{"id":73423,"date":"2012-10-02T12:14:00","date_gmt":"2012-10-02T12:14:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/02\/la-puissance-degonflee-du-qatar\/"},"modified":"2012-10-02T12:14:00","modified_gmt":"2012-10-02T12:14:00","slug":"la-puissance-degonflee-du-qatar","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/02\/la-puissance-degonflee-du-qatar\/","title":{"rendered":"La puissance d\u00e9gonfl\u00e9e  du Qatar"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">La puissance d\u00e9gonfl\u00e9e  du Qatar<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tHier, <a href=\"http:\/\/www.presstv.ir\/detail\/2012\/10\/01\/264405\/qatari-owner-dictates-aljazeera-policy\/\" class=\"gen\">1er octobre 2012<\/a>, le site <em>PressTV.com<\/em> de la station iranienne ne manquait pas de pr\u00e9senter la nouvelle de certains remous au sein et autour d&rsquo;Aljazeera, forc\u00e9 de toute urgence de diffuser en direct le discours de l&rsquo;\u00e9mir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, le 25 septembre \u00e0 la tribune de l&rsquo;ONU. La nouvelle avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9v\u00e9l\u00e9e et largement explicit\u00e9e et comment\u00e9e la veille, 30 septembre, par le <em>Guardian<\/em>.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Al-Jazeera has once again been criticized for its biased reportage amid revelations that the Qatari-owned news agency took directives to re-edit a report that was deemed not reflective of the policies of its Arab owner on Syria. In a last-minute instruction last Tuesday, Salah Negm, Al-Jazeera&rsquo;s Doha-based news director, ordered that a video report containing speeches by the world leaders at the recent meeting of the UN General Assembly be re-edited to lead with the speech made by Emir of Qatar Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani on Syria, the British daily Guardian reported on Sunday<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;on comprend, \u00e0 la lumi\u00e8re de cette anecdote significative, que les dirigeants du Qatar tenaient ce discours comme \u00e9tant d&rsquo;une singuli\u00e8re importance. Il est vrai que l&rsquo;intervention fut marqu\u00e9e par la proposition d&rsquo;une intervention en Syrie : \u00ab<em>It is better for Arab countries themselves to intervene out of theirhumanitarian, political and military duties and do what is necessary to stop the bloodshed.<\/em>\u00bb Cette proposition qui \u00e9tait elle-m\u00eame pr\u00e9sent\u00e9e par ailleurs par le Premier ministre qatari, Sheikh Hamad bin Jassim al Thani, dans une interview \u00e0 CNN. (Certains disent que CNN \u00e9prouve vis-\u00e0-vis de la direction du Qatar une amiti\u00e9 presque aussi grande que celle que montre Aljazeera.) Le Premier ministre annon\u00e7ait que le Qatar a un plan B pour la Syrie, qui est effectivement de lancer des op\u00e9rations pour \u00e9tablir des zones prot\u00e9g\u00e9es n\u00e9cessitant une <em>No-Fly Zones<\/em>. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn en d\u00e9duit que ce discours qatari \u00e0 l&rsquo;ONU n&rsquo;\u00e9tait pas de pure convenance mais qu&rsquo;il recouvre au contraire une strat\u00e9gie affirm\u00e9e. Effectivement, le Qatar a baptis\u00e9 ce projet un plan B, impliquant que la situation actuelle est, du point de vue qatari, en train de s&rsquo;installer dans une impasse. (On ne pense au plan B que lorsque le plan A donne des signes d&rsquo;\u00e9puisement.) Michael Stephens, expert travaillant au Qatar, au sein de la branche qatari de l&rsquo;institut RUSI (ce qui implique un point de vue bien en ligne avec les organismes officieux de s\u00e9curit\u00e9 britannique), estime (le <a href=\"http:\/\/www.opendemocracy.net\/michael-stephens\/qatar%E2%80%99s-plan-b-for-syria-wise-choice\" class=\"gen\">1er