{"id":73182,"date":"2012-06-06T06:46:06","date_gmt":"2012-06-06T06:46:06","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/06\/destruction-du-monde-en-source-unique\/"},"modified":"2012-06-06T06:46:06","modified_gmt":"2012-06-06T06:46:06","slug":"destruction-du-monde-en-source-unique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/06\/destruction-du-monde-en-source-unique\/","title":{"rendered":"Destruction du monde en source unique"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Destruction du monde en source unique<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tParmi les guetteurs des nouvelles du monde qui nous montrent les effets parfois surprenants des convulsions du monde, on trouve Tony Cartalucci, qui dirige et d\u00e9veloppe un <em>blog<\/em> nomm\u00e9 <em>LandDestroyed<\/em>. Le <a href=\"http:\/\/landdestroyer.blogspot.be\/2012\/06\/wests-syrian-narrative-based-on-guy-in.html\" class=\"gen\">4 juin 2012<\/a>, Cartalucci nous d\u00e9crit le plus ais\u00e9ment du monde la structure, l&rsquo;organisation et le fonctionnement du Syrian Observatory for Human Rights (disons SOHR, pour faire encore plus s\u00e9rieux), bas\u00e9 \u00e0 Coventry (on allait dire Londres, pour faire toujours plus s\u00e9rieux) ; le SOHR, la principale source, voire la source quasiment unique jusqu&rsquo;\u00e0 il y a peu, de notre information sur les horreurs commises unilat\u00e9ralement par le r\u00e9gime Assad en Syrie selon la <em>narrative<\/em> en vogue, et donc la cause de cette \u00e9norme crise qui secoue la contre-civilisation \u00e9ventuellement occidentale, ou bloc BAO Car, SOHR, superbe exploit, se limite \u00e0 une personne, install\u00e9e dans un petit bureau bricol\u00e9 dans une maison de Coventry, dont le rez de chauss\u00e9e est occup\u00e9 par un magasin de v\u00eatements constituant l&rsquo;activit\u00e9 de subsistance de cette personne<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>However, astoundingly, the Syrian Observatory for Human Rights is none of these things. Instead, it is merely a single man, sitting behind a computer in a British apartment, who alleges he receives phone calls with information always incriminating the Syrian government, and ever glorifying the Free Syrian Army. In fact, Reuters even admitted this in their article, Coventry  an unlikely home to prominent Syria activist, and even concedes that this man, Rami Abdulrahman, is openly part of the Syrian opposition who seeks the end of the Syrian government. Abdulrahman admits that he had left Syria over 10 years ago, has lived in Britain ever since, and will not return until al-Assad goes.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The opportunity for impropriety seems almost inevitable for a man who openly reviles a government long targeted for regime change by the very country he currently resides in, and who&rsquo;s method of reportage involves dubious phone-calls impossible for anyone to verify. When Abdulrahman isn&rsquo;t receiving mystery phone calls from fellow opposition members in Syria (like \u00ab\u00a0Syrian Danny\u00a0\u00bb) or passing on his less-than-reputable information to the Western press, he is slinking in and out of the British Foreign Office to meet directly with Foreign Secretary William Hague  who also openly seeks the removal of Syrian President, Bashar al-Assad<\/em>\u00bb  <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEffectivement, en suivant le lien obligeamment offert par Cartalucci, on tombe sur une d\u00e9p\u00eache Reuters, de Mohammed Abbas, du <a href=\"http:\/\/uk.reuters.com\/article\/2011\/12\/08\/uk-britain-syria-idUKTRE7B71XG20111208\" class=\"gen\">8 d\u00e9cembre 2012<\/a>. Abbas nous emm\u00e8ne dans le monde bigarr\u00e9e, coutur\u00e9 de coups de t\u00e9l\u00e9phone exp\u00e9ditifs mais pr\u00e9cis, de descriptions comme si on y \u00e9tait, de pr\u00e9cisions incertaines mais tonitruantes,  et parfois de descentes au rez-de-chauss\u00e9e pour vendre un pantalon ou un tricot \u00e0 un client de passage. <em>Enter<\/em> Rami Abdulrahman, Syrien expatri\u00e9 depuis 2000 au Royaume-Uni, fondateur, g\u00e9rant, directeur et personnel complet du SOHR qui informe le monde sur la trag\u00e9die syrienne.