{"id":73425,"date":"2012-10-03T13:05:52","date_gmt":"2012-10-03T13:05:52","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/03\/pourquoi-les-usa-ne-veulent-pas-dun-iran-nucleaire\/"},"modified":"2012-10-03T13:05:52","modified_gmt":"2012-10-03T13:05:52","slug":"pourquoi-les-usa-ne-veulent-pas-dun-iran-nucleaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/03\/pourquoi-les-usa-ne-veulent-pas-dun-iran-nucleaire\/","title":{"rendered":"Pourquoi les USA ne veulent pas d&rsquo;un Iran nucl\u00e9aire"},"content":{"rendered":"<p><h3 class=\"titrebloc\">Pourquoi les USA ne veulent pas d&rsquo;un Iran nucl\u00e9aire<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tL&rsquo;excellent chroniqueur Glenn Greenwald, sp\u00e9cialis\u00e9 dans l&rsquo;enqu\u00eate m\u00e9diatique pour mettre \u00e0 jour la r\u00e9alit\u00e9 des comportements du bloc BAO, particuli\u00e8rement des USA, s&rsquo;attache au probl\u00e8me des causes de l&rsquo;hostilit\u00e9 US \u00e0 la perspective tout \u00e0 fait hypoth\u00e9tique d&rsquo;un Iran puissance nucl\u00e9aire. Il met en \u00e9vidence plusieurs d\u00e9clarations et affirmations r\u00e9centes, qui toutes convergent vers un seul argument : les \u00e9lites de la direction politico-militaires US ne veulent pas d&rsquo;un Iran qui puisse dissuader les USA de l&rsquo;attaquer, ce qui serait le cas avec la possession d&rsquo;une arme nucl\u00e9aire. Greenwald cite des d\u00e9clarations r\u00e9centes du s\u00e9nateur Lindsay Graham, l&rsquo;un des membres du trio ultra-belliciste du S\u00e9nat (Graham, Lieberman, McCain). Il cite \u00e9galement un article de Richard Cohen, dans le Washington <em>Post<\/em> de ce <a href=\"http:\/\/www.washingtonpost.com\/opinions\/richard-cohen-muffling-the-drums-of-war-with-iran\/2012\/10\/01\/06a3b020-0bf0-11e2-bb5e-492c0d30bff6_story.html\" class=\"gen\">2 octobre 2012<\/a>, citant lui-m\u00eame avec l&rsquo;accent d&rsquo;une surprenante surprise le pr\u00e9sident iranien Ahmadinejad ridiculisant l&rsquo;argument \u00e9videmment ridicule selon lequel l&rsquo;Iran veut acqu\u00e9rir au moins <strong>une<\/strong> bombe nucl\u00e9aire pour attaquer Isra\u00ebl (200-300 bombes nucl\u00e9aires) et les USA (5.000 armes nucl\u00e9aires). (Ahmadinejad : \u00ab<em>Let&rsquo;s even imagine that we have an atomic weapon, a nuclear weapon. What would we do with it? What intelligent person would fight 5,000 American bombs with one bomb?<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tVoici le passage sur l&rsquo;intervention de Graham, dans l&rsquo;article de Greenwald du <a href=\"http:\/\/www.guardian.co.uk\/commentisfree\/2012\/oct\/02\/iran-nukes-deterrence\" class=\"gen\">2 octobre 2012<\/a>. (Greenwald est r\u00e9cemment pass\u00e9 de <em>Salon.com<\/em> au <em>Guardian<\/em>, acqu\u00e9rant ainsi une audience internationale consid\u00e9rable. Tous ses articles t\u00e9moignent d&rsquo;une intense popularit\u00e9 de ses \u00e9crits, avec des commentaires de lecteurs se comptant par centaines et d\u00e9passant parfois le millier, pour chaque article.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>No rational person takes seriously the claim that Iran, even if it did obtain a nuclear weapon, would commit instant and guaranteed national suicide by using it to attack a nation that has a huge nuclear stockpile, which happens to include both the US and Israel. One can locate nothing in the actions of Iran&rsquo;s regime that even suggests irrationality on that level, let alone suicidal impulses.