{"id":73217,"date":"2012-06-25T05:48:53","date_gmt":"2012-06-25T05:48:53","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/25\/raimondo-voltaire-un-lecteur-et-dedefensaorg\/"},"modified":"2012-06-25T05:48:53","modified_gmt":"2012-06-25T05:48:53","slug":"raimondo-voltaire-un-lecteur-et-dedefensaorg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/06\/25\/raimondo-voltaire-un-lecteur-et-dedefensaorg\/","title":{"rendered":"Raimondo, Voltaire, un lecteur et <em>dedefensa.org<\/em>"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Raimondo, Voltaire, un lecteur et <em>dedefensa.org<\/em><\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t25 juin 2012  Ce texte ne serait rien que du bavardage inconsistant s&rsquo;il n&rsquo;avait, pour l&rsquo;articuler, pour le structurer, pour lui donner son <strong>essence<\/strong>, deux citations, qui nous ont \u00e0 la fois arr\u00eat\u00e9s, \u00e9mus, dans lesquelles nous nous sommes reconnus, qui nous ont \u00e0 la fois plong\u00e9s dans des interrogations marqu\u00e9es d&rsquo;une intense et terrible lassitude, aussi bien que, par saisissant contraste, dans une revigoration soudaine et inattendue,  ceci et cela d&rsquo;un m\u00eame \u00e9lan, d&rsquo;une m\u00eame lecture Deux citations qui illustrent, en m\u00eame temps la charge insupportable de la t\u00e2che qui nous fait parfois ployer avec la sensation d&rsquo;\u00eatre incompris et solitaire, et la gloire extr\u00eame de porter une telle charge, avec la sensation d&rsquo;\u00eatre enfin compris, et de briser cette solitude.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/original.antiwar.com\/justin\/2012\/05\/31\/we-interrupt-this-column\/\" class=\"gen\">31 mai 2012<\/a>, alors que son site se trouvait en pleine campagne d&rsquo;appel \u00e0 donation dont les r\u00e9sultats languissaient terriblement (4 fois par an, chaque fois pour atteindre $100.000), Justin Raimondo posait la plume (\u00ab<em>We Interrupt This Column<\/em>\u00bb) pour se confier un peu plus qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude. En m\u00eame temps, bien entendu, parce qu&rsquo;il le faut bien, qu&rsquo;il poursuivait l&rsquo;entreprise sempiternelle de tenter de fouetter l&rsquo;\u00e9nergie de ses lecteurs pour susciter leur soutien et leur participation (financi\u00e8re),  leur participation (financi\u00e8re) qui est <strong>d&rsquo;abord<\/strong> leur soutien, dans le sens le plus large, le plus puissant et le plus humain du mot, psychologique, moral, intellectuel, affectif, <strong>structurant<\/strong> en un mot,  outre d&rsquo;\u00eatre mat\u00e9riel<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>I have, myself, been struggling to keep up: the strain of writing a substantial column, complete with extensive links, every other day has taken its toll. Add to this a fundraising campaign that seems to have no end, and a problematic medical condition I&rsquo;ve kept largely quiet about, and we have all the ingredients of a major personal and professional meltdown.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>At times, a vast weariness nearly overcomes me, and I just want to take to my bed, close my eyes, and forget. Yet I can&rsquo;t forget the cries of the wounded, the victims of American liberation, the ghosts of those slaughtered in the name of our endless war on terrorism. They haunt me even as I sleep.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Who will speak for them if Antiwar.com ceases to exist?