{"id":73455,"date":"2012-10-19T13:30:00","date_gmt":"2012-10-19T13:30:00","guid":{"rendered":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/19\/chronique-du-19-courant-tragedie\/"},"modified":"2012-10-19T13:30:00","modified_gmt":"2012-10-19T13:30:00","slug":"chronique-du-19-courant-tragedie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/new.dedefensa.org\/index.php\/2012\/10\/19\/chronique-du-19-courant-tragedie\/","title":{"rendered":"Chronique du 19 courant\u2026 Trag\u00e9die"},"content":{"rendered":"<p><h2 class=\"common-article2\">Chronique du 19 courant Trag\u00e9die<\/h2>\n<\/p>\n<p><p>\t19 octobre 2012 Quand donc est n\u00e9 ce sentiment tragique d&rsquo;\u00eatre prisonnier de la trag\u00e9die, que je ressens avec tant de force chaque jour, et chaque jour tout autant me r\u00e9voltant contre le mot prisonnier pour clamer qu&rsquo;au contraire il faudrait mettre le mot lib\u00e9r\u00e9 ? Ce sentiment d&rsquo;\u00eatre prisonnier de la trag\u00e9die transform\u00e9, apr\u00e8s la r\u00e9volte dont je parle, en ce sentiment d&rsquo;\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 par la trag\u00e9die, et cet  affrontement de perception comme processus psychologique et de la pens\u00e9e la plus haute chaque jour recommenc\u00e9 ? Et, finalement, le sentiment concluant que les deux, prisonnier de la trag\u00e9die et lib\u00e9r\u00e9 par la trag\u00e9die, que les deux sont vrais ?<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est vrai qu&rsquo;un jour, quelque part entre 2001 et 2003,  2001 par une r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement universel, 2003 par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement personnel dont je ne dirai mot,  je suis entr\u00e9 en trag\u00e9die. (De ce 2003 par r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un \u00e9v\u00e9nement personnel dont je ne dirai mot, et qui concerne un \u00e9v\u00e9nement catastrophique de ma vie affective, une personne m&rsquo;avait dit, \u00e0 quelques temps de l\u00e0, \u00ab<em>c&rsquo;est ton 11 septembre \u00e0 toi<\/em>\u00bb. Cela fixe mieux le propos, \u00e0 la fois chronologiquement et dans notre histoire commune \u00e0 tous, et dans l&rsquo;Histoire consid\u00e9r\u00e9e aussi haute qu&rsquo;elle peut \u00eatre, et dans l&rsquo;histoire secr\u00e8te et profonde de l&rsquo;individu face \u00e0 lui-m\u00eame, et tout cela rassembl\u00e9 en un seul caract\u00e8re faisant la trag\u00e9die dont je parle, qui m&#8217;emprisonne ou me lib\u00e8re c&rsquo;est selon, ou bien qui m&#8217;emprisonne et me lib\u00e8re \u00e0 la fois,  et qui lie irr\u00e9sistiblement le destin personnel de l&rsquo;individu au destin tragique du monde, jusqu&rsquo;\u00e0 penser que le destin individuel sans ce lien \u00e0 la trag\u00e9die g\u00e9n\u00e9rale n&rsquo;est rien, absolument rien.)<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tLa situation que je veux tenter de d\u00e9crire, qui m&rsquo;est profond\u00e9ment personnelle et qui, je le suppose et je le crois, doit \u00eatre exp\u00e9riment\u00e9e par d&rsquo;autres si elle est r\u00e9alis\u00e9e par eux, est un sentiment d&rsquo;une force sans \u00e9gale que je ne cesse de ressentir. Je parle d&rsquo;un sentiment, \u00e0 la fois diffus et d&rsquo;une infinie puissance, d&rsquo;appr\u00e9cier intuitivement autant que de juger, qu&rsquo;\u00e0 la fois l&rsquo;on vit soi-m\u00eame, dans ce temps historique, une profonde trag\u00e9die personnelle qui s&rsquo;accorde \u00e0 ce temps historique qu&rsquo;on d\u00e9couvre m\u00e9tahistorique, qu&rsquo;\u00e0 la fois ce temps historique, quand l&rsquo;on r\u00e9alise qu&rsquo;il est m\u00e9tahistorique, est lui-m\u00eame une trag\u00e9die sans \u00e9gale, une trag\u00e9die immense, une trag\u00e9die eschatologique o\u00f9 