{"id":73342,"date":"2012-08-26T10:48:13","date_gmt":"2012-08-26T10:48:13","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/08\/26\/perspectives-pour-une-federation-euro-russe\/"},"modified":"2012-08-26T10:48:13","modified_gmt":"2012-08-26T10:48:13","slug":"perspectives-pour-une-federation-euro-russe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/08\/26\/perspectives-pour-une-federation-euro-russe\/","title":{"rendered":"Perspectives pour une F\u00e9d\u00e9ration euro-russe"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Perspectives pour une F\u00e9d\u00e9ration euro-russe<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tBeaucoup d&rsquo;Europ\u00e9ens consid\u00e8rent qu&rsquo;un partenariat strat\u00e9gique avec la Russie s&rsquo;impose d\u00e9sormais, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;influence am\u00e9ricaine qui d\u00e9terminait jusqu&rsquo;alors les politiques europ\u00e9ennes est en train de reculer sur de nombreux domaines. Par partenariat strat\u00e9gique, on pourrait entendre une gamme d&rsquo;accords possibles, d&rsquo;abord \u00e9conomiques mais ensuite politiques. Ceci pourrait aller jusqu&rsquo;\u00e0 un rapprochement qui ferait de la Russie un membre de l&rsquo;Union europ\u00e9enne dot\u00e9 d&rsquo;un statut sp\u00e9cial &#8211; et parall\u00e8lement ferait de l&rsquo;Union europ\u00e9enne un membre lui-aussi sp\u00e9cial de la F\u00e9d\u00e9ration de Russie. Pour simplifier, on parlera de la cr\u00e9ation d&rsquo;une F\u00e9d\u00e9ration ou Union F\u00e9d\u00e9rale euro-russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais la Russie est-elle devenue suffisamment proche culturellement et politiquement de l&rsquo;Europe pour d&rsquo;une part rechercher une alliance europ\u00e9enne (il ne suffirait pas que l&rsquo;Europe s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 la Russie. Il faudrait aussi que celle-ci s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0 l&rsquo;Europe) et d&rsquo;autre part apporter dans une telle alliance des \u00e9l\u00e9ments qui renforceraient le poids g\u00e9ostrat\u00e9gique des deux ensembles, c&rsquo;est-\u00e0-dire finalement de l&rsquo;Europe elle-m\u00eame, au sein de la future F\u00e9d\u00e9ration euro-russe<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour rassembler des \u00e9l\u00e9ments de r\u00e9ponse \u00e0 cette question, il faut d&rsquo;abord dans une premi\u00e8re partie s&rsquo;efforcer de porter un jugement aussi d\u00e9pourvu d&rsquo;id\u00e9ologie que possible sur l&rsquo;\u00e9tat actuel de la Russie et son \u00e9volution probable dans les prochaines ann\u00e9es. Nous supposerons ici connues du lecteur les forces et les faiblesses de l&rsquo;Europe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans une seconde partie, nous examinerons ce que pourraient \u00eatre les structures et les politiques qu&rsquo;adopterait une \u00e9ventuelle F\u00e9d\u00e9ration euro-russe.<\/p>\n<h3>1. L&rsquo;\u00e9tat de la Russie.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tCette question fait \u00e9videmment l&rsquo;objet de multiples commentaires de la part des chroniqueurs politiques. Que pourrions nous sugg\u00e9rer pour notre part? Pour simplifier, limitons-nous \u00e0 d\u00e9crire les forces et les faiblesses contemporaines de ce qu&rsquo;il convient encore d&rsquo;appeler l&rsquo;Empire russe.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMais pourquoi ce terme d&rsquo;Empire. Si l&rsquo;on admet que le monde actuel, devenu multipolaire, est un lieu de confrontation entre un certain nombre de grands ensembles organis\u00e9s sous forme d&#8217;empires plus ou moins monolithiques, \u00e0 la recherche des sources de la puissance, on distinguera trois de ces empires, disposant de forces et de faiblesses sp\u00e9cifiques: l&rsquo;Am\u00e9rique, la Chine et la Russie. On y ajoutera la n\u00e9buleuse des Etats se rattachant \u00e0 l&rsquo;islam qui s&rsquo;efforcent de plus en plus de s&rsquo;organiser en empire global, sous le vocable d&rsquo;\u00e9mirat. L&rsquo;Europe pour sa part, malgr\u00e9 son organisation politique encore \u00e9clat\u00e9e, conserve un poids suffisant pour pouvoir d&rsquo;une certaine fa\u00e7on \u00eatre regard\u00e9e, sinon comme un empire, du moins comme une puissance potentiellement capable de jouer sa partition dans le monde multipolaire.