&#8230;<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;abord, cette \u00e9motion fugace mais profonde d&rsquo;apprendre, au d\u00e9tour d&rsquo;une phrase, que cet homme qui consacre toute son \u00e9nergie \u00e0 cette bataille de l&rsquo;\u00e9crit, porte avec lui un probl\u00e8me de sant\u00e9 dont il n&rsquo;a jamais fait \u00e9tat (\u00ab<em>and a problematic medical condition I&rsquo;ve kept largely quiet about<\/em>\u00bb) Puis ces quelques mots que nous pourrions prendre \u00e0 notre compte, \u00e0 mon compte apr\u00e8s tout dit la plume lorsqu&rsquo;elle parle d&rsquo;elle-m\u00eame, dont la tentation m&rsquo;effleure parfois, comme une immense fatigue vous prend un instant pour vous faire croire que vous \u00eates au bout du chemin, ou m\u00eame vous faire croire \u00e0 l&rsquo;inutilit\u00e9 de cheminer apr\u00e8s tout, et qu&rsquo;enfin un immense et silencieux repos devrait emporter tout cela, et qu&rsquo;on n&rsquo;en parle plus : De temps en temps, une immense lassitude me saisit, et je ne d\u00e9sire plus que de me glisser dans mon lit, de fermer les yeux et de tout oublier (\u00ab<em>At times, a vast weariness nearly overcomes me, and I just want to take to my bed, close my eyes, and forget.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais l&rsquo;homme qui songe un instant \u00e0 tout oublier oublie ce fugace instant d&rsquo;abandon pour se remettre \u00e0 l&rsquo;ouvrage. N&rsquo;oubliez jamais qu&rsquo;il l&rsquo;a connu, cet instant d&rsquo;abandon ; n&rsquo;oubliez jamais que cet instant le guette \u00e0 chaque instant de cette vie qui est un combat terrible, tant ce combat para\u00eet, aujourd&rsquo;hui, dans cette terrible \u00e9poque, souvent si affreusement disproportionn\u00e9 et parfois si compl\u00e8tement inutile ; qu&rsquo;il vous guette vous aussi, sans aucun doute, cet instant d&rsquo;abandon, qu&rsquo;il nous guette tous&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa seconde citation est celle d&rsquo;un tr\u00e8s r\u00e9cent message de lecteur, qu&rsquo;on retrouve dans le <em>Forum<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/forum.html\" class=\"gen\">17 juin 2012<\/a>, sous le titre : \u00ab<em>Tout doit dispara\u00eetre, achetez mon Am\u00e9rique<\/em>\u00bb. Il y a parfois de ces mots, de ces remarques qui nous attachent particuli\u00e8rement parce qu&rsquo;elle touche pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e0 l&rsquo;<strong>essence<\/strong> m\u00eame de notre travail, de notre <strong>mission<\/strong>. Ce message, chronologiquement le plus proche de nous puisque si r\u00e9cent, est de cette sorte Apr\u00e8s avoir expos\u00e9 les d\u00e9tails d&rsquo;un accord n\u00e9goci\u00e9 par les USA dont des fuites viennent d&rsquo;en divulguer quelques d\u00e9tails, ce lecteur termine par ces lignes qui s&rsquo;adressent particuli\u00e8rement \u00e0 nous :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>D\u00e9couvrir cet accord et penser \u00e0 ses prolongements me donne un peu le vertige.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Je comprends mieux maintenant, le besoin des auteurs de dde.org de s&rsquo;ancrer dans de nombreuses r\u00e9p\u00e9titions de formules, redites de th\u00e9ories et pr\u00e9cautions de raisonnement, que je trouve parfois pesantes.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Une heure l\u00e9g\u00e8re de ces choses me donne un d\u00e9but de tournis, j&rsquo;imagine qu&rsquo;y baigner toute la journ\u00e9e, tous les jours, depuis des ann\u00e9es et dans des profondeurs abyssales, doit \u00eatre \u00e9prouvant pour le jugement et le sens de l&rsquo;\u00e9quilibre.