{"id":73208,"date":"2012-06-19T13:02:26","date_gmt":"2012-06-19T13:02:26","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/19\/poutine-et-obama-cote-a-cote-et-face-a-face\/"},"modified":"2012-06-19T13:02:26","modified_gmt":"2012-06-19T13:02:26","slug":"poutine-et-obama-cote-a-cote-et-face-a-face","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/19\/poutine-et-obama-cote-a-cote-et-face-a-face\/","title":{"rendered":"Poutine et Obama: c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et face \u00e0 face"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Poutine et Obama: c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et face \u00e0 face<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes premiers \u00e9chos du sommet entre Poutine et Obama, en marge du G20 au Mexique, ne permettent certainement pas de tirer une conclusion assur\u00e9e de cette rencontre. N\u00e9anmoins, on y trouve d\u00e9j\u00e0 quelques lignes de force significatives, qui marquent le climat autour de cette rencontre, ce qu&rsquo;on en attendait et ce qu&rsquo;on juge qu&rsquo;il en est sorti en fonction de cette attente. En raison de l&rsquo;absence de toute d\u00e9cision commune concr\u00e8te apr\u00e8s cette rencontre (sauf une invitation r\u00e9ciproque de l&rsquo;un et l&rsquo;autre, Obama \u00e0 venir Moscou, Poutine \u00e0 venir \u00e0 Washington), et d&rsquo;un communiqu\u00e9 affirmant des souhaits et des consid\u00e9rations assez abstraites, on peut d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 accorder une certaine importance \u00e0 ces r\u00e9actions, qui constituent le premier effet politique de cette rencontre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, les commentaires venus du c\u00f4t\u00e9 russe sont assez optimistes, m\u00eame s&rsquo;ils sont assortis de diverses r\u00e9serves. D&rsquo;autre part, ils s&rsquo;attachent \u00e0 une vision globale de tous les sujets trait\u00e9s, c&rsquo;est-\u00e0-dire non seulement la Syrie mais les relations commerciales USA-Russie, l&rsquo;Iran, le syst\u00e8me antimissiles US\/OTAN, etc. On prendra celui de <em>Russia Today<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.rt.com\/news\/putin-obama-g20-meeting-144\/\" class=\"gen\">19 juin 2012<\/a>, en nous concentrant sur la partie consacr\u00e9e \u00e0 la Syrie (pour une raison qu&rsquo;on comprendra plus loin).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>After spending two hours behind closed doors on the sidelines of the G-20 meeting, the presidents stated that they had agreed that they need to see a cessation of the violence, in Syria and that a political process has to be created to prevent civil war. There was no mention of any tougher sanctions on Syria or a reiteration of demands that Bashar al-Assad should step down. We have found many common points on this issue, Putin said, adding that the two countries would continue their discussions. Both leaders are united in their belief that the Syrian people should have the opportunity to independently and democratically choose their own future.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans le m\u00eame article, RT interroge Paul Craig Roberts pour avoir son analyse du sommet. Il obtient une analyse beaucoup plus pessimiste et, \u00e0 notre sens, absolument justifi\u00e9e : \u00ab<em>I am convinced that Putin does not want a conflict with Washington. He wants to resolve the issue of the missile bases that are surrounding Russia, he does not want conflict. And Obama, he does not want any conflict either. But he is just a member of the government that wants regime change in Syria. And Obama is not exactly in position to be able to stop that.Obama will do what he can to get along with Putin, but still has to represent the agenda of regime change, Roberts added. And the situation I think is unresolved.