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOr, consid\u00e9r\u00e9e comme un empire et confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique et \u00e0 la Chine, voire \u00e0 l&rsquo;Europe, la Russie fait-elle encore le poids? On lui reconna\u00eet aujourd&rsquo;hui un certain nombre d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments de puissance. Le premier est un territoire immense, dot\u00e9 de richesses naturelles consid\u00e9rables dont une grande part reste encore inexploit\u00e9e. Cet avantage devrait devenir de plus en plus grand, avec les transformations climatiques du monde. Les 9 mois d&rsquo;hiver qui pour le moment encore p\u00e8sent d&rsquo;un poids tr\u00e8s lourd dans les activit\u00e9s russes devraient c\u00e9der la place \u00e0 des conditions plus favorables \u00e0 une croissance mieux \u00e9quilibr\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUn autre \u00e9l\u00e9ment de force tient \u00e0 la persistance d&rsquo;une coh\u00e9sion socio-politique certes peu favorable pour le moment encore aux libert\u00e9s individuelles mais qui permet d&rsquo;assurer l&rsquo;unit\u00e9 de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;Empire dans ses confrontations avec le reste du monde. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un \u00e9l\u00e9ment de puissance dont les Europ\u00e9ens encore partag\u00e9s en multiples centres de pouvoir se neutralisant au lieu de s&rsquo;unir ne mesurent pas suffisamment l&rsquo;influence.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette coh\u00e9sion est assur\u00e9e par un accord implicite entre trois pouvoirs ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment entre trois oligarchies: le pouvoir de l&rsquo;Etat et de son administration militaire et civile, le pouvoir de la couche dite en Russie des nouveaux riches, extr\u00eamement r\u00e9duite en termes d&rsquo;effectifs mais qui d\u00e9tient d\u00e9sormais presque tous les leviers \u00e9conomiques, et le pouvoir de l&rsquo;Eglise orthodoxe russe. Celle-ci, apr\u00e8s une \u00e9clipse plus apparente que r\u00e9elle sous le r\u00e9gime communiste, a repris les moyens dont elle disposait depuis des si\u00e8cles pour s&rsquo;imposer \u00e0 des populations rest\u00e9es profond\u00e9ment traditionalistes et peu \u00e9clair\u00e9es, au sens que nous donnons en France \u00e0 ce terme h\u00e9rit\u00e9 de l&rsquo;\u00e8re des Lumi\u00e8res. Chacun a pu constater lors de la sanction disproportionn\u00e9e ayant fait suite au proc\u00e8s des Pussy Riot, que l&rsquo;Etat repr\u00e9sent\u00e9 par le pr\u00e9sident Poutine et l&rsquo;Eglise repr\u00e9sent\u00e9e par le patriarche Kirill agissaient main dans la main, pour contrer les rares activistes occidentalis\u00e9s contestant cette alliance entre l&rsquo;Etat et la religion.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa presse occidentale a parl\u00e9 \u00e0 l&rsquo;occasion de ce proc\u00e8s d&rsquo;une d\u00e9rive autoritaire de la Russie. Mais c&rsquo;\u00e9tait oublier d&rsquo;une part que l&rsquo;autoritarisme est aussi tr\u00e8s r\u00e9pandu \u00e0 l&rsquo;Ouest, notamment aux Etats-Unis et d&rsquo;autre part que l&rsquo;union de l&rsquo;Etat et de l&rsquo;Eglise repr\u00e9sente encore un tr\u00e8s ancien partage de pouvoir, ayant toujours fait la force de l&rsquo;Empire. On se souviendra que Staline lui-m\u00eame, \u00e0 la veille de la grande offensive allemande contre Moscou, en avait appel\u00e9 aux forces r\u00e9unies de l&rsquo;arm\u00e9e sovi\u00e9tique et de la religion. Cela peut surprendre en France, mais il est clair qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, les m\u00eames alliances entre l&rsquo;Etat, les oligarchies \u00e9conomiques et les forces religieuses sont mobilis\u00e9es aux Etats-Unis pour assurer le succ\u00e8s tant des D\u00e9mocrates que des R\u00e9publicains.