{"id":73297,"date":"2012-08-03T11:45:48","date_gmt":"2012-08-03T11:45:48","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/08\/03\/sont-ils-en-1914\/"},"modified":"2012-08-03T11:45:48","modified_gmt":"2012-08-03T11:45:48","slug":"sont-ils-en-1914","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/08\/03\/sont-ils-en-1914\/","title":{"rendered":"Sont-ils en 1914 ?"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Sont-ils en 1914 ?<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t3 ao\u00fbt 2012  Cela fut dit tr\u00e8s r\u00e9cemment, nous dit-on, lors d&rsquo;un entretien entre le SACEUR (le commandant en chef des forces alli\u00e9es de l&rsquo;OTAN), l&rsquo;amiral Stavridis, et un chef d&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;un des grands pays de l&rsquo;Alliance, hors les USA bien entendu. Le SACEUR donnait son analyse de la situation g\u00e9n\u00e9rale, g\u00e9opolitique et militaire, notamment autour des grandes crises du Moyen-Orient (Syrie principalement, Ormouz, Iran, nullement accessoirement,  ou bien, dans un autre moment, Iran principalement, Ormouz, Syrie, nullement accessoirement,  et ainsi de suite). Il r\u00e9suma son avis de cette phrase lapidaire dont on comprend aussit\u00f4t le sens : \u00ab<em>Nous sommes en 1914<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet avis confirme l&rsquo;analyse cr\u00e9pusculaire que font les militaires US de la situation, leur inqui\u00e9tude se trouvant du c\u00f4t\u00e9 de directions politiques qu&rsquo;ils jugent hors de contr\u00f4le par rapport aux facteurs qui, normalement, devraient d\u00e9terminer leur politique. On pourrait \u00e9galement r\u00e9percuter une analyse similaire de la tr\u00e8s vastes majorit\u00e9 des chefs militaires et des services de s\u00e9curit\u00e9 isra\u00e9liens vis-\u00e0-vis de leur direction politique qui ne cesse de menacer, depuis six ans et plus, qu&rsquo;il est temps d&rsquo;en finir avec l&rsquo;Iran. On notera que tout cela est dit, de notre part, sans consid\u00e9ration partisane, de ce point de vue sans esprit antiSyst\u00e8me et sans appr\u00e9cier les voix que nous citons comme ce qu&rsquo;elles sont tout de m\u00eame,  des voix effectivement issues du Syst\u00e8me. Mais pour ce cas, nous \u00e9cartons en partie ces consid\u00e9rations, dont on avait d\u00e9j\u00e0 eu un avant-go\u00fbt, ou un go\u00fbt partiel, par exemple le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-a_la_cape_02_11_2011.html\" class=\"gen\">2 novembre 2011<\/a> ; si elles subsistent, nous les gardons d&rsquo;une fa\u00e7on compl\u00e9mentaire, au profit du principal de nos consid\u00e9rations qui concerne un autre aspect de la situation.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe qui caract\u00e9rise toutes ces opinions, ces prises de position, dans le chef de dirigeants techniques de la puissance du Syst\u00e8me, c&rsquo;est l&rsquo;impuissance qui semble les accompagner. Le constat \u00ab<em>Nous sommes en 1914<\/em>\u00bb semble s&rsquo;accompagner d&rsquo;un compl\u00e9ment implicite qui ferait que la phrase pourrait se dire plus pr\u00e9cis\u00e9ment : \u00ab<em>Nous sommes en 1914 et nous savons ce qui va se passer en 1914, et nous n&rsquo;y pouvons rien<\/em>\u00bb L&rsquo;id\u00e9e est \u00e9trange dans la mesure o\u00f9 ceux qui l&rsquo;\u00e9nonceraient sont ceux-l\u00e0 m\u00eame qui disposent du contr\u00f4le des outils de la puissance ; et elle serait d&rsquo;autant plus remarquable, cette id\u00e9e,  que leur r\u00e9serve (et nous n&rsquo;y pouvons rien), dans le cas particulier de cette p\u00e9riode, ne s&rsquo;adresse plus vraiment et sp\u00e9cifiquement aux directions politiques mais \u00e0 une dynamique en cours, qui semble