquo;\u00e9limination d&rsquo;Assad ? Car c&rsquo;est bien le cas, dans l&rsquo;esprit des lib\u00e9raux interventionnistes (<em>liberal hawks<\/em>), se poser en arbitre politique dans la crise syrienne implique d&rsquo;abord, prioritairement et on dirait exclusivement, l&rsquo;\u00e9limination d&rsquo;Assad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa conclusion de l&rsquo;\u00e9dito permet de faire le point de toutes les contradictions remarquables qui caract\u00e9risent la position du bloc BAO. Il s&rsquo;agit donc d&rsquo;impliquer la Russie et, pour cela, d&rsquo;avoir une politique plus habile, plus arrangeante vis-\u00e0-vis de ce pays et, enfin, d&rsquo;arriver \u00e0 une solution politique \u00e9quitable et juste. Et cette solution \u00e9quitable et juste devrait \u00eatre amorc\u00e9e dans une discussion g\u00e9n\u00e9rale,  \u00e0 laquelle, sans nul doute, la Russie serait invit\u00e9e \u00e0 participer,  dont l&rsquo;un des buts devrait \u00eatre \u00e9ventuellement d&rsquo;accro\u00eetre les sanctions contre le r\u00e9gime syrien.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Any solution requires the agreement of Moscow without whom there can be no intervention. As Lord Ashdown wrote recently, the west&rsquo;s history of diplomatic mis-steps in its relationship with Moscow, far from making it harder for Russia to say \u00ab\u00a0no\u00a0\u00bb to a proposed solution, has made it easier.<\/em> [] <em>As Lord Ashdown has suggested, international diplomacy needs to become more purposeful, building an effective consensus that includes both Russia and regional players, stripped of moral posturing. That must include an insistence that Russia and other regional players with an influence take on a greater role in the search for an end to the violence, rather than fuelling it.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>In this light, the decision to discuss the crisis before the UN&rsquo;s General Assembly, thereby widening the scope of the debate, is to be welcomed, not least if it leads to even more punitive sanctions against the Syrian regime and a widening of the threat of prosecution to all and any involved in war crimes.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>With the growing threat of regional conflagration, a cessation of hostilities and exit strategy will cost fewer lives in the long run than a chaotic slip to an ever-wider war. What is certain is that a rush to military intervention, without an exit strategy or any notion of what might replace the present regime, will kill more children than those who died in Houla last week. For that is the nature of military interventions and why sometimes the most moral solution is the most complex.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn a retenu ce texte parce qu&rsquo;il est significatif de l&rsquo;\u00e9volution de la situation de la crise syrienne depuis le massacre de Houla. Le <em>Guardian<\/em> est particuli\u00e8rement bien plac\u00e9 pour exprimer les sentiments et les fondements de la politique du bloc BAO, \u00e9tant \u00e0 la fois proche pour en \u00eatre un des <em>leaders<\/em> des milieux lib\u00e9raux-interventionnisters, et \u00e9tant abondamment inform\u00e9 de l&rsquo;\u00e9volution de la politique britannique qui est la plus active dans ce domaine (m\u00eame si pas n\u00e9cessairement la plus visible,  nous parlons de politique secr\u00e8te et <em>covert<\/em>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPendant une semaine (depuis le massacre de Houla) au sein des capitales des pays du bloc BAO a pr\u00e9valu l&rsquo;id\u00e9e que la Russie \u00e9tait en train d&rsquo;\u00e9voluer, selon l&rsquo;interpr\u00e9tation absolument persistante depuis le d\u00e9but f\u00e9vrier 2012 que