{"id":73269,"date":"2012-07-21T06:18:33","date_gmt":"2012-07-21T06:18:33","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/07\/21\/un-serpent-de-mer-type-nie-quelque-part-entre-la-cia-et-bho\/"},"modified":"2012-07-21T06:18:33","modified_gmt":"2012-07-21T06:18:33","slug":"un-serpent-de-mer-type-nie-quelque-part-entre-la-cia-et-bho","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/07\/21\/un-serpent-de-mer-type-nie-quelque-part-entre-la-cia-et-bho\/","title":{"rendered":"Un serpent de mer type-NIE, quelque part entre la CIA et BHO"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Un serpent de mer type-NIE, quelque part entre la CIA et BHO<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;exercice irr\u00e9gulier du <em>National Intelligence Assesment<\/em> (NIE) a toujours \u00e9t\u00e9 passionnant, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, entre Langley, si\u00e8ge de la CIA, et Washington, o\u00f9 si\u00e8ge la Maison-Blanche du pr\u00e9sident en cours. On doit se rappeler l&rsquo;aventure \u00e9pique du NIE 2007, o\u00f9 cette analyse g\u00e9n\u00e9rale de tous les services de renseignement US, coordonn\u00e9e par la CIA, venait contredire la position officielle du gouvernement US,  dans tous les cas, ses fractions les plus extr\u00e9mistes qui tenaient (et tiennent toujours) le haut du pav\u00e9,  concernant la nucl\u00e9aire iranien. (Voir notamment le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-nie_2007_ou_la_revanche_des_realistes_06_12_2007.html\" class=\"gen\">6 d\u00e9cembre 2007<\/a> et le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-voici_le_coup_d_etat_postmoderne__07_12_2007.html\" class=\"gen\">7 d\u00e9cembre 2007<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette fois, il semblerait qu&rsquo;un NIE serait sur le point de se boucler, concernant la situation syrienne, et qui viendrait contredire sur de nombreux points la position officielle de l&rsquo;administration. C&rsquo;est l&rsquo;ancien officier de la CIA Philip Geraldi, devenu commentateur ind\u00e9pendant et donc dissident mais toujours en bons termes avec des sources au sein de la CIA, qui donne les premi\u00e8res pr\u00e9cisions sur la chose, le <a href=\"http:\/\/findarticles.com\/p\/articles\/mi_7060\/is_7_11\/ai_n58666255\/?tag=content;col1\" class=\"gen\">20 juillet 2012<\/a>, sur le site de <em>The American Conservative<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The intelligence community is giving the Obama White House some serious pushback over Syria. A not-yet-completed National Intelligence Estimate on the Syrian situation is stalled in a familiar limbo between Langley and the White House because the report does not support administration representations of what is taking place. It paints a bleak picture of post-Assad Syria and reveals that the Free Syria Army is much smaller than it claims to be, that its leadership has been infiltrated by the Muslim Brotherhood, and that many insurgents have a demonstrated radical agenda. Most damaging of all, the report cites extensive information derived from technical intelligence to make the case that many of the deliberate massacres of Syrian civilians can be attributed to militants rather than to the government of Bashar al-Assad. It seems that the rebels have not been careful when speaking over cell phones about what they have been up to.