{"id":73357,"date":"2012-09-01T13:53:03","date_gmt":"2012-09-01T13:53:03","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/09\/01\/le-centre-de-gravite-se-deplace\/"},"modified":"2012-09-01T13:53:03","modified_gmt":"2012-09-01T13:53:03","slug":"le-centre-de-gravite-se-deplace","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/09\/01\/le-centre-de-gravite-se-deplace\/","title":{"rendered":"Le \u201ccentre de gravit\u00e9\u201d se d\u00e9place"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Le centre de gravit\u00e9 se d\u00e9place<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tUn tr\u00e8s court commentaire de M K Bhadrakumar, ce <a href=\"http:\/\/blogs.rediff.com\/mkbhadrakumar\/2012\/08\/31\/egypt-iran-an-axis-or-bargaining-chip\/\" class=\"gen\">31 ao\u00fbt 2012<\/a>, sur le sommet NAM de T\u00e9h\u00e9ran, permet de musarder autour de quelques points \u00e9mergeant \u00e0 ce sommet, constituant, selon le mot de l&rsquo;auteur, \u00ab<em> one of those rare moments when a new centre of gravity is forming in the geopolitics of the Middle East region<\/em>\u00bb. On verra \u00e9galement ces divers commentaires comme des compl\u00e9ments sp\u00e9cifiques de l&rsquo;analyse publi\u00e9e ce m\u00eame <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_une_autre_communaut_internationale__01_09_2012.html\" class=\"gen\">1er septembre 2012<\/a>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Le premier point est une proposition de l&rsquo;Iran, nouveau pr\u00e9sident du NAM, de former un groupe de contact sur la Syrie, constitu\u00e9 des trois pr\u00e9sidences successives, la pr\u00e9c\u00e9dente, l&rsquo;actuelle et la suivante,  successivement, comme cela se trouve, l&rsquo;\u00c9gypte, l&rsquo;Iran, le Venezuela, avec deux autres pays de la r\u00e9gion et voisins de la Syrie s&rsquo;y ajoutant : l&rsquo;Irak et le Liban. (Voir ITAR-Tass, le <a href=\"http:\/\/www.itar-tass.com\/en\/c154\/507190.html\" class=\"gen\">30 ao\u00fbt 2012<\/a>.) M K Bhadrakumar rappelle l&rsquo;\u00e9vidence que la position \u00e9gyptienne, hostile au r\u00e9gime Assad, se s\u00e9pare sur ce point nettement des positions iranienne et v\u00e9n\u00e9zu\u00e9lienne,  mais pond\u00e8re aussi cette r\u00e9serve en observant combien le libell\u00e9 de la proposition iranienne permet tous les arrangements : \u00ab<em>It is an intriguing formation since Egyptian president Mohamed Morsi openly called for regime change in Syria, while Iran and Venezuela would be ambivalent about the very concept. But then, all three are agreed that the transition&rsquo; should be a wholly Syrian-owned process without outside intervention.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM K Bhadrakumar poursuit son commentaire, en exprimant une fois de plus son admiration pour la diplomatie iranienne, sa souplesse et sa capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation : \u00ab<em>This is Iranian diplomacy at its best, showing mastery over the art of the possible. What matters infinitely more than everything else from the Iranian viewpoint is that Tehran and Cairo are sharing a regional platform on Syria.<\/em>\u00bb L&rsquo;art du possible, dans ce cas, c&rsquo;est la r\u00e9union des pays convoqu\u00e9s pour former ce groupe sur un principe essentiel, qui constitue finalement l&rsquo;argument fondamental de la crise syrienne, encore plus que le sort d&rsquo;Assad lui-m\u00eame : le refus de toute intervention \u00e9trang\u00e8re, implicite dans l&rsquo;affirmation qu&rsquo;une transition doit \u00eatre le fait m\u00eame d&rsquo;un processus enti\u00e8rement syrien. Pour les Iraniens, c&rsquo;est l&rsquo;essentiel puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit de contrer les pressions constantes du bloc BAO qui ne se justifient et ne s&rsquo;articulent que sur la finalit\u00e9 de son intervention en Syrie,  et, en cela, les Iraniens font une proposition qui ne peut que satisfaire Morsi, pour qui le principe de la non-intervention \u00e9trang\u00e8re en Syrie est encore plus important que son hostilit\u00e9 \u00e0 Assad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLes Iraniens reprennent \u00e0 leur compte la logique russe, qui est moins pro-Assad que d\u00e9fenderesse intraitable du respect du principe