{"id":73360,"date":"2012-09-03T09:10:27","date_gmt":"2012-09-03T09:10:27","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/09\/03\/de-la-russophobie-systeme\/"},"modified":"2012-09-03T09:10:27","modified_gmt":"2012-09-03T09:10:27","slug":"de-la-russophobie-systeme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/09\/03\/de-la-russophobie-systeme\/","title":{"rendered":"De la \u201crussophobie-Syst\u00e8me\u201d"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"titleset_a.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:2em;\">De la \u00ab\u00a0russophobie-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>3 septembre 2012 &ndash; L&rsquo;article d&rsquo;<em>Ouverture libre<\/em> de ce <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-la_situation_d_mographique_de_la_russie_sortie_de_crise_01_09_2012.html\">1er septembre 2012<\/a>, est consacr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sentation, avec de larges extraits, d&rsquo;un texte du politologue Alexandre Latsa sur la d\u00e9mographie russe. Avant d&rsquo;aborder l&rsquo;aspect statistique proprement dit, l&rsquo;auteur expose en introduction cette remarque, clairement de caract\u00e8re politique, id\u00e9ologique, psychologique, peut-\u00eatre plus (plus haut) encore&hellip;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&laquo;<em>Le th\u00e8me de la crise d\u00e9mographique russe est en train de passer de mode. Curieusement en effet on trouve beaucoup moins d&rsquo;articles sur la crise d\u00e9mographique russe. Il y a encore un an ou deux pourtant, nombre d&rsquo;experts pr\u00e9voyaient un effondrement total de la population russe, le pays \u00e9tant menac\u00e9 par une crise d\u00e9mographique sans pr\u00e9c\u00e9dent. La Russie lisait-on, \u00e9tait en outre une soci\u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0trop ferm\u00e9e et conservatrice, pour accepter une r\u00e9elle politique migratoire\u00a0\u00bb et l&rsquo;inertie des ph\u00e9nom\u00e8nes d\u00e9mographiques \u00e9tait soit disant telle \u00ab\u00a0qu&rsquo;elle ne pourrait esp\u00e9rer renverser l&rsquo;\u00e9volution\u00a0\u00bb. Bien souvent, ces pr\u00e9visions d\u00e9mographiques \u00e9taient totalement irrationnelles et \u00e9motionnelles, et bas\u00e9e sur des donn\u00e9es ne prenant absolument pas en compte ni la structure sociologique de la population, ni les changements d\u00e9mographiques brutaux, eux-m\u00eames li\u00e9s \u00e0 de brutaux changements sociopolitiques.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Ces remarques sont pertinentes et fond\u00e9es, en ce qu&rsquo;elles d\u00e9noncent implicitement, <em>a contrario<\/em>, une attitude syst\u00e9matiquement antirusse. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une attitude d&rsquo;une telle puissance, d&rsquo;une telle constance, d&rsquo;une telle intensit\u00e9, qu&rsquo;on peut consid\u00e9rer sans aucun doute qu&rsquo;elle renvoie \u00e0 une forme de pens\u00e9e-r\u00e9flexe pr\u00e9jug\u00e9e qu&rsquo;on peut qualifier de \u00ab\u00a0russophobie\u00a0\u00bb, qui est faite d&rsquo;une consid\u00e9ration hostile, r\u00e9ductrice, tr\u00e8s souvent haineuse (le terme n&rsquo;est pas trop fort), \u00e0 l&rsquo;encontre de la Russie et des Russes. Cette attitude, qui est effectivement souvent \u00e9motive derri\u00e8re un vernis de rationalit\u00e9 scientifique (statistique, avec des consid\u00e9rations de sociologie et de politique), est particuli\u00e8rement marqu\u00e9e, sinon in\u00e9dite pour le cas qu&rsquo;on va examiner, depuis la fin du communisme. Cette situation para&icirc;trait paradoxale d&rsquo;un certain point de vue qui prendrait en compte la v\u00e9rit\u00e9 historique, si l&rsquo;on consid\u00e8re justement que les Russes n&rsquo;ont pas \u00ab\u00a0voulu\u00a0\u00bb le communisme qui leur a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9 sous la forme du marxisme-l\u00e9ninisme et du stalinisme par une contrainte polici\u00e8re et terroriste, ni n&rsquo;ont vot\u00e9 librement pour lui. (Cela, au contraire des Allemands pour le national-socialisme dans l&rsquo;\u00e9poque consid\u00e9r\u00e9e.