octobre 2012<\/a>, sur <em>OpenDemocracy.net<\/em>), que le Qatar se trouve dans une position o\u00f9 il lui faut trouver une issue au probl\u00e8me syrien, c&rsquo;est-\u00e0-dire une nouvelle relance \u00e0 l&rsquo;avantage de sa strat\u00e9gie anti-Assad, sous peine de perdre sa place, son prestige et son influence  dans le monde arabe. Mais l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;une intervention en Syrie est aujourd&rsquo;hui un exercice bien complexe ; inutile de songer aux USA, qui parlent beaucoup gr\u00e2ce \u00e0 Hillary mais agissent assez peu ; l&rsquo;ONU, il ne vaut mieux pas y penser ; <em>idem<\/em> pour l&rsquo;Organisation des Ettats Islamiques, d\u00e8s lors qu&rsquo;un poids lourd comme l&rsquo;\u00c9gypte, malgr\u00e9 ses liens avec le Qatar, a exclu par la voix de Morsi toute id\u00e9e d&rsquo;une intervention \u00e9trang\u00e8re en Syrie Michael Stephens :<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The point to note is that the Qataris already know all of this, so it begs the question: why given these constraints have they still pushed forward with this new line of thinking? Once again I have no doubt that the Emir in particular sees advocating military intervention as genuinely moral, that it is a universal good to remove Assad from power as soon as possible. Secondly the sense of frustration with the ongoing operation to assist the rebels is tangible. Almost everybody I speak to who is close to these activities seems tired, and jaded, believing the operation to be what the American military might term a SNAFU. This sense of disappointment seems to have stung the Qataris into action to try to rectify matters and inject a renewed sense of urgency into multilateral activities in Syria.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>The real question is not about Qatar however, but Saudi Arabia. Should Riyadh feel sufficiently bold (which would be very out of character) to mobilise and follow Qatar&rsquo;s call for action, then a real substantive shift might take place. Indeed Saudi&rsquo;s vastly superior technological capabilities could end the conflict quickly should it wish tomobilise its more capable units. Although Saudi forces are largely untested in war it is doubtful Assad&rsquo;s forces could withstand a full scale Saudi offensive launched from Jordan.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This may well be the key to understanding what Qatar is doing. The Qataris are trying to drag Riyadh into a more assertive posture that produces a genuine sense of threat among Syrian decision makers. Backed by Jordan and possibly the UAE this would create a coalitionthat could force Assad into submission. The conflict is military at the end of the day, and it cannot presently be solved by political means. The Qataris understand this, and so does everybody else.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Perhaps the Emir was simply saying what we have all been thinking but have been too afraid to say.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn se rappelle, il y a 14-16 mois, que le Qatar apparaissait sur nos \u00e9crans de commentateurs, comme une force nouvelle, semblant irr\u00e9sistible, maniant la puissance de l&rsquo;agent, une certaine capacit\u00e9 de force, une influence nouvelle et inattendue. Les pays du bloc BAO ressentaient eux-m\u00eames cette nouvelle puissance d&rsquo;expansion, avec des investissements audacieux et tapageurs,  notamment la France, fameusement et rapidement en cours de qatarisation,  et qui l&rsquo;est toujours d&rsquo;ailleurs, signe d&rsquo;une path\u00e9tique situation g\u00e9n\u00e9rale fran\u00e7aise. Les ambitions qataris allaient m\u00eame jusque des plans \u00e0 peine secrets d&rsquo;exp\u00e9dier, dans la foul\u00e9e, en