la Russie ne fait qu&rsquo;une politique basse d&rsquo;int\u00e9r\u00eats imm\u00e9diats et qu&rsquo;elle se trouvait enfin sur la voie de comprendre qu&rsquo;il est n\u00e9cessaire de rejoindre la grande politique et la politique morale du bloc BAO. L&rsquo;argument se nourrissait de la conviction que la Russie se sent isol\u00e9e et qu&rsquo;elle est donc vuln\u00e9rable, et particuli\u00e8rement r\u00e9ceptive aux arguments et aux pressions de bloc BAO, et de l&rsquo;affirmation parall\u00e8le et quelque peu contradictoire de la pr\u00e9c\u00e9dente que la Russie d\u00e9tient pourtant toutes les clefs de la situation et que, sans elle, rien ne peut-\u00eatre r\u00e9solu. On y ajoute quelques autres affirmations compl\u00e9mentaires, comme celle-ci, particuli\u00e8rement audacieuse au regard des faits, qu&rsquo;un tel rapprochement allait enfin convaincre la Russie de chercher \u00e0 aider \u00e0 la fin des violences, plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 les alimenter (\u00ab<em>That must include an insistence that Russia<\/em> [] <em>take<\/em>[<em>s<\/em>] <em>on a greater role in the search for an end to the violence, rather than fuelling it<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet extraordinaire amoncellement de contre-v\u00e9rit\u00e9s et de contradictions presque dites dans la m\u00eame phrase et selon la m\u00eame pens\u00e9e constitue effectivement la perception du bloc BAO de la position de la Russie. Simplement, il s&rsquo;est nuanc\u00e9 d&rsquo;un constat des trois derniers jours de la semaine derni\u00e8re (notamment avec les rencontres de Poutine avec Merkel et Hollande), selon lequel la position russe n&rsquo;a pas boug\u00e9 d&rsquo;un iota, si m\u00eame elle ne s&rsquo;est pas durcie. Cela fut manifeste, notamment dans l&rsquo;un ou l&rsquo;autre acc\u00e8s de col\u00e8re froide de Poutine, notamment durant la conf\u00e9rence de presse conjointe avec Hollande, \u00e0 l&rsquo;occasion de l&rsquo;une ou l&rsquo;autre question de l&rsquo;extravagante presse-Syst\u00e8me parisienne qui occupe aujourd&rsquo;hui sans le moindre souci de la v\u00e9rit\u00e9 des affaires du monde la plan\u00e8te BHLi\u00e8nne (sorte de plan\u00e8te Sirius de l&rsquo;univers postmoderne), pour pouvoir mieux juger des affaires du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi le bloc BAO se trouve plus que jamais devant sa quadrature du cercle : son incapacit\u00e9 d&rsquo;intervenir parce qu&rsquo;il n&rsquo;en a pas les moyens et parce qu&rsquo;il se heurterait aux Russes qui ont, eux, quelques moyens ; donc, la n\u00e9cessit\u00e9 que les Russes rejoignent le camp BAO alors qu&rsquo;il en est de moins en moins question, selon la constance m\u00eame des arguments intangibles de ce m\u00eame camp BAO qui sont totalement et de plus en plus nettement rejet\u00e9s par les Russes. Ces conceptions totalement schizophr\u00e9niques et qui semblent absolument inexpugnables dans l&rsquo;esprit des directions politiques du bloc BAO sont agr\u00e9ment\u00e9es, ou aggrav\u00e9es dans l&rsquo;esprit et dans les faits, par la reconnaissance des divisions de l&rsquo;opposition syrienne, voire de ses conflits internes, voire de ses conceptions et pratiques douteuses,  mais qu&rsquo;importe, tout, absolument tout reste \u00e0 charge du r\u00e9gime Assad, comme argument unique et ultime de l&rsquo;intervention directe n\u00e9cessaire et urgente, et qu&rsquo;on ne peut pas faire. Les exhortations \u00e0 la prudence, \u00e0 la non-intervention, plus fortes que jamais dans ce cas, sembleraient un aspect nouveau et plus raisonnable, voire une \u00e9volution malgr\u00e9 tout du bloc BAO, sauf qu&rsquo;elles sont faites au nom de pays qui ne cessent d&rsquo;alimenter les groupes rebelles, en armement, en