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Surtout, cette russophobie est, \u00e0 notre sens, singuli\u00e8rement <strong>sp\u00e9cifique<\/strong> depuis cette fin du communisme : c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il y a une russophobie <strong>sp\u00e9cifique<\/strong> depuis 1991, une russophobie que l&rsquo;on pourrait qualifier de \u00ab\u00a0russophobie postmoderniste\u00a0\u00bb ou, plus justement pour notre propos, de \u00ab\u00a0russophobie-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb. Nous allons confronter cet aspect, ces remarques, avec un passage du livre <em>La d\u00e9sinformation vue de l&rsquo;Est<\/em>, de Vladimir Volkoff (voir notre article du <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-un_avertissement_de_volkoff_27_08_2012.html\">27 ao&ucirc;t 2012<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Dans son \u00ab\u00a0dialogue\u00a0\u00bb avec le sociologue russe (sovi\u00e9tique) Kara-Mourza, Volkoff aborde \u00e0 une occasion (p.102-103) la question de la russophobie, sous l&rsquo;angle de la d\u00e9sinformation mais tout de m\u00eame allant au c&oelig;ur du sujet. Il d\u00e9niche dans l&rsquo;&oelig;uvre de Kara-Mourza (<em>La manipulation de la conscience<\/em>, de Sergue\u00ef Kara-Mourza), dont il fait la colonne vert\u00e9brale de son livre, un passage o&ugrave; le sociologue russe r\u00e9sume ce qu&rsquo;il juge \u00eatre la russophobie. Parlant de la division de la soci\u00e9t\u00e9 occidentale (la \u00ab\u00a0bourgeoisie\u00a0\u00bb, dit Kara-Mourza, qui est de formation marxiste) entre sociaux-d\u00e9mocrates (gauche \u00ab\u00a0bourgeoise\u00a0\u00bb) et conservateurs (droite \u00ab\u00a0bourgeoise\u00a0\u00bb), Kara-Mourza observe que, du temps de l&rsquo;URSS, &laquo;<em>les premiers aimaient les Russes comme constructeurs du socialisme et les autres les plaignaient comme victimes d&rsquo;un r\u00e9gime totalitaire.<\/em>[&hellip;] <em>Aujourd&rsquo;hui, la gauche d\u00e9teste les Russes comme tra&icirc;tres au communisme, tandis que la droite ne se sent plus oblig\u00e9e de plaindre les Russes lib\u00e9r\u00e9s du communisme et voit en eux des qu\u00e9mandeurs, des nomenclaturistes d\u00e9guis\u00e9s ou des mafiosi.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Volkoff juge l&rsquo;analyse \u00ab\u00a0lumineuse\u00a0\u00bb, suffisante au moins en partie pour expliquer cette \u00ab\u00a0orgie de russophobie\u00a0\u00bb, notamment des <em>media<\/em> occidentaux, et particuli\u00e8rement fran\u00e7ais. Volkoff estime effectivement que cette \u00ab\u00a0classe m\u00e9diatique\u00a0\u00bb voit dans la fin de l&rsquo;URSS la d\u00e9faite de ce communisme qui fut sa r\u00e9f\u00e9rence r\u00e9v\u00e9r\u00e9e pendant des d\u00e9cennies, alors que lui, Volkoff, ressent cet \u00e9v\u00e8nement &laquo;<em>comme la victoire de la libert\u00e9<\/em>&raquo;. (Toutes ces remarques datent de l&rsquo;\u00e9poque de 2005, au moment de la r\u00e9daction du livre, &ndash; le dernier de Volkoff, d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en septembre 2005, &ndash; qui fut publi\u00e9 en 2007.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Tout en rendant gr\u00e2ce aux deux auteurs cit\u00e9s pour avoir substantiv\u00e9 \u00e0 nos yeux le probl\u00e8me de ce que nous nommons la russophobie-Syst\u00e8me, nous restons quelque peu sur notre faim devant cette explication fond\u00e9e sur la fin du communisme. Notre perception est que la r\u00e9f\u00e9rence du communisme (pour ou contre, peu importe) a compl\u00e8tement d\u00e9sert\u00e9, \u00e0 peu pr\u00e8s aussi vite que s&rsquo;est \u00e9vapor\u00e9e l&rsquo;URSS, le r\u00e9flexe-r\u00e9flexion courant et sch\u00e9matique, conforme aux consignes, de cette classe m\u00e9diatique, ou de la communication (c&rsquo;est-\u00e0-dire nos \u00e9lites-Syst\u00e8me et nos directions politiques des pays du bloc BAO, c&oelig;ur du Syst\u00e8me). Tout cela a \u00e9t\u00e9 balay\u00e9, &ndash; dans le style \u00ab\u00a0du pass\u00e9, faisons table rase\u00a0\u00bb, &ndash; pour \u00eatre remplac\u00e9 par la pens\u00e9e-Syst\u00e8me totalitaire, qui s&rsquo;exprime affectivement et psychologiquement, sinon pathologiquement, par une d\u00e9votion quasiment extatique et une fascination