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tQuant aux oligarques repr\u00e9sent\u00e9s par les nouveaux riches qui tiennent en mains tous les leviers \u00e9conomiques, ils n&rsquo;ont qu&rsquo;un d\u00e9sir, se concilier les faveurs de l&rsquo;Etat et de l&rsquo;Eglise, y compris par la corruption, sans les attaquer de front. Ainsi pourront-ils continuer \u00e0 mener tranquillement leurs affaires, sans craindre l&rsquo;\u00e9mergence d&rsquo;une classe moyenne encore embryonnaire dont les exigences d&rsquo;un acc\u00e8s aux produits de la croissance les emp\u00eacheraient d&rsquo;en profiter tranquillement.<\/p>\n<h3>Les faiblesses<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEn contrepartie de ces \u00e9l\u00e9ments de puissance, la Russie souffre de faiblesses qui, si elles ne sont pas trait\u00e9es rapidement, risquent d&rsquo;en faire l&rsquo;homme malade des prochaines d\u00e9cennies. Il est clair que ces faiblesses si elles devaient persister constitueraient autant d&rsquo;obstacles \u00e0 un \u00e9ventuel rapprochement f\u00e9d\u00e9ral entre l&rsquo;Europe et la Russie, pour la raison simple que l&rsquo;Europe souffre dans certains cas un peu des m\u00eames maux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa liste en est longue. Il s&rsquo;agit d&rsquo;abord d&rsquo;une situation d\u00e9mographique inqui\u00e9tante: baisse de la natalit\u00e9 et situation sanitaire sans grande perspective d&rsquo;am\u00e9lioration, due notamment \u00e0 l&rsquo;abus de l&rsquo;alcool, du tabac et des drogues qui affecte particuli\u00e8rement les hommes. Il en r\u00e9sulte que les Russes ne peuvent pas assurer dans leurs provinces orientales et septentrionales une densit\u00e9 de population permettant de s&rsquo;opposer \u00e0 la pression d\u00e9mographique de la Chine et des autres pays asiatiques. Des immigrations massives devraient en r\u00e9sulter, qui affecteraient profond\u00e9ment la coh\u00e9sion de l&rsquo;Empire ayant fait sa force jusqu&rsquo;\u00e0 ce jour. Cette faiblesse d\u00e9mographique, qui ressemble d&rsquo;une certaine fa\u00e7on \u00e0 celle de l&rsquo;Europe, est d&rsquo;autant plus pr\u00e9occupante qu&rsquo;elle ne pourra recevoir de rem\u00e8des \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du pr\u00e9sent si\u00e8cle.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tUne autre faiblesse de la Russie tient \u00e0 ce que l&rsquo;on pourrait appeler son addiction r\u00e9cente et sans contre-pouvoirs au n\u00e9olib\u00e9ralisme mondial. Si rien n&rsquo;est fait, l&rsquo;entr\u00e9e prochaine de l&rsquo;OMC ne fera qu&rsquo;aggraver les risques. Certes la Russie ne pouvait demeurer un monde protectionniste ferm\u00e9 aux influences ext\u00e9rieures. Mais si l&rsquo;ouverture se poursuit d&rsquo;une fa\u00e7on aussi sauvage que celle ayant suivi les pr\u00e9c\u00e9dentes vagues de privatisation, les b\u00e9n\u00e9ficiaires en seront la classe des nouveaux riches d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9s. Or ceux-ci sont organis\u00e9s pour d\u00e9tourner \u00e0 leur profit la plupart des b\u00e9n\u00e9fices provenant notamment de la commercialisation des potentiels \u00e9conomiques dont dispose encore la Russie, p\u00e9trole et gaz et mati\u00e8res premi\u00e8res. Ils ne s&rsquo;en servent pas, comme cela s&rsquo;est longtemps fait, soit aux Etats-Unis soit en Europe (dans le cadre du capitalisme industriel dit rh\u00e9nan ou dans les services publics \u00e0 la fran\u00e7aise) pour investir dans des \u00e9quipements de long terme, dans la recherche et dans la mise au point de nouvelles technologies et applications productives.