l&rsquo;annexant tout ou en partie, le grand voisin saoudien dont on sait la mauvaise sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale entre la corruption universelle, l&rsquo;\u00e9tat dangereux des structures sociales du pays et la prolifique profusion des milliers de princes plus ou moins parasitaires et tous pr\u00e9tendants \u00e0 une miette de pouvoir. La croisade anti-Assad vint pour couronner le tout, \u00e0 nouveau aux c\u00f4t\u00e9s des crois\u00e9s BAO et, \u00e9galement, des Saoudiens qui restent des alli\u00e9s intimes m\u00eame si l&rsquo;on nourrit contre eux des plans machiav\u00e9liques. L&rsquo;\u00e9clatante victoire de la campagne syrienne au sein de la m\u00eame coalition qui avait triomph\u00e9 en Libye aurait du, selon les plans pr\u00e9vus, couronner en quelques semaines une brillante campagne g\u00e9n\u00e9rale installant le Qatar au sommet de sa puissance dans le Moyen-Orient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLe r\u00eave le c\u00e8de donc \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9, puisque Assad r\u00e9siste, que le front anti-syrien se montre de plus en plus timide, que des obstacles inattendus se dressent (Morsi d&rsquo;\u00c9gypte, bien s\u00fbr) et que des acteurs qu&rsquo;on croyait condamn\u00e9s \u00e0 la retraite sinon \u00e0 la d\u00e9route (l&rsquo;Iran, la Russie) conservent ou renforcent un statut plus qu&rsquo;honorable. Du coup, le Qatar commence \u00e0 retomber lourdement. Sa mont\u00e9e en puissance a \u00e9t\u00e9 exactement conforme aux fortunes qui se nouent et se d\u00e9nouent dans ce temps o\u00f9 triomphent le syst\u00e8me de la communication avec ses <em>narrative<\/em> diverses, et les montagnes de $milliards qui ne parviennent pas tout \u00e0 fait \u00e0 remplacer les principes de l\u00e9gitimit\u00e9 et de souverainet\u00e9 (pour soi-m\u00eame et qu&rsquo;on doit respecter chez les autres). Le Qatar a agi comme un facteur d\u00e9structurant et dissolvant, bien \u00e0 l&rsquo;image des attributs de sa puissance et des habilet\u00e9s tortueuses de sa politique. Sa puissance est de la m\u00eame eaux : faite d&rsquo;esbroufe et d&rsquo;illusions parce que sans principe, elle doit triompher dans le temps de la surprise que cause son irruption, ou bien s&rsquo;attendre \u00e0 \u00eatre confront\u00e9e \u00e0 des obstacles dont la duret\u00e9 meurtri\u00e8re se mesure \u00e0 leur p\u00e9rennit\u00e9. Aujourd&rsquo;hui, le Qatar exp\u00e9rimente ce revers des fortunes faciles et se trouve r\u00e9duit \u00e0 des machinations auxquelles on est conduit \u00e0 donner fort peu de chance de succ\u00e8s. Imaginer un plan B d&rsquo;invasion contre la Syrie, \u00e0 partir de la Jordanie, en tablant sur la puissance militaire saoudienne, avec le Qatar dans le r\u00f4le d&rsquo;inspirateur  et de puissance dynamique, c&rsquo;est se bercer d&rsquo;illusions qui ne trompent personne. L&rsquo;Arabie peut envisager d&rsquo;envahir Bahrain, sous les applaudissements des autorit\u00e9s qui tremblent devant des manifestants arm\u00e9s de caillasses et de leurs poitrines offertes au feu de la police, mais au-del\u00e0 c&rsquo;est de la pure r\u00eaverie ; l&rsquo;Arabie a trop peur de son ombre et de ses multiples faiblesses, avec la psychologie terroris\u00e9e qui va avec pour de telles entreprises. La seule op\u00e9ration possible, de la part des pays arabes, devrait avoir un strict caract\u00e8re humanitaire et aurait pour principal effet de rel\u00e9guer les acteurs \u00e9trangers \u00e0 la r\u00e9gion dans un r\u00f4le de second plan (c&rsquo;est le sch\u00e9ma que les Egyptiens sont pr\u00eats \u00e0 \u00e9tudier).