sans la moindre limite ni r\u00e9serve acceptables pour le lib\u00e9ralisme libre-\u00e9changiste extr\u00e9miste anglo-saxons, et tout ce qui l&rsquo;accompagne (<em>neocons<\/em>, interventions humanitaires, etc.), sans plus imaginer qu&rsquo;une alternative \u00e9conomique puisse lui \u00eatre oppos\u00e9e (ce qui \u00e9tait, pour une bonne part, le communisme, avec sa fonction de doctrine \u00e9conomique). Malgr\u00e9 les particularismes mentionn\u00e9s (\u00ab\u00a0anglo-saxon\u00a0\u00bb et le reste), nous sommes bien l\u00e0 dans le territoire exclusif, herm\u00e9tique, absolument clos, du Syst\u00e8me dans sa phase de d\u00e9cha&icirc;nement (\u00ab\u00a0<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_source_de_tous_les_maux_ddecrisis_10_09_2010.html\">d\u00e9cha&icirc;nement de la Mati\u00e8re<\/a>\u00ab\u00a0) et son encha&icirc;nement convulsif surpuissance-autodestruction.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il nous para&icirc;t \u00e9vident que ce domaine triomphant a \u00e9vacu\u00e9 le communisme, d&rsquo;ailleurs avec juste raison sur ce point, comme accident mineur du pass\u00e9, bien incapable d&rsquo;entraver aujourd&rsquo;hui, en quoi que ce soit, la marche \u00e9galement triomphante du Syst\u00e8me, &ndash; selon la <em>narrative<\/em>-Syst\u00e8me. A notre sens, le communisme n&rsquo;est plus utilis\u00e9 que pour des besoins de propagande pure, pour renforcer des arguments primaires, notamment antirusses ; l&rsquo;id\u00e9e de la r\u00e9surgence du communisme fait sourire, sinon rire, aussi bien \u00e0 la <em>City<\/em> qu&rsquo;\u00e0 Wall Street, et ne fonctionne que dans le collectif c\u00e9r\u00e9bral d&rsquo;une cat\u00e9gorie de citoyens des USA allum\u00e9s selon des r\u00e9f\u00e9rences pas trop d\u00e9licates \u00e0 d\u00e9chiffrer (\u00ab\u00a0Obama, agent communiste\u00a0\u00bb, etc.) ; ou bien, elle fonctionne, en p\u00e9riode \u00e9lectorale, dans tel ou tel pays, comme par exemple la France qui offre dans son d\u00e9bat politique un exemple de bassesse qui devrait \u00eatre, l\u00e0 sans aucun doute, une r\u00e9f\u00e9rence pr\u00e9cieuse&hellip; (Cela ne signifie pas que nous tenons ou pas le communisme pour n\u00e9gligeable, tant selon ce qu&rsquo;il fut que selon la fa\u00e7on dont il pourrait rena&icirc;tre. L\u00e0 n&rsquo;est pas le d\u00e9bat et nous ne prenons dans ce cas aucune position \u00e0 cet \u00e9gard. Nous parlons de la perception du Syst\u00e8me, qui gouverne tout le reste, notamment le r\u00e9flexe-r\u00e9flexion de nos \u00e9lites.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Pour tout dire, la r\u00e9f\u00e9rence \u00ab\u00a0fascisme-nazisme\u00a0\u00bb est beaucoup plus largement utilis\u00e9e, beaucoup plus f\u00e9conde que celle du communisme, parce qu&rsquo;elle permet d&rsquo;animer la dialectique de l&rsquo;Holocauste, publicitairement tr\u00e8s efficace en plus de sa v\u00e9rit\u00e9 historique tragique, et de qualifier les nouveaux \u00ab\u00a0m\u00e9chants du jour\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0islamo-fascisme\u00a0\u00bb). On notera, dans ce sens, que l&rsquo;attaque constante contre Poutine se fait \u00e0 une \u00e9crasante majorit\u00e9 de l&rsquo;argument au nom d&rsquo;une \u00ab\u00a0r\u00e9surgence\u00a0\u00bb du fascisme, &ndash; point d&rsquo;histoire int\u00e9ressant pour la Russie qui fut, et de loin, la principale puissance dans l&rsquo;\u00e9crasement du fascisme, &ndash; que d&rsquo;une r\u00e9surgence du communisme.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Donc, nous \u00e9cartons la r\u00e9f\u00e9rence du communisme pr\u00e9sent\u00e9 comme on l&rsquo;a vue comme explication de notre russophobie&hellip; Alors, quoi ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Quelques lignes apr\u00e8s la citation rapport\u00e9e plus haut, avec la r\u00e9action de Volkoff, Kara-Mourza est \u00e0 nouveau cit\u00e9. Il parle de la p\u00e9riode eltsinienne d&rsquo;imposition \u00e0 la Russie d&rsquo;un capitalisme d\u00e9structurant et pr\u00e9dateur d&rsquo;une puissance inou\u00efe : &laquo;<em>Les experts occidentaux et leurs \u00e9mules russiens sont stup\u00e9faits par notre capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9sister aux coups des vainqueurs de la Russie dans la guerre froide. Non seulement l&rsquo;appauvrissement g\u00e9n\u00e9ral n&rsquo;a pas d\u00e9truit la soci\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;a presque pas aigri les gens, ne les a pas dress\u00e9s les uns contre les autres. Contrairement \u00e0 ce qu&rsquo;on attendait, la soci\u00e9t\u00e9 ne s&rsquo;est pas pulv\u00e9ris\u00e9e mais continue \u00e0 vivre selon les lois non \u00e9crites et des normes culturelles \u00e9trang\u00e8res \u00e0 la loi du march\u00e9 et aux normes individuelles.