chacun a sa place. C&rsquo;est une \u00e9trange et fulgurante rencontre que de conclure que le temps m\u00e9tahistorique qu&rsquo;on vit est une trag\u00e9die eschatologique pour l&rsquo;univers, et de ressentir en m\u00eame temps, au plus profond de soi-m\u00eame, qu&rsquo;on est soi-m\u00eame, dans sa propre essence, une trag\u00e9die eschatologique. Cela suppose une intime liaison, une proximit\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 la fusion, entre soi-m\u00eame et la puissante m\u00e9taHistoire qui nous bouleverse en m\u00eame temps qu&rsquo;elle bouleverse le monde. C&rsquo;est un sentiment \u00e0 la fois sublimement exaltant et totalement effrayant, d&rsquo;une pleine et totale lumi\u00e8re embrassant et exaltant le monde, d&rsquo;une ombre si compl\u00e8te et terrifiante, jusqu&rsquo;au n\u00e9ant des abysses sans fond.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tCette \u00e9poque est ainsi faite que ceux qui la vivent et savent qu&rsquo;ils la vivent,  dans le sens de savoir ce que l&rsquo;on vit,  vivent aussi comme avec une sorte de procuration, charg\u00e9s du poids d&rsquo;un destin intransigeant. Ils vivent cette \u00e9poque tragique, pour eux-m\u00eames parce qu&rsquo;il le faut, \u00e9galement pour le reste, pour ceux qui les ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s et qui n&rsquo;ont pas pu savoir, pour ceux qui les accompagnent comme des ombres et refusent de savoir ; ils vivent pour eux-m\u00eames et pour tous \u00e0 la fois, individuellement et collectivement, le temps de la Fin des Temps. C&rsquo;est leur mission, leur gloire sublime et leur fardeau \u00e9crasant jusqu&rsquo;\u00e0 les an\u00e9antir. Dans ces temps fulgurants, nous avons ceci et cela, nous sommes enlev\u00e9s et \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;un c\u00f4t\u00e9, nous sommes \u00e9cras\u00e9s et an\u00e9antis d&rsquo;un autre Nous sommes \u00e0 la fois lib\u00e9r\u00e9s et prisonniers. Nous portons le double que nous sommes nous-m\u00eames, ce Janus de la trag\u00e9die du monde inscrit dans notre vie personnelle. Nous ne sommes rien, r\u00e9solument rien, et pourtant nous sommes partie, m\u00eame si infime, de l&rsquo;essence d&rsquo;un tout qui d\u00e9couvre un destin \u00e0 la fois terrible et sublime, qui d\u00e9passe tout ce \u00e0 quoi nous avions pauvrement r\u00e9duit notre imagination et notre conscience du monde. Nous sommes emport\u00e9s dans le fracas d&rsquo;un bouleversement inimaginable, mais avec l&rsquo;opportunit\u00e9 de retrouver la sublime sagesse de ces Anciens qui suivaient leur destin sans nulle crainte d&#8217;embrasser dans leur pens\u00e9e la v\u00e9rit\u00e9 d&rsquo;un <em>kosmos<\/em> qui ouvre sur un univers sans fin, un univers qui ne d\u00e9pend en rien, ni m\u00eame en concept, de nous-m\u00eames et de nos tr\u00e8s basses vanit\u00e9s.<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tTant\u00f4t j&rsquo;\u00e9cris naturellement avec le je du solitaire ; tant\u00f4t je m&rsquo;avise qu&rsquo;il existe un lien entre ceux qui s&rsquo;ignorent, qui n&rsquo;ont nul besoin d&rsquo;une pr\u00e9sentation pour se reconna\u00eetre, qui pourraient m\u00eame se rassembler et devenir nous tous, et j&rsquo;\u00e9cris alors avec le nous d&rsquo;une proximit\u00e9 des esprits. C&rsquo;est d\u00e9crire le myst\u00e8re de la situation des choses, cette formidable fluctuation qui nous emporte entre prisonniers de la trag\u00e9die et lib\u00e9r\u00e9s par la trag\u00e9die. Il semblerait \u00e0 certains moments que je me distingue, ou que je distingue quelques-uns d&rsquo;entre nous, que je choisisse, que je prenne \u00e0 part Il semblerait \u00e0 d&rsquo;autres occasions que cette individualisation des choses disparaisse, devenue absolument d\u00e9risoire jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;inexistence substantielle, pour tendre \u00e0 l&rsquo;unit\u00e9 du tout. Enfin, l&rsquo;on d\u00e9couvre dans ces impressions si chaotiques o\u00f9 la r\u00e9alisation des perceptions \u00e9volue du pire de soi-m\u00eame au meilleur, qu&rsquo;il y a un ordre et qu&rsquo;il y a un sens. Il y a la conscience plus ou moins aig\u00fce de la chose, qui finit par prendre sa place, majestueuse et sublime ; au bout de cette intuition haute, tout s&rsquo;\u00e9claire et l&rsquo;on se compte <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tEnfin, pour chacun de notre fa\u00e7on et pour tous d&rsquo;une fa\u00e7on collective et unique, il ne peut en \u00eatre autrement que comme ceci Comme ceci que nous sommes tous touch\u00e9s, frapp\u00e9s, secou\u00e9s par cet ouragan immense de l&rsquo;Histoire qui hurle sa fureur sacr\u00e9e, qui se d\u00e9cha\u00eene, qui mugit parce que l&rsquo;Histoire est entr\u00e9e dans sa r\u00e9solution finale, de s&rsquo;opposer, et de vaincre, d&rsquo;une fa\u00e7on ou l&rsquo;autre, la Mati\u00e8re d\u00e9cha\u00een\u00e9e qui menace de nous  emporter. Enfin, il y a pour nous lier la finalit\u00e9 de l&rsquo;Unit\u00e9 qui se dissimule derri\u00e8re cette immense temp\u00eate, qui devient notre r\u00e9f\u00e9rence o\u00f9 se fondent les individualit\u00e9s r\u00e9duites \u00e0 des caprices accessoires de la destin\u00e9e commune. Nous ne sommes d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment solitaires que pour mieux convenir, dans une sorte d&rsquo;accomplissement sublime et paradoxal du libre arbitre, de cette unicit\u00e9 qui nous embrasse tous et nous met tous ensemble. Certains s&rsquo;y reconnaissent, d&rsquo;autres les y rejoindront. <\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tNous allons donc voir des choses extraordinaires, si nous avons la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit d&rsquo;ouvrir les yeux La trag\u00e9die sourit, parfois ironique apr\u00e8s tout, abandonnant un instant sa fureur sacr\u00e9e et soulignant cet instant d&rsquo;apaisement d&rsquo;un clin d&rsquo;il entendu : Nous allons en voir, compagnons, des vertes et des pas m\u00fbres<\/p>\n<\/p>\n<p>\n<p class=\"signature\">Philippe Grasset<\/p>\n<\/p>\n<h4><em>Post-Scriptum<\/em> path\u00e9tique plus que tragique<\/h4>\n<p>Je crois devoir, par devoir sans aucun doute, me rappeler qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e9crit, dans le premier <a href=\"http:\/\/www.dedefensa.org\/article-chronique_du_19_courant_pr_sentation_19_07_2012.html\" class=\"gen\">19 courant<\/a> de cette chronique,  ceci : \u00ab<em>Je crois que, souvent, ou bien parfois je ne sais, le texte de cette Chronique du 19 courant sera termin\u00e9e par cette Note en forme de Post Scriptum&rsquo; dont le r\u00f4le sera de clore le texte par un rappel de la situation des donations, ce 19 courant Habile, n&rsquo;est-ce pas ?<\/em>\u00bb<\/p>\n<\/p>\n<p><p>\tIl est inutile d&rsquo;insister sur le dysfonctionnement grotesque de la pens\u00e9e qu&rsquo;implique le rapprochement de ces deux th\u00e8mes, celui du texte principal et celui de ce <em>Post-Scriptum<\/em> Ainsi vaut-il mieux s&rsquo;en tenir aux formules sans intention de nuire : A Dieu vat et \u00e0 la fortune des circonstances et des caract\u00e8res.<\/p>\n<\/p>\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chronique du 19 courant Trag\u00e9die 19 octobre 2012 Quand donc est n\u00e9 ce sentiment tragique d&rsquo;\u00eatre prisonnier de la trag\u00e9die, que je ressens avec tant de force chaque jour, et chaque jour tout autant me r\u00e9voltant contre le mot prisonnier pour clamer qu&rsquo;au contraire il faudrait mettre le mot lib\u00e9r\u00e9 ? 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