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Are there clashes? How did he die? Ah, he was shot, said Rami Abdulrahman into a phone, the talk of gunfire and death incongruous with his two bedroom terraced home in Coventry, from where he runs the Syrian Observatory for Human Rights. When he isn&rsquo;t fielding calls from international media, Abdulrahman is a few minutes down the road at his clothes shop, which he runs with his wife.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Cited by virtually every major news outlet since an uprising against the iron rule of Syrian President Bashar al-Assad began in March, the observatory has been a key source of news on the events in Syria. Most foreign media have been banned from reporting in Syria.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The calls come 24 hours a day, you&rsquo;ve seen how many I&rsquo;ve had in the last hour, Abdulrahman, 40, told Reuters as he answered reporters&rsquo; calls, as well as calls from his network of sources in Syria. My job, my clothing business, my nerves have all been affected due to the pressure. Some nights I only get three hours sleep, he said. Surrounded by the trappings of family life  a glitter-spangled card made by his young daughter, a monkey doll with Best Dad on its belly  Abdulrahman sits with a laptop and phones and pieces together accounts of conflict and rights abuses before uploading news to the internet.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>After three short spells in prison in Syria for pro-democracy activism, Abdulrahman came to Britain in 2000 fearing a longer, fourth jail term. I came to Britain the day Hafez al-Assad died, and I&rsquo;ll return when Bashar al-Assad goes, Abdulrahman said, referring to Bashar&rsquo;s father and predecessor Hafez, also an autocrat<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette int\u00e9ressante trouvaille sur la principale, sinon l&rsquo;unique source des m\u00e9dias occidentaux, et \u00e9galement de nombreux services officiels occidentaux, pendant une bonne partie sinon l&rsquo;essentiel de l&rsquo;ann\u00e9e 2011 sur la situation humanitaire des troubles syriens, jette un \u00e9clairage non moins int\u00e9ressant sur la question de l&rsquo;information dans les crises dans ces temps <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-kissinger_le_principe_et_le_d_sordre_du_monde_05_06_2012.html\" class=\"gen\">post-westphalien<\/a>, comme les qualifierait avec amertume Henry Kissinger. Au reste, malgr\u00e9 l&rsquo;aspect extraordinaire de cette situation, elle ne pr\u00e9sente rien de vraiment \u00e9tonnant dans la situation extraordinaire d&rsquo;absence de r\u00e9f\u00e9rences politiques hautes \u00e9videntes, dans une \u00e9poque si compl\u00e8tement subvertie. Nous allons observer cette information qui nous est pr\u00e9sent\u00e9e, telle qu&rsquo;elle nous est pr\u00e9sent\u00e9e, sans faire intervenir des hypoth\u00e8ses pour l&rsquo;instant gratuites de manipulations chronologiquement fondatrices. Plusieurs traits sont \u00e0 noter.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Telles qu&rsquo;elles sont pr\u00e9sent\u00e9es et sous la r\u00e9serve de d\u00e9veloppements convaincants, la personnalit\u00e9 et les activit\u00e9s de Rami Abdulrahman n&rsquo;ont en soi rien de complexe et de manipulateur selon les normes de l&rsquo;\u00e9poque. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un opposant au r\u00e9gime syrien, sous Assad p\u00e8re et fils, qui a souffert de l&rsquo;action de ce r\u00e9gime fort peu enclin pour la tol\u00e9rance pour les oppositions \u00e0 lui-m\u00eame. L&rsquo;exil de Rami Abdulrahman, son installation au Royaume-Uni et sa d\u00e9cision de poursuivre la lutte selon les moyens de communication disponibles, avec l&rsquo;autonomie qui lui permet de s&rsquo;institutionnaliser, n&rsquo;ont rien non plus d&rsquo;extraordinaire ni rien de d\u00e9testable ou de politiquement condamnable. Cela repr\u00e9sente un type d&rsquo;action courante, de la cat\u00e9gorie de la dissidence, qu&rsquo;on trouve dans tous les camps, au niveau des activit\u00e9s non officielles du syst\u00e8me de communication. Le militantisme \u00e9lectronique de communication est une activit\u00e9 courante, qu&rsquo;on soit d&rsquo;un bord ou de l&rsquo;autre, dans un sens ou l&rsquo;autre, et il par ailleurs normal que ce militantisme s&rsquo;exerce dans un sens souvent quasi-exclusif, relayant des bruits et des t\u00e9moignages allant dans le sens du militant qui l&rsquo;exerce. C&rsquo;est un engagement et nullement un t\u00e9moignage objectif.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Certains pourraient avancer l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;il s&rsquo;agit au d\u00e9part d&rsquo;un montage, op\u00e9r\u00e9 notamment par les autorit\u00e9s britanniques avec lesquelles Rami Abdulrahman semble d\u00e9sormais en contact. (On se trouve alors devant une op\u00e9ration classique d&rsquo;information orient\u00e9e, techniquement de type complot.) On objecterait qu&rsquo;un montage consid\u00e9r\u00e9 comme l&rsquo;organisation de d\u00e9part du ph\u00e9nom\u00e8ne, justement, aurait \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 selon des normes donnant l&rsquo;apparence d&rsquo;une organisation s\u00e9rieuse et structur\u00e9e, pour donner un SOHR un cr\u00e9dit d&rsquo;apparence. L&rsquo;hypoth\u00e8se d&rsquo;une rencontre entre un militant isol\u00e9 et une tendance politique (celle des pays du bloc BAO) qui s&rsquo;est soudain d\u00e9velopp\u00e9e en une politique effective \u00e0 l&rsquo;occasion du printemps arabe, puis des troubles en Syrie apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9pisode libyen, doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme tr\u00e8s s\u00e9rieuse et comme compl\u00e8tement acceptable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans ce cas, ce qui devient r\u00e9ellement impressionnant et constitue un \u00e9v\u00e8nement remarquable, c&rsquo;est la place que le SOHR a pris dans la construction de communication de la crise syrienne, c&rsquo;est-\u00e0-dire le r\u00f4le qu&rsquo;il a jou\u00e9 dans la dynamique menant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement de la politique que l&rsquo;on sait. A notre sens, cela est du \u00e0 deux ph\u00e9nom\u00e8nes : un ph\u00e9nom\u00e8ne psychologique et id\u00e9ologique, qui est le basculement complet de la communication de pr\u00e9sentation de la politique vers le mod\u00e8le droitdel&rsquo;hommiste, c&rsquo;est-\u00e0-dire un mod\u00e8le hors des normes et structures habituelles de la diplomatie, de l&rsquo;analyse officielle, d\u00e9pendant d&rsquo;initiatives soci\u00e9tales ou individuelles, sans le moindre contr\u00f4le politique, hors de tout cadre r\u00e9galien et principiel. De ce point de vue, apr\u00e8s tout, le cas de Rami Abdulrahman pour la Syrie peut se comparer, en dynamique et en orientation du processus, \u00e0 celui de BHL pour la Libye. (L\u00e0 s&rsquo;arr\u00eate, bien entendu, la comparaison entre les deux personnages, cela pour ne pas trop accabler Rami Abdulrahman On dira que le travail de militant de Abdulrahman, constant et opini\u00e2tre, a jou\u00e9 dans ce cas, le r\u00f4le de la notorit\u00e9 m\u00e9diatique de BHL.) La presse-Syst\u00e8me, totalement infect\u00e9e par ce mod\u00e8le droitdel&rsquo;hommiste, a totalement accept\u00e9, par aveuglement, l\u00e2chet\u00e9, paresse intellectuelle et parti-pris syst\u00e9matique inspir\u00e9 par le Syst\u00e8me, cette aubaine de cette source unique qui remplissait tous les crit\u00e8res de l&rsquo;image avantageuse pour elle qu&rsquo;elle se fait de la situation du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le second ph\u00e9nom\u00e8ne est la confirmation, une fois de plus, de l&rsquo;extraordinaire relativisation de l&rsquo;information, \u00e0 