forces sp\u00e9ciales suppl\u00e9tives, depuis des mois et des mois,  cela, pour des forces rebelles d\u00e9nonc\u00e9es comme incontr\u00f4lables et incertaines. Tout cela, en v\u00e9rit\u00e9, d\u00e9courage l&rsquo;argument tant nous sommes dans le chaos de la psychologie d\u00e9rang\u00e9e et de l&rsquo;id\u00e9e fixe en fait de politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tObjectivement, il convient d&rsquo;observer que nous sommes plut\u00f4t dans une phase nouvelle d&rsquo;une certaine prudence suivant les premiers jours d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-hyst_rie_pour_un_massacre_28_05_2012.html\" class=\"gen\">hyst\u00e9rie<\/a>, suivant le massacre de Houla ; nouvelle phase, avec de nouvelles manuvres sans gu\u00e8re d&rsquo;espoir de s\u00e9duction des Russes, en attendant le prochain incident, le prochain massacre, plus ou moins manipul\u00e9, qui conduira \u00e0 une nouvelle r\u00e9action hyst\u00e9rique, \u00e0 de nouveaux appels \u00e0 une intervention, de nouvelles illusions sur l&rsquo;\u00e9volution de la Russie (plus isol\u00e9e que jamais,  jugement pos\u00e9 sans le moindre int\u00e9r\u00eat pour la Chine et pour l&rsquo;Iran qui sont sur la m\u00eame ligne que la Russie, pour d&rsquo;autres pays h\u00e9sitants, comme l&rsquo;Inde, comme la Turquie elle-m\u00eame qui est en train d&rsquo;\u00e9voluer, etc.). Cela sera accompli avant un nouveau constat d&rsquo;impuissance dans un amoncellement de contradictions. Entretemps, il se pourrait bien qu&rsquo;une v\u00e9ritable guerre civile et confessionnelle \u00e9clate en Syrie. Nous aurons alors droit \u00e0 de nouveaux \u00e9ditos geignard sur les occasions rat\u00e9es, sur le poids des illusions diverses, sur ceux qui ont trop h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 intervenir et ainsi de suite.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe bloc BAO est encha\u00een\u00e9 \u00e0 la Syrie. Il est conduit par une <em>narrative<\/em> dont son esprit est totalement le prisonnier. Il est malheureusement raisonnable d&rsquo;attendre et de craindre l&rsquo;explosion g\u00e9n\u00e9rale dans ce du pays, sinon l&rsquo;explosion g\u00e9n\u00e9rale du pays, qui seront le fait de l&rsquo;action de toutes ces diplomaties v\u00e9n\u00e9rables emport\u00e9es dans un \u00e9pisode <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_maniaco-depression_du_monde_ddecrisis_19_01_2012.html\" class=\"gen\">hypomaniaque<\/a> compl\u00e8tement incontr\u00f4lable ; situation de violence devenue incontr\u00f4lable et en pleine potentialit\u00e9 de diffusion hors des fronti\u00e8res du pays, o\u00f9 le bloc BAO se trouvera tout de m\u00eame entra\u00een\u00e9 mais dans les pires conditions et sans plus de moyens de puissance, peut-\u00eatre pour accompagner et subir l&rsquo;extension du d\u00e9sordre pouvant s&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 certains de ses pays amis, peut-\u00eatre pour s&rsquo;exposer \u00e0 une d\u00e9faite \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de laquelle le revers cuisant des Isra\u00e9liens contre le Hezbollah \u00e0 l&rsquo;\u00e9t\u00e9 2006 aura les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une promenade de sant\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 4 juin 2012 \u00e0 04H49<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Syrie, aveu d&rsquo;impuissance et d\u00e9monstration d&rsquo;incoh\u00e9rence On s&rsquo;arr\u00eatera \u00e0 un \u00e9ditorial de l&rsquo;Observer (Guardian) que nous tenons pour particuli\u00e8rement significatif d&rsquo;une tendance apparue, pourrait-on dire, de toute urgence dans les pays du bloc BAO les plus impliqu\u00e9s dans la crise syrienne. 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