<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Volkoff abonde dans ce sens et rapporte lui-m\u00eame son t\u00e9moignage. Il \u00e9tait en Russie en 1992, &laquo;<em>quand beaucoup de Russes, priv\u00e9s de revenus, n&rsquo;avaient litt\u00e9ralement plus de quoi manger, et que les trottoirs \u00e9taient couverts d&rsquo;hommes et de femmes affam\u00e9s qui vendirent tout et n&rsquo;importe quoi, leurs d\u00e9corations, leurs samovars, leurs petits chiens ou quelques fleurs hivernales, cependant que les vitrines du magasin gastronomique Eliseev explosaient de saumons et d&rsquo;esturgeons et que<\/em> <strong><em>personne ne songeait \u00e0 les piller<\/em><\/strong>&raquo;. Pour exprimer, apr\u00e8s plusieurs exemples de cette sorte, son sentiment de la coh\u00e9sion de la soci\u00e9t\u00e9 russe malgr\u00e9 son grand malheur, Volkoff cite Berdiaev : &laquo;<em>Le peuple russe poss\u00e8de r\u00e9ellement la libert\u00e9 de l&rsquo;esprit qui n&rsquo;est donn\u00e9e qu&rsquo;\u00e0 ceux qui ne se laissent pas trop absorber par la soif du profit terrestre et du bien \u00eatre des peuples d&rsquo;occident. La Russie est seule \u00e0 ne pas conna&icirc;tre le fardeau \u00e9crasant des pr\u00e9jug\u00e9s bourgeois&hellip;<\/em>&raquo;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Cette deuxi\u00e8me sorte de remarques, qui ne nous est pourtant pas pr\u00e9sent\u00e9 du tout comme la cause explicite de la russophobie mais simplement comme la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance du peuple russe, nous para&icirc;t au contraire beaucoup plus appropri\u00e9e pour nous sugg\u00e9rer une explication de la russophobie qui est une attitude \u00e9vidente aujourd&rsquo;hui. La chronologie est \u00e0 cet \u00e9gard extr\u00eamement int\u00e9ressante. \u00ab\u00a0Notre russophobie\u00a0\u00bb, &ndash; celle dont nous parlons, la russophobie-Syst\u00e8me, &ndash; est, aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est-\u00e0-dire dans la s\u00e9quence depuis 1991, d&rsquo;un type tr\u00e8s particulier. Elle affecte, disons un \u00ab\u00a0&lsquo;esprit\u00a0\u00bb, en v\u00e9rit\u00e9, et un esprit identifi\u00e9 d&rsquo;un point de vue culturel, linguistique, esth\u00e9tique, sociologique, voire m\u00eame psychologique, &ndash; et, bien entendu, sans le moindre doute, identifi\u00e9 d&rsquo;un point de vue absolument spirituel allant avec le psychologique, &ndash; c&rsquo;est-\u00e0-dire, disons \u00ab\u00a0l&rsquo;esprit de l&rsquo;\u00e2me russe\u00a0\u00bb&hellip; Par cons\u00e9quent, il s&rsquo;agit bien d&rsquo;une phobie de tout ce qui est russe en g\u00e9n\u00e9ral, sans r\u00e9f\u00e9rence historique particuli\u00e8re sinon \u00e0 la p\u00e9riode d\u00e9crite (l&rsquo;attaque furieuse du capitalisme d\u00e9structurant contre la Russie, \u00e0 partir de 1991, durant toute la p\u00e9riode eltsinienne, c&rsquo;est-\u00e0-dire les ann\u00e9es 1990). Cette russophobie s&rsquo;inscrit compl\u00e8tement, presque sp\u00e9cifiquement, dans le contexte colossal de la crise g\u00e9n\u00e9rale du Syst\u00e8me qui a pris son envol \u00e0 la fin de la guerre froide et qui tend d\u00e9sormais \u00e0 s&rsquo;inscrire dans l&rsquo;Histoire comme une \u00e9poque sp\u00e9cifique, avec ses spasmes successifs n\u00e9s d&rsquo;une m\u00eame cause centrale : le d\u00e9cha&icirc;nement capitalistes des ann\u00e9es 1990, l&rsquo;attaque du 11 septembre 2001, la crise financi\u00e8re de septembre 2008, la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_la_chaine_crisique_ddecrisis_02_04_2011.html\">cha&icirc;ne crisique<\/a> du printemps arabe de d\u00e9cembre 2010.