{"id":73435,"date":"2012-10-09T05:15:14","date_gmt":"2012-10-09T05:15:14","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/09\/notes-sur-une-fusion-entropisation\/"},"modified":"2012-10-09T05:15:14","modified_gmt":"2012-10-09T05:15:14","slug":"notes-sur-une-fusion-entropisation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/09\/notes-sur-une-fusion-entropisation\/","title":{"rendered":"Notes sur une fusion-entropisation"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article\">Notes sur une fusion-entropisation<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\tUn lecteur et, pourrait-on dire, un ami \u00e9galement, nous demandait, mi-s\u00e9rieux mi-ironique, pourquoi ne trouve-t-on pas une ligne dans <em>dedefensa.org<\/em> sur la fusion du si\u00e8cle,  EADS-BAE Mi-s\u00e9rieux, mi-ironique, parce qu&rsquo;il se pourrait bien qu&rsquo;il conn\u00fbt, ce lecteur-ami, quelques parties de la r\u00e9ponse.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl semblerait qu&rsquo;il y a un principe qui gouverne ce monde transitoire entre ce qui existait avant cahin-caha, et l&rsquo;effondrement \u00e0 visage d\u00e9couvert suivant les pr\u00e9paratifs de la chose, qui vient apr\u00e8s et qui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9. (Ce monde transitoire, p\u00e9riode des pr\u00e9paratifs de la chose, semble-t-il.) Jacques Brel l&rsquo;avait devin\u00e9, intuitivement, du point de vue de la forme sans aucun doute (\u00ab<em>Les bourgeois, plus \u00e7a devient vieux, plus \u00e7a devient con<\/em>\u00bb) ; bref, le principe pourrait s&rsquo;\u00e9noncer sur un mode \u00e0 peine plus innocent, sur le sujet plus pr\u00e9cis qui nous int\u00e9resse, selon le principe que les fusions, plus \u00e7a devient gros, plus \u00e7a devient.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAinsi en est-il de la fusion EADS-BAE. Mais au lieu du qualificatif un peu leste et caricatural, nous tendrions \u00e0 mettre quelque chose qui signifierait une proximit\u00e9 du rien (les fusions, plus \u00e7a devient gros, plus \u00e7a devient rien). Il n&rsquo;est nullement question de dire que la fusion n&rsquo;est en elle-m\u00eame ce rien, ce qui ne correspondrait pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 de la chose. Il est question d&rsquo;observer qu&rsquo;elle y conduit, d&rsquo;une mani\u00e8re apr\u00e8s tout significative de l&rsquo;ampleur, de la profondeur de la crise, comme exemplaire illustration de la crise<\/p>\n<h3>Des doutes de Norman Augustine<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tEssayons tout de m\u00eame de prendre s\u00e9rieusement la chose D&rsquo;abord, un coup d&rsquo;il sur la source de toutes les fusions, le mod\u00e8le fondamental de la concentration, particuli\u00e8rement dans ce domaine de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale et d&rsquo;armement. Bien entendu, il s&rsquo;agit des USA. On pourrait dire que les USA ont de quinze \u00e0 vingt ans d&rsquo;avance sur l&rsquo;Europe si on met en \u00e9quivalence, comme le font nombre de commentateurs, la fusion projet\u00e9e entre EADS-BAE, et les grandes fusions US aboutissant aux g\u00e9ants type Lockheed-Martin et Boeing. (Cette appr\u00e9ciation sollicite la v\u00e9rit\u00e9 puisque EADS de 1999 rejoint d\u00e9j\u00e0 ce sch\u00e9ma, mais ce sont les promoteurs de la fusion eux-m\u00eames qui proposent cette analogie en situant g\u00e9ographiquement et culturellement leur projet dans le champ transatlantique et US,  c&rsquo;est d\u00e9j\u00e0 un signe, d&rsquo;ailleurs)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tOn sait, ou l&rsquo;on devrait savoir que le principal architecte de ces op\u00e9rations, du c\u00f4t\u00e9 civil, Norman Augustine, montra un sentiment tr\u00e8s pessimiste d\u00e8s que la chose (les fusions) fut accomplie aux USA. Nous l&rsquo;avions rappel\u00e9 une premi\u00e8re fois le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_doutes_de_norman_augustine_10_10_1997.html\" class=\"gen\">10 octobre 1997<\/a>, puis une seconde fois le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_dinosaures_sont_menac_s_08_07_2004.html\" class=\"gen\">8 juillet 2004<\/a>, avec de nouvelles inqui\u00e9tudes permettant d&rsquo;avancer l&rsquo;hypoth\u00e8se que \u00ab<em>les dinosaures sont menac\u00e9s<\/em>\u00bb (titre du second article r\u00e9f\u00e9renc\u00e9, dont est tir\u00e9e la citation ci-dessous).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Lorsqu&rsquo;en 1994, Norman Augustine, PDG de Martin-Marietta et du nouveau g\u00e9ant Lockheed Martin, pr\u00e9senta la m\u00e9ga-fusion qui transportait d&rsquo;extase les milieux financiers et boursiers, et tous les commentateurs \u00e9clair\u00e9s de la presse am\u00e9ricaine et europ\u00e9enne, il se montra extr\u00eamement prudent, avec une nuance de pessimisme cr\u00e9pusculaire. Pour Augustine, ces concentrations \u00e9taient la cons\u00e9quence de la n\u00e9cessit\u00e9 : c&rsquo;\u00e9tait cela ou mourir. Plus tard, en juillet 1997 (un mois avant sa retraite), lors d&rsquo;un symposium de l&rsquo;Air Force Association, il renouvela ses doutes nombreux, les \u00e9tendant de fa\u00e7on d\u00e9cisive au processus de globalisation de l&rsquo;industrie.