<\/em> <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Dans leur m\u00e9tier, multiplier les points d&rsquo;attache avec la r\u00e9alit\u00e9 et les v\u00e9rifier obsessionnellement, doit relever de basiques gestes de survie, comme contr\u00f4ler sa corde et son harnais pour un alpiniste, ou ses munitions pour un soldat (c&rsquo;est vrai que quand on lit Le Monde, on est beaucoup moins encombr\u00e9 de r\u00e9alit\u00e9).<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai que nous n&rsquo;avons pas la pr\u00e9tention, <strong>g\u00e9n\u00e9rale<\/strong> et comme par syst\u00e8me, de la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 de la phrase rapide (c&rsquo;est \u00e0 voir), d&rsquo;une concision qui se voudrait \u00e9l\u00e9gante (c&rsquo;est \u00e0 voir), d&rsquo;une plume qui se jugerait en plus si gracieuse (c&rsquo;est \u00e0 voir) Nous savons \u00e9galement que cette l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, cette concision, sont aussi complices du jugement abrupt, tranchant et exp\u00e9di\u00e9, qui ne nous semble pas \u00eatre la voie juste vers la v\u00e9rit\u00e9, dans une \u00e9poque aussi troubl\u00e9e, aussi complexe dans sa psychologie et l&rsquo;\u00e9ventail de ses enjeux, et aussi orpheline de r\u00e9f\u00e9rences assur\u00e9es qui sont autant de principes renvoyant au <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_haine_du_principe_du_principe__31_05_2012.html\" class=\"gen\">principe du Principe<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous gardons constamment et bien pr\u00e9cise \u00e0 l&rsquo;esprit cette citation de Voltaire, que nous ne sommes pas loin de consid\u00e9rer comme un faussaire de g\u00e9nie, un artiste du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_crise_de_la_raison_humaine_ddecrisis_18_07_2010.html\" class=\"gen\">persiflage<\/a> (le mot est apparu pour la premi\u00e8re fois sous sa plume et 1734), un saltimbanque politique et ma\u00eetre des salons au talent incomparable ; et cette citation, d&rsquo;une phrase \u00e9crite dans un \u00e9clair de franchise sarcastique,  car il se connaissait bien et sans doute prenait-il un malin plaisir \u00e0 se d\u00e9couvrir parfois tel qu&rsquo;il \u00e9tait,  et il s&rsquo;agit ici du style, comme l&rsquo;on devrait dire sans la moindre h\u00e9sitation <strong>le style c&rsquo;est l&rsquo;esprit<\/strong> Bien, ainsi \u00e9crit-il, en 1737 (extrait de cette lettre du 30 juin 1737 \u00e0 Pitot, cit\u00e9e par Sainte-Beuve, avec le soulign\u00e9 en gras de notre fait) :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Vous trouvez que je m&rsquo;explique assez clairement : je suis comme les petits ruisseaux, ils sont transparents parce qu&rsquo;ils sont<\/em> <strong><em>peu profonds.<\/em><\/strong>\u00bb (Et Sainte-Beuve de commenter, mi-figue mi-raisin : \u00ab<em>Il disait cela en riant ; on se dit ainsi \u00e0 soi m\u00eame bien des demi-v\u00e9rit\u00e9s.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous ne sommes pas dans une \u00e9poque qu&rsquo;on pourrait symboliser par l&rsquo;image d&rsquo;un petit cours d&rsquo;eau charmant, d\u00e9roul\u00e9 avec apaisement et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 dans un d\u00e9cor idyllique et champ\u00eatre, tout cela d&rsquo;un temps o\u00f9 le Progr\u00e8s n&rsquo;avait pas imprim\u00e9 sa marque sur notre monde  comme le pouce d&rsquo;un g\u00e9ant colossal \u00e9crase le monde ; nous ne sommes pas dans une \u00e9poque qui fait chanter l&rsquo;eau transparente d&rsquo;un joli ruisseau peu profond, mais celle-l\u00e0 plut\u00f4t qui fait gronder les flots tumultueux et opaques d&rsquo;un fleuve puissant et d\u00e9cha\u00een\u00e9, dont nul n&rsquo;aper\u00e7oit les rives hostiles et dissimul\u00e9es, dont nul ne sait le dessein cach\u00e9 dans ses