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGeraldi est un des quelques dissidents de la CIA qui, ayant d\u00e9missionn\u00e9 pour des raisons \u00e9videntes d&rsquo;\u00e9thique et d&rsquo;ind\u00e9pendance de leur travail, constituent un des canaux relayant pour le public certaines positions internes de la CIA qu&rsquo;on peut juger approchantes de la dissidence par rapport aux manipulations-Syst\u00e8me des directions politiques et des \u00e9lites subverties par le Syst\u00e8me. Pour cette raison, les informations qu&rsquo;il diffuse ont toujours un int\u00e9r\u00eat certain et un cr\u00e9dit raisonnable. L&rsquo;annonce que Geraldi fait du bouclage en cours d&rsquo;un NIE concernant la Syrie doit donc \u00eatre accueillie avec attention et int\u00e9r\u00eat parce qu&rsquo;elle concerne certainement un \u00e9v\u00e9nement en cours, et qu&rsquo;un NIE constitue institutionnellement un document de tr\u00e8s grand poids. De l\u00e0 \u00e0 ce qu&rsquo;il re\u00e7oive la publicit\u00e9 qu&rsquo;il m\u00e9rite, c&rsquo;est une autre histoire, et Geraldi nous le dit bien avec sa phrase selon laquelle le rapport se trouve dans une zone interm\u00e9diaire et incertaine entre Langley (la CIA) et la Maison-Blanche parce qu&rsquo;il contredit clairement la <em>narrative<\/em> officielle sur la situation syrienne (\u00ab<em> is stalled in a familiar limbo between Langley and the White House because the report does not support administration representations of what is taking place<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa bataille qui va s&rsquo;engager va se faire \u00e0 coups de fuites diverses. Le probl\u00e8me, du point de vue du groupe qui veut faire sortir le NIE dans le public d&rsquo;une fa\u00e7on efficace, est de trouver les bons relais m\u00e9diatiques et la publicit\u00e9 d&rsquo;effet imm\u00e9diat, avec comme r\u00e9sultat recherch\u00e9 une publication du rapport dans les conditions optimales d&rsquo;effets m\u00e9diatiques. A cet \u00e9gard, Geraldi est, avec son texte, une sorte d&rsquo;avant-garde dont le but est de t\u00e2ter le terrain autant que d&rsquo;alerter les relais recherch\u00e9s. Il n&rsquo;y a donc l\u00e0 aucune r\u00e8gle \u00e9tablie, aucune proc\u00e9dure ferme, ce qui mesure l&rsquo;\u00e9tat d\u00e9compos\u00e9 et de dissolution des structures du gouvernement \u00e0 Washington et dans le complexe de s\u00e9curit\u00e9 nationale. La publicit\u00e9 du NIE, ou du moins de ses principales orientations et conclusions, ne r\u00e9pond \u00e0 aucune r\u00e8gle pr\u00e9cise d&rsquo;une fa\u00e7on formelle, parce que ce document est au d\u00e9part consid\u00e9r\u00e9 comme central pour la s\u00e9curit\u00e9 nationale du pays et doit donc trait\u00e9 comme tel : prot\u00e9g\u00e9 dans ses sources et pour les positions de ses participants, et dans certains de ses d\u00e9tails, mais diffus\u00e9 publiquement dans ses grandes lignes et ses conclusions fondamentales. Il s&rsquo;agit donc, pour le faire conna\u00eetre ou pour le faire dispara\u00eetre (disons l&rsquo;\u00e9touffer), d&rsquo;une bataille d&rsquo;influence et d&rsquo;une bataille de centres de pouvoir aux int\u00e9r\u00eats divergents. Pour les conditions que nous connaissons, cela implique simplement une bataille entre la <em>narrative<\/em> institutionnalis\u00e9e et une vision tr\u00e8s document\u00e9e de la v\u00e9rit\u00e9 de la situation. (La bataille pour le NIE 2007, \u00e0 nouveau, est exemplaire \u00e0 cet \u00e9gard.) On verra qui l&#8217;emportera. Nous pensons dans tous les cas que la publication de ce NIE aura effectivement lieu, dans un d\u00e9lai de quelques semaines, voire de quelques mois (sera-t-il bloqu\u00e9 d&rsquo;ici l&rsquo;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle ?) ; que la seule inconnue, comme nous l&rsquo;avons dit plus haut, est la publicit\u00e9 et l&rsquo;accueil qui lui seront faits. Dans tous les cas, cette publication sera un fait politique, plus ou moins connu, et il aura la vertu d&rsquo;amener un d\u00e9sordre encore plus grand, plus ou moins grand selon son \u00e9cho, dans la <em>narrative<\/em> du bloc BAO,  laquelle, bien entendu, ne changera pas pour si peu, bien que tout le contenu la contredise absolument<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn effet, sur le contenu et d&rsquo;apr\u00e8s ce que Geraldi laisse entendre, aucune surprise (pour nous, s&rsquo;entend). La <em>narrative<\/em> du bloc BAO est bien une <em>narrative<\/em>, d&rsquo;une fa\u00e7on massive et largement d\u00e9sordonn\u00e9e. L&rsquo;opposition