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>That Iran will use its nuclear weapons against the US and Israel is rather obviously the centerpiece of the fear-mongering campaign against Tehran, to build popular support for threats to launch an aggressive attack in order to prevent them from acquiring that weapon. So what, then, is the real reason that so many people in both the US and Israeli governments are so desperate to stop Iranian proliferation? Every now and then, they reveal the real reason: Iranian nuclear weapons would prevent the US from attacking Iran at will, and that is what is intolerable. The latest person to unwittingly reveal the real reason for viewing an Iranian nuclear capacity as unacceptable was GOP Senator Lindsey Graham, one of the US&rsquo;s most reliable and bloodthirsty warmongers.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>On Monday, Graham spoke in North Augusta, South Carolina, and was asked about the way in which sanctions were harming ordinary Iranians. Ayman Hossam Fadel was present and recorded the exchange. Answering that question, Graham praised President Obama for threatening Iran with war over nuclear weapons, decreed that the Iranian people should be willing to suffer now for a better future, and then  invoking the trite neocon script that is hauled out whenever new wars are being justified  analogized Iranian nukes to Hitler in the 1930s. But in the middle of his answer, he explained the real reason Iranian nuclear weapons should be feared:<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>They have two goals: one, regime survival. The best way for the regime surviving, in their mind, is having a nuclear weapon, because when you have a nuclear weapon, nobody attacks you.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Graham added that the second regime goal is influence, that people listen to you when you have a nuclear weapon. In other words, we cannot let Iran acquire nuclear weapons because if they get them, we can no longer attack them when we want to and can no longer bully them in their own region. Graham&rsquo;s answer is consistent with what various American policy elites have said over the years about America&rsquo;s enemies generally and Iran specifically: the true threat of nuclear proliferation is that it can deter American aggression<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tGreenwald continue avec d&rsquo;autres citations, \u00e0 commencer par certaines citations de Rumsfeld en 2002, qui vont toutes dans le m\u00eame sens. Il s&rsquo;agit \u00e9videmment d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;Iran de disposer \u00e9ventuellement d&rsquo;une arme qui le mette \u00e0 l&rsquo;abri d&rsquo;une attaque de la part de pays qui jugeraient justifi\u00e9e une telle attaque,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, les USA en premier et quasi-exclusivement, eux seuls s&rsquo;\u00e9tant institu\u00e9s excellents juges de la n\u00e9cessit\u00e9 \u00e9ventuelle de punir ou non certains autres pays, de les r\u00e9duire \u00e0 une volont\u00e9 ext\u00e9rieure pour influer sur leur politique, etc. Il y a d&rsquo;ailleurs une certaine coh\u00e9rence dans la filiation de la pens\u00e9e strat\u00e9gique et coercitive des USA, depuis la mise en place du trait\u00e9 de non-prolif\u00e9ration des armes nucl\u00e9aires. Ce trait\u00e9 a imm\u00e9diatement \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9 par divers pays voulant ou \u00e9tant sur le point d&rsquo;acqu\u00e9rir des armes nucl\u00e9aires comme un moyen \u00e9ventuel de les ralentir sur la voie du nucl\u00e9aire, ou de leur barrer cette voie. Parmi les premiers signataires du trait\u00e9, en 