<\/em> []<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Augustine posait notamment des questions essentielles, dont il estimait qu&rsquo;elles n&rsquo;avaient aucune r\u00e9ponse dans le cadre de l&rsquo;\u00e9volution vers une globalisation. Ces questions \u00e9taient les suivantes : Si l&rsquo;industrie se globalise, qui d\u00e9cidera ce qui sera vendu, et \u00e0 qui? Les USA devraient-ils permettre \u00e0 des gouvernements \u00e9trangers de poss\u00e9der indirectement des \u00e9l\u00e9ments essentiels des capacit\u00e9s am\u00e9ricaines de R&#038;D et de production? Les USA devraient-ils accepter de devenir technologiquement d\u00e9pendants d&rsquo;\u00e9l\u00e9ments \u00e9lectroniques et de logiciels d\u00e9tenus par l&rsquo;\u00e9tranger? Qui doit avoir la responsabilit\u00e9 de maintenir une forte base industrielle nationale de d\u00e9fense?<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>Des int\u00e9r\u00eats nationaux<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tN\u00e9anmoins, \u00e0 la m\u00eame \u00e9poque de son retrait de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale, Norman Augustine admettait qu&rsquo;il y avait l\u00e0 une tendance irr\u00e9pressible, \u00e0 la fois vers la concentration, \u00e0 la fois vers la globalisation, \u00e0 la fois vers l&rsquo;int\u00e9gration transatlantique. C&rsquo;est ce qu&rsquo;il disait dans une interview, la m\u00eame ann\u00e9e 1997 (voir le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-les_doutes_de_norman_augustine_10_10_1997.html\" class=\"gen\">10 octobre 1997<\/a>), mais toujours sur le m\u00eame ton prudentissime et presque d\u00e9senchant\u00e9<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Au travers de ses divers \u00e9crits, Norman Augustine a toujours montr\u00e9 une pr\u00e9occupation majeure pour l&rsquo;id\u00e9e nationale,  c&rsquo;est-\u00e0-dire, sur un plan pratique, l&rsquo;id\u00e9e du contr\u00f4le de ses ressources de s\u00e9curit\u00e9 nationale par une autorit\u00e9 politique centrale. Sur la question des possibles fusions transatlantiques dont on fait grand cas aujourd&rsquo;hui et qui constituent le grand objectif am\u00e9ricain pour la globalisation, Augustine se montre tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9 pour cette raison.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Dans une interview au journal parisien Les \u00c9chos, le 19 juin 1997, il envisageait certes en th\u00e9orie une globalisation de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale, donc les USA avec les Europ\u00e9ens prioritairement (Dans une certaine mesure, on devrait assister \u00e0 la constitution d&rsquo;une industrie a\u00e9ronautique globale) ; mais il restait extr\u00eamement prudent : L&rsquo;Europe est la prochaine \u00e9tape<\/em> [de la restructuration]<em>. Mais la conclusion d&rsquo;alliances transatlantiques se fera \u00e0 un rythme plus lent, par \u00e9tapes. Il s&rsquo;expliquait enfin de cette prudence en s&rsquo;attachant au cas de la d\u00e9fense : <\/em>[L]<em>a d\u00e9fense est diff\u00e9rente des autres secteurs puisqu&rsquo;elle implique des questions de s\u00e9curit\u00e9 nationale. Ce qui veut dire qu&rsquo;on doit \u00eatre avant tout national&rsquo;. Il faut soigneusement veiller \u00e0 ce que les int\u00e9r\u00eats nationaux soient prot\u00e9g\u00e9s quand les soci\u00e9t\u00e9s des divers pays commencent \u00e0 travailler ensemble.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>De <em>pseudo<\/em>-EADS \u00e0 EADS<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tIl y a une grosse d\u00e9cade de cela, ou plus exactement treize ans, se fit la formation d&rsquo;EADS, qui confirmait la pr\u00e9vision sans gu\u00e8re d&rsquo;originalit\u00e9 ni d&rsquo;enthousiasme d&rsquo;Augustine (\u00ab<em>L&rsquo;Europe est la prochaine \u00e9tape<\/em>\u00bb). Cela constituait alors, pour nous, un sujet d&rsquo;actualit\u00e9 int\u00e9ressant et important. EADS se fit en d\u00e9pit des inclinaisons, des tendances favorites, des \u00e9vidences souveraines et du bon sens tout court. La France n&rsquo;avait aucun int\u00e9r\u00eat \u00e0 chercher une alliance europ\u00e9enne, puisqu&rsquo;elle se suffisait \u00e0 elle-m\u00eame, et prot\u00e9geait en restant elle-m\u00eame son ind\u00e9pendance et sa souverainet\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait aller contre le cat\u00e9chisme europ\u00e9aniste d&rsquo;ores et d\u00e9j\u00e0 ancr\u00e9 dans les esprits des hommes politiques et de leurs conseillers,  et contre son couplet central, franco-allemand.