<\/p>\n<\/p>\n<p><h3 class=\"subtitleset_b.deepblue\" style=\"color:#0f3955;font-size:1.65em;font-variant:small-caps;\">Haine des \u00ab\u00a0collabos\u00a0\u00bb contre la r\u00e9sistance<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>Les ann\u00e9es 1990 furent donc particuli\u00e8rement f\u00e9condes en attaques du capitalisme, selon la \u00ab\u00a0doctrine de choc\u00a0\u00bb du domaine popularis\u00e9e par Naomi Klein. Aucun pays ne fut soumis \u00e0 un aussi rude traitement que la Russie, avec une attaque sp\u00e9cifique organis\u00e9e de fa\u00e7on consciente d\u00e8s la chute achev\u00e9e du r\u00e9gime (l\u00e0, on peut parler d&rsquo;un ersatz de \u00ab\u00a0complot\u00a0\u00bb, paradoxalement puisque s&rsquo;\u00e9tant d\u00e9roul\u00e9e \u00e0 ciel ouvert et au su de tous) ; puis une attaque qu&rsquo;on dirait \u00ab\u00a0m\u00e9canique\u00a0\u00bb, dans le grand encha&icirc;nement de crises financi\u00e8res successives des pays dits \u00ab\u00a0\u00e9mergents\u00a0\u00bb de la fin des ann\u00e9es 1990, courant de la Tha\u00eflande \u00e0 partir de juillet 1997 \u00e0 l&rsquo;Argentine en passant par la Russie. Avec ces \u00e9v\u00e8nements accumul\u00e9s, on pourrait parler d&rsquo;une seconde d\u00e9vastation de la Russie apr\u00e8s celle du communisme ; \u00e0 la d\u00e9structuration amen\u00e9e par le r\u00e9gime communiste et son effondrement, s&rsquo;ajouta une pouss\u00e9e colossale de dissolution du fait de l&rsquo;attaque capitaliste. Cette sorte d&rsquo;\u00e9v\u00e8nements d\u00e9clar\u00e9s comme \u00e9tant \u00e0 finalit\u00e9 \u00e9conomique est en r\u00e9alit\u00e9 conduite de fa\u00e7on \u00e0 bouleverser la soci\u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la dissolution du mod\u00e8le initial, et \u00e0 modifier les psychologies pour les adapter aux nouvelles conditions \u00e9conomiques qu&rsquo;on veut installer, jusqu&rsquo;\u00e0 engendrer une m\u00e9canique de contrainte, de fabrication d&rsquo;une nouvelle psychologie collective, &ndash; l&rsquo;<em>homo-Systema<\/em>, apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9chec de l&rsquo;<em>homo-communistus<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il y a donc un enjeu psychologique fondamental qui, par son caract\u00e8re collectif, touche aux r\u00e9gions collectives elles-m\u00eames fondamentales, pouvant aller jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;enjeu de la spiritualit\u00e9 et des principes structurants qui vont avec. C&rsquo;est \u00e0 ce point que l&rsquo;on doit revenir aux constats mentionn\u00e9s plus hauts par nos auteurs (Kara-Mourza, Volkoff, Berdiaev), sur la r\u00e9sistance collective extraordinaire oppos\u00e9e par le Russe en g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 l&rsquo;attaque qu&rsquo;il subissait. Cette r\u00e9sistance russe fut telle que la classe des \u00ab\u00a0profiteurs\u00a0\u00bb de cette invasion capitaliste, les \u00ab\u00a0oligarques\u00a0\u00bb b\u00e2tissant des fortunes sur le d\u00e9sordre ainsi install\u00e9, fut elle-m\u00eame divis\u00e9e, avec certains oligarques agissant dans un sens pro-russe, y compris dans le champ culturel, retournant la corruption et le d\u00e9sordre dont ils avaient profit\u00e9 et dont ils continuaient \u00e0 profiter contre le courant g\u00e9n\u00e9ral de d\u00e9sagr\u00e9gation et de dissolution. Une fois l&rsquo;action du r\u00e9gime national \u00ab\u00a0collaborateur\u00a0\u00bb d&rsquo;Eltsine (pro-occidental, c&rsquo;est-\u00e0-dire pro-Syst\u00e8me) dissoute dans sa propre inefficacit\u00e9 et sa corruption dans un processus classique renvoyant \u00e0 l&rsquo;\u00e9quation surpuissance-autodestruction, les structures de l&rsquo;&Eacute;tat b\u00e2ties sur un socle historique et principiel n\u00e9cessairement solide et qui avaient r\u00e9sist\u00e9 \u00e0 la temp\u00eate ont r\u00e9tabli, avec Poutine, une politique g\u00e9n\u00e9rale naturellement recentr\u00e9e sur les int\u00e9r\u00eats et les conceptions russes. En ce sens, Poutine (d&rsquo;ailleurs choisi par Eltsine) a \u00e9t\u00e9 l&rsquo;instrument plus que le promoteur d&rsquo;une r\u00e9action de r\u00e9sistance contre l&rsquo;attaque furieuse