1968, on trouvait les USA, l&rsquo;URSS et le Royaume-Uni (le Royaume-Uni comptant pour une force subsidiaire des USA), soit les puissances nucl\u00e9aires qui tenaient \u00e0 elles seules l&rsquo;\u00e9quilibre dissuasif de la guerre froide ; mais la France et la Chine, deux puissance nucl\u00e9aires en devenir au moment de l&rsquo;\u00e9laboration du trait\u00e9, ne le sign\u00e8rent qu&rsquo;en 1992, apr\u00e8s qu&rsquo;il eut \u00e9t\u00e9 act\u00e9 d&rsquo;une fa\u00e7on solennelle et indiscutable que ces deux pays avaient un statut nucl\u00e9aire, en m\u00eame temps que ces deux adh\u00e9sions verrouillaient le statut des seules puissances nucl\u00e9aires officiellement reconnues comme telles des cinq membres permanents du Conseil de S\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tBien entendu, on comprend combien cette logique, qui pouvait \u00eatre jug\u00e9e comme acceptable et m\u00eame \u00e9quitable pour maintenir l&rsquo;\u00e9quilibre de la terreur au moment de la guerre froide, est aujourd&rsquo;hui compl\u00e8tement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9e et d\u00e9structur\u00e9e. Les USA ont montr\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises que rien ne les emp\u00eachait d&rsquo;attaquer unilat\u00e9ralement et soi-disant pr\u00e9ventivement n&rsquo;importe quel pays, s&rsquo;ils jugeaient de leur int\u00e9r\u00eat de le faire, et eux-m\u00eames consid\u00e9rant que leurs int\u00e9r\u00eats co\u00efncident en r\u00e9alit\u00e9 avec l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la vertu g\u00e9n\u00e9rale de la communaut\u00e9 internationale. Aucune puissance nucl\u00e9aire ne s&rsquo;est interpos\u00e9e, ou n&rsquo;a pes\u00e9 r\u00e9ellement, dans ce domaine de la dissuasion, contre ces intentions et ces actes. L&rsquo;URSS devenue Russie s&rsquo;est totalement d\u00e9fauss\u00e9e de ce r\u00f4le qu&rsquo;elle tenait peu ou prou durant la guerre froide, de fournir <em>de facto<\/em> une certaine garantie de dissuasion nucl\u00e9aire \u00e0 d&rsquo;autres pays (comme les USA le faisaient et le font toujours de leur c\u00f4t\u00e9, pour leurs divers \u00c9tats-vassaux). Ni la France, ni le Royaume-Uni, ni la Chine n&rsquo;ont tenu r\u00e9ellement ce r\u00f4le de protecteur d&rsquo;autres pays par l&rsquo;id\u00e9e implicite de la dissuasion \u00e9largie.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette seule situation du syst\u00e8me de la guerre froide, o\u00f9 la non-prolif\u00e9ration pouvant \u00eatre largement justifi\u00e9e, pass\u00e9e \u00e0 la situation post-guerre froide o\u00f9 la non-prolif\u00e9ration devient beaucoup plus suspecte, notamment \u00e0 cause de la politique agressive des USA, explique la position th\u00e9orique de l&rsquo;Iran telle qu&rsquo;elle est interpr\u00e9t\u00e9e par certains, et les intentions que certains pr\u00eatent \u00e0 l&rsquo;Iran de d\u00e9velopper une arme nucl\u00e9aire. On sait que cette position et ces intentions ne sont d&rsquo;ailleurs nullement confirm\u00e9es par l&rsquo;Iran, l&rsquo;argument th\u00e9ologique contre l&rsquo;arme nucl\u00e9aire pesant tr\u00e8s fortement, sinon exclusivement d&rsquo;un certain point de vue, sur la position de la direction iranienne, fortement religieuse, vis-\u00e0-vis du nucl\u00e9aire militaire. Le paradoxe de la politique US, telle qu&rsquo;elle se d\u00e9couvre \u00e9pisodiquement, et telle que Greenwald la met en \u00e9vidence dans son analyse, est qu&rsquo;elle pourrait finalement convaincre l&rsquo;Iran de choisir la voie du nucl\u00e9aire militaire, et qu&rsquo;elle pourrait d&rsquo;autant