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tAu d\u00e9part, <em>pseudo<\/em>-EADS (premi\u00e8re version) devait \u00eatre celui des Allemands alli\u00e9s aux Anglais, avec d\u00e9j\u00e0 du c\u00f4t\u00e9 allemand Tom Anders, le para \u00e0 la nuque raide et \u00e0 l&rsquo;atlantisme presque ang\u00e9lique et virginal \u00e0 force de z\u00e8le, avec les Fran\u00e7ais laiss\u00e9s de c\u00f4t\u00e9, \u00e0 leur pseudo-grande solitude. Ayant soudain d\u00e9couvert pour la ni\u00e8me fois que leur avenir \u00e9tait dans les <em>special relationships<\/em>, les Anglais firent un enfant dans le dos des Teutons en rompant la perspective euro-atlantiste de <em>pseudo<\/em>-EADS, et nous f\u00eemes donc un enfant de plus au couple franco-allemand. Une fois de plus, ce fut un monstre, <em>pseudo<\/em>-EADS devenant EADS tout court. L&rsquo;usine \u00e0 gaz postmoderne \u00e9tait n\u00e9e et ne cessa de l&rsquo;\u00eatre jusqu&rsquo;\u00e0 nous.<\/p>\n<h3>Du destin de l&rsquo;Europe<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tSi hier (1999), la constitution d&rsquo;EADS avait quelque int\u00e9r\u00eat pour le chroniqueur,  assez pour que l&rsquo;on comment\u00e2t la chose et que l&rsquo;on se batt\u00eet contre elle,  aujourd&rsquo;hui l&rsquo;op\u00e9ration nous para\u00eet avoir perdu de cette vigueur destructrice au profit d&rsquo;une dynamique autodestructrice qu&rsquo;il importe de laisser \u00e0  elle-m\u00eame. C&rsquo;est l\u00e0 entamer l&rsquo;essentiel de notre argument pour justifier de notre d\u00e9sint\u00e9r\u00eat, signal\u00e9 plus haut.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPourquoi ce d\u00e9sint\u00e9r\u00eat ? Prenons notre ami William Pfaff, qui \u00e9crit un article sur EADS-BAE, le <a href=\"http:\/\/www.williampfaff.com\/modules\/news\/article.php?storyid=593\" class=\"gen\">2 octobre 2012<\/a>, sous le titre \u00ab<em>Europe Gives Away its Aerospace Industry<\/em>\u00bb. Signe de justesse de ton et de bon choix de l&rsquo;argument, Pfaff commence par nous parler de rien qui ressemble \u00e0 l&rsquo;a\u00e9ronautique,  et, au fond, n&rsquo;est-ce pas, ces paragraphes du d\u00e9but nous suffisent bien, un peu comme le refrain de Brel,  sauf que Pfaff, tout de m\u00eame, est bon bougre avec la France,  et l&rsquo;on reconna\u00eet l\u00e0 le bon vieux <em>American Gaullist<\/em> comme il aime \u00e0 se d\u00e9finir<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>The first of the presidential debates was supposed to be confined to domestic American issues, which is nearly all that the candidates have talked about during the campaign until now.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>Foreign affairs have forced their way into the campaign on a couple of occasions, and the Benghazi affair may do so now, but the assessment of the campaign planners in both parties seems to be that the American people aren&rsquo;t very interested.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This may be true if the majority of Americans are like Mitt Romney, whose remarks on foreign policy matters have been so clueless that one wonders if he would subcontract all of American foreign policy out to Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu (or to the surviving American neo-conservatives, which would amount to the same thing). He has already said that he would put the Israeli leader in charge of American Middle Eastern policyfor good or ill.<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>He would thereby be following the West European lead, whose governments have given control of their foreign policy to the United States for more than 70 years (all but the Frenchthere&rsquo;s always a French exception; they fought their Indochina and Algerian wars, and subsequently elected Charles de Gaulle to lead them, without asking for American permission)<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>D&rsquo;une occasion \u00e0 saisir<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe tableau est trac\u00e9, et trac\u00e9 le destin d&rsquo;EADS dans cette aventure m\u00e9galomaniaque d&rsquo;une fusion avec la branche absolument pourrie qu&rsquo;est BAE, l&rsquo;entreprise la plus achev\u00e9e de corruption d&rsquo;un <em>establishment<\/em> politique qu&rsquo;ait jamais men\u00e9 \u00e0 bien une grande entreprise du complexe militaro-industriel (CMI US \u00e9tendu aux <em>special relationships<\/em>). BAE a v\u00e9cu dans l&rsquo;opulence du scandale permanent qu&rsquo;est, depuis 1985, les march\u00e9s <em>Yamama<\/em> avec l&rsquo;Arabie Saoudite, et, pr\u00e9cis\u00e9ment, avec comme correspondant Prince Bandar, prince des corrupteurs d&rsquo;une habilet\u00e9 consomm\u00e9e (mais actuellement <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-des_nouvelles_de_prince_bandar__06_10_2012.html\" class=\"gen\">en panne<\/a>) dans la kyrielle des milliers de princes de la maison de Saoud de toutes les tol\u00e9rances. Le 15 d\u00e9cembre 2006, le <em>Guardian<\/em> \u00e9crivait cette remarque (rapport\u00e9e notamment dans notre article du <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-saga_yamamah__19_01_2007.html\" class=\"gen\">19 janvier 2007<\/a>) : \u00ab<em>It is two decades since Margaret Thatcher secured the first of the big Al-Yamamah arms deals with Saudi Arabia, and arms sales have coloured relations with Saudi ever since. The sway BAE Systems holds over the top of the British establishment is extraordinary.