profondeurs sombres et abyssales Cela signifie, pour notre part et dans les instructions de notre fonction, que nous portons la charge d&rsquo;un discours qui doit s&rsquo;entourer d&rsquo;extr\u00eames pr\u00e9cautions et de pr\u00e9cisions qui ne le sont pas moins, qui doit contenir toutes les significations, en s\u00e9parant ce que nous croyons le bon grain de l&rsquo;ivraie, effectivement en nous appuyant sans cesse sur nos r\u00e9f\u00e9rences principielles sous peine de sombrer dans cette \u00e9poque folle. C&rsquo;est une bataille \u00e9puisante, non pas contre un adversaire identifi\u00e9 et qu&rsquo;on jugerait loyal apr\u00e8s tout, mais contre une multiple agression venue de tous les c\u00f4t\u00e9s, sans tr\u00eave ni repos, dont le but est de vous d\u00e9faire, de vous d\u00e9mantibuler, de vous d\u00e9structurer, dans l&rsquo;obscurit\u00e9 d&rsquo;une nuit qui para\u00eet sans fin, o\u00f9 vous ne savez qui est l&rsquo;ennemi et qui est l&rsquo;ami, o\u00f9 vous \u00eates au constat que seul le mot glac\u00e9 et terrible de Syst\u00e8me convient \u00e0 la bataille. Notre lecteur a bien vu la chose : basiques gestes de survie, comme contr\u00f4ler sa corde et son harnais pour un alpiniste, ou ses munitions pour un soldat.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette charge de la phrase, du discours, est vitale, et nous estimons, au bout du compte, qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas sans beaut\u00e9, comme l&rsquo;est toute plume qui pr\u00e9tend \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 (la plume de fer qui n&rsquo;est pas sans beaut\u00e9 d&rsquo;Alfred de Vigny) ; nous pr\u00e9tendons, au bout du compte, qu&rsquo;on sait y distinguer quelque l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 du mouvement, et qu&rsquo;elle tient nette et droite une pens\u00e9e qui, pour survivre, doit s&rsquo;ancrer dans le caract\u00e8re d&rsquo;une ligne trac\u00e9e durement et fermement. Cette charge de la phrase, c&rsquo;est aussi la charge de l&rsquo;esprit, qui r\u00e9pond \u00e0 la charge du monde entr\u00e9 dans une crise d&rsquo;effondrement et de folie tout ensemble ; elle devrait \u00eatre le vrai style d&rsquo;une \u00e9poque qui rassemble toutes les pressions de toutes les pens\u00e9es, des plus trompeuses aux plus \u00e9lev\u00e9es, plut\u00f4t que les fiches de robot que le conseiller adresse \u00e0 son ministre ; elle devrait \u00eatre celle qui enfante un style h\u00e9ro\u00efque. Nous ne sommes pas dans les salons du XVIII\u00e8me et dans les \u00e9l\u00e9gantes demeures, comme celle de Fernay. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;apr\u00e8s eux que vint le d\u00e9luge. Nous, nous devons \u00e9crire h\u00e9ro\u00efquement et c&rsquo;est l\u00e0 notre charge d&rsquo;un poids que, parfois, on a de la peine \u00e0 imaginer<\/p>\n<h3>Cette immense lassitude<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tTout cela nous ram\u00e8ne \u00e0 Raimondo, \u00e0 ses moments de lassitude. Car la charge de la phrase, qui r\u00e9pond \u00e0 la charge de l&rsquo;esprit, est ceci \u00e9galement qui, \u00e0 certains moments de faiblesse, vous fait c\u00e9der un instant \u00e0 la lassitude et \u00e0 cette tentation de fermer les yeux et d&rsquo;oublier, comme l&rsquo;on doit faire dans un bienheureux dernier soupir. Dans cette \u00e9poque aussi troubl\u00e9e, aussi complexe et aussi orpheline de r\u00e9f\u00e9rences assur\u00e9es, lorsque vous avez la charge d&rsquo;en rendre compte avec le plus d&rsquo;exactitude possible, on conna\u00eet de tels moments qui semblent comme la seule voie vers l&rsquo;apaisement de soi. Puis, comme l&rsquo;\u00e9crit Raimondo, le sens de la mission, qui est <strong>aussi<\/strong> la seule voie, pour vous, pour continuer \u00e0 vivre, reprend le dessus et vous \u00e9lectrise. Cet exercice, ce contraste de moments d&rsquo;abandon et de moments de renaissance, est \u00e0 la fois \u00e9puisant et glorieux,  mais il est aussi, dans l&rsquo;ordre inverse, glorieux et \u00e9puisant.