irr\u00e9sistible et qui n&rsquo;\u00e9mane certainement pas de ces directions politiques, lesquelles en seraient plut\u00f4t les jouets, plus ou moins consciemment. Nous voulons dire par l\u00e0 qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas un concert particulier, une offensive extraordinaire de communication en faveur de la guerre \u00e0 tout prix,  cela consid\u00e9r\u00e9 par comparaison \u00e0 d&rsquo;autres p\u00e9riodes pr\u00e9c\u00e9dentes, o\u00f9 l&rsquo;agitation \u00e0 cet \u00e9gard fut bien plus forte. M\u00eame le parti de la guerre semble assez discret, les choses semblant effectivement \u00e9voluer d&rsquo;elles-m\u00eames,  peut-\u00eatre \u00e0 sa satisfaction compl\u00e8te diraient certains, mais nous n&rsquo;en sommes pas si s\u00fbrs car nous pensons que cette satisfaction s&rsquo;\u00e9talerait partout dans des d\u00e9clarations belliqueuses et enthousiastes,  ce qui n&rsquo;est vraiment pas le cas, encore une fois<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMentionnons rapidement quelques \u00e9l\u00e9ments de situation, appr\u00e9ciations et commentaires de ces derniers jours, qui t\u00e9moignent de cette mont\u00e9e de la <strong>tension des \u00e9v\u00e8nements<\/strong><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t  Le sentiment de la direction supr\u00eame iranienne serait que la guerre est pour les prochaines semaines. Le site <em>DEBKAFiles<\/em> publiait, le <a href=\"http:\/\/www.debka.com\/article\/22229\/Khamenei-Warns-Iran's-Top-Leaders-WAR-IN-WEEKS\" class=\"gen\">1er ao\u00fbt 2012<\/a> un article sur la chose : \u00ab<em>On July 27, just before Friday prayers, Iran&rsquo;s supreme leader Ayatollah Ali Khamenei summoned top Iranian military chiefs for what he called their last war council. We&rsquo;ll be at war within weeks, he told the gathering, DEBKAfile&rsquo;s exclusive Iranian and intelligence sources disclose <\/em>[] <em>Khamenei put before his war council a timeline of weeks for the coming conflict  September or October.<\/em>\u00bb La nouvelle de <em>DEBKAFiles<\/em> a \u00e9t\u00e9 largement reprise.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Des pr\u00e9cisions sont apport\u00e9es dans le New York <em>Times<\/em> (reprises par <em>Infowars.com<\/em> le <a href=\"http:\/\/www.infowars.com\/former-mossad-chief-to-iranians-be-fearful-of-the-next-12-weeks\/\" class=\"gen\">2 ao\u00fbt 2012<\/a>), notamment \u00e0 partir de d\u00e9clarations d&rsquo;Efra\u00efm Levy, ancien directeur du <em>Mossad<\/em>, sur la possibilit\u00e9\/la probabilit\u00e9 d&rsquo;une attaque contre l&rsquo;Iran dans les douze semaines qui viennent, c&rsquo;est-\u00e0-dire avant les \u00e9lections pr\u00e9sidentielles US. L&rsquo;attaque serait conjointement men\u00e9e par les USA et Isra\u00ebl. L&rsquo;\u00e9l\u00e9ment nouveau est l&rsquo;appr\u00e9ciation suppos\u00e9e de Netanyahou selon laquelle il n&rsquo;y aurait gu\u00e8re de chance de convaincre les USA d&rsquo;attaquer apr\u00e8s les pr\u00e9sidentielles, y compris si Romney est \u00e9lu (dans tous les cas pour le d\u00e9but de son mandat),  ce qui est une appr\u00e9ciation nouvelle, essentiellement pour Romney.  