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn dehors de quelques am\u00e9liorations spectaculaires dans les grandes villes, profitant d&rsquo;ailleurs quasi exclusivement aux nouveaux riches, les infrastructures demeurent incapables de faire face aux besoins d&rsquo;un pays aussi grand. Parall\u00e8lement, dans tous les secteurs, m\u00eame dans le domaine jusqu&rsquo;ici privil\u00e9gi\u00e9 du militaire et du spatial, les recherches, qu&rsquo;elles soient fondamentales ou appliqu\u00e9es, p\u00e9riclitent, de m\u00eame que la formation. Il en est de m\u00eame du potentiel industriel de base, qui ne se renouvelle pas. Ce n&rsquo;est \u00e9videmment pas le cas dans les pays asiatiques, en premier lieu chez le concurrent chinois. Pourquoi ce manque d&rsquo;int\u00e9r\u00eat pour le long terme? Parce que les nouvelles oligarchies de nouveaux riches pr\u00e9f\u00e8rent placer leurs \u00e9pargnes dans des paradis fiscaux ou aux mains de diverses maffias, quand il ne s&rsquo;agit pas de les consommer d&rsquo;une fa\u00e7on dont ne profitent que les pays rivaux de la Russie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEn Europe, malgr\u00e9 de grandes difficult\u00e9s, ce qui demeure des administrations centrales ou locales et des services publics s&rsquo;efforcent, avec l&rsquo;appui \u00e9lectoral des classes moyennes, de maintenir un flux minimum de formation et d&rsquo;investissements productifs ou de recherche. Mais en Russie, les classes moyennes n&rsquo;existent pas, du fait de la confiscation des gains de productivit\u00e9 par les oligarchies de nouveaux riches. Par ailleurs, ces m\u00eames oligarchies ont r\u00e9ussi, en g\u00e9n\u00e9ralisant la corruption \u00e0 tous les niveaux, \u00e0 neutraliser les quelques pouvoirs administratifs et politiques qui auraient pu s&rsquo;opposer \u00e0 elles au nom de l&rsquo;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral collectif, syst\u00e9matiquement pr\u00e9sent\u00e9 comme un retour au stalinisme. Ajoutons que l&rsquo;Eglise orthodoxe a pour sa part renonc\u00e9 \u00e0 tout message \u00e9vang\u00e9lique de port\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale, se bornant \u00e0 reconqu\u00e9rir les \u00e9l\u00e9ments de son ancienne puissance mat\u00e9rielle, y compris \u00e0 travers des placements \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger. Toutes choses \u00e9gales d&rsquo;ailleurs, on pourrait dire que la Russie, \u00e0 une toute autre \u00e9chelle, souffre des m\u00eames maux que la Gr\u00e8ce actuelle, rong\u00e9e par une oligarchie vivant et investissant \u00e0 l&rsquo;\u00e9tranger, par une administration corrompue et par une Eglise au seul service de ses int\u00e9r\u00eats patrimoniaux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est clair que si un \u00e9ventuel rapprochement politique avec l&rsquo;Europe se bornait, tant en Russie qu&rsquo;en Europe m\u00eame, \u00e0 encourager au nom du n\u00e9olib\u00e9ralisme le pillage des ressources nationales par les oligarchies mondialis\u00e9es, rien de bon ne pourrait en sortir.<\/p>\n<h4>La guerre souterraine de l&rsquo;Am\u00e9rique contre la Russie<\/h4>\n<p>Les \u00e9l\u00e9ments n\u00e9gatifs, que nous venons de r\u00e9sumer, handicapant le d\u00e9veloppement de la Russie en tant que puissance ind\u00e9pendante, d\u00e9coulent en partie de la guerre souterraine que continue de mener, vingt ans apr\u00e8s la fin officielle de la guerre froide, l&#8217;empire am\u00e9ricain contre ce qui fut longtemps son grand rival, l&#8217;empire russe. La Russie, \u00e0 cet \u00e9gard, ressemble l\u00e0-encore beaucoup \u00e0 l&rsquo;Europe. Les Etats-Unis, comme ils l&rsquo;ont toujours fait, consacrent ce qui leur reste de puissance g\u00e9ostrat\u00e9gique \u00e0 emp\u00eacher qu&rsquo;apparaissent \u00e0 leurs fronti\u00e8res