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe ton g\u00e9n\u00e9ral est bien diff\u00e9rent avec cet article du <em>Guardian<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/world\/2012\/jun\/18\/obama-support-putin-syria-g20\" class=\"gen\">19 juin 2012<\/a>, o\u00f9 il n&rsquo;est question,  c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 une indication politique, sinon psychanalytique,  <strong>que de la Syrie<\/strong>. On peut prendre le <em>Guardian<\/em> comme une r\u00e9f\u00e9rence supr\u00eame de cette sorte de r\u00e9action qu&rsquo;on attend des lib\u00e9raux interventionnistes (<em>liberal hawks<\/em>) qui, depuis les d\u00e9buts du printemps arabe et, surtout, l&rsquo;aventure BH\u00e9lienne de Libye, sont absolument d\u00e9cha\u00een\u00e9s et ont pris, avec avantage et surench\u00e8re, la place des <em>neocons<\/em>. (Ils retrouvent en cela leur z\u00e8le et leur verve de type \u00ab<em>bombardements humanitaires<\/em>\u00bb [Vaclav Havel <em>dixit<\/em> en avril 1999], du temps b\u00e9ni du Kosovo.) L&rsquo;article du <em>Guardian<\/em> suinte le deuil d&rsquo;une illusion \u00e0 nouveau \u00e9chapp\u00e9e,  toujours la m\u00eame, qui est celle du ralliement de la Russie \u00e0 la bonne cause.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Barack Obama and Russia&rsquo;s president Vladimir Putin completed a bilateral meeting on the margins of the G20 summit in Los Cabos, Mexico, on Monday with an agreement that there should be a cessation of hostilities in Syria.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>But, crucially, Obama failed to secure the support of Putin for regime change in Syria. The US president had been seeking Putin&rsquo;s help in trying to persuade Syrian president Bashar al-Assad to relinquish power and leave the country. A joint statement issued after their meeting said simply that the Syrian people should independently and democratically be allowed to decide their own future, but there was no joint call for Assad to stand down, as the White House has been urging.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Without Putin&rsquo;s support, there is almost no chance of tougher UN action. Russia can use its security council veto to block any move.<\/em> [] <em>The sense that Putin came out the meeting with more than Obama was enhanced by a comment from a Russian diplomat. Asked if the meeting was important for the Russians, the Russian diplomat said: Yes, but even more for the Americans.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour nous mettre un peu de baume au cur, le <em>Guardian<\/em> \u00e9crit qu&rsquo;il faut comprendre, qu&rsquo;Obama est faible parce qu&rsquo;il est au terme de son mandat, avant des \u00e9lections ; que Poutine est plus fort parce qu&rsquo;il vient d&rsquo;\u00eatre r\u00e9\u00e9lu (pourtant, selon une proc\u00e9dure horriblement antid\u00e9mocratique, alors que la Russie se soul\u00e8ve contre lui, selon les comptes-rendus de ce journal,  ce qui devrait l&rsquo;affaiblir, non ?  Passons outre) Ainsi se poursuit l&rsquo;article, tandis que s&rsquo;\u00e9vanouit une fois de plus la <em>narrative<\/em> des Russes comprenant enfin qu&rsquo;il est temps de gagner le camp de la moralit\u00e9 et de la communaut\u00e9 internationales, et que le Foreign Office tente de retrouver un peu d&rsquo;allant en remarquant \u00ab<em>that the commitment to end violence could at least be construed as an advance on the Russian position at the UN Security Council only a month ago. At the time Russia was opposed even to a condemnation of the violence<\/em>\u00bb (Rectification, tout de m\u00eame : les Russes refusaient de condamner la violence en Syrie il y a un mois parce que le bloc BAO proposait qu&rsquo;il f\u00fbt pr\u00e9cis\u00e9 qu&rsquo;il s&rsquo;agissait de la violence du r\u00e9gime Assad, la seule valable et acceptable.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl reste que les Russes et Poutine aiment bien Obama. D&rsquo;ailleurs, si Poutine a invit\u00e9 Obama \u00e0 Moscou, c&rsquo;est qu&rsquo;il vote pour lui en novembre prochain, et qu&rsquo;il compte fermement sur sa r\u00e9\u00e9lection (toute visite de cette sorte \u00e9tant exclue pour BHO avant les \u00e9lections). La pr\u00e9sentation assez optimiste des Russes du sommet d\u00e9coule de cette affection pour le pr\u00e9sident US, mais, en l&rsquo;occurrence, la r\u00e9alit\u00e9 est du c\u00f4t\u00e9 de Paul Craig Roberts (beaucoup plus que du c\u00f4t\u00e9 du <em>Guardian<\/em>, totalement phagocyt\u00e9 par le Syst\u00e8me contre lequel il pr\u00e9tendait lutter lors de l&rsquo;affaire irakienne, alors qu&rsquo;il n&rsquo;en fut que l&rsquo;expression temporairement antiguerre,  parce que l&rsquo;Irak n&rsquo;\u00e9tait pas sa guerre). Obama n&rsquo;est pas faible, il est totalement ligot\u00e9 par le Syst\u00e8me, consentant ou pas (c&rsquo;est un probl\u00e8me annexe aujourd&rsquo;hui) ; politiquement, cela revient effectivement \u00e0 ce qu&rsquo;en dit Paul Craig Robeerts, qu&rsquo;Obama \u00ab<em> is just a member of the government that wants regime change in Syria.