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tMichael Stephens a l&rsquo;air de croire moyennement \u00e0 ce qu&rsquo;il d\u00e9crit, mais il faut bien honorer d&rsquo;un peu d&rsquo;attention le grand discours de l&rsquo;Emir, dont la retransmission <em>live<\/em> a \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e \u00e0 une cha\u00eene Aljazeera qui n&rsquo;est plus que l&rsquo;ombre de lui-m\u00eame. Plus que de s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 quelque mirifique plan B qui aurait la peau du coriace Assad, on ferait mieux de mesurer la prodigieuse rapidit\u00e9 avec laquelle ces puissances du Golfe et de l&rsquo;argent du Golfe montent comme un soufflet, sous les regards mouill\u00e9s d&rsquo;admiration des commentateurs du bloc BAO qui croient y distinguer la preuve que le Syst\u00e8me marche, et se d\u00e9gonflent avec une c\u00e9l\u00e9rit\u00e9 encore plus grande, avec l&rsquo;effet multipli\u00e9 par l&rsquo;effondrement des espoirs qu&rsquo;on avait mis dans le gonflement initial. L&rsquo;affirmation de la puissance du Qatar depuis le printemps 2011 est plus un \u00e9v\u00e9nement de communication qu&rsquo;un \u00e9v\u00e9nement de g\u00e9ostrat\u00e9gie, ce qui correspond bien \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque<D>; il en a donc la fragilit\u00e9 et il nous reste \u00e0 suivre la course des choses S&rsquo;il se passe ce qu&rsquo;on peut pr\u00e9voir qu&rsquo;il va se passer, c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;effacement du Qatar, les effets seront bien plus grands que l&rsquo;\u00e9v\u00e8nement lui-m\u00eame parce qu&rsquo;on mit une attente disproportionn\u00e9e dans la chose jusqu&rsquo;\u00e0 construire dans l&rsquo;urgence une grandiose strat\u00e9gie autour (notamment en fonction de la chute programm\u00e9e d&rsquo;Assad), et que tout cela risque de s&rsquo;\u00e9vanouir en fum\u00e9e. La fragilit\u00e9 du Qatar est aussi celle de ce qu&rsquo;il reste d&rsquo;influence et d&rsquo;ambition strat\u00e9gique au bloc BAO et \u00e0 ses acolytes. Sa volont\u00e9 tr\u00e8s moderniste de d\u00e9structuration et de dissolution semble devoir avoir comme effet prioritaire et assur\u00e9 de s&rsquo;exercer d&rsquo;abord contre lui-m\u00eame, contre ses ambitions et contre sa politique.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 2 octobre 2012 \u00e0 12H08<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La puissance d\u00e9gonfl\u00e9e du Qatar Hier, 1er octobre 2012, le site PressTV.com de la station iranienne ne manquait pas de pr\u00e9senter la nouvelle de certains remous au sein et autour d&rsquo;Aljazeera, forc\u00e9 de toute urgence de diffuser en direct le discours de l&rsquo;\u00e9mir du Qatar, Sheikh Hamad bin Khalifa al-Thani, le 25 septembre \u00e0 la&hellip;&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"neve_meta_sidebar":"","neve_meta_container":"","neve_meta_enable_content_width":"","neve_meta_content_width":0,"neve_meta_title_alignment":"","neve_meta_author_avatar":"","neve_post_elements_order":"","neve_meta_disable_header":"","neve_meta_disable_footer":"","neve_meta_disable_title":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[3259,3974,3109,3015,3858,3907,10119,3308,6902,11981,3478,2681,4859,3440,3867],"class_list":["post-73423","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bloc-notes","tag-arabie","tag-argent","tag-b","tag-communication","tag-corruption","tag-destructuration","tag-dissolution","tag-humanitaire","tag-libye","tag-morsi","tag-onu","tag-plan","tag-qatar","tag-strategie","tag-syrie"],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73423","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=73423"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/73423\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=73423"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=73423"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=73423"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}