la fois \u00e0 cause de la fin de l&rsquo;information officielle comme r\u00e9f\u00e9rence objective qui ouvre \u00e0 l&rsquo;information non officielle la possibilit\u00e9 d&rsquo;\u00eatre cr\u00e9dit\u00e9e du statut de r\u00e9f\u00e9rence, \u00e0 la fois \u00e0 cause des moyens disponibles de communication pour des individus ou des entreprises \u00e0 mesure. Le cas de Rami Abdulrahman pose donc la question du choix qu&rsquo;on doit faire des informations diffus\u00e9es, plac\u00e9s devant cette relativisation qui emp\u00eache toute certitude quant au cr\u00e9dit de ces informations. (Ce choix est d&rsquo;ailleurs une mise \u00e0 jour des r\u00e9elles difficult\u00e9s de l&rsquo;information qui existaient auparavant, lorsque l&rsquo;information officielle \u00e9tait encore consid\u00e9r\u00e9e comme une r\u00e9f\u00e9rence objective : dans la p\u00e9riode de l&rsquo;\u00e9poque actuelle o\u00f9 existait encore la position de r\u00e9f\u00e9rence objective de l&rsquo;information officielle, c&rsquo;\u00e9tait le plus souvent pour se trouver devant une r\u00e9f\u00e9rence qui utilisait des informations trompeuses, compliquant encore plus le travail de d\u00e9termination de la v\u00e9rit\u00e9.) La seule issue est d&rsquo;installer pour soi-m\u00eame un cadre de jugement global sur la situation, de d\u00e9terminer sa propre voie \u00e0 suivre en appuyant son choix sur des r\u00e9f\u00e9rences de ce cadre, qui devront \u00eatre et seront n\u00e9cessairement des structures intellectuelles solides et s\u00e9rieuses \u00e9ventuellement \u00e9clair\u00e9es par l&rsquo;intuition haute, et de consid\u00e9rer les informations disponibles \u00e0 cette lumi\u00e8re ; pour notre cas, la r\u00e9f\u00e9rence principale est le choix de la structuration contre la d\u00e9structuration, ou, d&rsquo;une fa\u00e7on plus g\u00e9n\u00e9rale, la r\u00e9f\u00e9rence du Principe, qui est \u00e0 notre sens la voie principale et essentielle pour tenter d&rsquo;approcher la v\u00e9rit\u00e9 du monde. Il est \u00e9vident que cette r\u00e9f\u00e9rence nous conduit \u00e0 juger n\u00e9gativement l&rsquo;action de Rami Abdulrahman, qui se fait le complice objectif des forces d\u00e9structurantes et dissolvantes du Syst\u00e8me qu&rsquo;il n&rsquo;a aucune chance de manipuler \u00e0 son avantage (\u00e0 l&rsquo;avantage de sa cause) ; au contraire, ces forces finiront, si ce n&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 fait bien s\u00fbr, par le manipuler en prenant argument de ses informations pour appuyer, voire justifier leur politique d\u00e9structurante et destructrice du Principe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Car il nous appara\u00eet \u00e9vident que le succ\u00e8s d&rsquo;influence de Rami Abdulrahman tel qu&rsquo;il est pr\u00e9sent\u00e9 et dans le cadre o\u00f9 il est pr\u00e9sent\u00e9 n&rsquo;est concevable que parce que son action rencontre et nourrit la principale tendance de la politique-Syst\u00e8me, qui est la tendance d\u00e9structurante et dissolvante. Le r\u00e9sultat, pour son pays, si cette tendance triomphait, serait un chaos pire que le r\u00e9gime Assad. Objectivement consid\u00e9r\u00e9, le manipulateur involontaire ou pas du Syst\u00e8me que fut Rami Abdulrahman \u00e0 l&rsquo;origine, est donc devenu un manipul\u00e9 au service du Syst\u00e8me. Le dissident \u00e9ventuellement honorable est devenu un idiot utile. Peut-\u00eatre a-t-il conscience de la chose, qui lui attire des privil\u00e8ges-Syst\u00e8me, et s&rsquo;en satisfait-il, peut-\u00eatre n&rsquo;en a-t-il pas conscience ; cela, c&rsquo;est son probl\u00e8me personnel.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 6 juin 2012 \u00e0 06H35<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Destruction du monde en source unique Parmi les guetteurs des nouvelles du monde qui nous montrent les effets parfois surprenants des convulsions du monde, on trouve Tony Cartalucci, qui dirige et d\u00e9veloppe un blog nomm\u00e9 LandDestroyed. 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