<\/em> [] <em>Obama will do what he can to get along with Putin, but still has to represent the agenda of regime change<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Russes (Poutine) se doutent-ils de cela ? Sans aucun doute, malgr\u00e9 leur affection pour Obama,  mais on peut vivre avec l&rsquo;un et l&rsquo;autre constat conjointement. Aussi, consid\u00e9r\u00e9e r\u00e9trospectivement et quoi qu&rsquo;en aient voulu les acteurs, quoi qu&rsquo;en aient attendu les commentateurs (\u00e9ventuellement nous-m\u00eames), la rencontre ne s&rsquo;est pas av\u00e9r\u00e9e, pour Poutine, une rencontre strat\u00e9gique, portant sur des d\u00e9cisions fondamentales que pourraient prendre l&rsquo;un ou l&rsquo;autre, ou bien l&rsquo;un et l&rsquo;autre. Le sommet, toujours pour Poutine, s&rsquo;est transform\u00e9 en une rencontre tactique, o\u00f9 il a pu rapprocher Obama de sa propre position (en ne mentionnant pas l&rsquo;immonde Assad dans leur communiqu\u00e9 commun), o\u00f9 il l&rsquo;a compromis en partie d&rsquo;une certaine fa\u00e7on ; et cela, sans espoir de faire la d\u00e9cision, mais avec \u00e0 l&rsquo;esprit que cette position d&rsquo;Obama accentuerait tout de m\u00eame le d\u00e9sarroi au sein du bloc BAO, ce qui ne manquera pas de se faire. D&rsquo;autre part, les Russes ont pu v\u00e9rifier qu&rsquo;Obama ne rechignait pas \u00e0 se rapprocher de la position russe, parce que, pour diverses raisons (dont les \u00e9lections, d&rsquo;ailleurs), il ne tient pas \u00e0 un conflit en Syrie et il ne tient pas \u00e0 un affrontement (diplomatique) avec les Russes. Enfin, plus que jamais \u00e9clate, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la <em>narrative<\/em> des Russes qui ne cessent de se rapprocher du bloc BAO, la v\u00e9ritable position des Russes, leur position centrale dans la crise, leur ma\u00eetrise du jeu.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl existe d&rsquo;autre part un fait objectif : en montrant tout ce qu&rsquo;on a d\u00e9crit, la rencontre devrait avoir acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 le processus poussant les Russes \u00e0 s&rsquo;\u00e9loigner de cette position centrale o\u00f9 il tente de faire la paix en Syrie sous les quolibets du bloc BAO, par ailleurs impuissant. Puisqu&rsquo;ils sont ma\u00eetres du jeu, ils peuvent effectivement d\u00e9cider de ne plus mener le jeu pour tous, mais simplement pour eux-m\u00eames, \u00e9ventuellement en se repliant sur leurs seuls int\u00e9r\u00eats dont la d\u00e9fense du r\u00e9gime Assad ferait \u00e9ventuellement partie, selon le processus d\u00e9crit le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-m_ditations_de_poutine_04_06_2012.html\" class=\"gen\">4 juin 2012<\/a>. C&rsquo;est alors que le bloc BAO se retrouverait dans la situation d\u00e9crite par Mary Dejevsky (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_massacre_de_plus_08_06_2012.html\" class=\"gen\">8 juin 2012<\/a>), mais pour d&rsquo;autres raisons : \u00ab<em>For now, it is utterly disingenuous of the US and Britain to call for action in Syria and blame Russia for being obstructive; a compliant Russia would only expose Western impotence.<\/em>\u00bb Simplement, au lieu de complaisante pour la Russie, qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question qu&rsquo;elle soit, il suffirait de mettre unilat\u00e9raliste ou attentiste-obstructionniste,  et il serait plus que jamais question d&rsquo;impotence pour le bloc BAO.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 19 juin 2012 \u00e0 12H52<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Poutine et Obama: c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te et face \u00e0 face Les premiers \u00e9chos du sommet entre Poutine et Obama, en marge du G20 au Mexique, ne permettent certainement pas de tirer une conclusion assur\u00e9e de cette rencontre. 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