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tPour la partie des comptables \u00e0 lustrines d&rsquo;or, ou parachutistes dor\u00e9s, qui nous vantent la grandeur friqu\u00e9e du projet, on se rapportera au texte standard que la paire Anders-King a fait publier dans toute la presse-Syst\u00e8me. On doit trouver, apr\u00e8s tout, que le titre du l&rsquo;article du <em>Monde<\/em>, du <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2012\/09\/30\/fusion-eads-bae-une-occasion-a-saisir-et-non-une-necessite_1767958_3234.html\" class=\"gen\">30 septembre 2012<\/a> fait bien l&rsquo;affaire : \u00ab<em>Une occasion \u00e0 saisir et non une n\u00e9cessit\u00e9<\/em>\u00bb. Le slogan occasion \u00e0 saisir fait parfaitement <em>Prisunic<\/em> ou <em>Monoprix<\/em> des premi\u00e8res ann\u00e9es consommatrices (ann\u00e9es 1960), ou bien aguichements saisonniers des soldes de tous les temps. On n&rsquo;a peut-\u00eatre pas averti la paire de marchands de tapis Anders-King de la f\u00e2cheuse occurrence,  mais, pour dire le vrai, ils s&rsquo;en fichent, et nous r\u00e9pondent, avec un brin de fiert\u00e9, marchands de tapis volants comme l&rsquo;on parle d&rsquo;un conte des Mille et Une Nuits.<\/p>\n<h3>Du suicide de l&rsquo;industrie europ\u00e9enne<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;est \u00e0 peu pr\u00e8s toute la transcendance principielle (les tapis volants \u00e0 coloration saoudienne) qu&rsquo;on trouve dans leur texte, d&rsquo;une rare banalit\u00e9, en un enfilage monotone et un peu h\u00e9b\u00e9t\u00e9 de formules qui plaisent aux march\u00e9s, aux actionnaires et \u00e0 l&rsquo;hyperlib\u00e9ralisme. Laissons cela, et la paire Anders-King de se pr\u00e9cipiter sur sa poussi\u00e8re favorite pour jouer avec. Nous revenons alors \u00e0 William Pfaff.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tApr\u00e8s avoir donn\u00e9 un r\u00e9cit explicatif des diverses \u00e9volutions des deux monstres en pr\u00e9sence (BAE et EADS), Pfaff en vient \u00e0 la conclusion politique de cette \u00e9quip\u00e9e qui se r\u00e9sume \u00e0 l&rsquo;id\u00e9e du suicide de l&rsquo;industrie a\u00e9ronautique europ\u00e9enne, notamment parce que les gouvernements impliqu\u00e9s n&rsquo;auront plus grand&rsquo;chose \u00e0 y dire, notamment parce que le nouveau monstre devra se soumettre, notamment dans sa partie d\u00e9fense par le biais de la mainmise US sur le secteur d\u00e9fense de BAE, au <em>diktat<\/em> des USA.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Despite the fact that the French and German governments effectively created the company, the merger proposal would only give them golden shares with a power of veto over further mergers. Mr. Enders envisages the removal of all European government influence  which the U.S. Government wants. (British opposition to the merger today focuses on its potential for undermining the supposed existing British-American special relationship.)<\/em><\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00bb<em>This all seems to add up to the suicide of EADS as a European company by merger with a company which already has ceded its high-added-value work on the most advanced technologies to the United States. If so, it seems to be the end to autonomous European aerospace. There are plenty of other objections to the proposed deal, but its political implications are immense, and so far have had little discussion. The whole thing bears the sign of a well-known business phenomenon, which usually ends badlyCEO megalomania. Mitt Romney has undoubtedly seen this before.<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>De la souverainet\u00e9 sans avant, sans apr\u00e8s, sans rien du tout<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/economie\/article\/2012\/10\/05\/fusion-eads-bae-l-ex-ministre-britannique-alistair-darling-emet-des-reserves_1770552_3234.html\" class=\"gen\">5 octobre 2012<\/a>, <em>Le Monde<\/em> nous confiait la traduction d&rsquo;une d\u00e9claration, faite au <em>Financial Times<\/em>, de l&rsquo;ancien chancelier de l&rsquo;\u00c9chiquier (travailliste) Alistair Darling, \u00e0 propos de la fusion, et sa tr\u00e8s forte r\u00e9ticente, \u00e0 lui Darling,  r\u00e9ticence conjoncturelle, \u00e0 cause de la participation (la non-participation \u00e9ventuelle) du gouvernement