Cela apporte un \u00e9l\u00e9ment d&rsquo;incertitude ou de limitation de l&rsquo;influence isra\u00e9lienne (de Netanyahou) sur la direction am\u00e9ricaniste, qu&rsquo;on aurait tendance \u00e0 juger illimit\u00e9e ; m\u00eame pour Romney, dont la capacit\u00e9 de projection de la pens\u00e9e semble limit\u00e9e aux derni\u00e8res et aux prochaines vingt-quatre heures, l&rsquo;id\u00e9e n&rsquo;est pas impossible : s&rsquo;il est \u00e9lu, d\u00e8s qu&rsquo;il serait \u00e9lu il ne penserait plus qu&rsquo;\u00e0 prot\u00e9ger le statut de son administration et oublierait toutes ses promesses \u00e9lectorales qui seraient alors \u00e9loign\u00e9es de plus de vingt-quatre heures <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Speculation that Israel and the United States may decide to launch an attack on Iran&rsquo;s nuclear facilities have heightened after former Mossad chief Efraim Halevy told the New York Times, If I were an Iranian, I would be very fearful of the next 12 weeks. The NY Times report speculates that the window of opportunity to strike is closing, partly because of Israel&rsquo;s aversion to winter battles and partly because Benjamin Netanyahu fears that whoever wins the US presidential election, impetus will be lost. Mr. Netanyahu feels that he will have less leverage if President Obama is re-elected, and that if Mr. Romney were to win, the new president would be unlikely to want to take on a big military action early in his term, states the report.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Whether speculation that conflict could break out over the next two months is merely Israeli propaganda remains to be seen. Experts have noted that the rhetoric could merely be a bargaining tool to force the Iranians to submit to tighter controls over their nuclear energy program.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Cela n&#8217;emp\u00eache \u00e9videmment pas \u00e0 la crise syrienne d&rsquo;exister toujours et, m\u00eame, montrant en cela sa coordination objective avec les autres \u00e9l\u00e9ments constitutifs de la crise haute, d&rsquo;arriver \u00e9galement \u00e0 un point de fusion. La d\u00e9mission de Kofi Annan (voir <em>Russia Today<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.rt.com\/news\/kofi-annan-steps-down-syria-envoy-704\/\" class=\"gen\">3 ao\u00fbt 2012<\/a>) r\u00e9duit \u00e0 n\u00e9ant le mince fil qui faisait subsister encore l&rsquo;espoir d&rsquo;une d\u00e9marche diplomatique et montre effectivement que nous sommes entr\u00e9s dans la phase de la guerre active en Syrie. On ne se pr\u00e9occupe plus, du c\u00f4t\u00e9 du bloc BAO, de d\u00e9guiser sa politique derri\u00e8re des <em>narrative<\/em> de convenance, de type humanitariste et selon les m\u00e9thodes faussaires qu&rsquo;on conna\u00eet ; on ne se pr\u00e9occupe plus  gu\u00e8re de parler de massacres, de rejeter la responsabilit\u00e9 sur l&rsquo;autre camp C&rsquo;est plut\u00f4t l&rsquo;impression du train d\u00e9sormais sur ses rails et, d\u00e9sormais, filant \u00e0 son rythme de guerre, particuli\u00e8rement rapide et entreprenant. On d\u00e9couvre que, face aux interventions grossi\u00e8res du bloc BAO depuis des mois, il existe \u00e9galement des rumeurs pr\u00e9cises d&rsquo;engagements de certains effectifs du <em>Hezbollah<\/em> aux c\u00f4t\u00e9s des forces syriennes, et la participation de conseillers russes \u00e0 l&rsquo;action de ces forces. C&rsquo;est aussi une indication sur l&rsquo;\u00e9volution de la situation, avec d\u00e9sormais la Syrie comme foyer bien install\u00e9 de tension et de prolif\u00e9ration de la violence dans la r\u00e9gion. (Par exemple, l&rsquo;Irak observe que la situation syrienne alimente puissamment une plong\u00e9e dans la violence et le d\u00e9sordre, avec le retour d&rsquo;al Qa\u00efda en Irak, qui pourrait ramener le pays au pire de la p\u00e9riode qui a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 [voir Reuters, le <a href=\"http:\/\/www.reuters.com\/article\/2012\/08\/02\/us-syria-crisis-iraq-qaeda-idUSBRE8710QC20120802\" class=\"gen\">2 ao\u00fbt 2012<\/a>]. Cela mettrait \u00e0 l&rsquo;actif des USA, avec leur part consid\u00e9rable dans la dynamique de renaissance du concept al Qa\u00efda et ce qu&rsquo;il recouvre (terrorisme, extr\u00e9misme religieux, crime organis\u00e9), l&rsquo;exploit d&rsquo;avoir <strong>deux fois<\/strong> successivement plong\u00e9 l&rsquo;Irak dans un chaos d\u00e9structurant.).