des ensembles politiques ind\u00e9pendants capables de limiter ou menacer leur influence. Ils sont pratiquement d\u00e9sarm\u00e9s aujourd&rsquo;hui face \u00e0 la Chine mais les Europ\u00e9ens clairvoyants savent que, d\u00e8s la fin de la seconde guerre mondiale, les pouvoirs am\u00e9ricains ont orient\u00e9 la construction de l&rsquo;Union europ\u00e9enne de fa\u00e7on \u00e0 en faire un relais pour leurs int\u00e9r\u00eats g\u00e9ostrat\u00e9giques. Aujourd&rsquo;hui, ils continuent \u00e0 le faire, d&rsquo;une fa\u00e7on moins \u00e9vidente mais tout aussi efficace, gr\u00e2ce aux appuis dont ils b\u00e9n\u00e9ficient dans les milieux europ\u00e9ens atlantistes estimant plus profitables de conserver le statut de satellite plut\u00f4t qu&rsquo;acqu\u00e9rir celui de comp\u00e9titeur. Or contr\u00f4ler la Russie, non seulement \u00e9conomiquement mais politiquement constitue pour les Etats-Unis un enjeu d&rsquo;une toute autre importance, mais aussi d&rsquo;une toute autre difficult\u00e9, que contr\u00f4ler l&rsquo;Europe. On peut consid\u00e9rer qu&rsquo;ils y mettent aujourd&rsquo;hui une grande part de leurs forces \u00e0 l&rsquo;international.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien que disposant d&rsquo;une puissance militaire encore sans \u00e9gale, les Etats-Unis ne peuvent esp\u00e9rer se confronter directement \u00e0 la force nucl\u00e9aire strat\u00e9gique russe, y compris \u00e0 sa composante navale. On vient ainsi de d\u00e9couvrir qu&rsquo;un sous-marin nucl\u00e9aire du dernier mod\u00e8le, de la classe Akula, aurait cet \u00e9t\u00e9 patrouill\u00e9 quelques jours ou semaines sans \u00eatre d\u00e9tect\u00e9 dans le golfe du Mexique. Par contre ils disposent de tous les \u00e9l\u00e9ments du pouvoir \u00e9conomique et surtout du soft power qui manquent aux Russes. La cible en est en priorit\u00e9 la jeunesse issue des classes moyennes encore embryonnaires que s\u00e9duit non sans raison les modes de consommation, les productions culturelles et la libert\u00e9 d&rsquo;expression dont, mieux encore que l&rsquo;Europe, l&rsquo;Am\u00e9rique semble \u00eatre la r\u00e9f\u00e9rence mondiale.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tFace \u00e0 ce soft power, il faut bien reconna\u00eetre que les vieux \u00e9l\u00e9ments de la coh\u00e9sion russe, \u00e9num\u00e9r\u00e9s pr\u00e9c\u00e9demment, notamment l&rsquo;Etat et l&rsquo;Eglise orthodoxe, paraissent assez d\u00e9sarm\u00e9s. Quant aux nouveaux riches, \u00e0 condition de ne rien c\u00e9der de leurs sources patrimoniales de puissance, ils sont pr\u00eats \u00e0 participer avec les oligarchies anglo-saxonnes et europ\u00e9ennes \u00e0 un \u00e9ventuel partage du pouvoir sur le monde, partage \u00e0 l&rsquo;occasion duquel le vieux souci d&rsquo;ind\u00e9pendance politique de la Russie pourrait \u00eatre sacrifi\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes efforts de la diplomatie am\u00e9ricaine et des \u00e9l\u00e9ments plus diffus de soft power utilis\u00e9s par les Etats-Unis pour affaiblir la Russie se sont accrus depuis la fin de l&rsquo;URSS. Les maladresses et erreurs du gouvernement russe, avant l&rsquo;arriv\u00e9e de Vladimir Poutine \u00e0 la pr\u00e9sidence, ont \u00e9videmment facilit\u00e9 le jeu des Etats-Unis pour d\u00e9tacher de l&rsquo;influence de Moscou, entre autres, les r\u00e9publiques de Georgie et d&rsquo;Ukraine. Mais aujourd&rsquo;hui, sur le territoire m\u00eame de la Russie, notamment dans les deux capitales de Moscou et Saint Petersbourg, il n&rsquo;est un secret pour personne que de nombreuses organisations financ\u00e9es plus ou moins directement par les services et ONG am\u00e9ricaines, constitu\u00e9es d&rsquo;activistes russes, jouent un r\u00f4le consid\u00e9rable pour contrer l&rsquo;action du pouvoir gouvernemental russe. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une sorte de cercle vicieux, car plus le pouvoir central de Moscou accepte de se lib\u00e9raliser, plus dans un premier temps tout au moins il donne d&rsquo;ouvertures \u00e0 des oppositions int\u00e9rieures en partie activ\u00e9es par l&rsquo;Am\u00e9rique.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;influence du soft power am\u00e9ricain n&rsquo;est pas enti\u00e8rement n\u00e9gatif, en ce sens qu&rsquo;il contribue puissamment \u00e0 l&rsquo;ouverture sur l&rsquo;ext\u00e9rieur et \u00e0 un d\u00e9but de d\u00e9mocratisation du combat politique. Mais on comprend cependant que le Kremlin soit de plus en plus r\u00e9ticent \u00e0 le laisser faire. Le gouvernement utilise malheureusement pour contrer les effets du soft power am\u00e9ricain des moyens d&rsquo;intimidation et de r\u00e9pression qui rappellent f\u00e2cheusement la dictature sovi\u00e9tique, m\u00eame si l&rsquo;ampleur en est bien moindre. C&rsquo;est finalement ce que recherche peut-\u00eatre en sous-mains la strat\u00e9gie am\u00e9ricaine visant \u00e0 l&rsquo;affaiblissement de la Russie. C&rsquo;est toute la d\u00e9mocratisation en profondeur de la soci\u00e9t\u00e9 russe, y compris \u00e0 travers le r\u00f4le croissant de l&rsquo;Internet au sein des classes moyennes, qui s&rsquo;en trouve retard\u00e9e.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est clair que si l&rsquo;Europe, soumise de plein fouet au soft power am\u00e9ricain, notamment dans les Etats orientaux ex-satellites, ne r\u00e9ussit pas \u00e0 s&rsquo;en d\u00e9barrasser pour adopter des politiques plus autonomes, le gouvernement russe actuel, qui cherche pr\u00e9cis\u00e9ment sa voie vers plus d&rsquo;autonomie, ne sera pas incit\u00e9 \u00e0 se rapprocher d&rsquo;une Europe qui serait un simple relais de l&rsquo;influence am\u00e9ricaine. Mais les rapports de force semblent en train de changer. La Pologne para\u00eet ainsi actuellement soucieuse de prendre ses distances avec les pressions am\u00e9ricaines au sein de l&rsquo;Otan visant \u00e0 faire adopter un BMDE (syst\u00e8me de d\u00e9fense anti-ballistique) pr\u00e9tendument orient\u00e9 contre l&rsquo;Iran mais destin\u00e9 en fait \u00e0 relancer un vieux programme de guerre des \u00e9toiles dirig\u00e9 contre la Russie. La Pologne, en termes tr\u00e8s prudents, a \u00e9voqu\u00e9 la perspective d&rsquo;une d\u00e9fense europ\u00e9enne qui serait essentiellement europ\u00e9enne, \u00e0 la charge notamment de la France, de l&rsquo;Allemagne et d&rsquo;elle-m\u00eame. On a parl\u00e9 de r\u00e9activer le triangle de Weimar. L&rsquo;Am\u00e9rique a violemment r\u00e9agi. Mais pour que de tels projets deviennent cr\u00e9dibles, ils devraient effectivement \u00eatre repris et partag\u00e9s par les grands Etats europ\u00e9ens, notamment par la France socialiste. On pourrait alors envisager des coop\u00e9rations strat\u00e9giques euro-russes, au sein d&rsquo;une \u00e9ventuelle Union f\u00e9d\u00e9rale entre les deux ensembles, th\u00e8me que nous dor\u00e9navant aborder.<\/p>\n<h3>2. Structures et politiques d&rsquo;une \u00e9ventuelle F\u00e9d\u00e9ration euro-russe.<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn rapprochement strat\u00e9gique, pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 la mise en place entre l&rsquo;Union europ\u00e9enne et la Russie d&rsquo;une v\u00e9ritable structure f\u00e9d\u00e9rale, fut-elle tr\u00e8s limit\u00e9e \u00e0 ses d\u00e9buts, ne pourrait se produire que si les deux empires y trouvaient chacun des avantages propres. Nous pouvons admettre que si les pays europ\u00e9ens (plus exactement l&rsquo;eurozone) pouvaient ainsi s&rsquo;adosser \u00e0 un grand ensemble g\u00e9ographique, aux ressources potentielles consid\u00e9rables, ils y gagnerait pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui leur manque encore pour devenir une puissance capable de tenir t\u00eate \u00e0 la Chine et \u00e0 l&rsquo;Am\u00e9rique, dans la mesure o\u00f9 celle-ci continuera \u00e0 emp\u00eacher leur d\u00e9veloppement. La d\u00e9marche encouragerait par ailleurs en Europe les efforts de mutualisation de type f\u00e9d\u00e9ral interne qui manquent encore \u00e0 des pays r\u00e9ticents \u00e0 se rapprocher en profondeur. En contrepartie, la Russie pourrait trouver en Europe les ressources en savoir-faire scientifiques, industriel, \u00e9conomiques et gestionnaires qu&rsquo;elle n&rsquo;a jamais eu ou qu&rsquo;elle a laiss\u00e9 perdre. Enfin, la d\u00e9mocratie politique europ\u00e9enne, unique au monde, repr\u00e9sente un atout de puissance irrempla\u00e7able, dont la Russie pourrait progressivement s&rsquo;inspirer.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComment concr\u00e8tement envisager la mise en place d&rsquo;une \u00e9ventuelle F\u00e9d\u00e9ration euro-russe? Il s&rsquo;agirait n\u00e9cessairement d&rsquo;une d\u00e9marche \u00e0 la fois tr\u00e8s progressive, et ne modifiant que marginalement les deux ensembles partenaires. N\u00e9anmoins les domaines choisis devraient \u00eatre suffisamment significatifs et porteurs d&rsquo;effets positifs pour jouer un r\u00f4le d&rsquo;entrainement.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tSur le plan des structures, autrement dit des institutions, il serait int\u00e9ressant d&rsquo;envisager d\u00e8s le d\u00e9but ce qui manque encore \u00e0 l&rsquo;Union europ\u00e9enne, un pr\u00e9sident et un parlement \u00e9lus au suffrage universel, aux termes de d\u00e9bats aussi d\u00e9mocratiques que possible. Leurs comp\u00e9tences seraient n\u00e9cessairement limit\u00e9es, mais l&rsquo;effet d&rsquo;entrainement serait consid\u00e9rable.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPar ailleurs, un ex\u00e9cutif, analogue au conseil des ministres europ\u00e9en, serait mis en place, dot\u00e9 d&rsquo;un budget et de services administratifs suffisants pour mener des actions (ou politiques) communes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes questions mon\u00e9taires et de change \u00e9tant enfin tr\u00e8s importantes, il faudra d\u00e9cider de politiques communes entre la Banque centrale europ\u00e9enne, les banques de l&rsquo;union et leurs homologues au sein de la f\u00e9d\u00e9ration de Russie.<\/p>\n<h4>Des politiques communes<\/h4>\n<p>Il para\u00eet indispensable que ces politiques s&rsquo;affranchissent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des contraintes de la globalisation impos\u00e9es par les oligarchies n\u00e9o-lib\u00e9rales aux Etats du monde. L&rsquo;objectif de l&rsquo;union f\u00e9d\u00e9rale euro-russe envisag\u00e9e ici serait au contraire de sortir du Syst\u00e8me, syst\u00e8me de domination emp\u00eachant les Etats de valoriser eux-m\u00eames leurs propres ressources, d&rsquo;investir et de cr\u00e9er de l&#8217;emploi au profit de leurs populations.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa taille et la puissance de la future union euro-russe devrait dans ces conditions lui permettre de mettre en place un ensemble de r\u00e9glementations fiscales, douani\u00e8res, de protection sociale, de sauvegarde de l&rsquo;environnement capables d&rsquo;en faire ce que n&rsquo;est pas encore l&rsquo;Europe, une v\u00e9ritable puissance autonome (on pourra parler de forteresse) et non pas un espace ouvert \u00e0 la concurrence des pays ne respectant aucune de ces normes.