du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Le constat est donc que l&rsquo;attaque du Syst\u00e8me contre la Russie, malgr\u00e9 ses r\u00e9ussites tactiques d\u00e9vastatrices, fut un \u00e9chec strat\u00e9gique, \u00e9vident d\u00e8s les premi\u00e8res ann\u00e9es de la premi\u00e8re pr\u00e9sidence Poutine. C&rsquo;est \u00e0 ce moment que la v\u00e9ritable russophobie telle que nous la voyons se manifester quotidiennement a pris d\u00e9finitivement forme et s&rsquo;est durablement d\u00e9ploy\u00e9e dans la communication-Syst\u00e8me. Nous la nommons russophobie-Syst\u00e8me parce qu&rsquo;elle est directement et <strong>exclusivement<\/strong> inspir\u00e9e par le Syst\u00e8me, selon sa logique interne que rien ne peut d\u00e9tourner puisque le Syst\u00e8me est une entit\u00e9 herm\u00e9tique qui a ses propres r\u00e8gles \u00e9trang\u00e8res au moindre amendement. Tous les arguments d\u00e9ploy\u00e9s autour de cette russophobie (arguments strat\u00e9giques contre la dangerosit\u00e9 de la Russie, r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la guerre froide, arguments humanitaires et d\u00e9mocratiques, arguments \u00e9conomiques, etc.), quels que soient leurs fondements, d&rsquo;ailleurs souvent douteux sinon compl\u00e8tement invertis, n&rsquo;ont strictement aucune finalit\u00e9 strat\u00e9gique ; il ne s&rsquo;agit que d&rsquo;artifices tactiques pour parvenir \u00e0 un seul but qui est la destruction par dissolution de la Russie. Aucun autre objectif que la dissolution autant g\u00e9ographique, politique que psychologique n&rsquo;est concevable par le Syst\u00e8me, qui per\u00e7oit \u00e0 juste titre que la Russie, \u00e0 cause de sa puissance et de sa structuration historique et principielle, constitue l&rsquo;obstacle central \u00e0 son expansion, &ndash; g\u00e9ographiquement par sa position entre Europe et Asie, et son poids, voire son influence, par rapport \u00e0 l&rsquo;Europe qui est un des composants du bloc BAO ; psychologiquement et spirituellement, par sa coh\u00e9sion collective qui est, encore plus qu&rsquo;une d\u00e9fense efficace, une \u00e9ventuelle inspiration contre-offensive, de type antiSyst\u00e8me. Il ne peut s&rsquo;agir que d&rsquo;une lutte \u00e0 mort car si le Syst\u00e8me n&#8217;emporte pas tout, et particuli\u00e8rement la Russie dans sa position et son importance si sp\u00e9cifiques, il n&#8217;emporte rien selon sa propre conception totalitaire, et sa logique d&rsquo;autodestruction l&#8217;emporte sur sa logique de surpuissance.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Il s&rsquo;agit bien l\u00e0 de notre d\u00e9finition de la cause de la russophobie actuelle : l&rsquo;argument de communication de la n\u00e9cessit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9limination compl\u00e8te, par d\u00e9structuration et dissolution, d&rsquo;une entit\u00e9 qui s&rsquo;av\u00e8re inassimilable au Syst\u00e8me. Cette russophobie se d\u00e9finit donc comme un moyen, essentiellement de communication, essentiellement par le d\u00e9nigrement et la haine de tout ce qui est russe, dans une entreprise g\u00e9n\u00e9rale de destruction par d\u00e9structuration et dissolution. Ceux qui soutiennent sans restriction cette russophobie, sans en conna&icirc;tre n\u00e9cessairement l&rsquo;architecte (le Syst\u00e8me), ont, dans la Grande Guerre qui constitue l&rsquo;actuel affrontement caract\u00e9risant la crise du Syst\u00e8me, une position objective de \u00ab\u00a0collabos\u00a0\u00bb luttant contre une poche de r\u00e9sistance particuli\u00e8rement difficile \u00e0 r\u00e9duire. Ce rappel du vocabulaire de la Deuxi\u00e8me Guerre mondiale permet d&rsquo;entrer dans la <em>narrative<\/em> des adversaires \u00ab\u00a0antifascistes\u00a0\u00bb de la Russie pour leur opposer une contre-<em>narrative<\/em> qui les met exactement dans leur situation de \u00ab\u00a0p\u00e9tainistes\u00a0\u00bb du Syst\u00e8me.