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais il est dit, ou il devrait \u00eatre dit que nous ne sommes pas seuls,  sans quoi, notre mission tend vers l&rsquo;absurdit\u00e9 sans doute. Nous parlons ici de nos lecteurs, et c&rsquo;est donc \u00e0 eux, ici, que la parole doit \u00eatre donn\u00e9e. Eux-m\u00eames ne sont pas indiff\u00e9rents \u00e0 cela, \u00e0 leur part de travail, comme le montre cette intervention cit\u00e9e en t\u00eate de ce texte, qui est une fa\u00e7on de comprendre la charge de notre mission et ainsi, d&rsquo;en prendre un peu \u00e0 son compte.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEst-il n\u00e9cessaire d&rsquo;en dire plus ? Pas vraiment, pour notre compte. Nous n&rsquo;avons jamais vraiment consid\u00e9r\u00e9 l&rsquo;exercice de donation que nous demandons chaque mois \u00e0 nos lecteurs principalement comme un exercice de comptabilit\u00e9, mais d&rsquo;abord, essentiellement, nous irions m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 \u00e9crire pour d\u00e9crire l&rsquo;<strong>esprit<\/strong> de la chose, presque <strong>exclusivement<\/strong> comme un exercice de solidarit\u00e9 et de fraternit\u00e9 hautes. Sans de telles manifestations, en v\u00e9rit\u00e9, nous nous sentons bien seuls, et l&rsquo;immense lassitude dont nous parlions plus haut n&rsquo;est plus tr\u00e8s loin. Les lecteurs de <em>dedefensa.org<\/em> ont leur part, qui est importante, pour en \u00e9carter le spectre.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ainsi soit-il, comme ricanerait Voltaire, pas m\u00e9content apr\u00e8s tout du monde qu&rsquo;il nous a laiss\u00e9 en h\u00e9ritage, nous qui y avons cru ; ce monde-l\u00e0, qui est quand m\u00eame une terrible (plut\u00f4t que sacr\u00e9e) bonne blague sortie de si \u00e9l\u00e9gants discours, eux-m\u00eames \u00e9crits avec la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 des ruisseaux charmeurs, d&rsquo;une eau si claire qu&rsquo;elle en est transparente jusqu&rsquo;\u00e0 ne plus exister !<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Raimondo, Voltaire, un lecteur et dedefensa.org 25 juin 2012 Ce texte ne serait rien que du bavardage inconsistant s&rsquo;il n&rsquo;avait, pour l&rsquo;articuler, pour le structurer, pour lui donner son essence, deux citations, qui nous ont \u00e0 la fois arr\u00eat\u00e9s, \u00e9mus, dans lesquelles nous nous sommes reconnus, qui nous ont \u00e0 la fois plong\u00e9s dans des&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[16],"tags":[2981,3907,4854,7856,10121,2964,4337,14920,8082,12185,4725],"class_list":["post-73217","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-notre-situation","tag-dedefensa-org","tag-destructuration","tag-donation","tag-justin","tag-lassitude","tag-pensee","tag-raimondo","tag-ruisseau","tag-sainte-beuve","tag-style","tag-voltaire"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73217","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73217"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73217\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73217"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73217"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73217"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}