syrienne est gangren\u00e9e par des infiltrations nombreuses, notamment d&rsquo;extr\u00e9mistes islamistes et de suppl\u00e9tifs et mercenaires divers, les uns fonctionnant \u00e0 l&rsquo;id\u00e9ologie, les autres \u00e0 la corruption et la r\u00e9tribution \u00e0 partir de masses d&rsquo;argent venues principalement du Qatar et d&rsquo;Arabie, avec l&rsquo;habituelle intervention de groupes US dans le m\u00eame sens, certains de centres op\u00e9rationnels de la CIA (rien \u00e0 voir avec les analystes du NIE) et d&rsquo;autres de centres priv\u00e9es engag\u00e9es dans l&rsquo;<em>industry of regime change<\/em>. Les pr\u00e9cisions que donne Geraldi sur l&rsquo;interception des communications des rebelles sont int\u00e9ressantes \u00e9galement, en montrant l&rsquo;esp\u00e8ce de sentiment d&rsquo;impunit\u00e9 qui habite certains acteurs, les \u00e9changes sans la moindre dissimulation sur les montages qu&rsquo;ils ont r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 l&rsquo;occasion de certains massacres attribu\u00e9s aux troupes syriennes effectu\u00e9s par eux-m\u00eames : ceux-l\u00e0, au moins, sont conscients du travail qu&rsquo;ils font (\u00ab<em>many of the deliberate massacres of Syrian civilians can be attributed to militants rather than to the government of Bashar al-Assad. It seems that the rebels have not been careful when speaking over cell phones about what they have been up to<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn distingue assez bien les conditions de fonctionnement de l&rsquo;opposition syrienne, qui confirment les hypoth\u00e8ses g\u00e9n\u00e9ralement faites. A c\u00f4t\u00e9 de groupes recherchant effectivement un changement politique qu&rsquo;ils jugent justifi\u00e9, s&rsquo;est greff\u00e9e une masse \u00e9norme de groupes id\u00e9ologiques, de groupes de mercenaires r\u00e9tribu\u00e9s ou de groupes de d\u00e9linquants \u00e9galement r\u00e9tribu\u00e9s, qui agissent d&rsquo;abord pour leurs int\u00e9r\u00eats propres en participant au renforcement de la <em>narrative<\/em> g\u00e9n\u00e9rale qui s&rsquo;est install\u00e9e comme inspiratrice et moteur exclusif de la politique du bloc BAO. Il n&rsquo;y a rien de v\u00e9ritablement construit dans tout cela, sinon une pouss\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;<em>industry de regime change<\/em> pour un seul but, qui a la vertu de la radicalit\u00e9 et de la simplicit\u00e9 et qui est devenu le seul argument de cette politique sans le moindre souci ni le moindre int\u00e9r\u00eat pour les cons\u00e9quences : la chute d&rsquo;Assad. Cette politique manipul\u00e9e par la <em>narrative<\/em> enfant\u00e9e par le Syst\u00e8me, selon ses automatismes, est donc une politique fondamentalement de d\u00e9sordre, et cr\u00e9atrice de d\u00e9sordre. Ses acteurs rattach\u00e9s (les id\u00e9ologues et les mercenaires de l&rsquo;opposition) fonctionnent de cette fa\u00e7on,  en d\u00e9sordre, sans s&rsquo;en cacher le moins du monde dans les informations qu&rsquo;ils \u00e9changent. Une publication \u00e0 venir de cette NIE sera un point int\u00e9ressant parce qu&rsquo;elle permettra de mettre un sceau officiel sur cette description de la situation syrienne. Encore une fois, la <em>narrative<\/em> ne changera pas pour si peu, mais elle sera structurellement un peu plus fragilis\u00e9e, ce qui peut \u00eatre payant dans certaines circonstances provoqu\u00e9es par des \u00e9v\u00e8nements inattendus.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 21 juillet 2012 \u00e0 06H18<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un serpent de mer type-NIE, quelque part entre la CIA et BHO L&rsquo;exercice irr\u00e9gulier du National Intelligence Assesment (NIE) a toujours \u00e9t\u00e9 passionnant, ces derni\u00e8res ann\u00e9es, entre Langley, si\u00e8ge de la CIA, et Washington, o\u00f9 si\u00e8ge la Maison-Blanche du pr\u00e9sident en cours. 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