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Dans le cadre de ces crises (comme du reste, certes), la paralysie des pouvoirs au sein du bloc bAO est un \u00e9l\u00e9ment structurel important. Cette paralysie se situe \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des normes du Syst\u00e8me et est d\u00e9termin\u00e9e par elles. L&rsquo;Europe (l&rsquo;UE) d\u00e9passe tous ses partenaires \u00e0 cet \u00e9gard. La paralysie du pouvoir US, dans sa diversit\u00e9, est un point particulier \u00e0 souligner, une sorte de perfection en la mati\u00e8re. A la paralysie structurelle qu&rsquo;on a <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_dissolution_du_pouvoir_politique_ddecrisis_14_06_2010.html\" class=\"gen\">maintes<\/a> fois <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_week-end_pre-revolutionnaire__30_07_2011.html\" class=\"gen\">soulign\u00e9e<\/a>, s&rsquo;ajoute la paralysie conjoncturelle due aux \u00e9lections pr\u00e9sidentielles, qui conduit les candidats \u00e0 prendre des engagements (notamment de politique ext\u00e9rieure) qui n&rsquo;ont de toutes les fa\u00e7ons aucun rapport avec la situation consid\u00e9r\u00e9e, mais ne sont consid\u00e9r\u00e9s, justement, qu&rsquo;en fonction des effets au niveau de l&rsquo;\u00e9lectorat. La paralysie devient alors une sorte de bouillie pour les chats, incompr\u00e9hensible, sans la moindre signification. Dans tous les cas, la tendance maximaliste qui est la norme la plus facile de la politique aujourd&rsquo;hui, parce qu&rsquo;elle permet les effets de manches en termes de communication, est syst\u00e9matiquement favoris\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Nous ferions, nous, une place particuli\u00e8re \u00e0 ce qui a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 hier (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-une_lettre_iranienne_en_mains_propres_pour_le_pr_sident_morsi_02_08_2012.html\" class=\"gen\">2 ao\u00fbt 2012<\/a>), concernant les contacts \u00e0 un haut niveau entre la direction iranienne et le pr\u00e9sident Morsi. Cette sp\u00e9culation de la fin de notre texte, si Morsi acceptait de se rendre en Iran, doit \u00eatre conserv\u00e9e \u00e0 l&rsquo;esprit : \u00ab<em>D\u00e8s lors, ces m\u00eames Isra\u00e9liens pourraient se retrouver, d&rsquo;ici la fin du mois, avec une sorte de d\u00e9claration commune solennelle entre les Iraniens et l&rsquo;\u00c9gyptien Morsi, condamnant toute attaque contre l&rsquo;Iran comme injustifiable et inacceptable. Cela pourrait \u00eatre les vrais d\u00e9buts diplomatiques du pr\u00e9sident Morsi.<\/em>\u00bb Cette sp\u00e9culation impliquerait que Morsi, non seulement aurait \u00e9t\u00e9 convaincu de se rendre \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran, mais qu&rsquo;il l&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 \u00e0 cause du s\u00e9rieux des craintes de conflit, cela le poussant \u00e0 prendre position face \u00e0 cette perspective catastrophique.