britannique, r\u00e9ticence structurelle, dans le chef de son opinion sur ce qui serait pr\u00e9f\u00e9rable (soulign\u00e9 en gras par nous)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>Je ne vois pas comment vous pouvez avoir une nouvelle grande entreprise comme celle-ci, avec une participation directe et indirecte importante des gouvernements fran\u00e7ais et allemand, et rien pour nous, insiste M. Darling. Je pr\u00e9f\u00e9rerais que les trois gouvernements aient une participation<\/em> <strong><em>minimale<\/em><\/strong><em>. Il existe<\/em> <strong><em>un danger que les d\u00e9cisions<\/em><\/strong> <em>concernant les activit\u00e9s commerciales et<\/em> <strong><em>de d\u00e9fense soient prises sur des bases politiques plut\u00f4t que sur ce qui est le mieux.<\/em><\/strong>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCet avis grotesque (crainte qu&rsquo;il y ait une dimension politique dans une d\u00e9cision de d\u00e9fense, alors qu&rsquo;il ne devrait y avoir <strong>que la dimension politique<\/strong>), n&rsquo;est par ailleurs ni isol\u00e9 ni original. En fait, la fusion EADS-BAE, au travers des gesticulations assur\u00e9es des acteurs-industriels, de la d\u00e9fense faiblarde et inconsistante, ou bien d\u00e9sordonn\u00e9e et accessoire (cantonn\u00e9e \u00e0 l&#8217;emploi), des \u00c9tats, fait mesurer l&rsquo;extraordinaire dissolution du principe de souverainet\u00e9 qui sous-tendait toute l&rsquo;industrie d&rsquo;armement. (Cette remarque vaut \u00e9galement pour la France, bien entendu,  et comment&#8230;)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t<strong>Mais<\/strong> le paradoxe est que la dissolution du principe de souverainet\u00e9 en tant que r\u00e9f\u00e9rence indiscutable ne conduit pas \u00e0 ouvrir les vannes pour permettre au torrent des raisonnements et arguments commerciaux, mercantiles et financiers de d\u00e9ferler, de tout envahir et d&rsquo;imposer leur empire. D&rsquo;une fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente, la disparition du principe (le Principe) ouvre la porte au chaos. Nul ne sait comment user de cette \u00e9trange libert\u00e9, et l&rsquo;on s&rsquo;aper\u00e7oit que face \u00e0 lui (au Principe) et dans l&rsquo;espace laiss\u00e9 libre par sa dissolution, rien d&rsquo;organis\u00e9 n&rsquo;existe ni ne se met en place, ni ne peut exister r\u00e9ellement, finalement. L&rsquo;on va tr\u00e8s vite d\u00e9couvrir, dans ce domaine \u00e9galement, que le principe de souverainet\u00e9 \u00e9tait une r\u00e9f\u00e9rence organisatrice aussi bien pour ses partisans et ses d\u00e9fenseurs que pour ses adversaires  <\/p>\n<h3>De la fin des dinosaures<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLe projet EADS-BAE est intervenu dans l&rsquo;enthousiasme initial de ses promoteurs comme l&rsquo;on dirait dans une sorte d&rsquo;ivresse du Caf\u00e9 du Commerce install\u00e9 dans des fauteuils en cuir de qualit\u00e9 rare. La fusion a \u00e9t\u00e9 imagin\u00e9e sans la moindre strat\u00e9gie, et en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une mode qui \u00e9tait d&rsquo;actualit\u00e9 en 1995, alors qu&rsquo;Augustine avait d\u00e9j\u00e0 perdu le sourire. D&rsquo;une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale et, dirions-nous, particuli\u00e8rement du cot\u00e9 d&rsquo;EADS, l&rsquo;argument bref et percutant de Pfaff (\u00ab<em>CEO megalomania<\/em>\u00bb) est compl\u00e8tement pertinent.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA c\u00f4t\u00e9 de cela, il y a un aspect anecdotique \u00e9tonnant qui conduit, comme on enfile des perles l&rsquo;une apr\u00e8s l&rsquo;autre, \u00e0 imaginer, dans le chef des comploteurs, \u00e0 ce formidable constat que nous pourrions devenir les n\u00b01 (EADS + BAE, num\u00e9ro un mondial de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale et de d\u00e9fense). C&rsquo;est au cours d&rsquo;une r\u00e9union commune EADS-BAE sur l&rsquo;\u00e9chec du <em>Typhoon<\/em> en Inde (l&rsquo;avion est produit par quatre pays, dont trois sont dans EADS et un dans BAE) que les dirigeants d&rsquo;EADS et de BAE, examinant les faiblesses de coordination et de coop\u00e9ration entre les deux groupes dans cette affaire, en sont venus \u00e0 conclure quils pourraient, qu&rsquo;ils devraient travailler ensemble ; induisant, \u00e0 partir de cela, qu&rsquo;ils pourraient envisager un rapprochement, voire plus ; induisant enfin, \u00e0 partir de cela, qu&rsquo;ils pourraient fort bien, l&rsquo;un et l&rsquo;autre fusionnant, devenir les n\u00b01.