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>Deux facteurs et une situation g\u00e9n\u00e9rale qui peuvent s&rsquo;av\u00e9rer particuli\u00e8rement dommageables aux projets du Syst\u00e8me sont alors \u00e0 consid\u00e9rer dans les p\u00e9rip\u00e9ties op\u00e9rationnelles de cet affrontement qui s&rsquo;exprime essentiellement au niveau dialectique et psychologique par la russophobie :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La contradiction entre d&rsquo;une part la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9truire absolument selon les normes qu&rsquo;on a vues la Russie \u00ab\u00a0et tout ce qui est russe\u00a0\u00bb, et d&rsquo;autre part la puissance, notamment militaire et strat\u00e9gique, de la Russie. C&rsquo;est pour cette raison que la \u00ab\u00a0guerre de communication\u00a0\u00bb (l'\u00a0\u00bbagression douce\u00a0\u00bb) est le moyen privil\u00e9gi\u00e9. On a d\u00e9j\u00e0 vu les risques objectifs, y compris et particuli\u00e8rement pour le Syst\u00e8me que fait courir cette m\u00e9thode (voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_russie_l_urss_et_retour_27_08_2012.html\">27 ao&ucirc;t 2012<\/a>). Le probl\u00e8me russe du Syst\u00e8me est que la direction politique russe a d\u00e9j\u00e0 montr\u00e9 (G\u00e9orgie en ao&ucirc;t 2008) que la Russie n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 se servir de ses forces arm\u00e9es au cas o&ugrave; elle s&rsquo;estimerait menac\u00e9e dans son int\u00e9grit\u00e9. Un probl\u00e8me annexe, qui n&rsquo;est pas sans int\u00e9r\u00eat, est la schizophr\u00e9nie \u00e0 laquelle sont forc\u00e9s certains des membres des directions politiques des pays du bloc BAO qui conservent une certaine lucidit\u00e9 \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de leur emploi dans le Syst\u00e8me, et qui m\u00e8nent \u00e0 la fois une critique-Syst\u00e8me conforme de la Russie, et \u00e0 la fois une promotion de l&rsquo;importance exceptionnelle d&rsquo;une entente avec la Russie telle qu&rsquo;elle est. (Cas de Fran\u00e7ois Fillon, voir le <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-fillon_la_syrie_et_la_russie_boire_et_manger_15_08_2012.html\">15 ao&ucirc;t 2012<\/a>.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; La dimension <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-notes_sur_un_destin_russe_ddecrisis_23_04_2012.html\">spirituelle<\/a>, qui joue un r\u00f4le important avec la psychologie dans la r\u00e9sistance russe au Syst\u00e8me, et qui devrait y tenir une place de plus en plus importante. Les facteurs qui l&rsquo;affectent, comme notamment les attaques ext\u00e9rieures contre l&rsquo;&Eacute;glise (<em>Pussy Riot<\/em> &#038; Cie), qui font partie de l&rsquo;<a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-le_syst_me_et_ses_termites_21_08_2012.html\">offensive<\/a> type-\u00ab\u00a0agression douce\u00a0\u00bb, devraient jouer un r\u00f4le dans ce domaine, qui n&rsquo;est pas exempt de surprises tactiques. Nous sommes proches de penser que les attaques type-<em>Pussy Riot<\/em> auront finalement un effet mobilisateur sur la dimension spirituelle suppl\u00e9mentaire de la psychologie russe face \u00e0 ces attaques. (Ce constat qui n&rsquo;a rien \u00e0 voir avec le go&ucirc;t que nous avons ou n&rsquo;avons pas pour l&rsquo;&Eacute;glise orthodoxe, et tout avec l&rsquo;importance que nous accordons au facteur spiritualit\u00e9\/psyschologie.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&bull; Le cas de la russophobie-Syst\u00e8me et des actions qui l&rsquo;accompagnent est finalement tr\u00e8s ambigu. D&rsquo;une part, on peut appr\u00e9cier qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une situation g\u00e9n\u00e9rale de la Russie qui est \u00ab\u00a0en \u00e9tat de si\u00e8ge\u00a0\u00bb, conduite \u00e0 affronter de grandes difficult\u00e9s pour se d\u00e9fendre devant une telle forme d&rsquo;attaque dissolvante ; d&rsquo;autre part, le Syst\u00e8me est lui-m\u00eame dans de grandes difficult\u00e9s, avec ses bases (USA et Europe) de plus en plus \u00e9branl\u00e9es et fragiles, avec ses oppositions internes grandissantes, et le type de riposte (notamment spirituelles) que doivent entra&icirc;ner ses attaques contre la Russie peut lui-m\u00eame \u00ab\u00a0inspirer\u00a0\u00bb certaines r\u00e9sistances \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du bloc BAO (cas hypoth\u00e9tique de la <a