<\/p>\n<h3>Les \u00e9v\u00e8nements d\u00e9cident<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe fait est que la pression grandit dans ces premiers jours d&rsquo;ao\u00fbt Une fois de plus, dira-t-on en s&rsquo;arr\u00eatant \u00e0 l&rsquo;Iran, devant l&rsquo;historique de cette interminable campagne de menace d&rsquo;attaque par surprise de l&rsquo;Iran (depuis 2005 !) ; mais, cette fois, serait-ce la menace fatale, avancerait-on ? C&rsquo;est une occurrence une fois de plus exceptionnelle que la tension grandisse, car il aurait sembl\u00e9 tant de fois, dans les mois et les ann\u00e9es qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9, que les sommets de tension semblaient justement \u00eatre des sommets au-dessus desquels aucun suppl\u00e9ment de tension ne semblait possible. Mais justement, nous l&rsquo;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, cette tension affecte moins les <em>sapiens<\/em> et leur psychologie que les \u00e9v\u00e8nements eux-m\u00eames, laiss\u00e9s \u00e0 leur dynamique. Les <em>sapiens<\/em> et leur psychologie, eux, semblent plut\u00f4t frapp\u00e9s d&rsquo;une sorte de fatalisme (\u00ab<em>Nous sommes en 1914 et nous savons ce qui va se passer en 1914, et nous n&rsquo;y pouvons rien<\/em>\u00bb).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa sp\u00e9culation engag\u00e9e et partisane sur les responsabilit\u00e9s dans les possibilit\u00e9s de conflit ne nous semble pas vraiment de mise, y compris dans notre chef (nous n&rsquo;avons jamais dissimul\u00e9 une attitude critique contre les directions politiques, etc., et nous n&rsquo;h\u00e9siterions pas \u00e0 nouveau s&rsquo;il nous semblait que cela f\u00fbt justifi\u00e9 d&rsquo;une mani\u00e8re sp\u00e9cifique) Ce dont nous voulons parler c&rsquo;est d&rsquo;une sp\u00e9culation rationnelle dans le sens o\u00f9 elle s&rsquo;imposerait d&rsquo;une fa\u00e7on objective. Ce qu&rsquo;il faut observer, c&rsquo;est la conjonction des \u00e9v\u00e8nements tels qu&rsquo;ils se conduisent <strong>eux-m\u00eames<\/strong> et <strong>d&rsquo;eux-m\u00eames<\/strong>, comme sous le coup d&rsquo;une coordination effectivement objective.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl s&rsquo;agit d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements qui ne concernent pas qu&rsquo;une seule crise mais la n\u00e9buleuse de crise(s) constitu\u00e9e autour du cur br\u00fblant du Moyen-Orient (la <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_crise_haute_03_02_2012.html\" class=\"gen\">crise haute<\/a>). Plus encore que pour les causes bien connues de l&rsquo;\u00e9nergie, de l&rsquo;id\u00e9ologie et de l&rsquo;influence, et des autres facteurs strat\u00e9giques et assimil\u00e9s, cette dynamique se d\u00e9veloppe dans cette zone centrale de nos obsessions soi-disant strat\u00e9giques, devenues effectivement psychologiques et pathologique ; cette zone g\u00e9ographique et g\u00e9opolitique qui serait devenue comme une zone fondamentale de notre syst\u00e8me psychologique o\u00f9 se sont transport\u00e9es effectivement et naturellement nos obsessions \u00e9galement fondamentales, sur l&rsquo;\u00e9tat de notre temps m\u00e9tahistoriques et sur le caract\u00e8re \u00e0 la fois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et d\u00e9sesp\u00e9rant de la crise du Syst\u00e8me ; et enfin, ces obsessions pathologiques et psychologiques parvenues \u00e0 leur terme, s&rsquo;exprimant presque sans tension cette fois, comme lorsqu&rsquo;on arrive au cur de la temp\u00eate, dans l&rsquo;il du cyclone, dans cette zone o\u00f9 r\u00e8gne soudain un calme surr\u00e9aliste et presque m\u00e9tahistorique En <a href=\"http:\/\/rt.com\/usa\/news\/paul-us-iran-war-729\/\" class=\"gen\">commentant<\/a> furieusement la vote par la Chambre des Repr\u00e9sentants de nouvelles sanctions contre l&rsquo;Iran qu&rsquo;il d\u00e9finit comme \u00ab<em>an act of war<\/em>\u00bb, le d\u00e9put\u00e9 Ron Paul la d\u00e9signe sarcastiquement comme la OWIA 2012 (\u00ab<em>I think this bill would be better named Obsession With Iran Act 2012<\/em>\u00bb). L&rsquo;intervention n&rsquo;a suscit\u00e9 aucune r\u00e9action particuli\u00e8re dans cette assembl\u00e9e de robots-pour-l&rsquo;occasion, o\u00f9 il semblait effectivement