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCe n&rsquo;est pas une strat\u00e9gie, ni un projet, ni un mythe, c&rsquo;est un coup Au fond, le titre cit\u00e9 plus haut nous dit tout, absolument tout : \u00ab<em>Une occasion \u00e0 saisir<\/em>\u00bb Nous sommes toujours dans la logique <em>Prisunic<\/em> ; et cette logique <em>Prisunic<\/em> nous fait d\u00e9boucher sur ce qui pourrait devenir le grand cimeti\u00e8re des dinosaures. Le projet de fusion EADS-BAE appara\u00eet tr\u00e8s vite comme une embard\u00e9e incroyablement brutale dans une situation conjoncturelle stationnaire par contenance en positions maintenues de d\u00e9s\u00e9quilibres divers mais infiniment fragiles, comme un \u00e9l\u00e9phant dans un magasin de porcelaine. Les probl\u00e8mes soulev\u00e9 par la fusion, les positions complexes des actionnaires, les positions des pays avec leurs pr\u00e9rogatives ou pas, le principe de souverainet\u00e9 qui n&rsquo;existe plus et qui manque \u00e0 tout le monde, les rapports impossibles avec la forteresse ferm\u00e9e de la d\u00e9fense aux USA, tout explose en m\u00eame temps comme un bouquet final d&rsquo;un feu d&rsquo;artifice, mais qui serait plac\u00e9 en t\u00eate du <em>show<\/em>, pour ouvrir le bal.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa question qu&rsquo;ouvre le projet de fusion EADS-BAE n&rsquo;est pas tant de savoir si, en se rapprochant ou en projetant de le faire, on peut esp\u00e9rer faire mieux que ce qu&rsquo;on fit, s\u00e9par\u00e9s, en Inde. De fa\u00e7on tr\u00e8s diff\u00e9rente sinon contraire, la question est de savoir si, en se rapprochant ou en tentant de le faire, on ne met pas \u00e0 d\u00e9couvert la grande mis\u00e8re de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale globalis\u00e9e en quelques dinosaures qui se trouvent coinc\u00e9s entre les imp\u00e9ratifs de la puissance monopolistique et la paralysie inh\u00e9rente aux grands animaux du genre transmise dans leurs programmes favoris (JSF), et qui, bient\u00f4t, se d\u00e9voreront entre eux.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tC&rsquo;\u00e9tait l&rsquo;avertissement de Norman Augustine, encore lui, lorsqu&rsquo;il prit sa retraite de l&rsquo;industrie et de Lockheed Martin (en 1997), et qu&rsquo;il r\u00e9pondit \u00e0 quelques questions de Nick Cook \u00ab<em>Un des grands d\u00e9fis de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale am\u00e9ricaine dans les quelques ann\u00e9es qui viennent sera de savoir si nous continuons de rivaliser et de collaborer avec Boeing, ou bien si<\/em> [ce cadre de rapports organis\u00e9s] <em>va s&rsquo;effondrer. Et il poursuit : <\/em>[S]<em>i Boeing et Lockheed-Martin prennent une position dure l&rsquo;un vis-\u00e0-vis de l&rsquo;autre et forcent le reste de l&rsquo;industrie \u00e0 choisir son camp la situation deviendra tragique<\/em>\u00bb. Proposition de correction : l&rsquo;attaque 9\/11 et les d\u00e9penses de d\u00e9fense allant avec auraient simplement prolong\u00e9 ce dans quelques ann\u00e9es de quelques ann\u00e9es suppl\u00e9mentaires. Nous y sommes&#8230;<\/p>\n<h3>De l&rsquo;\u00e9clat de rire de Dassault<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans cette affaire, d\u00e8s que le monde de la communication commen\u00e7a \u00e0 montrer son excitation instantan\u00e9e, chose automatique d\u00e8s qu&rsquo;il est question de fusion, de globalisation, de num\u00e9ro 1, etc., aussit\u00f4t le doigt se pointe sur le vilain petit canard, l&rsquo;Ast\u00e9rix du domaine. Dassault a \u00e9t\u00e9 aussit\u00f4t mis sur la sellette par la fusion (Dassault solitaire, seul contre tous, ridicule dans l&rsquo;\u00e9conomie d&rsquo;\u00e9chelle, etc.). L&rsquo;amusant paradoxe est que c&rsquo;est justement la victoire du vilain petit canard qui a croqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9norme march\u00e9 indien de 126 avions de combat pour $20 milliards (avec des suites aussi plantureuses), avec son <em>Rafale<\/em>, qui a d\u00e9clench\u00e9 l&rsquo;encha\u00eenement-Caf\u00e9 du Commerce menant au projet de fusion&#8230; (Voir,  pour les plus r\u00e9centes nouvelles du march\u00e9 indien de Dassault continuellement mis en doute par la <em>Propagandastaffel<\/em>, UPI\/<em>Spacemart.com<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.spacemart.com\/reports\/Indian_air_force_to_buy_French_fighters_999.html\" class=\"gen\">21 septembre 2012<\/a> : \u00ab<em>In Bangalore, Indian Air Chief Marshal N.A.K. Browne stated that, while negotiations are ongoing on with Dassault Aviation, New Delhi is optimistic that the negotiations be finished and contracts exchanged in the current fiscal year, which ends in March.<\/em>\u00bb)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa consigne, chez Dassault, c&rsquo;est : pas un mot de commentaire, pour ne point attirer l&rsquo;attention des commentateurs \u00e0 la plume martiale. Pour le reste, tout le monde attend, confiant, la transformation de l&rsquo;usine \u00e0 gaz (EADS) en super-usine \u00e0 gaz (EADS-BAE), \u00e0 moins qu&rsquo;entretemps n&rsquo;ait d\u00e9j\u00e0 lieu l&rsquo;in\u00e9luctable effondrement du concept d&rsquo;usine \u00e0 gaz devenant super-usine \u00e0 gaz. On croirait que Dassault est confiant dans l&rsquo;\u00e9pisode de l&rsquo;\u00e9volution o\u00f9 les grands dinosaures furent brutalement, totalement \u00e9limin\u00e9, il y a 65 millions d&rsquo;ann\u00e9es, durant l&rsquo;\u00e8re secondaire ou m\u00e9sozo\u00efque ; durant cette catastrophe plan\u00e9taire, les petits organismes furent \u00e9pargn\u00e9s Dassault est un petit organisme qui rigole en silence.