plus convaincre l&rsquo;Iran que les pressions agressives (embargo, sanctions, etc.) exerc\u00e9es contre ce pays sont fortes. En effet, plus les USA renforcent leur politique de sanctions et de punition pr\u00e9ventive, plus ils mettent en \u00e9vidence leur volont\u00e9 d&#8217;emp\u00eacher l&rsquo;Iran d&rsquo;acqu\u00e9rir du nucl\u00e9aire militaire et plus ils renforcent le soup\u00e7on qu&rsquo;ils veulent ainsi se r\u00e9server la possibilit\u00e9 d&rsquo;attaquer l&rsquo;Iran ou de faire pression sur lui sans trop de risques Une politique maximaliste de sanctions et d&#8217;embargo devient ainsi une incitation maximaliste \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des Iraniens dans le sens de l&rsquo;acquisition d&rsquo;une arme nucl\u00e9aire. Tout cela n&rsquo;est pas nouveau dans le cadre de la politique d&rsquo;agression et de pression syst\u00e9matique des USA depuis 9\/11, mais l&rsquo;intensit\u00e9 devient consid\u00e9rable aujourd&rsquo;hui alors que les moyens et le statut des USA ne cessent de se d\u00e9grader. Le d\u00e9s\u00e9quilibre ainsi cr\u00e9\u00e9 et r\u00e9guli\u00e8rement accentu\u00e9 devient de plus en plus dramatique, et il met d&rsquo;autant plus en \u00e9vidence, non pas tant le danger qu&rsquo;un Iran devienne nucl\u00e9aire, mais le danger que repr\u00e9sentent les USA nucl\u00e9aires face aux pays repr\u00e9sentant une certaine puissance et qui ne sont pas nucl\u00e9aires.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tD&rsquo;autre part, et pour clore cette d\u00e9marche o\u00f9 la rationalit\u00e9 de la dissuasion et de la non-prolif\u00e9ration nucl\u00e9aires rencontre diverses situations d&rsquo;irrationalit\u00e9, voire d&rsquo;irresponsabilit\u00e9 compl\u00e8te (ou d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-l_infraresponsabilit_soumission_psychologique_inconsciente_29_08_2012.html\" class=\"gen\">infraresponsabilit\u00e9<\/a>, certes), on observera que l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame de la dissuasion est mise en cause par les USA eux-m\u00eames, lorsqu&rsquo;ils lancent des attaques d\u00e9stabilisatrices, pour l&rsquo;instant cantonn\u00e9es \u00e0 des domaines encore marginaux, contre la Russie qui est la puissance nucl\u00e9aire qu&rsquo;on sait. Les diverses interventions selon le concept d&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_la_russie_l_urss_et_retour_27_08_2012.html\" class=\"gen\">agression douce<\/a> sont une autre fa\u00e7on de mettre en question ce qui reste d&rsquo;\u00e9quilibre de la dissuasion nucl\u00e9aire. De tous les c\u00f4t\u00e9s qu&rsquo;on se tourne, c&rsquo;est pour d\u00e9couvrir qu&rsquo;il n&rsquo;existe aujourd&rsquo;hui qu&rsquo;une seule puissance dont la politique est enti\u00e8rement d\u00e9stabilisatrice, et, par cons\u00e9quent, d\u00e9structurante et dissolvante, et que ce sont les USA. C&rsquo;est aussi la premi\u00e8re puissance nucl\u00e9aire du monde.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n<p><p>\tMis en ligne le 3 octobre 2012 \u00e0 13H02<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pourquoi les USA ne veulent pas d&rsquo;un Iran nucl\u00e9aire L&rsquo;excellent chroniqueur Glenn Greenwald, sp\u00e9cialis\u00e9 dans l&rsquo;enqu\u00eate m\u00e9diatique pour mettre \u00e0 jour la r\u00e9alit\u00e9 des comportements du bloc BAO, particuli\u00e8rement des USA, s&rsquo;attache au probl\u00e8me des causes de l&rsquo;hostilit\u00e9 US \u00e0 la perspective tout \u00e0 fait hypoth\u00e9tique d&rsquo;un Iran puissance nucl\u00e9aire. 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