de souverainet\u00e9. Finalement, le sort d&rsquo;Assad est un point contingent de la crise syrienne, laquelle n&rsquo;est importante qu&rsquo;autour du principe de souverainet\u00e9 Ou bien ce principe est viol\u00e9, et il l&rsquo;est s&rsquo;il y a intervention \u00e9trang\u00e8re, pour quelque motif que ce soit (Assad ou pas Assad), et c&rsquo;est bien l\u00e0 la politique fondamentale du bloc BAO ; ou bien ce principe est prot\u00e9g\u00e9, et cette position de doctrine est op\u00e9rationnalis\u00e9e \u00e9videmment par le refus de toute intervention \u00e9trang\u00e8re, et c&rsquo;est bien l\u00e0 que l&rsquo;Iran et l&rsquo;\u00c9gypte se rejoignent, et qu&rsquo;il leur est permis de passer outre \u00e0 leurs diff\u00e9rences concernant le sort d&rsquo;Assad. Effectivement, il s&rsquo;agit de la logique russe, contrairement aux d\u00e9formations constantes, \u00e0 l&rsquo;image de sa propre d\u00e9formation interventionniste, que le bloc BAO a fait subir \u00e0 cette logique en interpr\u00e9tant la politique russe comme un soutien d&rsquo;alliance avec le r\u00e9gime Assad.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t On ne sera pas sans remarquer que la proposition d&rsquo;un groupe de contact sur la Syrie que fait l&rsquo;Iran se rapproche de celle de l&rsquo;\u00c9gypte, faite au sommet islamique des 14-15 ao\u00fbt \u00e0 Ryad, et pourtant il s&rsquo;en \u00e9loigne, sur la composition, d&rsquo;une fa\u00e7on extr\u00eamement significvative, qui montre que les \u00e9v\u00e8nements vont vite. L&rsquo;\u00c9gypte avait propos\u00e9 un groupe de contact r\u00e9gional o\u00f9 l&rsquo;on trouvait l&rsquo;Arabie, l&rsquo;\u00c9gypte, l&rsquo;Iran et la Turquie <em>Exit<\/em> la Turquie et l&rsquo;Arabie, dans la proposition iranienne dans le cadre du NAM, et cela correspond bien \u00e0 une situation qui est apparue lors du sommet. Pour des raisons diverses, il s&rsquo;est agi de l&rsquo;effacement de la Turquie (pour cause de d\u00e9b\u00e2cle) et de l&rsquo;Arabie (pour cause d&rsquo;incertitude bien dans la mani\u00e8re saoudienne) Ces deux pays, qui semblaient triompher il y a trois ou quatre mois, notamment \u00e0 cause de l&rsquo;importance que leur donnait la crise syrienne, paraissent d\u00e9sormais bancals, compl\u00e8tement pris \u00e0 contrepied et sur la d\u00e9fensive, ne sachant plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans quelle direction orienter leurs politiques r\u00e9gionales, et s&rsquo;ils ont encore une politique r\u00e9gionale d&rsquo;ailleurs,  s&rsquo;ils sont capables d&rsquo;en avoir encore une, de plus en plus contraints par la pression qu&rsquo;ils subissent, \u00e0 cause de leurs propres erreurs ou de leurs propres craintes<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM K Bhadrakumar : \u00ab<em>Turkey&rsquo;s Syrian debacle is becoming very serious. Egypt&rsquo;s entry puts pressure on Saudi Arabia to change course. The Iranian media has given the impression that some sort of rapprochment between Tehran and Riyadh is on the cards. The restoration of Egypt&rsquo;s relationship with Syria, equally, changes the calculus for Turkey<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t D&rsquo;o\u00f9 un retour au fondamental, \u00e0 la fois symbolique et psychologique, bien autant que strat\u00e9gique, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;Iran et l&rsquo;\u00c9gypte. Ces deux pays si importants ont quelque chose en commun, qui est d&rsquo;\u00eatre d&rsquo;incontestables puissances r\u00e9gionales qui doivent d\u00e9fendre ou r\u00e9affirmer leur souverainet\u00e9 nationale, lequel est \u00e9galement une force structurante pour l&rsquo;\u00e9quilibre de la r\u00e9gion et l&rsquo;hostilit\u00e9 aux h\u00e9g\u00e9monies ext\u00e9rieures ou par d\u00e9l\u00e9gation. La Turquie \u00e9tait dans ce jeu tant qu&rsquo;elle avait encore cette politique ind\u00e9pendante qui lui imposait \u00e0 la fois la charge et la stature d&rsquo;affirmer sa souverainet\u00e9 ; la Turquie en pleine d\u00e9b\u00e2cle catastrophique n&rsquo;est plus dans ce jeu, on l&rsquo;a vu, aussi l&rsquo;Iran et l&rsquo;\u00c9gypte se retrouvent n\u00e9cessairement dans un flux naturel de connivence qui ne gomme certainement pas les diff\u00e9rences mais qui va tendre