<\/p>\n<h3>De la situation de la confusion du dossier<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tLes indications s&rsquo;accumulent pour montrer la difficult\u00e9 grandissante de la fusion, quelles que soient les d\u00e9lais de calendrier que se fixent, pour se rassurer, les diff\u00e9rents acteurs (la date d&rsquo;annonce de la r\u00e9alisation du projet situ\u00e9e au 10 octobre pour les \u00e9tablissements financiers, susceptible d&rsquo;\u00eatre repouss\u00e9e). La situation \u00e9volue vers l&rsquo;accentuation du d\u00e9sordre qui touche les divers \u00e9l\u00e9ments de l&rsquo;op\u00e9ration. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Les n\u00e9gociations entre les partenaires principaux dans EADS, notamment les Fran\u00e7ais et les Allemands, et les Fran\u00e7ais et les Allemands vis-\u00e0-vis de la direction d&rsquo;EADS, rencontrent nombre de difficult\u00e9s, et des difficult\u00e9s grandissantes. La sp\u00e9cificit\u00e9 du gouvernement britannique s&rsquo;ajoute \u00e0 cela. Hier, le <a href=\"http:\/\/uk.reuters.com\/article\/2012\/10\/08\/uk-eads-bae-idUKBRE89708P20121008\" class=\"gen\">8 octobre 2012<\/a>, Reuters titrait \u00ab<em>European governments in race to save EADS-BAE merger<\/em>\u00bb. Peu importe les d\u00e9tails, l&rsquo;essentiel \u00e9tant le constat de la tr\u00e8s grande difficult\u00e9 d&rsquo;arriver \u00e0 un accord dans ce cadre pr\u00e9cis, et l&rsquo;in\u00e9vitable fragilit\u00e9 qu&rsquo;aurait un \u00e9ventuel accord.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Du c\u00f4t\u00e9 de BAE lui-m\u00eame, les difficult\u00e9s s&rsquo;accumulent \u00e9galement, contre la fusion et les conditions de la fusion. Quarante parlementaires britanniques ont sign\u00e9 un texte commun de d\u00e9fiance \u00e0 cette fusion. Le principal actionnaire de BAE vient d&rsquo;\u00e9mettre de tr\u00e8s graves r\u00e9serves contre le projet, comme il est pr\u00e9cis\u00e9 dans ce texte de <em>BBC.News<\/em> du <a href=\"http:\/\/www.bbc.co.uk\/news\/business-19868748\" class=\"gen\">8 octobre 2012<\/a> : \u00ab<em>The largest investor in BAE Systems has said it has significant reservations over the defence firm&rsquo;s planned merger with Franco-German group EADS. Invesco Perpetual, which owns 13.3% of the UK company, said in a statement that it does not understand the strategic logic of the deal. Invesco added that it was very concerned about the level of state shareholding in a combined group.<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t Aux USA, des dispositions sont en train d&rsquo;\u00eatre prises pour limiter \u00e0 18% la part des contrats de d\u00e9fense US dont un EADS-BAE fusionn\u00e9 pourrait disposer. Le plus grave est dans le fait que la fusion pourrait devenir un enjeu du d\u00e9sordre permanent de la politique int\u00e9rieure washingtonienne, particuli\u00e8rement au Congr\u00e8s et avec les lobbyistes de l&rsquo;industrie d&rsquo;armement, ce qui implique un dynamique en augmentation de pressions, de chantages, de prises en otage de telle ou telle disposition, etc. Dans ce cas, les attaques concerneraient aussi bien les contrats de d\u00e9fense que la sempiternelle attaque US contre Airbus pour les subsides des \u00c9tats concern\u00e9s (voir Loren Thompson, sur <em>Early Warning<\/em>, le <a href=\"http:\/\/www.lexingtoninstitute.org\/the-missing-piece-in-the-bae-eads-merger-story-subsidies?a=1&#038;c=1171\" class=\"gen\">5 octobre 2012<\/a>). <em>Newsday<\/em> reprend une nouvelle de Reuters du <a href=\"http:\/\/www.newsday.co.zw\/2012\/10\/07\/eads-bae-merger-could-be-hostage-to-us-politics\/\" class=\"gen\">7 octobre 2012<\/a>. Ayant rappel\u00e9 les diverses dispositions de s\u00e9curit\u00e9 et d&rsquo;arrangement entre Washington et Londres concernant BAE, la d\u00e9p\u00eache conclut en laissant entendre cette \u00e9vidence que rien de tout cela n&#8217;emp\u00eachera les manuvres politiciennes et d&rsquo;int\u00e9r\u00eats particuliers absolument destructrices de se d\u00e9velopper,  et m\u00eame on contraire, cela les favorisera<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\t\u00ab<em>But politically, it may be one thing for Washington to allow defence deals with a private sector contractor from Britain  its main battlefield ally in Iraq and Afghanistan  and another thing entirely for it to co-operate so closely with a European giant, partially controlled by the French state. Opposition in congress could be sparked quickly, given long-simmering mistrust of France