qu&rsquo;il n&rsquo;y eut qu&rsquo;un seul \u00e9lu qui pens\u00e2t librement, hors des pressions du Syst\u00e8me,  Ron Paul, justement (Laquelle assembl\u00e9e n&rsquo;est pourtant pas syst\u00e9matiquement robotis\u00e9e, ce qui prouve la sp\u00e9cificit\u00e9 du cas iranien, ou plut\u00f4t du cas de la guerre ; elle avait \u00e9t\u00e9 par ailleurs capable de voter, une semaine plus t\u00f4t, le <a href=\"http:\/\/thehill.com\/blogs\/floor-action\/house\/240071-house-passes-rep-pauls-audit-the-fed-bill\" class=\"gen\">25 juillet 2012<\/a>, la loi sur l&rsquo;audit de la Federal Reserve qui est un triomphe ultime pour le m\u00eame Ron Paul,  la <em>Federal Reserve Transparency Act<\/em>, H.R. 459, \u00e9labor\u00e9e et promue pendant trois ans par Ron Paul, vot\u00e9e par une majorit\u00e9 impressionnante de 327 voix pour et 98 contre.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a un certain int\u00e9r\u00eat entre l&rsquo;analogie de 1914 et la situation actuelle, qui concerne ce sentiment de <strong>fatalit\u00e9<\/strong> qu&rsquo;on a signal\u00e9 plus haut. On le retrouve dans cette observation de Jules Isaac, faite en 1933 dans son livre sur les causes de la Grande Guerre. (<em>Un d\u00e9bat historique, 1914, les origines de la guerre<\/em>, \u00e9ditions Rieder. Jules Isaac avait fait la guerre de 1914-1918 et il y avait perdu son ami Albert Malet, tomb\u00e9 en 1915, avec qui il avait d\u00e9velopp\u00e9 la collection fameuse des livres scolaires Isaac-Malet.) \u00ab<em>Quand le nuage creva en 1914, quel \u00e9tait le sentiment dominant parmi nous<\/em> [en France]<em>? La soif de revanche, le d\u00e9sir longtemps contenu de reprendre l&rsquo;Alsace-Lorraine? Tout simplement, h\u00e9las, l&rsquo;impatience d&rsquo;en finir, l&rsquo;acceptation de la guerre (quelle na\u00efvet\u00e9 et quels remords !) pour avoir la paix. L&rsquo;historien qui \u00e9tudie les origines de la guerre ne peut n\u00e9gliger ce c\u00f4t\u00e9 psychologique du probl\u00e8me. S&rsquo;il l&rsquo;examine de pr\u00e8s, objectivement, il doit reconna\u00eetre que, depuis 1905 (\u00e0 tort ou \u00e0 raison), on a pu croire en France que le sabre de Guillaume II \u00e9tait une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn ne pr\u00e9tend pas une seule seconde, <strong>en aucun cas<\/strong>, que la plupart des conditions de 1914 aient une quelconque similitude avec les conditions actuelles (le fait qu&rsquo;Isaac parle de la France et de cette sorte de fatalisme tragique, le fait qu&rsquo;il y ait un ennemi identifi\u00e9 d&rsquo;une immense puissance et d&rsquo;un dynamisme expansionniste indiscutable, le fait que des conditions objectives d&rsquo;un conflit mondial soient r\u00e9unies d&rsquo;une fa\u00e7on structurelles et clairement identifi\u00e9es, etc.). On parle essentiellement, sinon exclusivement, de la psychologie face aux \u00e9v\u00e8nements et \u00e0 l&rsquo;interpr\u00e9tation qu&rsquo;on en fait, consciemment ou pas, de ce sentiment de fatalit\u00e9 qui nous semble dominer aujourd&rsquo;hui, par rapport compl\u00e8tement antagoniste avec les conflits et intentions de conflit de l&rsquo;\u00e9poque Bush, marqu\u00e9s par l&rsquo;hyst\u00e9rie emport\u00e9e, la surench\u00e8re verbale, etc. (M\u00eame le camp isra\u00e9lien, \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de son aile belliciste qui fait presque deux ailes, a ses divisions marquantes et remarquables.) C&rsquo;est pour cette raison que nous parlons de la conjonction des \u00e9v\u00e8nements tels qu&rsquo;ils se conduisent <strong>eux-m\u00eames<\/strong> et <strong>d&rsquo;eux-m\u00eames<\/strong>, comme sous le coup d&rsquo;une coordination effectivement objective.