de plus en plus \u00e0 les faire agir dans le m\u00eame sens, dans le concert r\u00e9gional. Cette question du principe de la souverainet\u00e9, soulev\u00e9e si souvent par les Russes pour eux-m\u00eames et pour toute situation, est aujourd&rsquo;hui le point fondamental de toute politique ext\u00e9rieure et de s\u00e9curit\u00e9 nationale, et le point fondamental qui fait d&rsquo;une politique une Grande Politique en fait, \u00e0 cause de l&rsquo;offensive constante du Syst\u00e8me, d\u00e9structurante et pr\u00e9datrice de tous les principes structurants  par cons\u00e9quent. Nous sommes bien loin, tr\u00e8s loin, des refrains tendance de la <em>narrative<\/em> du bloc BAO (d\u00e9mocratie, droitdel&rsquo;hommisme, etc.) et touchons l\u00e0 \u00e0 ce que le printemps arabe a de v\u00e9ritablement important.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tM K Bhadrakumar n&rsquo;a pas manqu\u00e9 la d\u00e9claration de Morsi faisant de l&rsquo;Iran un partenaire strat\u00e9gique (l&rsquo;Iran nommant l&rsquo;\u00c9gypte un alli\u00e9 strat\u00e9gique), comme point fondamental des \u00e9changes entre les deux pays \u00e0 T\u00e9h\u00e9ran. Il note effectivement l&#8217;embarras manifeste des USA devant l&rsquo;\u00e9volution de Morsi, jug\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral par les commentateurs-Syst\u00e8me autant qu&rsquo;-antiSyst\u00e8me de convenance, comme un pion des USA,  mais voil\u00e0, on est contraint aujourd&rsquo;hui de tenter de trouver dans l&rsquo;attitude du pion la d\u00e9marche la moins pire possible pour les int\u00e9r\u00eats US (Voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-message_du_sapiens-syst_me_friedman_morsi_30_08_2012.html\" class=\"gen\">30 ao\u00fbt 2012<\/a> : \u00ab<em>Avec son actuelle et tr\u00e8s audacieuse \u00e9volution,<\/em> [Morsi] <em>les place en position de compl\u00e8te d\u00e9fensive, sans gu\u00e8re de possibilit\u00e9 pour eux de contrecarrer ses initiatives dans la mesure o\u00f9 Morsi se m\u00e9nage de plus en plus de possibilit\u00e9s d&rsquo;alternatives \u00e0 la politique classique de soumission de l&rsquo;\u00c9gypte au bloc BAO,  et sans savoir, dans le chef des tuteurs<\/em> [US] <em>, si c&rsquo;est pure tactique tout en restant dans le cadre de l&rsquo;ancienne alliance, ou s&rsquo;il s&rsquo;agit bien d&rsquo;un grand tournant strat\u00e9gique.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici donc, enfin, ce qu&rsquo;en dit M K Bhadrakumar : \u00ab<em>It is no small matter for Tehran that Morsi called Iran a strategic partner for Egypt. Even a commentary in the Voice of America admits that the symbolism of Morsi&rsquo;s visit to Iran has concerned countries trying to isolate Iran  in particular, Egypt&rsquo;s longtime ally the United States. The best spin VOA could give is that Morsi&rsquo;s trip does not mean Egypt&rsquo;s full-fledged approval of Iran and that the apparent closeness could be a bargaining chip in Egypt&rsquo;s negotiations with the US.<\/em>\u00bb <\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 1er septembre 2012 \u00e0 13H57<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le centre de gravit\u00e9 se d\u00e9place Un tr\u00e8s court commentaire de M K Bhadrakumar, ce 31 ao\u00fbt 2012, sur le sommet NAM de T\u00e9h\u00e9ran, permet de musarder autour de quelques points \u00e9mergeant \u00e0 ce sommet, constituant, selon le mot de l&rsquo;auteur, \u00ab one of those rare moments when a new centre of gravity is forming&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3259,5474,3907,9550,2773,11981,6026,2937,3045,2746,5201,2613],"class_list":["post-73357","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-arabie","tag-bhadrakumar","tag-destructuration","tag-egypte","tag-iran","tag-morsi","tag-nam","tag-nationale","tag-sommet","tag-souverainete","tag-teheran","tag-turquie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73357","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73357"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73357\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73357"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73357"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73357"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}