and concerns about European trade subsidies, said an executive for one of the biggest US weapons makers who asked not to be identified while speaking about the deal between the European firms<\/em>\u00bb<\/p>\n<h3>De la loi thermodynamique de l&rsquo;entropisation<\/h3>\n<\/p>\n<p><p>\tDans tout ce qui pr\u00e9c\u00e8de jusqu&rsquo;\u00e0 ce que nous nommons la situation de la confusion du dossier, nous n&rsquo;avons fait que suivre une courbe de descente dans le chaos. C&rsquo;est bien cela qu&rsquo;am\u00e8ne ce projet de fusion qui, par les diverses et \u00e9pineuses questions, contradictions, implications qu&rsquo;il suscite, semble mettre \u00e0 jour toutes les tensions destructrices possibles. Il s&rsquo;agit, non seulement des acteurs concern\u00e9s, mais de toutes les parties et tous les participants de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale et d&rsquo;armement globalis\u00e9e dans le cadre du bloc BAO qui sont secou\u00e9s. Et la bo\u00eete de Pandorre est ouverte : m\u00eame si le projet \u00e9choue, on ne reviendra pas \u00e0 la situation ant\u00e9rieure d&rsquo;infiniment pr\u00e9caire \u00e9quilibre dans le d\u00e9s\u00e9quilibre ; on devra faire avec, avec le chaos install\u00e9 durablement, jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;effondrement, comme l&rsquo;on d\u00e9couvre que, oui, le roi est nu&#8230;<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tA nouveau dans ce cas de l&rsquo;industrie a\u00e9rospatiale et de l&rsquo;armement, nous voyons une \u00e9volution dont le caract\u00e8re d\u00e9cisif tient \u00e0 l&rsquo;importance de ceci qu&rsquo;elle finit par constituer, dans le chef de la quasi-enti\u00e8ret\u00e9 de cette industrie, un syst\u00e8me qui tend \u00e0 se fermer dans ses nombreux blocages et nombreux antagonismes pour se retrouver confront\u00e9 par des tensions et des d\u00e9sordres consid\u00e9rables \u00e0 la catastrophe de son entropisation. (Seuls \u00e9chappent \u00e0 cette dynamique les petits organismes \u00e9pargn\u00e9s par la catastrophe attaquant les dinosaures du Syst\u00e8me, ces petits organismes mis ainsi <em>de facto<\/em> hors-Syst\u00e8me, \u00e9quivalant si l&rsquo;on veut \u00e0 notre domaine de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-de_l_inconnaissance_du_systeme_13_07_2011.html\" class=\"gen\">inconnaissance<\/a> pour la psychologie par rapport au Syst\u00e8me.) L\u00e0 aussi, il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus destructeur, d&rsquo;entropisation, puisque la fusion projet\u00e9e produit de plus en plus de d\u00e9sordre sous forme d&rsquo;entropie \u00e0 mesure qu&rsquo;on avance dans l&rsquo;exploration de cette possibilit\u00e9. L\u00e0 aussi, nous faisons appel pour expliquer le processus \u00e0 cette m\u00eame r\u00e9f\u00e9rence que nous sollicitions pour le cas du JSF, encore r\u00e9cemment (le <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-pentagone_au_bord_de_la_crise_de_nerfs_20_09_2012.html\" class=\"gen\">20 septembre 2012<\/a>).<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tDans sa dynamique de dissolution irr\u00e9sistible, cette r\u00e9f\u00e9rence semble ainsi id\u00e9alement d\u00e9sign\u00e9e et plac\u00e9e pour remplacer comme un double n\u00e9gatif la r\u00e9f\u00e9rence principielle de la souverainet\u00e9, et pour subvertir jusqu&rsquo;\u00e0 leur destruction-dissolution tous les mod\u00e8les structurants courants (la nation, les valeurs, les religions, les cultures) ; cette r\u00e9f\u00e9rence est celle de l&rsquo;entropisation, initialement et sch\u00e9matiquement sous la forme d&rsquo;une troisi\u00e8me loi de la thermodynamique \u00e9largie au champ g\u00e9n\u00e9ral du Syst\u00e8me : \u00ab<em>Ainsi le JSF progresse-t-il, c&rsquo;est-\u00e0-dire qu&rsquo;il poursuit sa chute en pleine cadence de production, avec le progr\u00e8s produisant de l&rsquo;autodestruction, exactement comme le sugg\u00e8re la loi thermodynamique de production maximale d&rsquo;entropie (MEP ou MaxEP : Maximum Entropy Production). La question est de savoir jusqu&rsquo;o\u00f9 il va entra\u00eener le Pentagone, et Lockheed-Martin, dans cette descente aux enfers, qui se fait effectivement \u00e0 la cadence maximale, selon les vastes plans de production du JSF. On reconna\u00eet l\u00e0 les sch\u00e9mas de la logique de l&rsquo;effondrement de l&rsquo;Am\u00e9rique et de la dynamique d&rsquo;autodestruction du Syst\u00e8me<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Notes sur une fusion-entropisation Un lecteur et, pourrait-on dire, un ami \u00e9galement, nous demandait, mi-s\u00e9rieux mi-ironique, pourquoi ne trouve-t-on pas une ligne dans dedefensa.org sur la fusion du si\u00e8cle, EADS-BAE Mi-s\u00e9rieux, mi-ironique, parce qu&rsquo;il se pourrait bien qu&rsquo;il conn\u00fbt, ce lecteur-ami, quelques parties de la r\u00e9ponse. 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