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette logique o\u00f9 nous \u00e9cartons comme le facteur essentiel de cette situation la responsabilit\u00e9 humaine, nous ne pouvons certainement pas avancer que cette situation ici d\u00e9crite soit une marche vers la guerre. Pas de pr\u00e9vision ici, mais le domaine de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_l_inconnaissance_du_systeme_13_07_2011.html\" class=\"gen\">inconnaissance<\/a> : ce que nous r\u00e9serve la marche des \u00e9v\u00e8nements, c&rsquo;est le myst\u00e8re de la dynamique des \u00e9v\u00e8nements,  eux, justement&#8230; Ce qui nous importe, c&rsquo;est, du c\u00f4t\u00e9 de <em>sapiens<\/em> et de sa psychologie, ce qu&rsquo;on finit par identifier comme le sentiment de la n\u00e9cessit\u00e9 d&rsquo;une rupture, et ce sentiment qui concerne la grande crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me. Il ne faut pas se laisser abuser par les discours des cranes de piaf et t\u00eates de linotte ici ou l\u00e0, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un pr\u00e9sident ou d&rsquo;un premier ministre quelconque et de type BAO, ou de tel ou tel chroniqueur de service En v\u00e9rit\u00e9, tous ces braves <em>sapiens<\/em>, qui ne sont mauvais que par proximit\u00e9 du Syst\u00e8me (du Mal) et nullement de leur plein gr\u00e9, su ou insu, sont litt\u00e9ralement \u00e9puis\u00e9s. Leurs psychologies n&rsquo;en peuvent plus,  et alors, \u00e9ventuellement, si les \u00e9v\u00e8nements en d\u00e9cident ainsi, pourquoi pas la guerre ? Ces psychologies qui, par moments, regardent l&rsquo;\u00e9volution vers la guerre comme une fatalit\u00e9 presque lib\u00e9ratrice (disons tragiquement, tout de m\u00eame), sont les m\u00eames qui sont \u00e0 la fois dans un \u00e9tat psychologique de <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_terrorisation_de_la_psychologie_ddecrisis_18_06_2012.html\" class=\"gen\">terrorisation<\/a>, sous l&#8217;empire du Syst\u00e8me. Elles sont emprisonn\u00e9s par le Syst\u00e8me et cherchent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une porte de sortie,  ou une fen\u00eatre de sortie, par o\u00f9 s&rsquo;enfuir (une fen\u00eatre d&rsquo;opportunit\u00e9, comme disent nos pompeux strat\u00e8ges \u00e0 propos de l&rsquo;attaque contre l&rsquo;Iran) ; cela, pour tenter de s&rsquo;\u00e9chapper du cercle monstrueux et infernal o\u00f9 le Syst\u00e8me les tient enferm\u00e9es Alors, pourquoi pas la guerre ? Mais au-del\u00e0 de ces remarques \u00e0 l&#8217;emporte-pi\u00e8ce, on n&rsquo;en saura rien de plus pour l&rsquo;instant, car, d\u00e9cid\u00e9ment, les \u00e9v\u00e8nements d\u00e9cideront, et nullement les grotesques planificateurs du Pentagone qui ont appris \u00e0 pr\u00e9parer des guerres pour l&rsquo;utilit\u00e9 essentielle d&rsquo;alimenter les sc\u00e9narii des <em>blockbusters<\/em> d&rsquo;Hollywood.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl n&#8217;emp\u00eache que l&rsquo;analogie historique de 1914 est int\u00e9ressante pour un autre propos et nous y reviendrons. (Car pourquoi pas 1939 ? Apr\u00e8s tout, on parle aussi bien de septembre ou octobre pour une attaque, et si 1914 c&rsquo;est la guerre le 4 ao\u00fbt, 1939 c&rsquo;est la guerre le 1er septembre)<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Sont-ils en 1914 ? 3 ao\u00fbt 2012 Cela fut dit tr\u00e8s r\u00e9cemment, nous dit-on, lors d&rsquo;un entretien entre le SACEUR (le commandant en chef des forces alli\u00e9es de l&rsquo;OTAN), l&rsquo;amiral Stavridis, et un chef d&rsquo;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral d&rsquo;un des grands pays de l&rsquo;Alliance, hors les USA bien entendu. 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