class=\"gen\" href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-entre_moscou_et_varsovie_le_pont_de_la_spiritualit__18_08_2012.html\">Pologne<\/a>) et acc\u00e9l\u00e9rer le cycle d&rsquo;autodestruction du Syst\u00e8me<\/p>\n<\/p>\n<p><p>&hellip;Ce qui nous ram\u00e8ne, pour notre conclusion, \u00e0 notre th\u00e8me central, qui est bien la d\u00e9finition de la russophobie, telle qu&rsquo;elle existe aujourd&rsquo;hui, extr\u00eamement puissante, nous dirions m\u00eame et n\u00e9cessairement <strong>haineuse<\/strong>. Il s&rsquo;agit bel et bien de l&rsquo;expression presque intime du sentiment de haine du Syst\u00e8me contre la Russie pour avoir r\u00e9ussi avec des moyens hors-Syst\u00e8me comme la psychologie collective, les r\u00e9f\u00e9rences principielles et spirituelles, etc., \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 son attaque, comme la Russie l&rsquo;a fait dans les ann\u00e9es 1990. Pour le Syst\u00e8me, la Russie est devenue la manifestation <em>in vivo<\/em> de ses limites, voire de son impuissance \u00e0 r\u00e9aliser son destin n\u00e9cessairement universel de dissolution des structures et de destruction des principes, passant en \u00e9conomie par le syst\u00e8me capitaliste extr\u00eame, en mati\u00e8re \u00ab\u00a0civile\u00a0\u00bb par les dislocations des structures culturelles, sociologiques, etc., et essentiellement en mati\u00e8re intellectuelle et spirituelle par la destruction de la psychologie. La russophobie est pratiqu\u00e9e dans le mode automatique par le monde de la communication-Syst\u00e8me, \u00e9lites et directions politiques, sans en savoir le but fondamental ; et en mode erratique, souvent inconscient, souvent selon des arguments contradictoires entre eux-m\u00eames, dans le public g\u00e9n\u00e9ral soumis \u00e0 la <em>narrative<\/em> du Syst\u00e8me. Par ailleurs, la russophobie d\u00e9crit un \u00e9tat d&rsquo;affrontement qui ne pourra absolument pas \u00eatre r\u00e9solu par le moindre arrangement d&rsquo;aucune sorte, qui est bien une lutte \u00e0 mort, quelle que soit l&rsquo;\u00e9volution politique ou strat\u00e9gique qui peut avoir lieu de mani\u00e8re parcellaire, ici et l\u00e0, entre telle ou telle entit\u00e9, tel ou tel pays du bloc BAO avec la Russie, &ndash; \u00e9volution \u00e9ventuellement positive, d&rsquo;ailleurs, ce qui ne ferait que refl\u00e9ter les contradictions profondes et les faiblesses internes du Syst\u00e8me qu&rsquo;on a d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9es. Au-dessus de tout, on conclura en observant que cette \u00ab\u00a0lutte \u00e0 mort\u00a0\u00bb est un facteur important dans la destin\u00e9e du Syst\u00e8me, de son \u00e9volution erratique vers une transformation d\u00e9finitive de sa dynamique de surpuissance en dynamique d&rsquo;autodestruction.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De la \u00ab\u00a0russophobie-Syst\u00e8me\u00a0\u00bb 3 septembre 2012 &ndash; L&rsquo;article d&rsquo;Ouverture libre de ce 1er septembre 2012, est consacr\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sentation, avec de larges extraits, d&rsquo;un texte du politologue Alexandre Latsa sur la d\u00e9mographie russe. Avant d&rsquo;aborder l&rsquo;aspect statistique proprement dit, l&rsquo;auteur expose en introduction cette remarque, clairement de caract\u00e8re politique, id\u00e9ologique, psychologique, peut-\u00eatre plus (plus&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[10],"tags":[7715,4646,4270,3907,10119,15064,12042,916,3099,2884,2732,4814],"class_list":["post-73360","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-faits-et-commentaires","tag-ame","tag-antisysteme","tag-autodestruction","tag-destructuration","tag-dissolution","tag-kara-mourza","tag-latsa","tag-poutine","tag-psychologie","tag-russe","tag-spiritualite","tag-volkoff"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73360","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73360"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73360\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73360"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73360"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73360"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}