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu sein de cet ensemble prot\u00e9g\u00e9 pourraient \u00eatre d\u00e9finies des politiques d&rsquo;investissements technologiques et scientifiques auxquels seraient affect\u00e9s notamment les b\u00e9n\u00e9fices des exportations. On mentionnera l&rsquo;immense domaine de l&rsquo;espace civil et militaire (o\u00f9 la Russie est en train de perdre rapidement ses comp\u00e9tences), celui des industries de d\u00e9fense ou plus exactement des industries dites duales, \u00e0 applications civiles et militaires, celui des grands travaux d&rsquo;infrastructure et de transport qui manquent encore \u00e0 la Russie, et bien \u00e9videmment tous les domaines int\u00e9ressant les technologies et sciences \u00e9mergentes, dont nous ne ferons pas la liste ici. Les Etats-Unis par diff\u00e9rentes voies s&rsquo;en sont donn\u00e9 la ma\u00eetrise, la Chine y vise aussi, sans mentionner les autres \u00ab tigres \u00bb asiatiques. Si l&rsquo;Europe et la Russie ne s&rsquo;allient pas pour r\u00e9cup\u00e9rer leur retard et suivre le mouvement, il en sera fini de leur ind\u00e9pendance g\u00e9opolitique dans le monde de demain.<\/p>\n<h3>Conclusion. Quels moteurs socio-politiques ?<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tNous avons rappel\u00e9 que la Russie, comme dans une moindre mesure l&rsquo;Europe, est dirig\u00e9e implicitement par plusieurs oligarchies qui se donnent la main pour capturer \u00e0 leur profit les valeurs ajout\u00e9es produites par le travail des populations de la base. Il s&rsquo;agit des \u00e9lites (dites aussi nouveaux riches en Russie), des administrations au triple niveau des Etats, des r\u00e9gions et des collectivit\u00e9s locales, ainsi finalement que des m\u00e9dias dits officiels. Des forces conservatrices, comme celles des Eglises et religions (y compris l&rsquo;islam), en Russie et en Europe, p\u00e8sent g\u00e9n\u00e9ralement par ailleurs pour que les \u00e9quilibres de pouvoir dont elles b\u00e9n\u00e9ficient ne changent pas.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tComment dans ces conditions esp\u00e9rer que ces \u00e9quilibres puissent \u00e9voluer, dans le sens esquiss\u00e9 ici? Il ne s&rsquo;agirait pas d&rsquo;envisager des mesures de type r\u00e9volutionnaire classique, qui seraient \u00e9touff\u00e9es dans le sang, tant en Russie qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;Ouest. On peut par contre compter sur le d\u00e9veloppement dans les populations des \u00e9changes au sein de r\u00e9seaux sur le type de l&rsquo;Internet, qui jouent d\u00e9j\u00e0 un r\u00f4le consid\u00e9rable pour la maturation des id\u00e9es au sein des classes moyennes et populaires. Le pire peut \u00e9videmment en provenir, comme le meilleur. Il semble cependant que globalement de tels r\u00e9seaux jouent au plan d&rsquo;ailleurs mondial un r\u00f4le important pour des prises de conscience et des mobilisations globales. Les oligarchies elles-m\u00eames seront oblig\u00e9es, dans leur propre int\u00e9r\u00eat, d&rsquo;en tenir compte. C&rsquo;est en tous cas dans cette perspective que nous publions, malgr\u00e9 ses insuffisances, le pr\u00e9sent article.<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Jean-Paul Baquiast<\/p>\n<\/p>\n<h4>Sources<\/h4>\n<p>Pour s&rsquo;informer sur la Russie, on peut consulter, avec les pr\u00e9cautions d&rsquo;usage:<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t The Moscow News <a href=\"http:\/\/themoscownews.com\/\" class=\"gen\">http:\/\/themoscownews.com\/<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t The Moscow Times <a href=\"http:\/\/www.themoscowtimes.com\/\" class=\"gen\">http:\/\/www.themoscowtimes.com\/<\/a><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Ria Novosti <a href=\"http:\/\/fr.rian.ru\/\" class=\"gen\">http:\/\/fr.rian.ru\/<\/a><\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Perspectives pour une F\u00e9d\u00e9ration euro-russe Beaucoup d&rsquo;Europ\u00e9ens consid\u00e8rent qu&rsquo;un partenariat strat\u00e9gique avec la Russie s&rsquo;impose d\u00e9sormais, d&rsquo;autant plus que l&rsquo;influence am\u00e9ricaine qui d\u00e9terminait jusqu&rsquo;alors les politiques europ\u00e9ennes est en train de reculer sur de nombreux domaines. Par partenariat strat\u00e9gique, on pourrait entendre une gamme d&rsquo;accords possibles, d&rsquo;abord \u00e9conomiques mais ensuite politiques. 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